A LA UNE 14/10/2010 à 15h40

La vidéo du lycéen blessé par un tir de flashball à Montreuil


Un lycéen a été blessé au visage par un tir de flashball lors d’une manifestation pour les retraites. Il risque de perdre un œil.

Infosignalée par
un internaute


Dessin de Baudry sur les manifestations lycéennes

Un lycéen de 16 ans du lycée Condorcet de Montreuil a été blessé à la joue par un tir de flashball d’un policier. Les affrontements se sont déroulés près du lycée Jean-Jaurès à Montreuil (93), lors d’une manifestation contre la réforme des retraites. Selon la préfecture, le lycéen a été « légèrement blessé au visage par un tir de flashball intervenu suite aux jets de projectiles contre les forces de l’ordre ».

Sur la vidéo (non tournée par Rue89) de l’incident, on voit le lycéen se tenir la joue gauche et tituber, visiblement sonné. (Voir la vidéo)

Selon nos informations, il souffre de fractures de la pommette, du nez et de l’orbite oculaire avec un décollement de la rétine. Initialement évacué à l’hôpital André-Grégoire de Montreuil, il a été transféré dans un hôpital parisien où il sera opéré vendredi matin.

La maire de Montreuil, Dominique Voynet, a annoncé qu’il « risquait de perdre un œil », rapportant les propos de la mère du lycéen.

La préfecture a précisé que les informations selon lesquelles les blessures étaient « légères » venaient des services médicaux.

L’Inspection générale des services (IGS) a été saisie par le préfet de police, à la demande de Christian Lambert, préfet de Seine-Saint-Denis. Vendredi, le préfet de police de Paris a suspendu l’utilisation des flashball après l’incident de Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Devant le lycée Jean-Jaurès, un lycéen choqué raconte :

« Vers 8h20 ce matin, il y a eu un blocus devant le lycée. Les CRS sont arrivés, on ne sait pas qui les a appelés. C’était calme mais eux, ils avaient des flashball.

Au départ, ils nous observaient puis quelqu’un a commencé à enlever les poubelles et CRS lui a tiré dans la tête. Il est tombé par terre, des amis sont allés l’aider et un CRS leur a demandé de partir. Mais mes camarades ne voulaient pas partir alors les CRS ont tiré partout.

Moi, je me suis caché derrière une voiture. Il y avait des fumigènes, les gens couraient, ça partait vraiment dans tous les sens. » (Témoignage recueilli par Zineb Dryef)

A 12h30, Dominique Voynet a diffusé un communiqué de presse condamnant les violences policières contre les lycéens :

« Il y a un peu plus d’un an, un jeune homme de Montreuil perdait un œil à la suite d’un tir de flashball lors de la dispersion par la police d’une manifestation.

Ce matin, et comme hier à Meaux, il apparaît que le même usage immodéré de la force ait été utilisé contre des lycéens manifestant contre la réforme des retraites.

[Dominique Voynet] condamne avec une extrême fermeté cette provocation dont on peut penser qu’elle vise à provoquer des incidents et à transformer le nécessaire débat démocratique en spirales de violences et d’affrontements. »

Zineb Dryef, journaliste de Rue89 sur place, a interrogé plusieurs lycéens et un professeur, qui affirment que les tirs de flashball ont eu lieu à l’extérieur du lycée.

Véronique Bourdais, adjointe à la sécurité de la ville, évoque sept tirs de flashball en début de matinée. Un chiffre non confirmé par les autorités.

« Tout se passait dans le calme »

A 10h55, nous recevions ce premier e-mail d’un riverain :

« Ma fille, lycéenne à Jean-Jaurès à Montreuil, m’informe que la police et les CRS sont intervenus ce matin à l’intérieur du lycée et ont tiré au flashball sur les élèves, et aussi lâché les chiens [personne d’autre n’a fait allusion à des chiens ou à la présence de la police dans l’établissement, ndlr]. Situation de terreur sur des enfants. Manifestation prévue cet après-midi.

La mairie est informée. »

A 11h30, deuxième message :

« Le lycée Jean-Jaurès à Montreuil a été bloqué par les élèves, en lutte pour les retraites, avec un renfort du collège Condorcet. Les policiers ont pénétré dans l’établissement en force avec matraque et flashball pour disperser les manifestants. Ils ont tiré au flashball au sein de l’établissement et blessé plusieurs élèves, dont un a été hospitalisé et d’autres mis en garde à vue.

Il y a une volonté politique de briser l’énergie et l’envie de manifester des jeunes en utilisant la violence au sein des établissements scolaires. Ils ne font qu’engendrer de la haine des jeunes vis-à-vis de la police et du pouvoir. »

Laura Pfohl, lycéenne en terminale L à Jean-Jaurès, raconte :

« Ce matin, on avait décidé de ne pas bloquer. Mais ceux de Condorcet avaient décidé de bloquer, et ils sont venus à Jean-Jaurès. Tout se passait dans le calme. Des policiers étaient en train d’expulser un squat de chômeurs en bas du lycée, et quand ils nous ont vus, ils ont commencé à nous encercler. Ils étaient une vingtaine peut-être.

Très vite des camions de CRS sont arrivés. Nous, on a appelé la mairie et le commissariat pour demander pourquoi ils employaient tous ces moyens, on nous a dit : “C’est la préfecture.”

Alors là, les plus jeunes élèves ont commencé à paniquer, il y avait des collégiens sans doute, on a voulu les faire sortir. Les CRS se sont mis à lancer des bombes lacrymogènes et c’est pour ça que des lycéens ont commencé à protester et à s’énerver.

Il y a même une bombe lacrymo qui est tombée dans la cour de l’école primaire Diderot, heureusement, les enfants n’étaient pas dans la cour, mais ça a choqué.

Ils ont frappé des élèves. Mon amie Dounia, qui essayait de sortir de la foule, ils l’ont attrapée par la capuche et donné des coups de matraque dans le dos, elle a des bleus. Un copain, qui est vraiment un mec sérieux, a été menotté et conduit au poste, il est sorti à 13 heures. »

A 19h45, Laura nous a envoyé ce nouveau sms :

« Les lycéens se sont donnés rendez-vous vendredi matin à 6h30 dans le calme pour bloquer le lycée Jean-Jaurès. »

Vendredi matin, le blocage du lycée Jean-Jaurès a repris des l’aube. Damien Roudeau (Les Yeux dans le Monde), photographe-illustrateur montreuillois, nous a envoyé des photos des barricades. (Voir le diaporama)

Plein écran  ?

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Entre 342 et 500 lycées mobilisés en France

L’inspecteur d’académie Daniel Auverlot, a déclaré à l’AFP : « A partir du moment où des lycéens bloquent des établissements, nous ne pouvons plus répondre de leur sécurité, car certains blocages risquent de dégénérer en début d’émeutes urbaines. » Il a précisé qu’une douzaine de lycées étaient bloqués dans le département.

M. Auverlot a demandé aux chefs d’établissements de prévenir les familles des lycéens :

« Des éléments incontrôlables, qui n’appartiennent d’ailleurs souvent pas à l’établissement, profitent des blocages pour jeter des projectiles et commettre des dégradations. Et c’est regrettable. »

Des heurts ont également eu lieu devant le lycée Paul-Eluard à Saint-Denis.

Dans le Val-de-Marne, une quinzaine de personnes ont été interpellées pour des jets de pierre ou des dégradations ce jeudi matin en marge des manifestations lycéennes, a annoncé la préfecture du Val-de-Marne.

Selon le ministère de l’Education nationale, 342 lycées étaient « perturbés à des degrés divers » ce jeudi matin en France, soit 7,9% des 4 302 lycées du pays. Le syndicat UNL compte de son côté 500 établissements « mobilisés », dont la moitié sont « bloqués » en signe de protestation contre la réforme des retraites.

 ? Mis à jour le 14/10/10 à 18h45. Ajout du paragraphe indiquant que le lycéen risquait de perdre un œil.

 ? Mis à jour le 15/10/10 à 12h30. Suspension de l’utilisation des flashball.

 ? Mis à jour le 15/10/10 à 15h40. Ajout du diaporama des photos prises vendredi matin.

Illustration : dessin de Baudry sur les manifestations lycéennes ; des manifestants avenue Bosquet à Paris (Zineb Dreyf/Rue89)

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  • soloon
    soloon
    _
    • Posté à 13h10 le 14/10/2010
    • Internaute 91630
      _

    bas voila,

    tout les ingrédients sont réunie pour durcir la mobilisation
    finis la fraction générationnel, tous unis face au même ennemie qui fait régner la terreur de son bras armé en uniforme

    je remerciechaleureusement les policiers qui ont tiré au flashball sur des lycéens, sans cette bavure monumental, cela n’aurais peut etre pas été possible

  • Kirilov
    Kirilov
    Etudiant
    • Posté à 13h16 le 14/10/2010
    • Internaute 91728
      Etudiant

    Pour jean-michel91, les jeunes a priori, pour ce que j’ai entendu étaient plutôt agressifs ce matin. Ils voulaient bloquer le lycée et n’ont pas hésité à menacer voir même à « caillasser » des véhicules. Il n’empêche que la première réaction fut d’envoyer des cars de CRS (comme dans d’autres lycées à Rosny sous Bois pas très loin) ce qui a accentué la tension et conduit à ces dérapages.

    Que ces CRS interviennent soit même si c’était tout sauf intelligent. Le flashball était-il nécessaire ?

    J’ai aussi vu de nombreux profs et du personnel du lycée dans le rue qui étaient plus du côté de leurs élèves.

  • margaritafraîche
    margaritafraîche
    (étudiante)
    • Posté à 15h08 le 14/10/2010
    • Internaute 129246
      (étudiante)

    et dans tout ça : LA grande question qui me brûle les lèvres : alors que les média sont focalisés sur ces manifestations et dérapages, qu’est-ce qui est entrain d’être passé en douce à l’AN ou sous silence ailleurs... ?

    mystère....

  • Axis7
    Axis7
    Attaché
    • Posté à 15h29 le 14/10/2010
    • Internaute 47590
      Attaché

    Au nom de quel principe n’aurait-on le droit de manifester à 16 ans quand on peut aller en prison à 14 par la grâce de Sarkozy ? ? ?

  • mesam
    mesam
    Etudiant
    • Posté à 15h40 le 14/10/2010
    • Internaute 85700
      Etudiant

    Sur la vidéo il est très net qu’il y a une bavure, le projectile (surement le tire du flashball) vient de la position des policiers et visiblement à tir tendu, la victime n’avait en aucun cas un comportement agressif, à si il bougeait une poubelle, c’est répréhensible par la loi ?

    Tout ca pour dire qu’entre hier à Bastille et aujourd’hui à Montreuil les forces de l’ordre ce sont encore une fois joliment distinguées.

    Rien de mieux pour durcir le mouvement et ternir un peu plus une image déjà bien écorné.

    A cette allure le gouvernement sera contraint de s’assoir sur sa réforme.

  • camyo
    camyo
    Touriste
    • Posté à 16h02 le 14/10/2010
    • Internaute 109879
      Touriste

    Aout 2009 .. Le MONDE

    Lien

    Face à la multiplication de blessures sérieuses occasionnées par des tirs de Flash-Ball , la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) avait adressé, en mai, une note aux divers directeurs départementaux leur rappelant les « règles impératives » de l’utilisation de cette arme. Parmi celles-ci, on note le respect des distances minimales (« pas moins de sept mètres »), l’interdiction de viser « au niveau du visage ou de la tête » et un usage « proportionné » aux faits et lié à la légitime défense.

    Sinon, on pouvait lire dans Le Parisien en Mai ..

    Eric Le Douaron insiste également sur le fait que « l’emploi de ces armes, bien qu’elles soient dites non létales (…), doit s’inscrire dans le cadre d’une riposte ou d’une action proportionnée et être réalisé avec discernement. Les modalités d’usage (distance d’utilisation, zone visée…) doivent être suivies avec le maximum d’application afin d’éviter des dommages, voire des blessures graves, infligés aux individus ciblés. Ainsi les visées au niveau du visage et de la tête sont formellement proscrites. »
    Le patron de la sécurité publique rappelle également que « chaque utilisateur devra impérativement établir un rapport circonstancié et immédiat avant sa fin de service, le jour même du tir (…). Ce rapport sera transmis avec l’avis du directeur départemental de la sécurité publique sans délai par courriel à la DCSP. »
    « J’attache un prix tout particulier à la stricte application de mes consignes. (…) Je ne doute pas de votre implication personnelle dans le contrôle et le suivi de l’utilisation de ces matériels », conclut Eric Le Douaron.

    Eric Le Douaron : en sarkosysme, c’est le nouveau préfet de l’isere .. bombardé après les débordement de Grenoble ..

  • girod
    • Posté à 16h11 le 14/10/2010
    • Internaute 10948

    Ce matin à Sete environ 800 à mille lycéens (34 selon les comptages de médiapart) ont rejoints les cheminots à la gare de sète .

    mobilisation réussie, toutefois, présence policière importante qui bloquait les entrées de la gare

  • Syd_A
    Syd_A
    Rockstar
    • Posté à 17h45 le 14/10/2010
    • Internaute 129171
      Rockstar

    Comme quoi les lycéens seraient bien plus en sécurité à l’expo de Larry Clark...

  • charlie93
    • Posté à 18h08 le 14/10/2010
    • Internaute 129310
      *

    Différence de traitement ? ? ? ...

    Il y a quelques mois encore j’habitais a proximité du lycée Voltaire Paris 11eme qui est a l’heure actuelle un lycée assez engagé au niveau des blocages et manifestations.
    Le quartier : bobo sympa
    Je déménage et maintenant je suis a proximité du lycée Jean Jaures ou ce sont passés les évènements filmés ici.
    J’y passe tous les jours ; ce n’est pas ce qu’on peu appeler 1 quartier chaud, bien au contraire.
    La rue est ainsi faite qu’il y a 1 lycée, un lieu ou les jeunes viennent faire de la musique,2gymnases, il y a aussi le complexe diderot : maternelle et primaire...
    Quand les CRS ont repoussés les lycéens, ils les ont, vu la configurations de la rue, obligés a passés devant l’école des primaires...bien malin au niveau sécurité...
    mais surtout comment peut il y avoir une gestion si différente pour l’occupation de lycées ? ? ?

  • Lza.
    Lza.
    Étudiante
    • Posté à 19h37 le 14/10/2010
    • Internaute 129317
      Étudiante

    Lien
    Voici, une vidéo d’attaque de CRS à Chambéry, moins violente que celle-ci mais qui montre bien l’état actuel des choses.
    En tant que lycéenne, je sais qu’une bonne partie des jeunes qui manifestent ne s’intéresse pas plus que ça au débat de fond sur la réforme des retraites. Ils savent les grandes lignes du débat et c’est tout, et c’est bien dommage.
    Mais là le comportement des CRS, et surtout du gouvernement derrière va trop loin. C’est juste inhumain de matraquer des jeunes de 16 ans, qu’ils soient cons ou pas. La c’est de la dictature.
    Alors c’est ça maintenant, on va faire reigner la peur pour mieux pouvoir gouverner ? !
    Ca va trop loin. Et rien que pour ça j’espère sincèrement que la mobilisation va se renforcer et devenir plus virulente, parce qu’une démocratie c’est un gouvernement par le peuple.

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 19h54 le 14/10/2010
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
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