Histoire 22/10/2010 à 10h45

La décennie 2001-2010 est la moins violente depuis 1840

Herodote"
André Larané | Editeur de Herodote.net


Un écolier pakistanais marche devant des camions-citerne en feu, le 7 octobre 2010 (Adrees Latif/Reuters).

A l’occasion du neuvième anniversaire des attentats du 11 Septembre, rappelons que ceux-ci, si spectaculaires qu’ils fussent, ont inauguré la décennie la moins violente qu’ait connue le monde depuis très longtemps, avec une baisse très significative par rapport aux décennies antérieures.

Ouvrons le journal, allumons la télé. Nous voilà inondés de mauvaises nouvelles. Serait-ce que le monde va de mal en pis ? Nous avons voulu y voir plus clair et nous avons comparé la violence guerrière actuelle à celle des décennies antérieures, en remontant jusqu’à Napoléon.

En cette première décennie du XXIe siècle, nous recensons trois zones de conflits :

  • la région Irak-Afghanistan, où le total des victimes dans les deux camps -de l’ordre de 200 000- demeure environ cinq fois moins élevé qu’au Vietnam, pendant la période 1964-1973 ;
  • le Proche-Orient, où le retentissement médiatique des affrontements est sans commune mesure avec leur violence meurtrière, heureusement très modeste ;
  • l’Est du Congo, où s’affrontent des groupes tutsis et hutus venus du Rwanda voisin, peut-être la zone la plus conflictuelle à l’heure actuelle -quelques centaines de victimes civiles chaque semaine-, mais à coup sûr la moins médiatique.

Rappelons le drame du Darfour, en voie de résorption (200 000 à 300 000 victimes). Notons aussi la Somalie, un territoire sans gouvernement livré aux bandes et aux pirates, et quelques conflits mineurs -Géorgie.

En marge de ces conflits perdure un « bruit de fond » -émeutes à Lhassa et Maputo, bombes à Madrid et Bilbao, coups d’Etat ici et là... Ce bruit de fond alimente l’actualité quotidienne. Il est permanent et plutôt inévitable mais reste marginal en nombre de victimes avec bien moins de cent mille tués dans chaque décennie.

Si intolérables soient-ils, tous ces conflits et drames aboutissent en 2001-2010 à bien moins d’un million de morts au total (plus près de 500 000 que du million).

Bien plus bellicistes apparaissent les décennies précédentes avec à chaque fois un total de bien plus d’un million de morts -deux millions de morts ou davantage dans la plupart des cas, y compris les années 1990- :

Est-il utile de s’étendre sur le début du XXe siècle ? 1939-1945, Seconde Guerre mondiale (50 millions de tués), 1914-1918, Grande Guerre (10 millions de tués), Goulag soviétique, scission indo-pakistanaise, etc.

Ce tiers de siècle (1914-1947) apparaît comme la période la plus meurtrière de toute l’Histoire de l’humanité avec 100 à 200 millions de morts violentes sur 2 milliards d’êtres vivants, soit un taux exceptionnel de 5 à 10% de tués en l’espace d’une génération.

L’accalmie après Napoléon

Il faut en définitive remonter aux années 1815-1840 pour discerner un niveau de violence internationale aussi bas qu’aujourd’hui -moins d’un million de victimes par décennie.

En effet, après les guerres napoléoniennes (un million de morts rien qu’en Europe, de 1804 à 1814), le monde n’a plus affaire qu’à des conflits mineurs, modérément meurtriers : Amérique latine, Grèce, Serbie.

Mais cette accalmie ne dure pas et les choses se gâtent à nouveau dans les années 1840 en Europe et dans le reste du monde. La Chine entre dans une période de graves turbulences : Guerre de l’opium, Taiping (20 millions de victimes), Boxers... dont elle ne sortira que dans les années 1970.

Dans le même temps, les Occidentaux se lancent dans des entreprises coloniales coûteuses en vies humaines (Indes, Mexique, Afghanistan -déjà-, Algérie, Afrique australe...) sans parler des guerres internes : guerre de Sécession (600 000 morts), guerre de Crimée, etc.

Pour mieux apprécier le faible niveau actuel de violence, considérons qu’il se rapporte à une population mondiale de 6,5 milliards d’êtres humains, tandis que les guerres napoléoniennes ou la guerre de Sécession se rapportaient à seulement un milliard d’êtres humains -le rapport du nombre de tués à la population totale « pèse » d’autant plus dans ce cas.

Pourquoi cette impression de violence ?

Après le constat ci-dessus, comment expliquer que nous ayons aujourd’hui le sentiment d’une violence sans pareille ?

Sans doute sommes-nous d’autant plus sensibles à la violence que celle-ci est devenue plus rare -paradoxe mis en lumière par Tocqueville à propos des droits féodaux : ceux-ci n’ont plus été tolérés à partir du moment où ils étaient devenus marginaux.

Peut-être aussi sommes-nous victimes d’une forme de saturation médiatique ? Jour après jour, les journaux et la télévision doivent remplir leurs pages et leurs tranches d’actualités, de sorte que l’arraisonnement d’un cargo humanitaire par les Israéliens en vient à occuper autant de pages dans les journaux du monde entier qu’en 1943 la bataille de Stalingrad -2 millions de morts.

Les raisons de la paix

Laissons aux sociologues le soin d’identifier les raisons de la paix retrouvée, si relative soit-elle.

Peut-être sont-elles dans l’incroyable croissance économique dont ont bénéficié les pays asiatiques, sud-américains et dans une moindre mesure, africains et orientaux ?

Peut-être dans la « modernisation » des mœurs avec des indices de fécondité qui rejoignent les indices occidentaux en Asie comme au Moyen-Orient ? Serait-on moins porté au conflit quand on a seulement un ou deux enfants et un espoir raisonnable de leur offrir un avenir prospère ?

Quoi qu’il en soit, notre constat rejoint l’analyse prémonitoire de l’historien Emmanuel Todd ( « Après l’Empire », 2002, Gallimard) sur un monde en voie d’apaisement. Il est de nature à réconforter les hommes et les femmes de paix qui se battent sans trêve dans la vie quotidienne, les gouvernements et les institutions internationales pour étouffer autant que faire se peut les germes de conflit.

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Herodote
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  • orangevox-
    orangevox-
    Licencieuse
    • Posté à 11h43 le 22/10/2010
    • Internaute 114473
      Licencieuse

    Cet article et des riverains confondent la « violence », la « guerre » et la « délinquance ».... La violence est utilisée dans les conflits de tout ordre (c’est le pouvoir d’exercice une force supérieur à l’encontre d’une autre) .
    L’abus de ce terme amène à ces amalgames sociologiques. Le nombre de conflits aurait diminué sur une période de 10 ans.
    En prenant des dates bien rondes. Cela n’a pas de raisons historiques de pratiquer ainsi. C’est de la statistique d’enfumage d’apprentis sorciers journalistes.

    Enfin le pire est de comparer des conflits internationaux aux actes de violences de la société civile comme un méfait quotidien (vol [avec *violence*] par exemple). Cette « analyse » revient à comparer des TANKS et des Canifs, des soldats à des civils ....

    Publiée ou pas c’est : de la bêtise bien enrobée. De la mer*de en boite.

    • emiboot
      emiboot répond à orangevox-
      No Homs land
      • Posté à 18h29 le 22/10/2010
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Donc il faudrait inventer un autre terme pour la « violence » de la guerre ?

      Je ne comprends pas bien ton argumentaire - sauf en ce qui concerne la violence économique, effectivement c’est bien la même définition.

      En quoi ne peut on pas comparer la violence quand elle s’exprime de manière « quotidienne » (urbaine, crimes) et celle qui sévit en temps de guerre ? Un couteau comme un tank peuvent tuer.
      Tu écris violence : « le pouvoir d’exercice une force supérieur à l’encontre d’une autre »
      J’ai trouvé : Action brutale physique ou morale envers quelqu’un et Le mot violence vient du latin « vis » qui désigne d’abord la force sans égard à la légitimité de son usage
      La question est donc la légitimité ou non de la force employée - et pas son contexte, non ?

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 13h04 le 22/10/2010
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Je trouve plutôt dangereux cette interprétation statistique de le violence car elle sous-tendra qu’il est légitime de s’opposer à ceux qui la dénoncent tout en faisant l’apologie des institutions internationales qui sont pourtant particulièrement violentes envers les populations. Mais cette violence-là n’apparaît jamais dans les statistiques.

    Or moi je crois que l’OMC, le FMI, l’UE qui nous impose les OGM par exemple sont des violences faites aux peuples souverains.
    Lien

    Il y a donc peut-être moins de victimes de guerres à proprement parler mais la violence s’est déplacée concrètement sur le terrain économique. Elle fait moins de dégâts visibles mais plus de dégâts sociétaux.

    • emiboot
      emiboot répond à Asse42-
      No Homs land
      • Posté à 13h06 le 22/10/2010
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Oui, tb remarque. Violence réelle, violence perçue, et violence « silencieuse », économique, sociétal.
      Vous avez bien raison de le souligner.

    • Fald
      Fald répond à Asse42-
      Vieux (con)vaincu
      • Posté à 16h00 le 23/10/2010
      • Internaute 76678
        Vieux (con)vaincu

      La violence économique, en effet, je ne dirais pas que tout le monde s’en fout, mais presque !

      L’ONU, organisation de dangereux gauchistes, parle de 100 000 morts par jour dûs à la faim et à ses séquelles, sur une planète qui produit 2800 calorie par jour et par personne.

      Ces gens meurent des lois du marché, comme les dizaines de milliers qui meurent chaque jour du fait que l’eau potable et les médicaments sont des marchandises.

      Cent à deux-cent-mille par jour, ça fait combien sur la decennie la moins violente depuis deux siècles et demi ?

      Je trouve caractéristique que la dernière période comparable à la notre soit la Restauration, après 1815. Mais je pense aussi à la Pax Romana.

      Comme après 1815, nous vivons sous un régime de restauration. Depuis 1989, le capitalisme a gagné et n’a plus besoin que d’une petite guerre deci delà pour garder la main et expérimenter de nouveaux systèmes de visée. Les peuples sont soumis. Ceux qui crèvent de faim le font en silence, et en disant merci aux affameurs qui leur envoient des « humanitaires » bien mis en scène et magnifiquement filmés..

      Cela peut durer indéfiniment justement grâce à ce pouvoir dont ne disposaient pas les gouvernants de la Restauration, ni même ceux de la première mondialisation : le pouvoir médiatique.

      Mais si cette période prend fin un jour, j’ai bien peur que ce ne soit pas par des conquètes pacifiques de justice sociale qui rendraient enfin notre planète vivable pour tous.

      Je crains que ce ne soit plutôt comme s’est terminée la première mondialisation, en 1914... ! ! !

      Car ceux-là mêmes qui nous mettent la mondialisation en musique sauront très bien, si le besoin s’en fait sentir, monter les peuples les uns contre les autres.

      Nous avions réussi, en 2005, à éviter que les peuples européens ne soient mis en concurrence les uns CONTRE les autres, mais cette disposition, foutue dehors par la porte du référendum, est rentrée par la fenêtre du traité de Lisbonne. Et les « Européens convainqueurs » sauront jouer des rancoeurs accumulées le moment venu, s’ils ont besoin que les peuples européens se foutent sur la gueule.

      1914/1918 est d’ailleurs un bon exemple de commerce mondialisé. On a retenu, et il le fallait, que les jeunes gens mouraient en masse dans les tranchées, on a beaucoup moins bien retenu que des obus allemands Krupp perçaient des blindages allemands Krupp et que des obus français Schneider perçaient des blindages français Schneider, pour le plus grand profit de Krupp et de Schneider.

      Profitons de la Pax Americana Capitalista actuelle. Je peux espérer être crevé avant qu’elle ne se termine comme elle ne peut que se terminer, mais je crains pour les plus jeunes.

  • Umbzarr
    Umbzarr
    Etudiant
    • Posté à 10h59 le 22/10/2010
    • Internaute 129915
      Etudiant

    A mon avis la raison première qui nous fait croire que nous sommes dans une époque violente, c’est le fait du terrorisme. Alerte à la bombe, prise d’otage, etc ... mais également que la violence est beaucoup plus proche de chez nous, quand on regarde il y a beaucoup de moins de guerre, mais il y a également plus de violence urbaine, que ce soit en France, ou ailleurs dans le monde, la violence est plus proche de nous, et surtout sur-médiatisé.
    Les derniers conflits ou débordement sont facilement relayés par les médias. De plus l’information circule plus vite qu’avant, et beaucoup plus facilement. Quand on regarde bien, nous avons des informations sur des violences en Chine, sur la Corée du Nord, ou en Afrique quasi en instantanée ce qui n’était pas le cas dans le passée.

  • enfumage
    enfumage
    parti de rien pour arriver (...)
    • Posté à 11h00 le 22/10/2010
    • Internaute 97031
      parti de rien pour arriver (...)

    « comment expliquer que nous ayons aujourd’hui le sentiment d’une violence sans pareille ? “ la peur ...la peur ....instillée par les médias sous controle des puissances financières qui nous inondent de séries policières , médicales , fantastiques et autres jeux d’élimination , par les journalistes pour qui un bon fait divers sanguinolant ca n’a pas de prix ...la peur qui rend chaque citoyen parano , vicitme potentielle d’une violence fantasmée et crée de toutes pièces afin qu’il reste tranquille dans son coin à consommer toujours plus ...

  • jeffouletofou
    jeffouletofou
    cddiste
    • Posté à 11h06 le 22/10/2010
    • Internaute 43444
      cddiste

    c’est peut etre simplement du fait des armes employe lors des guerres.

    aujourdh’ui mieux equipe, les soldats n’ont pas besoin d’etre aussi nombreux, il y a donc forcement moins de mort.

    dailleurs je trouve ça mal honnête de faire un papier sur les guerre en ne parlant que des morts mais absolument pas des technologies emplyoees qui ont enormement evoluees.

    • el_Jess
      el_Jess répond à jeffouletofou
      • Posté à 11h19 le 22/10/2010
      • Internaute 15352

      « Les armées sont plus efficaces, il y a donc moins de mort ».
      Magnifique sophisme, merci pour cette tranche de rigolade matinale !

      • klone
        klone répond à el_Jess
        Evidence is evident
        • Posté à 11h26 le 22/10/2010
        • Internaute 124595
          Evidence is evident

        Tout à fait, il n’y a plus besoin de bombarder les villes et les ponts, ou de passer la jungle au napalm.

         
        • bjone
          bjone répond à klone
          dev 3D
          • Posté à 12h32 le 22/10/2010
          • Internaute 62791
            dev 3D

          Nan, un JDam tiré depuis un F22 ou un Hellfire depuis un Apache dans un bâtiment en pleine ville avec des passants autour fait bien l’affaire, c’est plus « propre ».

          Et puis c’est sûr, en Irak, les infrastructures civiles ont été complètement épargnées, et complètement reconstruites, et pas-du-tout « facturés » (et surtout pas en équivalent baril de pétrole bien sûr).

          Vivement les chars avec canon à micro-ondes, qu’ont puisse faire danser les mecs d’en face sur du plastic « fondu » bertrand.

          Là ça sera la classe.

          edit : j’ai dit une connerie, les F22 n’ont pas pu être déployés en Irak, vu que les brouilleurs GSM censés empêcher le déclenchement des IEDs transformaient son radar ultra-sensible en sapin de noël, donc retour à la case F18 + bombes à sous-munitions.

        • emiboot
          emiboot répond à klone
          No Homs land
          • Posté à 18h33 le 22/10/2010
          • Internaute 81944
            No Homs land

          Et quand on veut tester les nouveaux joujoux en réel, il reste la bande de Gaza (phosphore, fragmentation...)

          • emiboot
            emiboot répond à emiboot
            No Homs land
            • Posté à 14h07 le 23/10/2010
            • Internaute 81944
              No Homs land

            Inutile de nazer : c’est la réalité.

        3 autres commentaires
      • PtitCanard a déménagé le 28 avril.
        • Posté à 19h25 le 22/10/2010
        • Internaute 74190

        Vous ne devriez pas tant rire :
        Si Napoléon avait eu des tanks et des hélicoptères, je ne doute pas que le nombre de victimes de la guerre aurait largement chuté et n’aurait concerné que très peu de français.
        L’argument porte sur la dyssymétrie des belligérants :
        Si vous tuez 2 millions « d’ennemis » et qu’il « vous en tue » 2M5, vous vous dites que la prochaine fois, en y mettant 3M vous l’aurez. D’où les surenchères morbides.
        Quand 15 types massacrent 400 personne sans même qu’on les ait vus, je suis pas sûr que cela relance vos ardeurs.
        Irak : 100.000 victimes civiles minimum, 20.000 militaires tués.
        USA : 5.000 militaires tués.
        Nan, moi ça me fait pas rire.

        Cet article fait l’impasse sur 3 points essentiels :

        - la suprématie militaire devenue écrasante d’un acteur majeur de pratiquement tous les conflits depuis le début du XXème siècle.

        - L’asymétrie qui découle de cette supériorité militaire incontestable, les Etats ne peuvent plus s’opposer militairement aux USA, seuls des petits groupes faiblement armés s’y risquent.

        - L’hégémonie économique et culturelle de ce même empire qui contribue effectivement à « pacifier » et à limiter les conflits d’envergures et à opérer un glissement des victimes de la guerre militaire vers la guerre économique (famines et déplacements forcés se portent bien eux.)

        Bref, on peut se réjouïr d’un nombre de victimes en baisse.

         
        • orange 06
          • Posté à 10h01 le 23/10/2010
          • Internaute 116735
            retraite

          votre argumentation est intéressante, mais discutable sur au moins un point. vous prétendez que seuls de petits groupes faiblement armés osent s´opposer militairement aux USA. je ne suis pas d´accord avec cette affirmation, car s´opposer militairement impose une action militaire, ce que ne font pas les terroristes en s´en prenant principalement à des cibles civiles. ainsi donc, ils ne s´opposent pas à l´armée des USA mais au symbole.
          par ailleurs, quand vous opposez le nombre des victimes civiles/militaires en Irak vous faites un amalgame préjudiciable à la qualité de votre démonstration en omettant de détailler le nombre de civils victimes d´une action de terrorisme et non d´une action militaire. le ratio de 5/1 est ainsi à reconsidérer.
          je n´apporterais en revanche qu´une modification de détail à votre conclusion : on NE peut QUE se réjouir d’un nombre de victimes en baisse

          • PtitCanard a déménagé le 28 avril.
            • Posté à 14h16 le 23/10/2010
            • Internaute 74190

            En fait l’argumentation n’était pas si intéressante car je n’arrivais pas à trouver les mots justes pour exprimer ce qui me dérange le plus dans cet article, mais j’ai glissé entre prévisualiser et publier, c’est ballot.

            Cela dit, je vous assure que les morts militaires de la coalition en Irak et en Afghanistan ne le sont pas tous de chute de vélo !
            Je ne pense pas qu’on puisse dire que les résistants ciblent principalement les civils. Je pense que comme les américains, ils font peu cas des victimes civiles qui peuvent découler de leurs actions : pour moi c’est bonnet blanc et blanc bonnet, je ne jetterai la pierre ni à l’un ni à l’autre pour manquement aux conventions internationales qui régissent les conflits.
            Concernant le ratio, s’il est vrai que les quelques chiffres qu’on trouve ici et là ne font pas la distinction entre civils tués par la coalition et civils tués par les insurgés, reconnaissons quand même que ce sont les américains qui ont porté la guerre sur le sol irakien et créer toutes les conditions d’une guerre civile.
            Le chiffre de 100.000 victimes civiles en Irak est un minima certain, certains avançant le chiffre probablement extravagant de 1.000.0000. Je pointe donc la disproportion en tant que telle, qu’elle soit de 1/5, 1/2 ou 1/10, surtout s’agissant de victimes civiles.

            Mais surtout quand je le relis l’article voici ce que je comprends en substance :
            Il y a moins de victimes de conflits. En fait c’était pire avant. Qu’est-ce qui a pu amener à cette baisse du nombre de morts ?
            Les bienfaits de la civilisation occidentale et le capitalisme, entre autres.
            Bien sûr je force un peu le trait, mais c’est pourtant bien ce que je lis, et je trouve cela particulièrement mauvais.

            Alors va pour la partie descriptive du comptage, mais j’aurais aimé une analyse pertinente de cette évolution de la baisse du nombre de conflits et des victimes.
            Par un géopolitologue plutôt que par un « sociologue“(je remercie l’auteur de n’avoir pas suggéré un ethnologue).

            EDIT : aujourd’hui dans l’article de rue89 sur wikileaks :
            ‘ […] les 400 000 rapports jettent un regard nouveau sur le lourd tribut que les populations civiles ont payé à la guerre. Les cadavres de milliers de femmes et d’hommes, victimes d’exécutions sommaires, ont été découverts par les soldats américains.

            Ces mêmes soldats ont tué au moins six cent civils en six ans aux check points, ou en ouvrant le feu sur des véhicules pris pour une menace. Un nombre indéterminé, et minimisé dans les rapports, d’Irakiens ont été les victimes collatérales des frappes aériennes contre les insurgés ’.

            Effectivement, c’est pas les boucheries napoléonniennes ni les tranchées de 14-18, il n’en reste pas moins que si les moeurs modernes et la croissance économique étaient bien gentiment rester chez elles, l’auteur aurait pu nous rapporter une décennie encore bien moins violente.

        2 autres commentaires
    • Anterak
      Anterak répond à jeffouletofou
      (informaticien)
      • Posté à 11h31 le 22/10/2010
      • Internaute 94165
        (informaticien)

      Même si cela joue, je ne pense pas que ce soit significatif ;

      La majorité des pertes humaines lors d’un conflit armé, ce sont les civils, pas les militaires.
      Et on a vu ce que donnaient les frappes chirurgicales. ;)

  • sac-à-patate
    sac-à-patate
    pas rempli
    • Posté à 11h23 le 22/10/2010
    • Internaute 129836
      pas rempli

    « un monde en voie d’apaisement » : n’importe quoi. La violence est encore très présente de nos jours, et pas seulement dans les media. Ok, les media ici parlent proportionnellement beaucoup de la toute petite violence dans les pays occidentaux, mais il ya encore des conflits un peu partout, et résumer la violence aux « morts violentes », je ne suis pas sûr que ça soit très pertinent.
    La violence a différentes formes : moi je considère que la situation de toutes les personnes exploitées pour produire la merde dont les riches se gavent subissent une forme de violence.

    Et puis bon, jeter des chiffres comme ça à la figure des gens... Ca semble très anachronique ces comparaisons. On peut toujours jouer sur ça, « le rapport du nombre de tués à la population totale » : on est bien plus sur terre aujourd’hui, oui, mais on peut aussi en conclure, en voyant la situation actuelle, que bien plus de gens souffrent de la violence maintenant qu’en 1840. Eh oui !

    • emiboot
      emiboot répond à sac-à-patate
      No Homs land
      • Posté à 18h41 le 22/10/2010
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Sauf qu’il n’existe plus personne d’encore vivant de 1840 pour nous donner « son sentiment » sur la violence de époque.
      Et parlerait-on de la même notion ?

  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 11h24 le 22/10/2010
    • Internaute 16438
      ici et là

    Aucune mention du conflit le plus meurtrier d’Afrque... ?

    Plus de 2 millions de victimes civiles qui passent à la trappe, comme ça.

    Pas très médiatisé il est vrai, le conflit qui a ravagé le Soudan de 1983 à 2005 mérite tout de même quelques lignes dans votre macabre décompte.

    Un des taux de mortalité civile les plus hauts depuis la seconde guerre mondiale.... 4 millions de déplacés sur toute la durée du conflit.

    A tous ceux qui récemment encore n’avaient que le Darfour à la bouche, sachez que malheureusement Khartoum ne s’est pas contenté de massacrer les habitants de l’ouest de son pays, il s’est fait la main au sud.

    Comprenez la surprise de Bachir quand après avoir tranquillement occis 2m de ses compatriotes sans qu’on lui dise grand chose, se retrouve avec une campagne internationale au cul pour à peine 400,000 gonzes... Il a pas du comprendre... Forcement...

    • emiboot
      emiboot répond à le soudanais
      No Homs land
      • Posté à 18h44 le 22/10/2010
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Oui, merci de parler de ce conflit là, des enfants déplacés (la cible de ce conflit était ethnique, les enfants étaient traqués) pour cause de danger de mort, et qui ont marché des années pour certains.
      ...
      Bon, je vais recharger les batteries avec quelque chose de drôle, la litanie des morts finit par déprimer

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 11h24 le 22/10/2010
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Ca pourrait bien changer.
    Voici d’ailleurs ce à quoi se préparait Sarkozy avec Merkel à Deauville :

  • BrunoC
    BrunoC
    ( ° ) ( ° )
    • Posté à 11h27 le 22/10/2010
    • Internaute 49016
      ( ° ) ( ° )

    La violence se mesure en nombre de morts. J’aurais appris quelque chose.

  • Flammes-and-co
    Flammes-and-co
    étudiant
    • Posté à 11h28 le 22/10/2010
    • Internaute 129042
      étudiant

    Superbe article. Cependant, il ne faut pas corréler de manière absolue le nombre de morts avec la violence, ce n’est pas parce que les guerres sont moins ouvertes et plus condamnées que le monde est devenu plus pacifique.
    En témoignent les situations que connaissent le Tibet, le Haut-Karabagh la Birmanie ou le Kurdistan, il y a peut-être moins de morts, mais la violence y est omniprésente, les peuples sont opprimés, la société est muselée et tout écart est sévèrement condamné.

    Cela dit ce genre d’article est vraiment intéressant, les politiques ont un peu tendance à négliger l’importance de l’Histoire dans les événements actuels...

  • jeffouletofou
    jeffouletofou
    cddiste
    • Posté à 11h34 le 22/10/2010
    • Internaute 43444
      cddiste

    « Est-il utile de s’étendre sur le début du XXe siècle ? 1939-1945, Seconde Guerre mondiale (50 millions de tués), 1914-1918, Grande Guerre (10 millions de tués), Goulag soviétique, scission indo-pakistanaise, etc. »

    attendez qu’il y en ai une troisieme et la tout vos chiffre depuis belle lurette seront largement depassees.

    • sac-à-patate
      sac-à-patate répond à jeffouletofou
      pas rempli
      • Posté à 11h38 le 22/10/2010
      • Internaute 129836
        pas rempli

      A propos de quoi ?
      Le fait que cet article est un résumé historique à l’arrache, produit par un « partenaire » de rue89 dont ils devraient se passer ? (Ah oui, après vérification, herodote.net est bien une accumulation de mauvais résumés de pages wikipédia probablement produits par des collégiens) Ou bien a propos de l’idéologie douteuse du « bientot tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes » ?

      edit : ah merde, il est passé où ton post qui râle sur rue89 qui fait nimp, et auquel je répondais ?

      • jeffouletofou
        jeffouletofou répond à sac-à-patate
        cddiste
        • Posté à 11h46 le 22/10/2010
        • Internaute 43444
          cddiste

        je l’ai vire, j’en met trop souvent, il faut que j’apprenne a mettre la meme chose moins regulierement, sinon ça n’a plus aucun interet.

        mais pour te faire plaisir (je ne me souviens plus exactement de ce que j’avais ecrit so...),

        encore un article de desinformation, rue89 fait aussi bien que sarko, on fonce, on ne se remet pas en question et surtout lorsqu’on fait de grossieres erreur journalistique, on ne s’excuse jamais.

        voila comme ça ton post n’aura pas servi à rien.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 11h36 le 22/10/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Sommes nous en guerre contre l’Euraria ou contre l’Océania ?

    L’impression de violence n’est pas qu’une impression, c’est le message récurant des JT.

    Quand il n’y a pas de conflit, on en invente.

  • Wildleech
    Wildleech
    révolutionnaire en devenir
    • Posté à 11h41 le 22/10/2010
    • Internaute 81842
      révolutionnaire en devenir

    N’est-ce pas plus simplement que les décolonisations sont presque achevées, que les nouveaux dictateurs sont bien en place, et que le régime soviétique n’est plus là pour affronter les intérêts occidentaux ?
    Un cycle de violence physique à pris fin avec le XXe siècle, une nouvelle violence, économique celle-là, peu maintenant émerger.

  • Majesté
    Majesté
    On respire enfin
    • Posté à 11h43 le 22/10/2010
    • Internaute 77564
      On respire enfin

    Pourquoi ce sentiment de violence ? Peut-être à cause du malaise larvé, générateur de stress permanent, face à des perspectives d’avenir moroses et un horizon bouché, du moins dans nos sociétés consuméristes. Sans valeurs d’espoir, on se sent perdu, isolé, précaire, et on ressent une peur diffuse qui se cristallise sur le moindre événement.

    Un autre élément intéressant est l’individualisation de plus en plus forte dans nos sociétés. Les grandes organisations de groupe sont en crise (partis, église, syndicats, médias) au profit de systèmes tendant vers l’individu (beaucoup pensent déjà qu’ils seraient plus heureux avec une assurance retraite individuelle plutôt que de devoir « payer pour les chômeurs »). En fin de course, on peut se demander si même la violence ne devient pas individualisée. Dans nos sociétés, on ne fait plus la révolution en groupe, on stresse tout seul, on souffre tout seul, et on se suicide. La violence « classique » (guerres, révolutions) semble moindre, mais la violence est toujours là, sous une autre forme, plus individuelle. Privatisée, en quelque sorte...

  • Philou017
    Philou017
    Informaticien
    • Posté à 11h44 le 22/10/2010
    • Internaute 23880
      Informaticien

    L’auteur : « la région Irak-Afghanistan, où le total des victimes dans les deux camps -de l’ordre de 200 000- demeure environ cinq fois moins élevé qu’au Vietnam, pendant la période 1964-1973 “

    L’auteur se fout de notre gueule.
    Des études très sérieuses, appuyées sur des méthodes scientifiques, comme celle du Lancet qui chiffrait rien que les morts Irakiens à 650000 en 2006 ou celle d’Opinion Way qui affirme qu’on a dépassé le million de morts en 2007, contredisent cette foutaise. L’auteur se réfère à des chiffres officiels ou des chiffres d’ONG adoubées par des gouvernements de l’OTAN.

    Visiblement Hérodote n’a rien d’un site d’histoire sérieux ni impartial. Juste une antichambre de la validation de l’information par de simili-historiens.

    • zakut
      zakut répond à Philou017
      employé
      • Posté à 12h47 le 22/10/2010
      • Internaute 60843
        employé

      N’oublions pas les victimes post guerres des armes à l’uranium appauvri ou au phosphore blanc.

      N’oublions pas les déplacements de population engendré par un conflit qui va déstabiliser d’autres pays voisins et crée des crises alimentaire.

      Trés mauvais article sur le fond et la forme la violence réel augmente d’autant plus que les médias en font leurs fonds de commerce tout cela pour faire le jeu des gouvernements qui contrôle mieux un peuple qui à peur et qui demande à être protéger peu importe les moyens........

    • Timour
      Timour répond à Philou017
      En fin d'études
      • Posté à 13h06 le 22/10/2010
      • Internaute 126268
        En fin d'études

      Non l’auteur a raison, les chiffres du Lancet souffrent de très graves problèmes méthodologiques qui l’amènent à très largement surestimer le nombre de victime en Irak. Enfin quoi, plus de 600.000 morts jusqu’en juin 2006 alors que le très sanglant conflit interconfessionnel entre chiites et sunnites n’a pas encore vraiment éclaté, ça nous ferait combien aujourd’hui ? Reconnaissons notre ignorance, nous manquons encore de recul. Les chiffres de 150-200.000 sont les plus souvent cités pour la période 2003-2010.

      • PHIG56
        PHIG56 répond à Timour
        (détaché rattaché)
        • Posté à 19h48 le 22/10/2010
        • Internaute 66461
          (détaché rattaché)

        à Timour.

        Non, l’auteur a tort et vous avec. Vous faites partie - à votre corps défendant je suppose - des négateurs des terrifiantes conséquences de l’agression anglo-saxonne (US-GB) en Irak.
        Aucun problème méthodologique dans les études de l’université John Hopkins (Lancet) et ORB ; les épidémiologistes qui l’ont pratiqué sont ceux-là mêmes qui avaient été commandités par l’ONU pour faire le relevé de la mortalité en RDC, que personne n’a contestée.
        Une majorité de citations ne constitue rien d’objectif ou sinon nous en serions resté à la génération spontanée malgré le bon Pasteur ! (sans compter la désinformation systémique des médias anglo-saxons)

    • Lowestone
      Lowestone répond à Philou017
      Chercheur en informatique
      • Posté à 13h41 le 22/10/2010
      • Expert 53869
        Chercheur en informatique

      Mais pourquoi devrait-on croire ces etudes (Lancet, OBR) plutot que d’autres ? Parce que des chiffres officiels sont forcément truqués ? Ca me semble trop facile comme raisonnement.
      Les différences de chiffres viennent d’abord de l’utilisation de méthodologies différentes. Les chiffres de Iraq Body Count (env. 100’000 morts) sont basés sur un comptage effectif des morts, grace aux données des morgues entre autres. Lancet et OBR, au contraire, sont des sondages demandant dans une famille s’ils ont eu des morts. De plus, alors que les chiffres officiels ne concernent que les morts violentes, ces dernières etudes considèrent aussi les morts indirectes qui seraient dues aux mauvaises condition de vie dans le pays en guerre.
      Au final puisque l’article cherche à comparer le nombre de morts aux cours de différents conflits depuis 1800 il est normal qu’il utilise uniquement des chiffres officiels et ne considère que les morts violentes, les autres étant par définition plus difficile à estimer.

      • PHIG56
        PHIG56 répond à Lowestone
        (détaché rattaché)
        • Posté à 19h37 le 22/10/2010
        • Internaute 66461
          (détaché rattaché)

        Il n’y a pas de chiffres « officiels » sur les morts d’Irak. Ceux du gouvernement irakien sont ouvertement contestés au sein même dudit gouvernement (tiraillés entre factions ; même morts, les Irakiens sont ségrégués !).
        Iraq Body Count n’est, en rien, un site ou un organisme officiel. De son propre aveu, il donne un chiffre notoirement très sous-évalué (une des conditions, c’est deux notifications indépendantes d’un même mort dans la presse occidentale !).
        La méthodologie de l’université Hopkins et d’ORB sont éprouvées : les épidémiologistes de grand renom qui ont mené ces études sont ceux-là même qui ont donné à l’ONU, qui les commanditait, les chiffres effarants de mortalité en RDC, que personne ne conteste.
        Les morts induits par les guerres (blessés mal soignés, épidémies dues aux destructions causées par la guerre) sont directement imputables à celles-ci : sinon il faut retirer, p. ex., du bilan de la seconde guerre mondiale, 1/3 des pertes russes, la moitié des pertes chinoises (près de 10M !), etc. C’est insoutenable.
        Ces morts certaines ne sont pas « indirectes » mais directement causées par l’agression US-GB en Irak et c’est ce que l’histoire retiendra évidemment, malgré les dénis de justice et de réalité dans ces pays comme chez la plupart des occidentaux.

  • Ermite
    Ermite
    Consultant IT
    • Posté à 12h07 le 22/10/2010
    • Internaute 37758
      Consultant IT

    Le calme avant la tempête, je le crains fort.
    Avec la raréfaction à venir (à trés rapidement venir) des ressources naturelles, les occasions de conflits vont se multiplier dans les années qui viennent.
    On va s’opposer pour des questions de contrôle du pétrole, des minerais mais aussi « tout simplement » de l’eau encore potable et des terres encore arables.
    Des oppositions stratégiques qui finiront inéluctablement par aboutir à des guerres, de faible puis de plus forte intensité.
    Et ça ne sera pas des guerres entre gentlemen, lorsqu’il s’agit de survie aucun homme, aucune femme, aucune « tribu » ou nation ne s’encombre d’aucune morale.

  • Ciné.tique
    Ciné.tique
    Doctorant
    • Posté à 12h11 le 22/10/2010
    • Internaute 81843
      Doctorant

    Le calme précède souvent la tempête.
    Ce n’est pas parce que le monde semble moins violent (en terme de morts) qu’il ne l’est réellement.

  • Strawman
    Strawman
    Scientocrate
    • Posté à 13h42 le 22/10/2010
    • Internaute 96130
      Scientocrate

    « comment expliquer que nous ayons aujourd’hui le sentiment d’une violence sans pareille ?

    Sans doute sommes-nous d’autant plus sensibles à la violence que celle-ci est devenue plus rare -paradoxe mis en lumière par Tocqueville à propos des droits féodaux : ceux-ci n’ont plus été tolérés à partir du moment où ils étaient devenus marginaux. »

    Conclusion intéressante, qui explique aussi l’impression (fausse) de montée du racisme en France : les actes de vrai racisme (meurtre, agression physique...) sont devenus tellement rares qu’une boutade de mauvais goût sur l’expression « travailler comme un nègre » donne à certains l’impression d’être revenus aux colonies...

  • ammianus
    ammianus
    Guide de musée
    • Posté à 12h35 le 22/10/2010
    • Internaute 126841
      Guide de musée

    Pour ma part je n’aime pas beaucoup le parallèle qui est fait ici entre croissance économique et pacification des relations entre Etats. Est-il besoin de rappeler dans quelles régions du monde se sont déclenché les deux seuls conflits mondiaux ? L’Europe en 1914 restait, malgré la concurrence étasunienne sur son piédestal de puissance et de richesse... L’immense tension entre les deux Grands de l’après guerre ne me semble pas opposer non plus des Etats pauvres... d’autant que la croissance était au rendez-vous. La guerre est un phénomène complexe qu’il convient d’analyser avec prudence et ne jamais expédier sa résolution au détour d’une formule moralisatrice malheureuse... Des chercheurs de grand talent ont essayé de comprendre ses mécanisme pour tenter de percevoir une solution, notamment Gaston Bouthoul dans son traité de polémologie, à un moment où une majorité de savant se détournaient de ce genre d’étude devant le traumatisme laissé par la seconde guerre mondiale.
    Il est en tout cas certain que la présence inquiétante de la bombe atomique a amené les grandes puissance à jouer entre-elles un jeu plus prudent, sachant qu’elles peuvent s’entre-détruire. La guerre froide ne le serait sûrement pas resté si elle n’avait pas existé. Le problème de fond avec cette arme n’est pas de savoir si elle sera ou non utilisé dans l’avenir, mais plutôt de savoir quand et dans quel contexte... La tutelle exercé sur le globe par la puissance de l’OTAN et son corolaire onusien maintien une relative sécurité allant dans un sens idéologique. Mais l’édifice est avant tout fondé sur le leadership américain. Ce ne sera pas toujours le cas.
    En bref cette « modernisation des moeurs » que vous souhaitez voir représente seulement la récupération de la guerre par les Etats dans un soucis de pacification de l’espace civile qui nait de facto. Cela s’est rencontré à de multiples reprise à travers l’histoire, passant de société hyper agressives dites « primitives » selon le modèle décrit pas Pierre Clastres, à des formes de gouvernance plus stables, mais disposant entièrement de l’emploi de la violence. La paix semble s’instaurer, néanmoins c’est nier le fait que la guerre maitrisée par l’Etat s’affranchit de la plupart des règles et trouve son expression la plus totale lorsque sa réalisation en est rationalisée à l’extrême... Il n’y a donc pas progrès au sens mélioratif mais mutation, vers quelque chose de guère plus engageant...
    Pour finir, je reprendrais la définition en substance du dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie de Bonte et Izard ; la guerre est un phénomène universel... et il permet aux groupes d’homme de se définir par rapport à l’autre ; en somme de se souder contre un ennemi commun... A méditer je pense...

  • sharrukkin
    • Posté à 12h44 le 22/10/2010
    • Internaute 82709
      ici

    c’est sur si vous utilisé les chiffre bidonné que 200 000 mort en Iraq et en Afghanistan
    Alors que la realité approcherai le million de mort rien que pour l’Iraq

  • AttentionAuvergnate
    AttentionAuvergnate
    Étudiante droits-de-l'hommiste
    • Posté à 12h56 le 22/10/2010
    • Internaute 129939
      Étudiante droits-de-l'hommiste

    Bien sûr, la violence est sur-médiatisée. Mais les médias ne sont pas les seuls à attiser cette peur, car faire peur au peuple, c’est se donner une bonne opportunité pour pouvoir mieux le contrôler.

  • Moule
    Moule
    A l'affut
    • Posté à 13h06 le 22/10/2010
    • Internaute 60666
      A l'affut

    Beaucoup plus intéressant que cet article qui ne cite aucune source et qui fait des interprétations douteuses :
    Lien

    En gros on en sait rien, et j’ai bien l’impression que de toute façon au XXe siècle le nombre de mort (même hors guerres mondiales) est bien plus important qu’aux siècles précédents (que ce soit en nombre absolu ou en pourcentage rapporté à la population mondiale, mesure dont il faudrait prouver la pertinence par ailleurs).

    Le sujet est intéressant, mais il serait bien qu’il soit traité par un vrai journaliste ou mieux, par un débat contradictoire de spécialistes du sujet. Les notions approximatives en histoire font partie des éléments qui pourrissent tous les débats.

  • mechante langue
    • Posté à 13h26 le 22/10/2010
    • Internaute 28480

    Excellent article qui montre que la mise en perspective historique est irremplacable pour analyser la société.
    Par contre je suis étonné par certaines réactions : l’intolérence a la violence serait du a une manipulation médiatique ou politique .
    Non la sensibilité a la violence est un progrés !
    C’est un signe d’évolution extrement positif et non une aliénation ..

  • VinceDeg
    • Posté à 15h52 le 22/10/2010
    • Internaute 36941

    Oui, mais. Vous recensez ici la violence politique, générée par des états, groupes éthniques, mouvements dissidents. Cette diminution est peut-être révélatrice d’une chose : que le pouvoir politique a désormais moins d’importance que le pouvoir économique, et que la violence est passée de l’un à l’autre. Or cette violence économique, bien que tout aussi réelle, est beaucoup plus discrète et plus difficile à saisir. Or imposer la faim à un milliard de personnes, et que cela provoque directement ou indirectement 62 millions de morts par an, est une violence inimaginable, pour ne parler que de cela.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h06 le 22/10/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Dans les raisons j’ajouterais aussi la perception qu’on a de la violence.

    En 1914, les gens étaient limite heureux d’aller au front et de faire la guerre à l’Allemagne. En 2002, les gens faisaient des grosses manifs pour ne pas envoyer des soldats professionnels s’amuser dans un pays avec lequel on a pratiquement aucun lien.

    De même la Turquie qui massacre l’Arménie n’a du soulevé que peu d’indignation populaire, alors qu’Israël qui fait chier de façon bien moindre la Palestine génère désormais un scandale planétaire permanent.

    Autre exemple, les exactions de la Guerre d’Algérie ont du soulever moins de protestations que ce gamin qui se fait renverser par un bagnole de flic.

    Et il faut aussi ajouter les meilleurs moyens de diffusion de l’information.
    Quand tout ce qu’on voit de la guerre est trois photos flous en noirs et blanc, on a du mal à imaginer l’horreur. Et encore, quand on avait des photos, ou même un simple article.

    Alors que trois milles vidéos ultra gore sur le Net sont un vaccin bien plus efficace.
    Et si jamais ça suffit pas il y aura toujours des gens pour rajouter des documents falsifiés ou biaisés pour attiser l’indignation.

    Et si on parle en nombre de morts et pas de blessés, cela peut aussi s’expliquer par une bien meilleure médecine militaire.

    J’ai lu un jour qu’à l’époque des fusils à l’ancienne seules 20% des balles étaient mortelles.
    En fait les gens mourraient d’hémorragie après avoir attendu des heures sur le champ de bataille, d’infection même après une vilaine amputation ou d’une lésion interne qui ne pouvait être soigné.

    Aujourd’hui un soldat d’une armée moderne peut appeler les secours par radio, être évacué rapidement en hélico médical et être soigné dans un hôpital équipé avec des toubibs qui connaissent bien leur sujet.

    Et même le pauvre pauvre dans un pays pauvre sans réelle assistance a nettement plus de chance de s’en sortir que son homologue du siècle précédent. On peut l’amener en voiture dans un dispensaire où un toubib s’occupera de lui, car même s’il manque de matériel il a quand même beaucoup plus de connaissances que ses confrères du passé.

    Enfin c’est gentil de le rappeler, c’est vrai qu’on a tendance à se dire que le monde est toujours aussi pourri, mais ce n’est que le désespoir qui parle.
    Car si on est optimiste, alors on voit que si le monde est toujours pourri, il l’est un petit peu moins qu’avant, quoi qu’en dise les vieux.

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 14h28 le 22/10/2010
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    « la région Irak-Afghanistan, où le total des victimes dans les deux camps -de l’ordre de 200 000 »

    Ils viennent d’où vos chiffres ? Ce sont les chiffres du gouvernement Américain, ou quoi ? D’autres sources évoquent 600.000 voire plus d’un million de morts rien que pour l’Irak.

    Comme vous avez le très mauvais de goût de commencer un article sur un sujet aussi grave par des chiffres non sourcés, et sans aucune évocation des autres estimations, je ne prendrais même pas la peine de lire votre papier.

  • Homere elmero
    Homere elmero
    communiste primitif
    • Posté à 14h58 le 22/10/2010
    • Internaute 87706
      communiste primitif

    ah bon ? et l’insecurité alors ? un theme populiste et elctoraliste ?

    De toute facon il y a plus de morts de mort naturelle, ca c’est indeniable, demographie oblige... continuez donc de trembler et de voter conservateur !

  • Ishtar
    Ishtar
     ? ?
    • Posté à 15h19 le 22/10/2010
    • Internaute 26226
       ? ?

    « années 80 : Irak-Iran (un à deux millions de morts), »

    Et pour les deux conflits Irak et Afghanistan l’article parle de 200000 morts ?

    J’ai beaucoup de mal à croire de tels chiffres.Celui concernant l’Irak pour la guerre commencée en 2003,notamment....

    Pour l’introduction qui démarre avec le 11/09,je me demande si c’est judicieux de mettre en avant un attentat même très meurtrier en embrayant ensuite avec une guerre comme celle d’Irak.Pour le coup la comparaison est osée,surtout si on raisonne en nombre de morts comme l’auteur a choisi de le faire.

  • Augure_
    Augure_
    grain de poussière
    • Posté à 15h32 le 22/10/2010
    • Internaute 79875
      grain de poussière

    Je suis dubitatif... autant j’entends bien l’argument d’une représentation outrée et excessive de la violence « physique », la même qui accroit le sentiment d’insécurité, autant je trouve qu’il y a là un raccourci incroyable.

    La violence ce ne serait que les guerres et les morts par acte violent ?

    Affamer un peuple ce n’est pas de la violence ? Ruiner une population entière de paysans comme ce fut le cas en Inde grâce au génie de Monsanto, et entrainer une vague sans précédent de suicides dans la profession, ce n’est pas de la violence ?

    Priver les gens de leur souveraineté (cf le traité de Lisbonne) ce n’est pas de la violence ?

    Expulser des millions de gens de leur domicile comme aux USA ce n’est pas de la violence ?

    Ruiner les personnes qui avaient misé sur la retraite par capitalisation, et les condamner par là même à devoir travailler jusqu’à leur mort ce n’est pas de la violence ?

    Spéculer sur les denrées alimentaires et faire exploser les prix de sortes que les personnes ne peuvent plus acheter suffisamment pour se nourrir ce ne serait pas violent ?

    Menacer des pays entiers (cf le FMI vs La Grèce ou l’Ukraine par exemple) et les obliger à des coupes drastiques dans leurs programmes d’aide sociale ce n’est pas de la violence ?

    Drôle d’approche, pour le moins restrictive et paraissant particulièrement biaisée par le mélange de deux choses différentes, et l’occultation de beaucoup d’autres.

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