Enquête 21/10/2010 à 12h19

Police de proximité : la gauche prête à un bilan critique

Reversus"
David Doucet | Journaliste

Au PS, on reconnaît que ces unités, lancées sous Jospin et supprimées par Sarkozy, ne sont pas une solution miracle à délinquance.


Deux policiers en patrouille à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)


Dans sa querelle dogmatique avec le pouvoir, la gauche a longtemps considéré le retour de la police de proximité comme une « solution miracle » aux problèmes de sécurité.

Mais sous l’impulsion de ses élus locaux confrontés à la réalité du terrain, les socialistes reconnaissent aujourd’hui que son retour ne suffirait pas à résoudre tous les problèmes.

Derrière la question de la police de proximité se cache deux conceptions bien distinctes de la sécurité publique. Lorsque la « pol-prox » est instituée par Jean-Pierre Chevènement en 1998, la doctrine d’emploi est simple et repose sur deux piliers : la prévention et la dissuasion.

Le président du MRC, alors ministre de l’Intérieur, expliquait ainsi lors du lancement qu’« il faut passer d’une police qui réagit à une police qui anticipe. Au lieu d’éteindre les incendies, il vaut mieux les prévenir ou les circonscrire ».

Généralisée un peu hâtivement à l’ensemble du territoire entre 2000 et 2001, consommatrice de temps et d’effectifs, la police de proximité n’a pas immédiatement donné les résultats escomptés.

C’est ce qu’explique Jean-Jacques Urvoas secrétaire national du PS à la sécurité, qui considère qu’elle n’a pas pu avoir « une durée de vie assez longue pour que l’on puisse juger de son efficacité ». (Ecouter le son)

Audio file

Interview de Jean-Jacques Urvoas

Sarkozy à un policier : « Vous n’êtes pas des travailleurs sociaux »

Lorsqu’en 2002, Nicolas Sarkozy endosse le costume de « premier flic de France », il se veut le héraut d’une culture de l’action et du résultat. Adoptant un style volontariste et performatif, il s’emploie à « déconstruire le bilan de la gauche » et concentre très vite ses attaques sur la « politique de prévention » qu’il érige en symbole du laxisme sécuritaire.

A peine installé place Beauveau, il affirme :

« La politique de la prévention n’a aucun sens dans un quartier où devenir trafiquant de drogue est sans risque [...].

On ne demande pas aux délinquants le droit de rétablir l’Etat de droit. On le rétablit puis on discute. C’est dans cet ordre que les choses doivent se passer et pas dans un autre. »

C’est lors d’une visite à Toulouse en 2003 que le dogme « sarkozyste » prend forme et marque les esprits. Face à un policier qui raconte son quotidien, Nicolas Sarkozy s’emporte et sonne le glas de la police de proximité :

« Vous n’êtes pas des travailleurs sociaux. Organiser un match de rugby pour les jeunes du quartier, c’est bien, mais ce n’est pas la mission première de la police.

La mission première de la police c’est l’investigation, l’interpellation, la lutte contre la délinquance. » (Voir la vidéo)

La victoire (provisoire) d’une politique d’intervention sur une politique de prévention.

Hortefeux supprime les Uteq au profit de brigades d’intervention

Cinq ans plus tard, Michelle Alliot-Marie reconnaît pourtant la nécessité d’une force de police ancrée dans les zones de délinquance sensible. La police de proximité renaît donc de ses cendres mais sous une appellation nouvelle, comme pour mieux éviter de lever un tabou à droite. Il s’agit des Uteq (unités territoriales de quartier) dont les premiers résultats étaient d’ailleurs plutôt encourageants.

Manuel Valls considère du reste que Nicolas Sarkozy a eu tort de faire de la police de proximité « un enjeu idéologique puisque les brigades anticriminalité (BAC) ne peuvent pas suffire à assurer la tranquillité publique ». (Ecouter le son)

Audio file

Interview de Manuel Valls

Un rapport de l’Inspection génération de la police nationale (IGPN) et de l’Inspection générale des services (IGS) a d’ailleurs démontré l’efficacité de ces unités -au nombre de 34. Mais, réduction des dépenses publiques et offensive sécuritaire oblige, Brice Hortefeux, après avoir annoncé un temps leur doublement, choisit finalement de les supprimer au profit de nouvelles brigades d’intervention.

Exit les Uteq, place aux brigades spécialisées de terrain (BST). Le retour d’une police « plus musclée et plus répressive » dans la foulée de la « guerre nationale contre les voyous » lancée par Nicolas Sarkozy à Grenoble le 30 juillet.

Simple variation sémantique ou véritable suppression d’une « certaine police de proximité », les avis divergent. Reprenant les arguments de son mentor en 2003, Brice Hortefeux a en tout cas clairement laissé entendre un retour aux fondamentaux sarkozystes :

« Ces policiers ne seront pas des agents d’ambiance ou des éducateurs sociaux. Ce ne seront pas des grands frères inopérants en chemisette qui font partie du paysage.

Ce seront des fonctionnaires expérimentés qui travaillent dans une tenue d’intervention adaptée à leur mission : l’intervention et la répression des crimes et des délits. »

Les Uteq d’Hortefeux embauchés pour une « mission impossible »

Pour Emilie Thérouin, adjointe au maire d’Amiens en charge de la sécurité (Verts), « il s’agit avant tout d’une opération de bluff » :

« On ne peut pas laisser croire plus longtemps que les Uteq étaient une forme de police de proximité. Leur priorité n’a jamais été de tisser des liens de confiance.

De plus, ces unités sont passées de la surveillance d’un seul quartier à celle de zones de délinquance. Avec le manque d’effectifs, c’est mission impossible. »

Stéphane Gatignon maire de Sevran (Europe Ecologie), dont la ville était censée recevoir une Uteq cette année, se montre plutôt résigné :

« Avec cette annonce, tout semble compromis. Les brigades spécialisées de terrain lancées par Brice Hortefeux existent déjà en banlieue puisque l’Etat recycle de plus en plus de CRS dans la sécurité publique.

Dans notre secteur, nous avons déjà deux compagnies de CRS qui stationnent en permanence. En journée, ils font un peu de sécurité routière, et la nuit ils patrouillent dans les quartiers et interviennent en cas de troubles.

C’est le retour de la politique du bâton, il n’y aura plus aucun contact avec la population... »

Vers une décentralisation de la police ?

Le programme sécuritaire du PS a trop souvent été réduit au « retour de la police de proximité ». Abdelhak Kachouri, vice-président de la région Ile-de-France en charge de la sécurité, le reconnaît et regrette que le Parti socialiste se soit trop longtemps focalisé sur cette requête, oubliant que la police de proximité ne peut plus avoir la même forme aujourd’hui que celle lancée par Jean-Pierre Chevènement suite au colloque de Villepinte. (Ecouter le son)

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Interview de Kachouri

Désormais, la plupart des élus locaux à gauche s’accordent pour reconnaître que le retour de la police de proximité n’aurait rien d’une « solution miracle » et qu’elle ne suffirait pas à résoudre les problèmes d’insécurité auxquels ils sont confrontés.

François Rebsamen confiait ainsi lors d’un tchat réalisé par Le Monde que même si le PS parvenait au pouvoir demain, il ne pourrait pas revenir sur les « dix mille policiers que les gouvernements de droite ont supprimés ces dernières années ».

L’enjeu est donc de réfléchir à une « meilleure ré-affection des forces de police sur le terrain » avec comme point d’orgue la question de la décentralisation.

Cette question tout comme celle du rôle que doit tenir la police municipale sont extrêmement clivantes à gauche. Manuel Valls « concède d’ailleurs que le sujet n’est pas tranché au PS » même si, à l’instar de François Rebsamen, il fait partie de ceux qui pensent que les policiers municipaux peuvent jouer un rôle de police de proximité.

Audio file

Interview de Manuel Valls

Se faisant le porte-voix des écologistes sur ces questions, Emilie Thérouin défend une vision plus décentralisée de la police, considérant que « si la police de proximité n’a pas marché sous Lionel Jospin, c’est aussi parce que la police reste fondamentalement très centralisée ».

Chez les Verts, il faut « se battre contre les polices municipales »

Reconnaissant la difficulté que cela représente, puisqu’il ne faudrait pas pour autant « accompagner le désengagement de l’Etat en matière de sécurité, puisque c’est la République qui se doit garantir la sécurité sur tout le territoire », cette jeune élue plaide pour une « coproduction assumée de la sécurité, avec une gouvernance plus locale de la sécurité, notamment quant à la définition des priorités en matière de délinquance “.

Mais même au sein d’Europe Ecologie, le débat n’est pas clos. Noel Mamère considère par exemple que ‘la police municipale n’est pas une police républicaine mais une milice au service d’un maire’. Stéphane Gatignon va plus loin en déclarant qu’il ‘faut se battre contre les polices municipales qui participent à une logique de déstructuration de l’unité républicaine’.

Au PS, même son de cloche, de nombreux maires y sont opposés. Le maire de Brest, François Cuillandre estime dans un entretien à la Gazette que la ‘sécurité publique doit être assumée par la police nationale [...].. C’est à l’Etat qu’il appartient d’assumer les missions régaliennes de maintien de l’ordre et de la sécurité, sous l’autorité du sous-préfet’.

Dans le même quotidien, le maire du Mans Jean-Claude Boulard fait remarquer que ‘la police municipale a trop souvent permis le repli des effectifs de la police nationale’ et évoque le problème de la formation pour justifier son choix :

‘La police est une fonction de l’Etat. Contrôler l’identité ou arrêter un délinquant exigent une formation, une déontologie et une doctrine d’emploi qui doivent être les mêmes sur tout le territoire de la République. C’est pourquoi j’ai la conviction que la présence de deux polices brouille les messages.’

Emilie Therouin le concède :

‘La police municipale est un corps auquel on donne de plus en plus de pouvoir mais dont on a complètement oublié le volet encadrement et formation.

Avant que le législateur accorde de plus en plus de pouvoirs à la police de municipale, il ferait mieux de s’intéresser à leur statut. N’oublions pas qu’actuellement le maire fait vraiment ce qu’il veut en termes de doctrine d’emploi et d’armements.’

Trop souvent accusée d’angélisme, la gauche reconnaît que la police de proximité n’a rien du sésame de l’action publique. ‘C’est toute la chaîne prévention-sécurité-justice’ qu’il convient de renforcer à travers un contrat partenarial entre l’ensemble des acteurs concernés (école, parents, travailleurs sociaux, police, justice, élus)”, selon Manuel Valls.

Face aux coupes budgétaires et aux multiples réductions des effectifs, la gauche doit désormais se prononcer sur l’emploi des polices municipales comme une solution alternative possible.


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Reversus
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  • shillom
    • Posté à 13h00 le 21/10/2010
    • Internaute 22134

    La répression aveugle ne vaut rien.
    La prévention seule ne vaut rien.

    Maintenir un dialogue avec la population est essentiel de la part d’une autorité, sous peine de voir se développer les tensions que nous constatons depuis 2005.
    Est-ce qu’il vous viendrait à l’idée d’être exclusivement répressif avec un enfant, et de laisser le rôle éducatif à d’autres organismes comme l’école ? Nous sommes dans le même schéma : pour pouvoir limiter la délinquance il faut la prévenir, et sévir s’il le faut vraiment. mais pour recouper avec un autre sujet du jour, condamner à la prison quelqu’un qui brule des poubelles durant un mouvement social est une abération, surtout quand elle n’a pas d’antécédents judiciaires.

    On peut garantir la sécurité de bien des manières. Par le bâton. Par l’écoute. Par l’humanisme et sa diffusion.

    Vous me faites froid dans le dos.

    • Errance
      Errance répond à shillom
      écouteur d'histoires
      • Posté à 15h50 le 21/10/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      faut pas avoir froid dans le dos, il est juste demeuré et incapable de raisonnement construit.

    • Pat du Tarn
      Pat du Tarn répond à shillom
      esprit rugbystique
      • Posté à 17h01 le 22/10/2010
      • Internaute 40384
        esprit rugbystique

      Justement la dégradation vient aussi de la démission des parents, dans certains cas.
      Je vous rappelle aussi que c’est une infime minorité qui pose problèmes,et là vous pouvez prévenir,elle vous enverra paitre.
      Je ne sais pas où vous habitez,mais certains quartiers deviennent invivables.

  • yabon
    yabon
    Klingon
    • Posté à 13h06 le 21/10/2010
    • Internaute 98602
      Klingon

    « Ce n’est pas parce que vous allez jouer au foot avec les voyous de quartiers que vous réduirez la terreur des bandes qui pourrissent la vie du citoyen dans la cité »

    Peut-être, mais vu les résultats minables du tout répressif et de l’enflure législative, c’est finalement moins pire... La « polprox » avait au moins la vertu, justement, de connaître, sur le terrain, « la vie du citoyen dans la cité » sous l’éclairage de la sécurité, et d’éviter l’exploitation politicienne de ce sujet sérieux par les éternels boulets, exploitation politicienne qui, je l’espère sera pénalement réprimée à l’avenir.

  • David Doucet
    David Doucet
    Auteur(e) de l'article Journaliste
    • Posté à 14h01 le 21/10/2010
    • Journaliste 99371
      Journaliste

    Je ne sais pas si on peut parler d’échec dans la mesure où comme le dit J.J Urvoas,bâtir une relation de confiance avec la population réclame du temps. Ça ne s’inscrivait pas dans la logique court-termiste de N. Sarkozy, c’est certain.

    L’erreur de la gauche c’est peut-être d’avoir réalisé les 35 heures au même moment. La pol-prox est consommatrice d’effectifs et ils se sont ainsi privés d’un nombre important de fonctionnaires...

    • chucky
      chucky répond à David Doucet
      12,9
      • Posté à 14h46 le 21/10/2010
      • Internaute 24104
        12,9

      Je crois que le premier constat qu’on devrait faire sur la police en France c’est son absence.

      Si on se réfère aux récents documentaires et reportages diffusés sur France 3 à Grenoble et en région parisienne on voit quoi :
      un policier qui admet que passé 3 h du matin il y a une voiture de patrouille dispo sur le département.
      On voit des habitants (je précise multiculturels) qui ont peur, qui sont désemparés et non protégés quand ils sont témoins.

      Alors pour le chantre de la sécurité qu’est NS, il y a un léger paradoxe.

      Police de proximité au pas, football ou pas, le dialogue n’a jamais fait de mal à personne.
      Ca va être compliqué quand on voit de quoi sont capables les sauvageons armés qui se multiplient dans les cités, mais si les flics ne peuvent pas discuter avec eux, ils peuvent au moins le faire avec le reste de la population. Je suis sur que ça ferait un bien fou.

  • Fnambule
    Fnambule
    L'eugénie des alpages
    • Posté à 17h33 le 21/10/2010
    • Internaute 129515
      L'eugénie des alpages

    Ben voyons. Et si TF Hun la télé que quand elle passe la clture elle repousse plus), si cette chaine de daube relayée par d’autres qui ne valent pas mieux n’avaient fait campagne sur la délinquance, caricaturant le trait au delà du soutenable, peut-^tre qu’il ne se serait pas passé ce qui s’est passé en 2002.

    D’ailleurs s’il venait à l’idée de la chaine du béton de refaire campagne sur l’insécurité en tsar clonerie, il est sûr que le PMU perdrait la présidence et l’Assemblée Nationale, au vu de leurs résultats après x lois plus répressives et stupides les unes que les autres, souvent déjà existantes, souvent inapplicables.

    Parce que la sécurité, on peut pas dire que m^me sur ce sujet le bilan soit franchement positif. M^me pas nul, vus les moyens et la débauche de slogans balancés depuis 10 ans par celui qui fut successivement sinistre de l’intérieur puis omni sinistre de tout, et qui dit (à raison finalement) qu’il a tué le job.

    La police de proximité ne règle pas tout, c’est clair. Mais le tout répressif ne règle rien pour le coup.

    Le truc c’est qu’il faut l’un et l’autre, la prévention et la répression, mais que la répression soit ajustée aussi.

    Et que m^me ça ne règlera pas les problèmes de sécurité. D’abord parce que la sécurité totale n’existe simplement pas, nulle part. Ensuite parce que pour aller vers une amélioration de la situation, alors il faut changer radicalement de système économique et social.

    Il n’et que d’observer ce qui se passe et s’est passé dans les différentes parties du monde pour constater que la sécurité va de paire avec une sécurité d’ordre social.

    Plus les inégalités augmentent, plus on rejette les gens dans la précarité, plus on crée de laissés pour compte de l’économie, plus on développe la violence et l’insécurité. Parce que la première des insécurité c’est bien cette insécurité économique qui frappe de plus en plus d’entre nous.

    Dire qu’on va régler les problèmes en durcissant toujours plus les lois, en enfermant d’avantage, en expulsant, voire en revenant à la peine de mort, c’est du bidon.

    Tous les pays qui l’ont fait ne sont arrivés à rien. Et il n’y a qu’à voir aux Etats Unis où ils en sont.

    Faut arr^ter de r^ver. On ne peut à la fois avoir des très riches qui ratiboisent les autres et ne pas avoir de frustrations qui se déchainent dans la violence. Surtout quand les délits des plus fortunés sont de façon permanente amnistiés ou enterrés.

    La position de la droite qui déclare que le premier des droits est la sécurité des personnes ne vaut pas mieux que celle des chinois qui est de dire que le premier des droits est de faire de l’argent et s’acheter des voitures puissantes.

    Le premier des droits est le droit à une vie décente.

    Et celui qui ne l’a pas, il va ^tre plus facilement amené à pourrir celle des autres.

    Police de proximité ou pas, répression ou pas.

  • moins charges plus dejoie
    • Posté à 12h33 le 21/10/2010
    • Internaute 130086
      en france

    la police : deux problèmes : un problème d’image on leur demande du rendement donc des interventions fréquente pour des infractions mineurs (stationnement)

    un problème de formation et le manque de recours des français en cas de problème avec un policier.

    mais bon à chaque fois on se trompe de raisonnement :

    cultiver notre jeunesse + augmenter les salaires et dynamiser l’emploi en diminuant les charges sociales et patronales des PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES tout en exerçant un contrôle stricte par les organismes collecteurs...

    Le travail et l’éducation donne des perspectives !

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Enseignant blogueur
    • Posté à 12h35 le 21/10/2010
    • Expert 31637
      Enseignant blogueur

    « La gauche prête à un bilan critique ». Curieux, ce titre ; et même la tonalité de cet article. Dans le désordre actuel, est-ce bien à la gauche de faire son auto-critique en matière de police et de sécurité, domaines qui sont depuis huit ans et demi la chasse réservée de Sarkozy ? Avec le succès que l’on sait.

    • Hemenate
      • Posté à 13h03 le 21/10/2010
      • Internaute 856

      Il me semble quant à moi tout à fait normal que les partis politiques aient l’ambition de construire un véritable programme, plutôt que de se contenter d’espérer que les électeurs les élisent par défaut du simple fait qu’ils ne veulent plus de celui en place.

    • Fnambule
      Fnambule répond à Bernard Girard
      L'eugénie des alpages
      • Posté à 22h27 le 21/10/2010
      • Internaute 129515
        L'eugénie des alpages

      Oui...
      Moi aussi ça me fait un peu r^ver. Bientôt on va accuser la gauche de l’échec de la peau lytique sécuritaire du tsar clone en chef.

      Comme on accuse encore la gauche de la crise sociale et économique de la France, après près de 10 ans sans partage de politique de droite.

      C’est fou ce que fait la gauche en sous main.

      En fait je crois que le PMU est infiltré :

      Pour besson ça ne fait aucun doute, c’est ségo qui l’a placé, pour mettre le souk.

      Le boute feu c’est un pote à Besancenot, le facteur. Y z’ont du se connaitre lors d’une balade en vélo en Auvergne.

      La garde c’est la petite soeur d’Arlette. M^me avec son lifting on retrouve des trais communs.

      Et Borloo, c’est clair, l’a encore abusé du rouge à la dernière f^te de l’huma.

      Estrozy et Fillon c’est les plus forts. Un vrai rôle de composition, sont en fait écolos et y supportent pas tout ce qui a un moteur thermique. Ce qu’y faut pas faire pour pourrir la droite quand m^me.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 12h36 le 21/10/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Pour riposter au mouvement social le gouvernement et les médias embrayent sur ce qui pourrait être une dernière cartouche : la sécurité.
    Vous allez donc voir ou entendre à longueur de colonnes ou sur les ondes, des débats, des tables rondes sur « la meilleure façon d’assurer notre sécurité ».
    Et à ce jeu là, d’ordinaire, la droite excelle. Valls et les socialistes passent pour des roquets suiveurs.
    Cela n’est évidemment qu’une grossière manoeuvre pour se détourner du principal problème : contrer la politique du gouvernement Sarkozy en matière sociale.

  • no register
    • Posté à 12h36 le 21/10/2010
    • Internaute 120050

    par Noam Chomsky

    PRESSENZA Boston, 21/09/10

    1/ La stratégie de la distraction

    Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

    2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

    Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

    3/ La stratégie de la dégradation

    Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

    4/ La stratégie du différé

    Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

    5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

    La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

    6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

    Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...

    7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

    Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de “ Armes silencieuses pour guerres tranquilles ”

    8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

    Encourager le public à trouver “ cool ” le fait d’être bête, vulgaire, et inculte...

    9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

    Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution ! ...

    10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

    Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le “ système ” est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

    “ Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements ”

    • tessnel
      tessnel répond à no register
      parce que fraise des bois
      • Posté à 13h12 le 21/10/2010
      • Internaute 102897
        parce que fraise des bois

      doublon

    • tessnel
      tessnel répond à no register
      parce que fraise des bois
      • Posté à 13h09 le 21/10/2010
      • Internaute 102897
        parce que fraise des bois

      +1 merci !

  • renmi21
    renmi21
    retraité
    • Posté à 12h37 le 21/10/2010
    • Internaute 74148
      retraité

    la gauche a la même logique quand 68
    Comme disait la gauche en 68, moins d’administratifs, moins de bureaucratie, moins de fonctionnaires, il y a trop d’improductif en France, en 68 la gauche était contre un état policier,.....elle criait haut et fort CRS ....SS

    • Gil BERT
      Gil BERT répond à renmi21
      Je suis un humain, mais je me (...)
      • Posté à 13h58 le 21/10/2010
      • Internaute 23265
        Je suis un humain, mais je me (...)

      qu’en quand ?
      cancan ?

  • Eliott
    • Posté à 12h40 le 21/10/2010
    • Internaute 24550

    La Police de proximité a permis de maintenir une certaine cohésion et un contact avec la population, après il est évident qu’elle ne suffisait pas pour résoudre tous les problèmes.

    Avec Sarkozy, il a supprimé cette police et n’a fait que du vent. Aujourd’hui des quartiers entiers sont sous la loi des bandes.

    Il faudrait que la gauche arrête de faire son auto critique, la droite n’a aucun état d’âme elle détruit le pays, au profit d’une minorité, et laisse la violence s’installer dans les quartiers.

    Si on devait faire un bilan de la gauche et de la politique sécuritaire de la droite, la gauche a bien mieux fait son boulot que la droite dans ce domaine.

    • Low
      Low répond à Eliott
      En orbite
      • Posté à 13h05 le 21/10/2010
      • Internaute 121450
        En orbite

      « Sarkozy à un policier : “ Vous n’êtes pas des travailleurs sociaux ” »

      Et pourquoi pas ? Ce ne sont pas des travailleurs ? Ils ne sont pas censés maintenir la cohésion d’une société, son bon fonctionnement ?

    • Hemenate
      Hemenate répond à Eliott
      • Posté à 13h09 le 21/10/2010
      • Internaute 856

      Elire la Gauche, juste parce qu’elle n’est pas la Droite.

      Vous ne pensez pas que c’est un peu léger comme programme ?

      • Nagual
        Nagual répond à Hemenate
        Erroriste
        • Posté à 13h37 le 21/10/2010
        • Internaute 109028
          Erroriste

        Si vous vouliez dire que vous n’avez pas lu le commentaire auquel vous répondez, vous ne pouviez pas faire mieux.

         
        • Hemenate
          Hemenate répond à Nagual
          • Posté à 14h02 le 21/10/2010
          • Internaute 856

          Ne vous en déplaise, le commentaire auquel je réponds estime bien que la Gauche devrait arrêter de faire son autocritique, puisque la Droite fait pire...

          Personnellement, je considère qu’un parti a pour vocation de construire un programme politique cohérent, et ce indépendamment de ceux des autres partis en « concurrence ».

          Après, si vous considérez qu’un parti politique doit avoir pour finalité de simplement faire « moins pire » que les autres, cela vous regarde.

          • Nagual
            Nagual répond à Hemenate
            Erroriste
            • Posté à 08h56 le 22/10/2010
            • Internaute 109028
              Erroriste

            « Ne vous en déplaise, le commentaire auquel je réponds estime bien que la Gauche devrait arrêter de faire son autocritique, puisque la Droite fait pire... »

            J’avais entendu l’énoncé de manière moins réductrice : l’idée qu’elle avait mieux à faire, comme concentrer son énergie sur des choses qu’elle fait déjà mieux tant le bilan réel de N. Sarkozy en terme de sécurité est lamentable (on ne tue pas la poule aux œufs d’or électorale, on la fait plutôt pondre deux fois plus) cela n’empêchant bien entendu en rien l’amélioration d’une politique.

            « Personnellement, je considère qu’un parti a pour vocation de construire un programme politique cohérent, et ce indépendamment de ceux des autres partis en “concurrence”. »

            Je vous suis volontiers sur le premier point, beaucoup moins sur le deuxième ; un parti politique s’il ne doit pas réagir (au sens Nietzschéen) au programme des autres partis en trahissant ses propres orientations, doit tout de même prêter attention aux problématiques mises en valeur chez ses adversaires.

            « Après, si vous considérez qu’un parti politique doit avoir pour finalité de simplement faire “moins pire” que les autres, cela vous regarde. »

            C’est le principe du libéralisme, non ? L’empire du moindre mal, pour reprendre Michéa.

        2 autres commentaires
  • dad-ô-space
    dad-ô-space
    Doux Rêveur...
    • Posté à 12h44 le 21/10/2010
    • Internaute 118468
      Doux Rêveur...

    J’imagine que la police en général peut soutenir différentes missions, qu’elles soient préventives ou répressives.
    Cependant, je remarque que les priorités au tout sécuritaire ont malmené le travail de longue haleine des différents travailleurs sociaux ou autres acteurs de l’éducation.
    L’image de la police, son côté agressif que j’ai vu de mes propres yeux est, est symptomatique d’un malaise général aux yeux de la population.
    Si l’on se cantonne dans la définition des frontières sociales, on ne pourra jamais imaginer des solutions viables au problème d’insécurité (tout au moins à la sur-médiatisation qu’elle provoque).
    Le lien entre tous les éléments de la société doit être recréé. Sans ça, la propension à la violence criminelle intrinsèque à la violence sociale sera la seule réponse au manque de prévention, encadrement et autres outils productifs...

  • char23
    char23
    Salarié du privé
    • Posté à 12h53 le 21/10/2010
    • Internaute 71832
      Salarié du privé

    Le débat sur la décentralisation de la police est intéressant.
    Et sinon content que les écolos commencent à bosser la question. Ils seront peut être plus intéressant que le PS qui installe des caméras à tour de bras, et ne cesse de battre sa coulpe.

    • Pi.K
      Pi.K répond à char23
      Vilain Parisien
      • Posté à 10h00 le 22/10/2010
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      En fait, le problème est mal posé dans l’article. La police relève de l’État en ce qui concerne financement et formation, mais ce n’est pas dans un bureau du ministère de l’Intérieur que l’on peut connaître les besoins réels de telle ou telle commune. Le maire, les élus locaux et territoriaux, et les habitants sont plus à même de juger de ce dont ils ont besoin. Imaginons un instant que j’occupe un poste au ministère, à Paris : je ne serais évidemment pas en mesure de dire « à Marseille, il faut ceci-cela », et de décider pour les Marseillais. Il revient aux élus locaux de faire connaître leurs besoins, afin que le ministère leur fournisse les moyens et les effectifs appropriés. Le volet « formation » a tout intérêt à être centralisé, en vue d’avoir des policiers formés avec la même rigueur, et qui répondent également face à leur ministère, sur tout le territoire, tandis que le volet « mise en œuvre » a plus intérêt à être décentralisé, afin que la police réponde au mieux aux besoins locaux.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 12h57 le 21/10/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Parlant de la Police de proximité :
     »... les socialistes reconnaissent aujourd’hui que son retour ne suffirait pas à résoudre tous les problèmes ».

    C’est vrai qu’aujourd’hui il est trop tard !
    La carcasse sociale française est déjà à un stade de décomposition avancé.

  • rahaan
    rahaan
    situation
    • Posté à 13h35 le 21/10/2010
    • Internaute 79188
      situation

    Formidable, la gauche est prête à faire son autocritique

    Ouaouu, quel grandeur, vivement qu’ils soient à nouveaux élu

    En voyant tout les titres à la une ici, on est clairement sorti de l’information pour passer à la « propagande »

    C’est encore pire que le Figaro,

    je ne sais pas si les « responsables » de la ligne éditoriale se rendent compte

    Mais je leur suggère de s’engager en politique,

    plûtôt que de vouloir faire croire au beauf moyen qu’il est sur un site d’information

    Au moins la démarche serait plus « courageuse » et plus cohérente

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h37 le 21/10/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Un point essentiel, qui manque cruellement à ce billet :

    Une police intégrée à un quartier connait mieux les gens, et le climat de confiance qui règne alors facilite énormément les enquêtes.

    La police ne travaille pas seule. Jamais. Elle travaille avec la population. Si vous coupez les ponts avec la population, autant virer les flics, ils ne servent plus à rien, à rien de plus que l’armée en tous cas.
    Et les « enquêtes » se terminent en affaires classées, ou en GAV abusives.

    Car à « prévention » et « dissuasion », il ne faut pas oublier d’ajouter « élucidation ».
    C’est toute la différence entre un flic et un pitbull...

    • jccman
      • Posté à 13h57 le 21/10/2010
      • Internaute 71353

      Entierement d’accord. Pour quoi la police ne peut pas faire son travail dans les banlieues ? Parce que la population n’a plus confiance en eux...

      Coluche pourrait redire : « Les gens, plus y’a de flics autour d’eux, plus ils ont peur ! »

    • David Doucet
      David Doucet répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 14h16 le 21/10/2010
      • Journaliste 99371
        Journaliste

      Je pense que la politique de prévention incorpore le volet « d’élucidation » que vous évoquez. La quête d’informations passe bien évidemment par la prévention.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 13h44 le 21/10/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    La gauche ?

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 13h58 le 21/10/2010
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Contre la délinquance, rien ne vaut que le plein emploi. En effet, les jeunes ont besoin de perspectives d’avenir, ne veulent plus voir leurs parents galérer avec un boulot précaire ou être aussi au chômage. La police,qu’elle soit de proximité ou pas, ne devrait être là que pour arrêter les gros malfrats qui profitent du foutoir actuel... ! !
    Lien

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 14h03 le 21/10/2010
    • Internaute 24252
      卑語

    Parler de miracle et de bilan critique fait de votre tribune une expression idéologique et non pas informative.
    La police de proximité a fait l´objet d´une évaluation continue depuis sa création, évaluation effectuée par des organismes de recherche en association avec le ministère de l´intérieur.
    Je suis étonné par le concept de miracle accolé à la sécurité quant l´insécurité est un état permanent de toute société humaine et animale deuis la création du monde. Vous êtes malhonnête, seriez vous capable aujourd´hui de produire une moindre évaluation sur les politiques actuelles.
    La police de proximité n´est pas une création du ps :
    Imaginée dès 1995 par Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur du gouvernement Alain Juppé, La loi du 21 janvier 1995 d’orientation et de programmation relative à la sécurité mettait cependant en place la notion de « coproduction de la sécurité », qui s’est notablement exprimée au travers une nouvelle doctrine d’emploi des forces de police, la police de proximité, que l’on doit notamment aux travaux de l’Institut National des Hautes Études de Sécurité intérieure (IHESI) créé en 1989.

    La proximité est aussi une stratégie du renseignement .
    Pour lutter contre la délinquance, les polices du monde entier sont sans cesse à la recherche de meilleures méthodes de travail et de stratégies. La plus connue des stratégies utilisées de nos jours est la police de proximité (Community Policing). Pratiquement toutes les doctrines modernes reprennent des éléments de cette conception d’une police tournée vers la satisfaction des besoins de la population. Toutefois, une nouvelle doctrine accordant une place prépondérante au renseignement connaît un certain développement depuis les attentats du 11 septembre 2001 : l’Intelligence-Led Policing (ILP), que l’on peut traduire par « renseignement criminel de sécurité » ou « application de la loi axée sur le renseignement ».
    Lien

    Initiée lors du colloque de Villepinte, définie au Conseil de Sécurité Intérieure du 27 janvier 1999, mise en oeuvre en avril 1999 à Paris avec la réforme de la Préfecture de Police et le lancement d’expérimentations sur l’ensemble du territoire, la police de proximité va être étendue à toutes les circonscriptions relevant de la police nationale.

    Cette réforme a pour objectif de faire évoluer la police nationale d’une police essentiellement réactive, et mobilisée sur les missions de maintien de l’ordre vers une police plus anticipatrice, plus proche et plus à l’image de la population, capable d’apporter, en matière de sécurité des réponses satisfaisantes aux attentes légitimes de nos concitoyens. Pour ce faire, la police de proximité fera appel à toutes les possibilités de la prévention, de la dissuasion comme de la répression.

    Une doctrine d’emploi précise et adapte a été élaborée. Elle repose sur cinq modes d’action fondamentaux permettant d’instaurer une relation de confiance entre la police et la population, de prendre en compte ses besoins effectifs et de lutter avec efficacité contre l’insécurité au quotidien.

    1) En premier lieu, la police de proximité est fondŽe sur la territorialisation l’action policière doit être ordonnée autour de territoires bien identifiés. Il doit s’ensuivre une présence visible et connue de la population, et la plus grande partie des missions de police liées à la sécurité au quotidien doivent être exercées au plus près des habitants.

    2) En deuxième lieu, la police de proximité se doit être en contact permanent avec la population, ce qui se traduit notamment par un partenariat actif avec tous Tes acteurs de sécurité partenariat dont le contrat local de sécurité est le cadre par excellence. Par ailleurs, la relation avec le public est fondée sur l’écoute, le dialogue et le recueil des attentes de la population en matière de sécurité.

    3) En troisième lieu ,le policier de proximité exerce sur son territoire la plénitude des missions de police, y compris de police de judiciaire. Il est polyvalent et n’est pas enfermé ou contraint par une spécialisation.

    4) Quatrième mode d’action : la responsabilisation des fonctionnaires. A chaque secteur et quartier correspond un responsable policier bien identifié, chef d’une équipe compétente sur le territoire considéré. Le policier de proximité agit en fonction d’objectifs d’action destinés à répondre aux besoins exprimés.

    5) Enfin, le service rendu à la population et à son amélioration doivent guider l’organisation du service et les missions à traiter au plus près des habitants : doit notamment être assurée une meilleure prise en compte des victimes et des personnes fragilisées ou en difficulté.

    Une réforme donnant lieu à une évaluation continue

    Dès le lancement des expérimentations, une procédure d’évaluation -action a été intégrée dans cette démarche.

    Une mission d ’évaluation placée sous l’(égide de l’inspection générale de la police nationale a été installée à cette fin dès septembre 1999.

    Elle a effectué au denier trimestre 99 une première évaluation sur 24 sites dont les 5 circonscriptions pilotes.

    Une seconde évaluation portant sur une trentaine d’autres sites d’expérimentation s’est achevée à lami-février.

    Leurs conclusions ont d’ores et déjà permis de procéder à un certain nombre d’adaptations, notamment les modalités de généralisation.

    Par ailleurs, un groupe de travail associant le ministère de la justice et le ministère de l’Intérieur est mis en place pour examiner l’exercice des missions de police judiciaire par la police de proximité et les relations dans ce domaine avec les autorités judiciaires.

    DES MESURES D’ACCOMPAGNEMENTS CONSEQUENTES
    1 Un plan de formation ambitieux
    2 Une véritable stratégie de communication
    3 Une mobilisation des effectifs sur les missions de police de proximité
    4 Des moyens de fonctionnement adaptés aux besoins

    En plaçant les besoins de sécurité exprimés par nos concitoyens au cœur de se s préoccupations, la police de proximité renforce le contrat républicain qui unit les citoyens à la République et rend à la police nationale sa véritable vocation et toute sa légitimité : assurer pour tous et en tous lieux un droit égal à la sécurité.

    Lien

    Comment évaluer l’impact du travail
    des policiers de proximité ?
    Frédéric Ocqueteau
    Lien

    Aux États-Unis, la police de proximité constitue l’un des changements majeurs
    de ces dernières décennies dans le domaine du droit. La recherche
    n’a pourtant pas réussi à prendre la mesure des pratiques discursives
    contextuellement situées par lesquelles les initiatives en matière de police
    de proximité sont mises en oeuvre et ses résultats produits à l’intérieur de
    la bureaucratie juridique. Nous examinons ici comment la culture du partenariat
    entre la police, la communauté et les chercheurs est mise en oeuvre
    discursivement comme une réalité juridique qui modèle et est modelée
    par l’interaction des membres, et, plus spécifiquement, comment les
    interlocuteurs manipulent l’ambiguïté, le style indirect et les paroles rapportées
    pour réinventer les frontières juridiques, l’identité et la différence.

    le simple fait que le Président
    et le Congrès des États-Unis aient voté un budget de 1,3 milliard
    de dollars au titre de la police de proximité dans le budget
    fédéral de l’année 2001 est l’indice d’une tendance majeure à
    promouvoir cette façon de faire la police .

    Lien

    • David Doucet
      David Doucet répond à unagi-
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 14h12 le 21/10/2010
      • Journaliste 99371
        Journaliste

      J’avais titré : « Quel avenir pour la police de proximité ? » sur mon blog. Maintenant je reconnais que le terme « solution miracle » est sans doute excessif. L’idée était de dire que durant des années, le PS a utilisé le « retour de la police de proximité » comme un recours à tous les problèmes d’insécurité qui pouvaient subvenir en banlieue.

      Si vous avez écouté Abdelhak Kachouri, vice-président de la région Ile-de-France en charge de la sécurité, vous verrez qu’il le reconnait lui aussi.

      Je pense qu’habitant Tremblay en France, je n’ai pas besoin d’être convaincu des bienfaits de la politique de prévention, rassurez-vous.

      • unagi-
        unagi- répond à David Doucet
        卑語
        • Posté à 14h40 le 21/10/2010
        • Internaute 24252
          卑語

        On peut aussi questionner comme recours à tous les problèmes de la seule police de proximité non pas comme élément d´une stratégie global, ce qui change un peu la donne.
        Les bobbies peuvent être un exemple du maillage sécuritaire et de la défense des population à ce type de police :

  • Oontack
    Oontack
     ! =
    • Posté à 16h08 le 21/10/2010
    • Internaute 60324
       ! =

    Vidéo relative à celle de l’article où soit disant Sarkozy tance le chef de la police toulousaine.

  • Caniveau89
    • Posté à 14h12 le 21/10/2010
    • Internaute 26147

    Mon Dieu, ils veulent vraiment perdre.... !
    (lesc prochaines élections)

    C’est Jospin votre référence pour l’avenir de la gauche, pour un programme d’action ?

    N’oubliez pas que cela date un brin sa belle aventure, que ce « héro » s’est fait un très beau hara-kiri en public après une défaite mémorable dont il portait effectivement la responsabilité... Jospin, s’est une sorte de suffisance dogmatique capable de dire devant des ouvriers qu’il ne peut tout faire pour eux... Jospin, c’est celui qui croyait que l’on peut gagner sans se batttre, juste parce que des sondages voudraient que... la logique voulait que... et papatra ! Jospin pensait aussi que la sécurité n’est pas tout à fait une revendication légitime des français...

    Jopin, c’est un bourgeois de Calais !

    Tournez la page, vos défaites appartiennt à l’histoire !

    Questions :
    - N’y a-t-il aucune idée à gauche ?
    - Ne peut-on réfléchir à l’avenir à gauche avec autre chose que des « références » usées et qui ont fait leurs preuves d’inefficacité ?
    - Pourquoi, sur un site de gauche, ne parle-t-on que si peu de la gauche ? (cet article a au moins ce mérite !)
    - N’est ce pas une fonction d’internet que d’obliger les politiques à bouger, à prendre position, à imaginer ? (en dehors des litanies anti-sarko qui n’apportent rien à rien)
    - Est ce que la confrontation des idées des responsables politiques de gauche ne serait pas un meilleur mode de sélection d’un candidat qu’une bataille d’égo larvée (ou bien ouverte, dans le cas de Ségolène Royal) ?

    • Benkebab
      Benkebab répond à Caniveau89
      Salarié du grand capital !
      • Posté à 14h26 le 21/10/2010
      • Internaute 87225
        Salarié du grand capital !

      En fait ce qu’on voudrait, c’est une force de l’ordre à l’écoute mais ferme, qui connait bien le secteur dans lequel elle officie et ses habitants... un Sheriff quoi !

    • Nagual
      Nagual répond à Caniveau89
      Erroriste
      • Posté à 15h34 le 21/10/2010
      • Internaute 109028
        Erroriste

      Tiens, un branquignole qui dispute un match avec Benjamin Lancar.

      • Errance
        Errance répond à Nagual
        écouteur d'histoires
        • Posté à 15h54 le 21/10/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        Non non Lancar est un gauchiste à côté de notre caniveau.

  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 14h39 le 21/10/2010
    • Internaute 116615
      bc

    Police de proximité, sa dénomination c’est pas trop le problème, son rôle dans notre société est à remettre en question.
    Répression et maintien de l’ordre oui, bien sur, mais jusqu’ou ? Et surtout pourquoi ?
    Quand elle intervient dans des quartiers ghettoïsés socialement, communautarisés, remplis de chômeurs sur plusieurs générations, où la seule manière de s’en sortir rapidement c’est la délinquance, elle joue clairement et uniquement un rôle de maintien de l’ordre sur des populations exclues du champ social, qui sont priées de laisser, le reste de la société tranquille et de se tenir à carreau.
    Comme une plaie que l’on cautériserait régulièrement mais qui ne guérirait pas. Normal de notre belle société désintègre plus qu’elle intègre.
    Réprimer, le politique ne fait plus que ça, puisque le champ économique et social est un désastre, il n’y a plus de places pour tout le monde, y en a de moins en moins, donc les flics devront de plus en plus et dans de plus en plus d’endroits intervenir pour pas que ça saute.
    En 2005, ils ne pouvaient même plus, en a-t-on tiré un quelconque enseignement ? Un commissariat à Clichy et puis c’est tout…Rien.
    Réprimer les pauvres et les marginaux, les maitriser, les parquer cela a toujours été dans l’ordre des choses (cf Haussmann à Paris par exemple), mais la destruction progressive et la fossilisation de ce qui reste du modèle social français entraine inexorablement la faillite de sa police.
    C’est d’abord une défaite des politiques de gauche comme de droite qui ne savent plus quoi faire.

  • Na.noune
    Na.noune
    employée
    • Posté à 15h18 le 21/10/2010
    • Internaute 111782
      employée

    Hè ! Y’a une manif devant les bureau de l’UMP, à Paris. C’était prévu ? (Je les vois du bureau de mes collègues)

  • sarcophage
    sarcophage
    joalier à Monaco
    • Posté à 15h22 le 21/10/2010
    • Internaute 28483
      joalier à Monaco

    Je crains pour le prochain journaliste qui posera à Sarkozy la question suivante : M. le Président, reconnaissez-vous votre erreur la plus grossière d’avoir dit en 2008 : « désormais, lorsqu’il y a une grève en France, elle passe inaperçue » !

    J’aurais peur pour le journaliste qui va relever cela dans une conférence de presse, pour la simple raison qu’il n’aime pas avoir tort, n’aime pas reconnaître ses erreurs, depuis son jeune âge. En effet, en 1960, Madame Anne-Marie Laroche-Verdun, la première maîtresse d’école de Sarkozy disait qu’il avait un tempérament perfectionniste et qu’« il se vexait facilement s’il se trompait ». Aïe, aïe, aïe !

    Pour cette grève, tout le monde s’aperçoit maintenant qu’il a tort. Alors, messieurs les journalistes de TF1, France télévision et autres du directe : attention à vous ! ça peut finir mal comme avec CBS !

    • slave1802
      slave1802 répond à sarcophage
      Technicien telecom
      • Posté à 16h14 le 21/10/2010
      • Internaute 58485
        Technicien telecom

      J’ai du mal à le trouver sur la photo, c’est le petit garçon avec de grandes oreilles tout seul au milieu des filles sur la droite ?

      • sarcophage
        sarcophage répond à slave1802
        joalier à Monaco
        • Posté à 18h43 le 22/10/2010
        • Internaute 28483
          joalier à Monaco

        Il est au rang derrière à droite avec son frère Guillaume (premier à droite), juste derrière le petit garçon à grandes oreilles. Un quelconque petit garçon, en effet, c’est pour ça qu’on a du mal à le reconnaître !

  • Pat du Tarn
    Pat du Tarn
    esprit rugbystique
    • Posté à 15h50 le 21/10/2010
    • Internaute 40384
      esprit rugbystique

    A y être.

    Que la Gauche fasse son bilan.Il n’y a pas que la police de proximité qui a failli.

  • miiichaaaeeel
    miiichaaaeeel
    Citoyen du Monde
    • Posté à 16h54 le 21/10/2010
    • Internaute 57747
      Citoyen du Monde

    Si seulement on avait la largesse d’esprit de regarder comment ca marche outre-manche... qui a une vraie police de proximité (Community policing)

    Ca me manque énormément : des policiers respectés, courtois, multiculturels et le plus souvent sans arme !

    Perfide Albion...

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 17h18 le 21/10/2010
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    Franchement l’autocritique de la gauche on s’en fout. La prévention en la matière , comme dans d’autres, est une composante du problème. Ne parier que la dessus est à l’évidence une niaiserie catholique de bisounours avarié...autant d’ailleurs que la répression politico sarkozienne qui ne jure que par le bâton car il lui manque , et dans le cervelet ., et dans le slip.
    Le manichéisme ambiant de la droite et de la gauche se retrouve mis en exergue dans ce couple prévention - répression et l’un comme l’autre ne réussit pas à casser cette ambiance de mal être dans les cités.
    Comme si le contre pied de l’un allait changer l’action passée de l’autre.
    Je pense simplement que ces positions sont immatures, stupides, obtuses et surtout totalement inopérantes pour un sujet particulièrement sensible.
    N’existe- t- il pas dans ce beau pays, des spécialistes (on en entend sans arrêt dans les médias) de la chose qui pourraient avoir une vision intelligente de la chose et des actions à mener en dehors de toute couleur politique ?
    En effet, si on laisse faire ces gens (qui sont élus et ont donc la science infuse ainsi que la modestie) dans 2500 ans on y sera encore...et franchement , on a autre chose à faire sur la planète que ça.

  • decodeur
    decodeur
    libéral
    • Posté à 17h23 le 21/10/2010
    • Internaute 100449
      libéral

    Comment Peut-on faire confiance à des gens qui depuis 30 ans ,n’ont fait que l’inverse de ce qu’il fallait faire . En 1989 il n’y avait aucune insécurité,c’était dans la tête ,on avait que le sentiment d’insécurité .En1983 il nous disait n’ y avait que des incivilités .En 1998 police du football des cités de Jospin,En 2002 il n’y a plus aucun problème dans les banlieues ,la violence est devenue routière,avec ses radars sur autoroute parce que la vitesse est un danger devant les écoles.

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