Manifs : casseurs ou provocateurs infiltrés ? Questions dérangeantes
« Nous sommes le samedi 16 octobre, il est 18h45. Je couvre la fin de manifestation parisienne pour Rue89 comme “observateur citoyen”. » Sébastien Ledoux, chercheur, était sur les lieux de la scène controversée d’un « casseur » défonçant la vitrine du Crédit Lyonnais.
Provocateur infiltré, policier ? Jean-Luc Melenchon a accusé les policiers d’avoir des « consignes » pour « jeter des pierres » dans les manifestations ; Ledoux pose des questions dérangeantes.
Alors que je remonte le boulevard du faubourg Saint-Antoine en accompagnant la fin du cortège de la manifestation parisienne qui se dirige vers Nation, 300 à 400 manifestants descendent rapidement à contresens sur le trottoir de droite. Ils passent devant moi -qui me trouve sur le même trottoir- et j’aperçois alors Zineb Dryef qui les suit depuis Nation. Nous décidons d’accompagner ce groupe de manifestants ensemble. (Voir la video)
La journaliste de Rue89 m’apprend qu’il s’agit d’anarchistes cherchant à atteindre Bastille. Ayant dépassé désormais la fin de la manifestation officielle, les manifestants de ce cortège spontané occupent la rue et bifurquent à gauche pour éviter les CRS qui leur font face.
Ce cortège continue maintenant très rapidement, souvent au pas de course. Quelques manifestants renversent des poubelles, d’autres en placent au milieu de la chaussée, au rythme des pétards et des cris repris en cœur : « Paris, debout, réveille-toi ! »
Le but de ces manifestants apparaît très clair : rejoindre le plus rapidement possible et en nombre la place de la Bastille, en évitant de se retrouver bloqués avant par les CRS.
C’est alors qu’intervient une scène étrange. Je vois, sur le trottoir de droite, plusieurs « manifestants » se ruer sur une personne aux cheveux blancs. Je m’arrête et reste à une quinzaine de mètres d’eux. Bousculade confuse, certains ont des matraques à la main.
Je n’ai donc pas vu ce que je verrai quelques jours plus tard sur Internet, à savoir le « manifestant » casser la vitrine du Crédit Lyonnais et cet homme aux cheveux blancs intervenir auprès de lui avant qu’il ne soit lui-même agressé. (Voir la vidéo à 0’24)
Sur place, pendant la bousculade que je vois, il y a beaucoup de photographes et un caméraman dont la présence me surprend -il n’y en avait pas jusque-là. L’homme aux cheveux blancs semble choqué mais pas blessé, et je repars pour suivre les manifestants qui s’approchent maintenant de Bastille. La suite est reprise par Rue89 (entrée de quelques manifestants dans l’opéra Bastille, interpellations).

Tract distribué lors de la manifestation parisienne, le 16 octobre
Revenons maintenant à la controverse actuelle concernant l’identité de l’auteur ayant brisé la vitrine du Crédit Lyonnais.
D’une part, ce cortège de manifestants émergeant à la fin de la manifestation parisienne ne peut être associé simplement à des casseurs. Il s’agit d’un regroupement d’anarchistes revendiqué comme tel, appelant à refuser la loi des patrons (voir le tract distribué à Nation avant leur départ), qui se lance, dans un contexte de tensions sociales, dans une action de visibilité par l’occupation de l’espace public (ici, la place de la Bastille).
La logique du groupe militant est davantage d’occuper l’espace que de le détruire.
Un épisode qui relève du micro-évènement
D’autre part, à l’exception de celle du Crédit Lyonnais, je n’ai vu aucune vitre brisée sur tout le parcours de ces manifestants. Il faudrait bien sûr vérifier cette observation. Ce qui apparaît particulièrement troublant, c’est que la destruction de la vitrine ait justement été filmée. Le fait qu’il y ait eu un cameraman qui soit apparu à ce moment-là, à cet endroit précis, pour filmer ce qui est, semble-t-il, le seul passage à l’acte violent de ce cortège, ne peut que nous conduire à nous interroger.
Pour finir, les premières interpellations ont eu lieu sous mes yeux, juste avant l’arrivée des manifestants sur la place de la Bastille, par des policiers en civil qui se trouvaient déjà dans le cortège.
Tous ces éléments, ajoutés aux autres depuis quelques jours (témoignage de l’homme aux cheveux blancs, d’un manifestant de ce cortège placé en garde à vue 48 heures) concordent pour venir entamer la dénomination officielle de « casseurs », mobilisée massivement et de façon abusive depuis deux semaines.
Cet épisode de quelques secondes sur un boulevard parisien relève a priori de l’ordre du micro-évènement.
Pourtant, de par les deux questions qu’il pose (qui a brisé la vitrine ? Qui a filmé ?), il interroge les pratiques d’un pouvoir qui consisteraient à manipuler l’opinion par l’image pour disqualifier des luttes sociales.
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conseil en gestion - vigneron
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c’est vrai que coté loock...soit c’est le meme...soit les casseurs anarchistes ont des consignes vestimentaires très strictes !




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