TRIBUNE 27/10/2010 à 12h42

Manifs : casseurs ou provocateurs infiltrés ? Questions dérangeantes

Sébastien Ledoux | Enseignant et chercheur

« Nous sommes le samedi 16 octobre, il est 18h45. Je couvre la fin de manifestation parisienne pour Rue89 comme “observateur citoyen”. » Sébastien Ledoux, chercheur, était sur les lieux de la scène controversée d’un « casseur » défonçant la vitrine du Crédit Lyonnais.

Provocateur infiltré, policier ? Jean-Luc Melenchon a accusé les policiers d’avoir des « consignes » pour « jeter des pierres » dans les manifestations ; Ledoux pose des questions dérangeantes.

Alors que je remonte le boulevard du faubourg Saint-Antoine en accompagnant la fin du cortège de la manifestation parisienne qui se dirige vers Nation, 300 à 400 manifestants descendent rapidement à contresens sur le trottoir de droite. Ils passent devant moi -qui me trouve sur le même trottoir- et j’aperçois alors Zineb Dryef qui les suit depuis Nation. Nous décidons d’accompagner ce groupe de manifestants ensemble. (Voir la video)

La journaliste de Rue89 m’apprend qu’il s’agit d’anarchistes cherchant à atteindre Bastille. Ayant dépassé désormais la fin de la manifestation officielle, les manifestants de ce cortège spontané occupent la rue et bifurquent à gauche pour éviter les CRS qui leur font face.

Ce cortège continue maintenant très rapidement, souvent au pas de course. Quelques manifestants renversent des poubelles, d’autres en placent au milieu de la chaussée, au rythme des pétards et des cris repris en cœur : « Paris, debout, réveille-toi ! »

Le but de ces manifestants apparaît très clair : rejoindre le plus rapidement possible et en nombre la place de la Bastille, en évitant de se retrouver bloqués avant par les CRS.

C’est alors qu’intervient une scène étrange. Je vois, sur le trottoir de droite, plusieurs « manifestants » se ruer sur une personne aux cheveux blancs. Je m’arrête et reste à une quinzaine de mètres d’eux. Bousculade confuse, certains ont des matraques à la main.

Je n’ai donc pas vu ce que je verrai quelques jours plus tard sur Internet, à savoir le « manifestant » casser la vitrine du Crédit Lyonnais et cet homme aux cheveux blancs intervenir auprès de lui avant qu’il ne soit lui-même agressé. (Voir la vidéo à 0’24)

Sur place, pendant la bousculade que je vois, il y a beaucoup de photographes et un caméraman dont la présence me surprend -il n’y en avait pas jusque-là. L’homme aux cheveux blancs semble choqué mais pas blessé, et je repars pour suivre les manifestants qui s’approchent maintenant de Bastille. La suite est reprise par Rue89 (entrée de quelques manifestants dans l’opéra Bastille, interpellations).


Tract distribué lors de la manifestation parisienne, le 16 octobre

Revenons maintenant à la controverse actuelle concernant l’identité de l’auteur ayant brisé la vitrine du Crédit Lyonnais.

D’une part, ce cortège de manifestants émergeant à la fin de la manifestation parisienne ne peut être associé simplement à des casseurs. Il s’agit d’un regroupement d’anarchistes revendiqué comme tel, appelant à refuser la loi des patrons (voir le tract distribué à Nation avant leur départ), qui se lance, dans un contexte de tensions sociales, dans une action de visibilité par l’occupation de l’espace public (ici, la place de la Bastille).

La logique du groupe militant est davantage d’occuper l’espace que de le détruire.

Un épisode qui relève du micro-évènement

D’autre part, à l’exception de celle du Crédit Lyonnais, je n’ai vu aucune vitre brisée sur tout le parcours de ces manifestants. Il faudrait bien sûr vérifier cette observation. Ce qui apparaît particulièrement troublant, c’est que la destruction de la vitrine ait justement été filmée. Le fait qu’il y ait eu un cameraman qui soit apparu à ce moment-là, à cet endroit précis, pour filmer ce qui est, semble-t-il, le seul passage à l’acte violent de ce cortège, ne peut que nous conduire à nous interroger.

Pour finir, les premières interpellations ont eu lieu sous mes yeux, juste avant l’arrivée des manifestants sur la place de la Bastille, par des policiers en civil qui se trouvaient déjà dans le cortège.

Tous ces éléments, ajoutés aux autres depuis quelques jours (témoignage de l’homme aux cheveux blancs, d’un manifestant de ce cortège placé en garde à vue 48 heures) concordent pour venir entamer la dénomination officielle de « casseurs », mobilisée massivement et de façon abusive depuis deux semaines.
Cet épisode de quelques secondes sur un boulevard parisien relève a priori de l’ordre du micro-évènement.

Pourtant, de par les deux questions qu’il pose (qui a brisé la vitrine ? Qui a filmé ?), il interroge les pratiques d’un pouvoir qui consisteraient à manipuler l’opinion par l’image pour disqualifier des luttes sociales.

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  • resistance citoyenne
    resistance citoyenne
    conseil en gestion - vigneron
    • Posté à 12h56 le 27/10/2010
    • Internaute 120598
      conseil en gestion - vigneron

    c’est vrai que coté loock...soit c’est le meme...soit les casseurs anarchistes ont des consignes vestimentaires très strictes !

  • Sous-Militant
    Sous-Militant
    Activiste Inactif
    • Posté à 17h42 le 27/10/2010
    • Internaute 41972
      Activiste Inactif

    En y regardant de plus près, on voit que le type sur la vidéo à une pochette autour du coup, accessoire très fashion de la « mode banlieue », souvent faux Vuitton ou faux Prada. La flic de la photo n’en a pas.

  • DAvid-0007
    • Posté à 18h18 le 27/10/2010
    • Internaute 29764

    Le flic en gris apparait en 1er plan des les 1ère 30 secondes, avec son brassard, dérrière la haie de CRS... il ne peut donc pas être celui qui lance les projectiles !

    • sarcophage
      sarcophage répond à DAvid-0007
      joalier à Monaco
      • Posté à 21h16 le 27/10/2010
      • Internaute 28483
        joalier à Monaco

      Exact. C’est ce que je viens de remarquer. Les lanceurs de projectiles étaient habillés pareils, ou vice versa le policier s’est vraiment déguisé de la même manière. Ceux qui lançaient les projectiles étaient bien de l’autre coté face au cordon de CRS dans la foule des manifestants.

  • lancetre
    • Posté à 18h52 le 27/10/2010
    • Internaute 18658

    C’était il y a près d’un quart de siècle.

    Décembre1986,donc, à Paris.Manifestations contre la loi Devaquet.Celles-là même au cours desquelles Malik Oussekine devait être battu à mort par les « voltigeurs » de la police.

    J’étais au Quartier Latin.

    Un petit groupe de jeunes, tranquillement, renversait les voitures en stationnement, puis les incendiait.A quelques dizaines de mètres, un cordon de CRS, qui observait la scène, sans intervenir.
    Ce n’est que lorsque les automobiles brûlaient qu’ils se décidaient enfin à avancer, mais pas trop vite, laissant les incendiaires s’enfuir.Tandis que les pompiers, sous la protection des CRS, éteignaient le feu (la voiture étant totalement calcinée), les pyromanes recommençaient, vingt ou trente mètres plus loin...

    Ces jeunes suivaient les consignes d’un homme d’une quarantaine d’années. « Allez, on pousse la voiture ! On la retourne ! »

    Tous les ponts sur la Seine étaient barrés par des cordons de policiers.On ne passait pas ! Lire à ce sujet le témoignage d’Alain Rémond, au sujet de la manif du 19 octobre, dans Marianne de cette semaine.Le « dispositif » était comparable.

    Cependant, plus tard dans la nuit, j’ai revu mon quadragénaire, s’avançant tranquillement sur un pont, bavardant quelques instants avec le gradé qui commandait le cordon, puis passant sans aucune difficulté sur l’autre rive.

    Quelques mois après, par le plus grand des hasards, j’ai revu cet homme, dans un autre quartier de Paris.Il montait dans une voiture de police, avec des policiers en tenue.Et il n’était manifestement pas interpellé !

    Pasqua était à l’époque ministre de l’Intérieur.

    Mais bien sûr, des choses pareilles n’existent plus...

    • AttentionAuvergnate
      AttentionAuvergnate répond à lancetre
      Étudiante droits-de-l'hommiste
      • Posté à 19h22 le 27/10/2010
      • Internaute 129939
        Étudiante droits-de-l'hommiste

      Merci beaucoup pour ce témoignage, à mon humble avis très déterminant.
      Comme quoi, même si un flic n’est pas un truand, l’un n’empêche pas l’autre.
      Il est tellement facile de manipuler un tant soit peu le peuple en lui faisant peur avec des images de « casseurs » et de violences au cours des manifs. Conclusion : il ne faut pas manifester, il y a des violents prêts à tout... sauf que ce ne sont pas forcément ceux qu’on croit.
      C’est vraiment infâme de faire passer ainsi tous les manifestants pour des violents casseurs... mais c’est si facile de toujours faire porter le chapeau aux mêmes.
      D’ailleurs, quand je vois que vous parlez de jeunes manipulés, ça me fait bien rigoler de voir tous ceux qui disent que les lycéens (et aussi les étudiants comme moi) sont manipulés par les syndicats et les méchants terroristes d’extrême-gauche... Dans la catégorie faux-derche, on ne fait pas mieux.
      Comme vous le dites, en effet, de telles choses n’existent plus, il ne faut pas en douter.

       
      • lancetre
        • Posté à 19h35 le 27/10/2010
        • Internaute 18658

        Autre exemple, plus récent : les agressions des lycéens qui manifestaient contre le CPE par des bandes venues de banlieues, et dont l’objectif était de dérober les MP3, les portables, ou les blousons de marque.

        La police était parfaitement au courant de leurs déplacements ( une bande de trente ou quarante qui arrive, groupée, par le RER, ça ne passe pas inaperçu !) mais n’a rien fait pour les interpeller, ni à l’aller, ni au retour.

        L’un des objectifs est effectivement de faire peur aux parents, et aux jeunes eux-mêmes : quand on a vu son copain se faire sauvagement tabasser, à coups de pieds et à coups de poings, souvent gratuitement, par une douzaine d’hystériques ultra-violents, on hésite à retourner manifester.

        Second objectif : discréditer le mouvement, avec l’aide de journaux bien-pensants qui assimilent les manifestants aux casseurs, alors même que les premiers sont victimes des seconds !

        Troisième objectif : rassembler le « parti de l’ordre ».La peur a toujours bénéficié à la droite.

        Pour une archéologie de ces techniques, vieilles comme la police, voyez le livre de Bernard Thomas : les provocations policières, publié au début des années 1970.

        Rien de nouveau sous le soleil...

        • AttentionAuvergnate
          AttentionAuvergnate répond à lancetre
          Étudiante droits-de-l'hommiste
          • Posté à 19h54 le 27/10/2010
          • Internaute 129939
            Étudiante droits-de-l'hommiste

          « Rien de nouveau sous le soleil... »
          Tout à fait d’accord. Et ce sont surtout les jeunes qui en font les frais... Dès qu’ils se mêlent de ce qui les regarde et se mettent à cogiter et à s’exprimer, ça y est, ça en fait des manifestants forcément dangereux. Un ado n’est plus un enfant bien sage, alors vous pensez... Ils désobéissent, et tout de suite, tout le monde flippe.
          À titre perso, vu que j’étais au lycée à Montluçon j’ai surtout manifesté là-bas. Et on n’a (heureusement) jamais eu de problèmes avec les poulets. Peut-être parce que la ville est surtout (ré)orientée coco, ça faisait qu’on pouvait manifester tranquilles... : -)))

        • Pierre-Dominique
          • Posté à 19h54 le 27/10/2010
          • Internaute 41130

          Le problème, c’est que la police peut difficilement interdire à un groupe de rejoindre une manifestation. Sous quelle prétexte ? leur couleur de peau ?
          C’est au service d’ordre de gérer l’intérieur de la manif’, et de refouler arbitrairement ceux qu’elle refuse de voir dans sa manif’.

          • lancetre
            • Posté à 20h33 le 27/10/2010
            • Internaute 18658

            Je me trompe, ou vous ne prenez pas souvent le métro ?

            Mon conseil : lors de prochaines vacances, passez un jour ou deux dans cet univers qui semble pour vous si mystérieux.

            Vous constaterez alors à quel point il est difficile pour une équipe de policiers de contrôler des jeunes.

             : -)))

            Lors de l’attaque dont je parle, les bandes ont profité d’une manif lycéenne dépourvue de S.O. Elles ont tenté de revenir à la charge à la manif suivante, mais se sont heurtées à la détermination d’adultes expérimentés qui encadraient les lycéens, et n’ont donc pas insisté.

            La police savait pertinemment ce que venaient faire ces bandes, et il était très facile de les contrôler à l’aller et de les interpeller au retour, lorsqu’elles repartaient chargées de butin.

            C’est sciemment que cela n’a pas été fait.

            Si un inconscient avait piqué son scooter à un copain de Jean Sarkozy, je vous fiche mon billet qu’il se serait retrouvé en garde à vue le soir même...

            • Pierre-Dominique
              • Posté à 21h57 le 27/10/2010
              • Internaute 41130

              Je maintiens. Si avant une manif’, la police refuse l’accès à celle-ci à des groupes de « jeunes », n’ayant à ce moment-là commis aucun délit, et ce sur le simple fait qu’« ils ont l’air potentiellement violents », tout le monde ici crierait au racisme et à la discrimination.
              Des manifs, j’en ai fait.

              • lancetre
                • Posté à 22h11 le 27/10/2010
                • Internaute 18658

                « n’ayant à ce moment commis aucun délit “ :

                Vous croyez qu’ils avaient payé leur titre de transport ?

                Aucun ne portait d’arme ?

                Et quand bien même : un simple contrôle d’identité à l’aller, comme il s’en pratique des milliers chaque jour dans l’indifférence générale, et des interpellations au retour, dans le cadre d’une procédure de flagrant délit, étaient particulièrement faciles à réaliser.

                Je ne crois pas que ce soit un respect scrupuleux pour les droits de l’homme qui ait interdit au ministre de l’Intérieur de l’époque (vous vous rappelez ?) de faire procéder à des interpellations...

                Plus vraisemblablement, il s’est bien gardé de faire interpeller ceux qui l’avaient si bien servi.

      6 autres commentaires
  • florisde
    florisde
    au soleil
    • Posté à 19h49 le 27/10/2010
    • Internaute 129540
      au soleil

    J’ai bienn étudie le film : ce policier cagoulé qui se protège des gaz lacrymogènes avec un foulard, n est pas l’homme qui au milieu de la rue lance des pierres sur les crs. Il est habillé presque pareil, mais ce ne peut pas etre lui, que l’on voit très nettement au début, derrière les CRS. L’homme qui jette des pierres n a ^pas un pantalon à poches, et le policier cagoulé n’a pas de sac devant lui qui se ballade quand le manfestant jette ses pierres... Désinformation que tout cela

    • sarcophage
      sarcophage répond à florisde
      joalier à Monaco
      • Posté à 21h26 le 27/10/2010
      • Internaute 28483
        joalier à Monaco

      Je suis bien d’accord. Ce n’est pas ce policier qui lance le projectile, il est resté derrière le cordon de CRS au premier plan de la vidéo. Il est ensuite parti après le passage de l’ambulance avec ses autres collègues en civil, mais on ne le voit en aucune manière prendre part dans les jets de projectiles. Au regard de ces images, ce sont des accusations complètement infondées.

  • Pierre-Dominique
    • Posté à 19h50 le 27/10/2010
    • Internaute 41130

    On voit en effet à partir de 40’ un individu avec sweat à capuche blanc, écharpe noire sur le visage, pantalon gris, comme sur la photo du dessus... mais sans sac à dos, et avec des baskets blanches !
    ça me fait penser à l’histoire du Credit lyonnais, et du ninja qui donne un coup de pied sauté. Tout le monde ici avait dit qu’il s’agissait d’un flic en civil, s’appuyant notamment sur le fait qu’il avait, selon la vidéo, un tonfa à la main.
    Le problème : sur lefigaro.fr, on voit une photo de la scène, mais où le ninja tient... une barre métallique, et pas un tonfa. Ce qui fait plus casseur que flic en civil.

    Lien

  • tvargentine-
    • Posté à 13h04 le 27/10/2010
    • Internaute 17486

    Non,si vous permettez un peu d’humour :

    Les grévistes sont en vacances ! à l’image des étudiants qui partent en vacances alors qu’ils avaient des « revendications » et qu’ils empêchaient les gens de circuler librement

    Lien

    • A déménagé le 1-6
      • Posté à 13h11 le 27/10/2010
      • Internaute 61755

      trop drôle ta blague !

    • ellilou
      ellilou répond à tvargentine-
      • Posté à 13h21 le 27/10/2010
      • Internaute 21018

      vous avez oublié de préciser qu’ils « prenaient en otages » le brave Français qui se lève tôt pour aller travailler et qui « subit la double peine » : pas de trains (métros, bus,etc..) et pas d’essence pour se déplacer en voiture....vous ne seriez pas journaliste embedded, vous ?
      (dois-je, comme Pablico, préciser que c’est de l’ironie ? je le fais donc)

  • admirateur-
    • Posté à 13h13 le 27/10/2010
    • Internaute 32111

    Agents provocateurs et policiers infiltrés dans les organisations ça relève de la paranoïa c’est sûr... ( : : : :

    • Sous-Militant
      Sous-Militant répond à admirateur-
      Activiste Inactif
      • Posté à 17h51 le 27/10/2010
      • Internaute 41972
        Activiste Inactif

      C’est déjà vu.

      En manif, y’a deux ans. Dans le cortège des excités, celui qui se trouve juste devant la ligne de gardes mobiles, je me souvient d’un type sweet-capuches, keffieh sur le visage et qui criait les pires slogans anti-flics-Etat-Patrons et en lançait parfois. Arrivé au niveau d’Invalides, lorsque la manif s’arrête et le ballet des lacrymo commence, le voilà qui sort un brassard police de sa poche et cours après les terribles anarcho-terroristes.

      Bon c’est fait après que dire que c’est la police qui brûle les bagnoles c’est un peu trop, mais si, comme tous le savent, il y a des BACeux parmi les manifestants, je ne serais pas étonné d’apprendre qu’ils ont des consignes officieuses de ne pas endiguer les affrontements avant qu’ils commencent...

      • lancetre
        lancetre répond à Sous-Militant
        • Posté à 18h57 le 27/10/2010
        • Internaute 18658

        « dire que c’est la police qui brûle les bagnoles c’est un peu trop » :

        Voyez cependant mon témoignage un peu plus haut...

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 13h38 le 27/10/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Dans quelle mesure l’auteur de cet aricle est-il lui-même partie prenante dans ces manifestations ? Il semble surtout vouloir faire un travail de reportage sans connaître les manifestants, sans participer réellement auxdites manifestations. Attention, on ne lui reproche pas de na pas lancer des cailloux !
    S’il avait été au fait des choses, il saurait qu’il y a, depuis des années, une frange incontrolable dans les manifestations. On les appelle les totos. Leur action extrémiste font parfois capoter les AG, amène dans les manifestations, les forces de l’ordre à charger, alors qu’eux ont l’habilieté de se retirer.
    Ainsi lors d’une de ces manifestations, un cortège CNT/SUD se dirigea vers le siège du Médef. Ce qui jusque là était de « bon goût ». Jusqu’au moment où nos totos, infiltrés dans ledit cortège, commencèrent à caillasser les flics. L’ensemble des manifestants qui replièrent alors du en partie son salut au SO de la CNT...
    Tout cela pour dire que la limite est mince entre provocateurs, flics et révoltés.
    Des flics dans les manifs il y en a toujours eu. D’ailleurs les grandes confédérations les syndiquent.
    Des provocateurs aussi. C’est même un classique de la manoeuvre de tout pouvoir. C’est sans doute de ce genre d’individus dont a été victime « la personne aux cheveux blancs ».
    Des totos à la con qui veulent aller au baston et qui indirectement font matraquer la population, cela fait plus de quarante ans qu’ils existent. Et, c’est vrai, ce ne sont pas des flics même s’ils en font souvent le jeu.
    Mais il y a aussi la volonté chez beaucoup de médias de criminaliser le mouvement social, d’évoquer les « anarchistes » à la moindre violence.
    Un ouvrier qui balance un caillou est un « casseur » et pourquoi pas « un terroriste ».
    Ce qui n’a pas empêché dans l’Histoire certains SO de grands syndicats d’utiliser des lance pierres, de balancer boulons et billes d’acier... avec, pourquoi ne pas le dire, une certaine efficacité en fin de compte.

    Quant aux agriculteurs, quand ils balancent du purin dans le bureau d’un gouvernant, c’est « l’expression de leur désespoir ».

    • Bad Time For Human Kind
      Bad Time For Human Kind répond à nemo3637
      Chieur Public
      • Posté à 15h02 le 27/10/2010
      • Internaute 53377
        Chieur Public

      « Des provocateurs aussi... C’est sans doute de ce genre d’individus dont a été victime “la personne aux cheveux blancs”. »

      Pour vous ces « provocateurs » qui ont agressé la personne aux cheveux blancs ont quelle origine ?

      • de passage
        • Posté à 16h01 le 27/10/2010
        • Internaute 30356

        C’est clair dans le paragraphe de l’article :
        ces indivudus sont originaires de la place Beauvau
         : -)

      • lancetre
        • Posté à 19h18 le 27/10/2010
        • Internaute 18658

        Il se murmure que leur chef pourrait bien être un Oriental.

        Plus précisément, le fils d’un sans-papiers hongrois entré clandestinement en France, à une époque où Eric Besson n’était pas né...

         
        • AttentionAuvergnate
          AttentionAuvergnate répond à lancetre
          Étudiante droits-de-l'hommiste
          • Posté à 19h24 le 27/10/2010
          • Internaute 129939
            Étudiante droits-de-l'hommiste

          Le plus drôle, c’est que si son père est d’origine hongroise, j’ai aussi appris que son grand-père maternel venait de Salonique...

        1 autres commentaires
      • Bad Time For Human Kind
        • Posté à 22h28 le 27/10/2010
        • Internaute 53377
          Chieur Public

        Je voulais pas dire origine, au sens origines ethniques, bandes de vicieux.

        Mais Place Beauvau me va bien comme réponse.

    • lancetre
      lancetre répond à nemo3637
      • Posté à 19h05 le 27/10/2010
      • Internaute 18658

      Que lis-je ?

      La CNT dispose d’un S.O ?

       : -))))

      Je sais bien que « l’anarchie est la plus haute expression de l’ordre » (Elisée Reclus), mais quand même : les anars ne sont plus ce qu’ils étaient !

      Salut et fraternité, néanmoins !

      N.B. Les « totos » (autonomes ?), je ne croyais pas qu’ils avaient survécu à la manif du 23 mars 1979, où, dèjà, il était difficile de les distinguer des flics infiltrés...

      C’est depuis cette date (eh oui ! Trente ans déjà !) que je me méfie de l’utilisation de la violence dans les manifs...

      • nemo3637
        nemo3637 répond à lancetre
        Déchoukeur
        • Posté à 22h10 le 27/10/2010
        • Internaute 44521
          Déchoukeur

        « C’est depuis cette date (eh oui ! Trente ans déjà !) que je me méfie de l’utilisation de la violence dans les manifs... »

        Je me demande si tu es bien au courant de toutes les évolutions de ces dernières années...

         
        • lancetre
          lancetre répond à nemo3637
          • Posté à 22h14 le 27/10/2010
          • Internaute 18658

          Un autre internaute se souvient apparemment de cette manif.

          Il rappelle même l’identité de l’un des « autonomes » qui avait été capturé, avec son arme de service et sa carte de police, par le S.O. de la CGT...

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h39 le 27/10/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    « les pratiques d’un pouvoir qui consisteraient à manipuler l’opinion par l’image »

    Mais où vous allez chercher tout ça ?

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      chien de talus
      • Posté à 15h04 le 27/10/2010
      • Internaute 50571
        chien de talus

      La première photo est digne de figurer dans les livres d’histoire, elle est une synthèse.

      • lancetre
        • Posté à 19h09 le 27/10/2010
        • Internaute 18658

        Je préfère cependant une autre photo, prise le même jour, sur laquelle on voit les journalistes dans une charrette, tirée par un tracteur, suivant docilement le cheval de l’égolâtre.

        On devrait afficher des agrandissements de ces clichés aux murs des écoles de journalisme, afin que les étudiants comprennent bien ce que sera leur futur métier.

         2 autres commentaires
    • AttentionAuvergnate
      AttentionAuvergnate répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Étudiante droits-de-l'hommiste
      • Posté à 19h46 le 27/10/2010
      • Internaute 129939
        Étudiante droits-de-l'hommiste

      Allez savoir !
      Pour ma part, en tant que cavalière, je trouve qu’il a vraiment monté à cheval comme un crapaud sur une boîte d’allumettes, comme dirait mon ancien moniteur. Ou comme un sac à patates (ça, c’est de moi...). S’il pensait frimer à cheval, c’est raté... d’autant plus que, même sur un poney camargue, de taille relativement modeste (1m35 à 1m48, la taille maximale pour un poney), il « fait » petit. Normalement, un adulte qui monte ce genre de cheval semble un peu trop « grand » dessus. Mais là, la tendance est presque inversée.
      Mais le ridicule ne tue pas...
      M. le Président, merci d’avoir participé au concours « ma binette partout ».

  • Ni Dieu Ni maître
    Ni Dieu Ni maître
    sonorisateur à temps partiel et (...)
    • Posté à 13h41 le 27/10/2010
    • Internaute 39815
      sonorisateur à temps partiel et (...)

    De plus, la dégaine de ces « casseurs » à Lyon comme à Paris évoque bizarrement celle des toxicos fascistes de la BAC. Un mélange de tenue sportive et de marques portées par les jeunesses identitaires ou les nazis d’Ayoub... Etrange...

  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 14h01 le 27/10/2010
    • Internaute 59121
      Promeneur

    A la télé on vous dit tous les jours des choses étranges.
    En fait votre cerveau capte un message matraqué (sic) quotidiennement :

    - Vous êtes détendu, regardez mes yeux, laissez vous aller, vous n’écoutez que ma voix, vous êtes bien, détendu, vous n’écoutez que ma voix... non mamie Zinzin, tout à l’heure... je reprends, vous êtes bien, vous n’écoutez que ma voix...

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 15h35 le 27/10/2010
    • Internaute 50571
      chien de talus

    Ce qui est marrant c’est quand on a identifié un civil qui s’incruste c’est de le cuisiner, je me suis payé un gros mastodonte l’autre fois bardé d’autocollants qui essayait de s’incruster dans une conversation, soit disant agent technique à Ulm mais qui ignorait les luttes et le statut des ATOS (héhéhé) pis qui me fait le panégyrique de Rouillan, le con ! Grosse poilade à le poursuivre de questions sur la DCRI &co ! Sinon en manif il faut fliquer les flics, les chahuter sans les lyncher et les rendre dans un état convenable à leur papa et à leur maman flics. Une identification serait la bienvenue afin de voir si par exemple le CL envoi la facture de la vitrine à la préfecture....

  • bbking
    bbking
    DTC
    • Posté à 15h55 le 27/10/2010
    • Internaute 125653
      DTC

    Moi, j’ai une autre interprétation, il pourrait s’agir de militants d’EG qui se sont mis en scène pour disqualifier police et gouvernements.
    Ils sont capables de tout ces pourris.

  • soloon
    soloon
    _
    • Posté à 16h08 le 27/10/2010
    • Internaute 91630
      _

    lu sur lepost.fr

    « ...Un syndicaliste policier affirme en effet que l’individu que l’on voit frapper le manifestant sur la vidéo “a été identifié.”

    “On sait qui c’est. C’est un militant d’extrême-gauche extrêmement violent et extrêmement connu” assure à RTL Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-Officiers.

    Contacté par Le Post, Patrice Ribeiro nous confirme “qu’il s’agit d’un militant d’extrême-gauche violent et connu pour violences”. Mais comment être sûr que l’agresseur est effectivement “d’extrême-gauche” ? “Il est classé ainsi...”

    Lien

    • Bad Time For Human Kind
      Bad Time For Human Kind répond à soloon
      Chieur Public
      • Posté à 16h28 le 27/10/2010
      • Internaute 53377
        Chieur Public

      Un militant d’extrême gauche avec un gilet pare-balles...

      Sans parler de la technique...

      MDR ;)

      Ils s’enfoncent ! ! !

      Ont ils identifier le photographe « charlie » (manteau gris,chapeau,pull rouge), que le casseur évite soigneusement ?

      • Bad Time For Human Kind
        • Posté à 16h33 le 27/10/2010
        • Internaute 53377
          Chieur Public

        D’ailleurs je transmets mes félicitations à nos « casseurs » officiels !

        Je me demandais l’utilité du singe gesticulant pour exfiltrer la personnalité ; on peut en effet garantir un périmètre de sécurité sans faire de folklore.

        Et je me suis rappelé la technique du magicien, attirer l’attention pour faire diversion. Manque de bol, il y avait une caméra ; personne n’aurait rien vu sinon. Chapeau, les artistes !

  • de passage
    • Posté à 16h16 le 27/10/2010
    • Internaute 30356

    « (...) ce cortège de manifestants émergeant à la fin de la manifestation parisienne ne peut être associé simplement à des casseurs. Il s’agit d’un regroupement d’anarchistes revendiqué comme tel, (...) »

    Non, pas du tout. Cette approximation était déjà dans l’article en « quasi-direct » (de Julien Martin, si ma mémoire est bonne). Libre à vous et à chacun de mettre une étiquette politique sur leurs revendications, mais n’écrivez pas qu’ils « se revendiquent anarchistes », c’est faux. Lisez leurs tracts, leur seule signature est toujours « des travailleurs... des chômeurs... des précaires... des individus... » ou bien « L’AG de... ». Jamais aucun-e ne se revendique de l’étiquette d’anarchiste, ni de celle d’autonome ou d’ultra-gauche qu’on essaie alternativement de leur coller, ni de celle de « black-block ».
    Moi je dis ça, je m’en fous, hein... c’est juste pour rétablir les faits.

    Quant à l’infiltration par des flics encore plus casseurs que les casseurs ? ...hmm ! c’est une longue histoire...

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 16h39 le 27/10/2010
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
  • Lairderien
    • Posté à 17h34 le 27/10/2010
    • Internaute 22751

    « D’autre part, à l’exception de celle du Crédit Lyonnais, je n’ai vu aucune vitre brisée sur tout le parcours de ces manifestants. Il faudrait bien sûr vérifier cette observation. »

    Ce témoignage prudent d’un riverain, par cette seule phrase vaut son pesant de « cahouètes »

    En effet au delà des explications sur l’origine des manifestants, il y a la un constat de visu : sur son chemin notre riverain n’a pas vu de dégats sur les vitrines de la rue et donc pas de casseurs en bandes !

    Donc, il semble que le casse de la vitrine du Crédit Lyonnais, bien filmé lui est resté un acte isolé.

    En même temps pourquoi casser cette vitre la ou il n’y a rien à voler facilement ? Tant qu’à casser autant viser une boutique ou on peu se servir dans la vitrine une fois cassée.

    • Bad Time For Human Kind
      Bad Time For Human Kind répond à Lairderien
      Chieur Public
      • Posté à 17h49 le 27/10/2010
      • Internaute 53377
        Chieur Public

      Faut bien faire de jolis photos symboliques pour faire peur aux bourgeois !

      Cette photo a été reprise en chœur par la presse pour illustrer les violences. C’était un peu plus anxiogène que des jeunes lançant des mottes de terre...

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