Enquête 08/10/2010 à 18h33

La baisse de la TVA fait monter les prix, la preuve par l'addition

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Le restaurateur Xavier Denamur prouve par la note que la TVA à 5,5% est un « cadeau au lobby de la restauration ».

Le slogan « La TVA baisse les prix aussi » n'est qu'« une grande campagne d'intox » dénonce Xavier Denamur, restaurateur militant et actionnaire minoritaire de Rue89. Il étaye cette accusation par la comparaison d'additions qu'il a collectées :

  • avant le 1er juillet 2009, jour de la baisse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dans la restauration -de 19,6% à 5,5%,
  • immédiatement après cette date,
  • et un an plus tard.

Résultat : plusieurs établissements connus en ont profité pour augmenter leurs prix.

Après les associations de consommateurs, la Cour des comptes l'écrit : la baisse de la TVA dans la restauration a un « impact limité pour un coût élevé ». Un coût pour la collectivité et pour les clients.

Depuis cette baisse, Xavier Denamur a pris en flagrant délit de mauvaise foi les politiques, organisé les « Vrais états généraux de la restauration », refusé de baisser ses prix -ce qui n'a pas nui à la fréquentation de ses restaurants-... et produit un documentaire, « La République de la malbouffe ».

D'abord, on augmente le volume puis le prix du pichet du rosé

Buffalo Grill est un « cas d'école » pour Denamur : l'enseigne trentenaire au faux goût de western, détenue par des fonds de pension américains, totalise 512 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2009, 327 restaurants, et a ardemment milité pour la baisse de la TVA dans son secteur. Le patron de la chaîne s'est engagé, dans un débat sur BFM, à respecter ses engagements « sur trois ans ».

Dans son dossier de presse de juin 2010, Buffalo Grill s'appuie sur les arguments du gouvernement pour communiquer :

« Buffalo Grill est allé plus loin que les engagements signés pour le “Contrat d'avenir 2009” en s'investissant pleinement dans un report total de la TVA à tous les niveaux :

  • Au 1er juillet 2009, Buffalo Grill baisse de TVA de 11,8 % sur quinze produits de la carte au lieu de sept, tel que stipulé dans le “Contrat d'avenir 2009”.
  • Ces produits ont connu des chiffres de ventes en hausse de 20% en moyenne dès juillet 2009. L'accueil par les consommateurs s'est avéré rapidement très positif.
  • En juin 2010 : - 4% en moyenne sur le prix d'un repas complet par rapport à juin 2009. La moyenne du secteur de la restauration est de -1,7%.
  • Jusqu'à 1 euro de rendu au consommateur selon les opérations. »

Que constate le client Denamur lorsqu'il va dans son ranch préféré ? L'entrecôte classique ou les « Buffalo wings », affichés un temps en baisse... sont désormais plus chers qu'avant la ristourne fiscale.

Dans un premier temps, la chaîne baisse le prix de certains produits d'appel et se rattrape ailleurs. Ainsi, le rosé Côtes de Provence passe de 5,4 euros à 8,2 euros. Sur l'addition il reste mentionné comme « M » (pour moyen). Ce à quoi Buffalo Grill répond :

« Nous n'avons pas touché au prix des boissons. »

Le volume a-t-il discrètement changé ? Une enquête France Inter expliquait que le pichet de rosé était passé de 25 cl à 37 cl.

L'entrecôte plus chère qu'avant la baisse de la TVA

Dans un second temps, les plats qui avaient profité d'une baisse de prix se regonflent l'air de rien :

  • Les « wings » : avant juillet 2009, les ailes de poulets de Buffalo Grill sont à 5,80 euros ; 5,10 euros juste après juillet ; 5,70 euros aujourd'hui.
  • L'entrecôte classique : avant juillet 2009, l'entrecôte coûte 14,90 euros ; 13,10 euros juste après juillet ; 15,10 euros aujourd'hui.

En un an, « grâce » à la baisse de la TVA, l'addition a gonflé de 5,5% pour le consommateur Denamur. L'enseigne se goinfre : hors taxes, l'addition passe de 63,04 euros à 71,95, soit une augmentation de près de 14%.


buffalo grill

La bavette a baissé, l'inflation a repris

Buffalo Grill explique :

« L'offre a tourné, les produits profitant de la baisse de la TVA ont changé au 1er janvier 2010. Nous avons baissé la bavette, un burger, le bison, tandis qu'à l'inverse d'autres produits sont revenus au prix d'avant. »

Oui mais là, certains plats, dont l'entrecôte « classic », sont plus chers qu'avant la baisse de la TVA. Le communiquant justifie :

« Il y a un phénomène qui s'appelle l'inflation. Nous avons augmenté notre carte de 1% au 1er septembre 2010, ce que nous n'avions pas fait depuis deux ans, et c'est deux fois moins que l'inflation des prix alimentaires. »

Pourquoi ne plus indiquer sur le menu les produits qui profitent de la baisse ?

« Nous avons estimé qu'il n'était pas nécessaire au bout d'un an et trois mois de surligner les produits “sélection TVA” ; c'est acquis pour le consommateur que les prix ont baissé. »

Buffalo Grill a bien raison de se féliciter que la TVA ait « boosté » son business. Un an plus tard, comme pour justifier les nouveaux tarifs, le bio a fait son apparition dans la carte !

Du fast-food au bistro de luxe, même tableau

Autre exemple, même contexte, même résultat. L'Arche, les restoroutes du groupe Elior. La carte n'étant pas distribuée au client, notre enquêteur n'a pu nous la ramener. Il a choisi au hasard le poulet-frites, ne sachant pas à l'avance s'il profiterait de la ristourne.

Entre juillet 2008 et août 2009, le menu quart de poulet rôti et Orangina est passé de 10,91 euros à 11,2 euros. Si le poulet n'a pas baissé, la boisson a pris près de 30 centimes d'euros. Hors taxes, l'addition a gonflé de18%. Merci l'Etat.


Arche


vitrophanie McDo

Chez Mac Donald's, la comparaison est plus délicate, puisque le fast-food appliquait avant le 1er juillet 2009 deux taux différents pour la vente sur place et à emporter. Maintenant que tout est taxé à 5,5%, les prix sur place ont-ils baissé ?

Xavier Denamur a relevé les prix du cheeseburger-petite frite avant et après, dans un restaurant de Rennes. Son addition s'élève avant à 1,90 euros, et après à 2,75 euros -en 2010, McDo empoche 2,61 euros, contre entre 1,59 euros et 1,80 euros avant la baisse, selon la TVA appliquée sur place et à emporter.

La croissance sauce Big Mac est presque insolente : +8,5% en 2009 par rapport à l'année précédente. Comme quoi, monter les prix ne fait pas fuir les clients.

McDo : « Les prix varient d'un restaurant à un autre »

Nous avons interrogé McDo qui nous répond que son « organisation en réseau de franchises implique de ne pas pouvoir imposer de prix aux restaurants. Les prix varient donc d'un restaurant à un autre. »

L'enseigne de fast-food dit avoir tenu son engagement « de baisser de 5% le prix de son menu phare, le Big Mac dans sa version moyenne et grande. »

Denamur : « Que fait la DGCCRF ? »

Plus chic, plus chère, la brasserie L'Alsace, installée sur les Champs-Elysées. Le couac est différent. L'enseigne, où Hervé Novelli avait lancé le Contrat d'avenir lié à la baisse de la TVA, semble ne pas respecter ledit contrat.


L'Alsace

Celui-ci stipulait que lorsqu'on appose la vitrophanie « La TVA baisse, les prix aussi » sur la porte, on indique sur le menu quels plats en bénéficient. La carte, photographiée par Denamur, ne porte pas trace de baisse de prix.

« L'Alsace, filiale de la Caisse des dépôts ne devrait-elle pas montrer l'exemple ? Que fait la DGCCRF qui avait promis des contrôles tous les semestres ? », interroge le restaurateur.

A ceux qui croient que Xavier Denamur n'a choisi que les exemples qui l'arrangent, écoutons ce qu'en dit l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, interrogée par La Chaîne parlementaire. (Voir la vidéo de LCP)

Erwan Sceznec, journaliste, explique avoir mené l'enquête sur 1544 restaurants :

« Sur dix restaurants, cinq ont laissé leurs prix inchangés, un les a montés, quatre les ont diminués mais parmi eux, deux ont consenti des baisses symboliques.

Au final, deux restaurants sur dix ont joué le jeu, le reste a empoché la différence. »

Les statistiques de l'Insee font état de prix dans la restauration identiques en août 2010 et en novembre 2008. Les prix ont monté jusqu'en juillet 2009 pour pouvoir baisser juste après... avant de remonter.

L'Etat doit-il remonter le taux de la TVA ?

Xavier Denamur le propose depuis longtemps. Sur Eco89, il précisait bien les conditions à poser en échange. Car « on ne peut pas dire un jour on baisse, un autre on remonte en fonction du vent. » Il invite Bercy à faire son travail en contrôlant ceux qui prétendent jouer le jeu :

« Que les restaurants qui disent avoir baissé les prix fournissent leurs bandes de contrôle, l'enregistrement des tarifs avant et après le 1er juillet 2009, et aujourd'hui. Tout serait plus transparent. »

Si l'histoire est en train de donner raison à celui qui traque ce
« cadeau au lobby de la restauration », il y a peu de chances que l'actuel
gouvernement suive l'avis
du Conseil des prélèvements obligatoires
et remonte la TVA.

  • 89549 visites
  • 226 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 19h01 le 08/10/2010
    • Internaute
      Twitter @srgvlt

    il serait plus intéressant d'obliger les restaurateurs à mettre en évidence l'origine de leurs produits selon une grille qui distingue le frais du surgelé, les exploitations industrielles des exploitations de petite ou moyenne dimension, etc.

    mais ce ne serait pas suffisant : il y a ce qui est bon et ce qui ne l'est pas...

    ou alors peut-être faudrait-il obliger les restaurateurs à afficher leurs marges, de même que leurs chiffre d'affaires et bénéfices. parce qu'on parle du consommateur, mais son comportement ne sera pas le même lorsqu'il paie un plat, bon ou pas, sur lequel le restaurateur se fait une marge de 50% ou de 5%.

    notamment on parle des fast-foods, comme quoi la baisse de la tva devait jouer contre eux : ben allons-y, affichons les bénéfices de macdo sur un menu vendu 6€ dans lequel il n'y a quasiment rien à manger !

    ce qu'il faut avec le fast-foods, en particuliers ceux comme mc do, c'est casser le spectaculaire qui fait que les gens trouvent finalement normal de payer 6€ le menu avec trois fois rien parce qu'on leur vend de l'image. mais les images qu'on mange sont une question de culture ! - la question pourrait être : quel luxe pour les pauvres ? (comme mc do en est souvent un...)

  • emiboot
    emiboot
    frite lance
    • Posté à 19h21 le 08/10/2010
    • Internaute
      frite lance

    Mes stats perso tournent autour de 1 pour 10 qui a vraiment joué le jeu (merci à eux) - ce qui rejoint les constatations UFC.
    Certains restaurateurs ont été « sauvé » financièrement, par la baisse de TVA, donc n'ont rien baissé et n'ont pas embauché - la différence servant à redresser le resto - mettons 1 pour 10.
    D'autre ont augmenté les prix graduellement ou ont margé plus sur le vin, qui lui est toujours à 19,60%. En embauchant, ou pas. En augmentant leur salariés, ou pas. 5 sur 10
    Reste les 3 derniers : qui n'ont pas joué le jeu, ont royalement baissé le menu de 20ct et parfois embauché.
    20 000 postes. Pitoyable. On en annonçait 50 000. Cela dit, vu le niveau du smic hôtelier et ses contraintes (horaires, performance physique) et ses rares avantages (contact public, boulot qui bouge et pourboire) je vous laisse juger :
    Lien
    Je vous laisse apprécier le cadeau.

    Sachant que :
    - un chiffre circule, autour de 70% des produits servit chez les restaurateurs à Paris/petite couronne serait du déjà-prêt, chez les restaurateur qui servent assit (pas nos bons vieux kebab, finalement.)
    - il ouvre plus de commerce de bouche et de fringues dans les nouvelles surfaces, que de librairie : comptez vous même.
    - Certaines pratique salariales abusives qui sont récurrentes (heureusement pas dans tous les établissements)

    Il serait temps que les pigeons - que nous sommes - se recentrent un peu sur ce qui est vraiment important (cocorico)
    LA bouffe DANS l'assiette.

    (y'a une rubrique « bonnes tables sympas » sur la rue ? )

  • Orphee
    • Posté à 19h23 le 08/10/2010
    • Internaute

    Je suis désolé de n'avoir pas entendu sur les medias le constat que la baisse du taux a entraîné une hausse des prix généralisée.

    Vous mangez une pizza. Sur une addition à 10 €, le restaurateur :

    - encaissait 8,35 € avec une TVA à 19,6% (10/1,196)
    - encaisse 9,50 € avec une TVA à 5,5%% (10/1,055) , je vous passe les centimes.

    On voit qu'une simple stabilité des prix TTC supportés avec le changement de taux (et franchement c'est le cas courant) induit une augmentation de 13,8% du prix HT du repas ! ! ! (9,50-8,35)/8,35.

    Beau cadeau effectivement, même si l'Etat prélèvera une partie du bénéfice supplémentaire par le biais de l'impôt sur les sociétés.

    Une stabilité du prix perçu par le commerçant (HT bien sûr) vous aurait conduit à payer 8,81 € au lieu de 10 (8,35*1,055).

    Admettons que le commerçant a besoin d'embaucher ou de rénover. Ce ne serait pas scandaleux de lui laisser 50% du bonus pour le faire. Votre pizza vous revient alors à 9,40 €.

    Alors quand je vais manger ma pizza et que je vois que les prix sont inchangés, je me retiens de demander au patron si -au moins- il a pris carte de l'UMP.

  • haiker
    haiker répond à Pierrrrre
    • Posté à 19h42 le 08/10/2010
    • Internaute

    « Cette modification de la TVA était surtout destinée à contrer un déséquilibre entre restauration rapide (Mac Do) taxée à 5,5,
    et la restauration assise taxée à 19,60% »

    Mais oui, c'est crédible.
    Le pouvoir, en pleine crise financière et d'endettement publique pour sauver la finance mondiale, à le choix entre :

    A.
    Augmenter la TVA chez McDo, Quick, KFC et autres vendeurs de sandwitchs en franchise sur notre sol, des chaines étrangères de malbouffe de manière générale, de 5,5% à 19.6%, et ramasser ainsi 1) pas mal d'argent en plus dans ces caisses et 2) une bonne image en combattant la malbouffe *et* la culture hamburger *et* de faire un peu de protectionnisme sans en avoir l'air

    B.
    Baisser la TVA de toute la restauration à 5,5%, se privant ainsi entre 2 et 3 milliards d'euro par an sans aucun bénéfice d'image, mais en caressant une catégorie socio-professionnelle (qui lui est largement acquisse depuis longtemps pourtant) dans le sens du poil.

    Pourquoi a-t-il choisi l'option B ?
    Il suffit de se rappeler que juste après l'entrée en vigueur de la loi l'UMP a envoyé à tous les restaurateurs une lettre et un bulletin d'adhésion.
    Il suffit de se rappeler que Baroin, ministre du budget, reconnait lui même qu'il s'agit d'une (sic) très très grosse niche fiscale *mais* qu'il est hors de question de la modifier *avant* 2012, malgré le besoin critique d'argent publique.

    Conclusion : le bénéfice de cette loi est attendu par le pouvoir précisement en 2012. Pas avant, ni après, non, seulement en 2012.

    Qu'est ce que les restaurateurs vont faire de particulier en 2012 suite à cette baisse de la TVA qu'ils n'ont pas pu encore faire depuis sa promulgation ?

    Ah, quel mystère !
    Vraiment...

  • thierry reboud
    • Posté à 19h55 le 08/10/2010
    • Internaute

    Rien que le premier exemple concernant Buffalo Grill vaut son pesant de steak saignant : Au 1er juillet 2009, Buffalo Grill baisse de TVA de 11,8 % sur quinze produits de la carte au lieu de sept.

    Voilà qui n'est rien que de la grosse rhétorique à la mode du foutage de gueule intégral : ce n'est pas Buffalo Grill qui a baissé la TVA, c'est l'Etat. Et ce n'est pas sur 11 ou 7 produits, c'est sur la totalité des produits alimentaires proposés.

    Après, la comparaison stricte et rigoureuse est sans aucun doute d'une grande utilité parce qu'elle apporte des preuves, des faits et des références. Mais dès le début, ce sont les présupposés mêmes de la « communication » (en novlangue néo-libérale : menterie bien épaisse) de cette chaîne qui s'effondrent.

  • Waldeck
    Waldeck répond à Sophie Verney-Caillat
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 21h44 le 08/10/2010
    • Internaute
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Je suis depuis longtemps les interventions de Xav » de Nam » sur rue & eco89 et j'apprécie que ce restaurateur, faisant fi des jérémiades poujado-chiraquiennes des collègues de sa corporation, se penche sur cette imposture de la TVA « réduite »...

    On devrait étendre la comparaison des facturettes à d'autres commerces (bouchers, libres services ...)

    Regardez au fond de votre cabas, il doit bien rester un ticket de chez super U de l'an dernier et ... comparez avec le même achat aujourd'hui.

    Envoyez le résultat de vos investigations !

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 22h46 le 08/10/2010
    • Internaute
      Chroniqueur Grolandais

    Les BOF (Beurre Œufs Fromages) de la période d'occupation ont été remplacé par les BOF (Bière Omelettes Frites). Il faut espérer que le gouvernement ne repasse pas la TVA à 10% voir 12% car nous aurions droit à une deuxième augmentation des tarifs pour rattraper les pertes de gains.
    Après avoir goûté aux joies de la baisse de leurs taxes et en avoir largement profité, les nouveaux BOF vont pleurer sur leurs pertes et autres charges pour justifier la hausse de leurs tarifs alors que beaucoup d'entre eux n'ont ni investi dans le personnel ou l'amélioration de leur établissement, ni diminuer le prix de 7 (en moyenne) plats ou consommations.
    Le BOF est une espèce qui défit le temps

  • celine47
    • Posté à 23h09 le 08/10/2010

    Je voudrais vous faire part de mon expérience. Je mange au restaurant midi et soir dans le cadre de mon travail et j'aimerai vous parler de Courtepaille. Pour moi ce sont les champions toute catégorie ... Avant la baisse de la TVA, hausse des prix ... Après la baisse de la TVA, baisse des prix, ce qui fait une belle opération à zéro et une superbe campagne de pub, de com'. Je n'ai pas manquer de leur faire remarquer à plusieurs reprises. Il faut arrêter de prendre le consommateur pour un débile !

  • meilsimon@hotmail.com
    • Posté à 23h25 le 08/10/2010

    petit restaurateur, j essaye de proposer de bon produit a des tarifs normaux voir pas cher, la TVA a 5,5 est pour une structure comme la mienne un vrai bol d'air, je n'ai pas suffisament d'achat pour pouvoir faire une politique d achat comme le font les gros groupes

    alors il faut vraiment faire la difference entre Mc do, Buffalo et les restaurateur artisans qui vont au marché, font travailler les petits boucher agriculteurs......afin de proposer des assiettes qui ont du gouts

    et donc au final pour nous la baisse de la TVA c'est de plus belles assiettes, des clients satisfaits et un peu plus d argent a la fin du mois pour 15 a 18 heures par jours

    alors raler contre les brasseries, les mc do....oui mais nous oublié pas

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur répond à speedy38-
    Restaurateur
    • Posté à 04h02 le 09/10/2010
    • Internaute
      Restaurateur

    Une TVA socio-éco-logique à 25% redistributive, tout le combat est là. Faire en sorte que les moins bien lotis se nourrissent correctement avec des produits frais et de saison, aient accès à un système éducatif de qualité, bref qu'ils retrouvent le pouvoir d''acquérir ce dont ils ont besoin en priorité et que les plus riches participent à les tirer vers le haut.
    Lire ici :
    Lien ! 5nSe5Y3Qt6UdM|Lien]

  • Dmillek
    • Posté à 05h39 le 09/10/2010

    Cuisinier depuis 1983, je connais parfaitement l'univers des bistrots et brasseries.
    En ce qui concerne les prix pratiqués, c'est une véritable arnaque pour le consommateur, baisse de TVA ou pas, c'est en règle générale le patron qui s'en met un peu plus dans les fouilles et (très) rarement le personnel ou le client.
    Des exemples ? Commençons par le café… combien coute t'il réellement hors marges et taxes ? Environ 9 centimes la tasse, ajoutons le sucre et une pointe de lait pour un petit crème, nous voici à 15 centimes. Je ne vais pas ici résumer les différentes taxes et marges à appliquer en restauration, il est d'usage de multiplier le prix de revient (matière brute) par 4 pour obtenir le (potentiel) prix de vente, notre petit crème arrive donc à 0.60 €. En le vendant à ce prix, le restaurateur paye ses charges, son personnel, son café, sa vaisselle, etc.. et réalise un bénéfice confortable… et pourtant les prix pratiqués sont rarement à ce niveau (le prix du café sur Paris, entre 1.00 et 1.30 euro )
    Pour les repas, c'est la même chose, un œuf mayonnaise ? prix de revient entre 50 et 60 centimes donc prix de vente potentiel entre 2.00 et 2.40 euro, prix réellement pratiqué entre 4.5 et 6.00 euro.
    Une salade verte avec votre œuf mayo ? prix de revient environ 30 centimes, prix de vente potentiel environ 1.20 €, prix de vente pratiqué entre 3.50 et 4.00 €
    Une entrecôte frites pour suivre ? prix de revient environ 3.60 € (entrecôte de 180 grs, prix Rungis, + 250 grs de frites), prix de vente potentiel 14.40 €, prix de vente pratiqué entre 16.00 et 22 euros.
    Pour le dessert, je ne vous raconte même pas, c'est le jackpot ; )
    Donc un repas (œuf mayo + salade verte + entrecôte frites + salade de fruits + café) devrait vous couter environ 20 euro mais en règle générale, c'est plutôt 30 euro qui vous sera facturé (sans boissons)
    Et ce n'est là que le haut de l'iceberg… il y a aussi les additions qui passe à l'as au yeux du fisc, les tickets restaurant non comptabilisés et qui servent le week end aux enfants du patron pour écumer les macdos du coin, pourquoi croyez vous que les stars et autres ouvrent tous des restos ? parce que ça rapporte beaucoup et que l'on peut (très) facilement arnaquer l'état en ne déclarant qu'une partie des recettes.
    Je n'ai jamais fait un resto ou les prix de ventes étaient correctement calculer. Il y a même beaucoup de patrons qui se contentent d'aligner leurs prix sur les restos des environs.

  • patdu49
    • Posté à 08h51 le 09/10/2010

    pas mal comme article

    il manque l'allusion, du fait que certains, en baissant des prix, ont baissé la quantité dans l'assiette... et cela, pour mener une enquète, il aurait fallut peser la bavette ou l'entrecote, avant, pendant, après...

    pas compliqué de grignoter le poids d'un morceau de viande de 10 % ... une bavette à 150 grammes ou 135 grammes, le client s'en apperçoit pas necessairement.

    maintenant à quand l'enquète, sur la TVA à 5,5% dans le BTP.

    est ce que les salaires des ouvriers ont réellement augmenté ?
    est ce que les factures des clients ont réellement baissé ?
    est ce que ça a créé réellement des emplois, des améliorations des conditions de travail ?
    ou est ce que une fois de plus, les patrons en ont pas profité pour simplement augmenter leurs marges ?

    un autre cadeau qui augmente les marges de certains patrons, l'utilisation de contrats aidés, de travailleurs précaires ..

    avec un ristourne grace aux exonérations et aides de l'état de 47% du smic BRUT.
    soit un equivalement temps plein pour 712,19€ / mois, 4,69€ de l'heure...
    même cout pour le patron que le SMIC polonais ou roumain.

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur répond à telliac
    Restaurateur
    • Posté à 18h03 le 09/10/2010
    • Internaute
      Restaurateur

    « La question originelle demeure :
    Est-ce que des emplois ont été créés ?
    (C'était bien ça, l'argument) »

    La réponse est simple car contrairement à ce que pense certains, la vraie économie est logique.
    Selon l'INSEE, un shéma comparatif sur deux ans montre que le CA HT des restaurants a progressé d'environ 5% entre avant la baisse et après la baisse de la TVA, les prix selon l'INSEE n'ayant quasiment pas évolué, les restaurants qui bénéficient en moyenne de 10% de marges supplémentaires grâce à cette « opération » ont donc vu leur activité baisser d'environ 5%, à moins qu'ils aient entièrement répercuté cette différence dans l'économie parallèle, ce que je ne crois pas.
    Je voudrais juste vous rappeler une chose simple, un entrepreneur n'embauche qu'en fonction de l'activité pas en fonction des bénéfices supplémentaires qu'il essaye toujours de faire avec le moins de charges possibles. L'activité TTC s'étant contractée, les restaurateurs n'ont repris que les salariés qu'ils avaient débauché pendant le plus dure période de la crise, point. Les prochains comptes rendus sur le sujet signaleront une stagnation de l'embauche et ce mauvais choix politique reviendra sur la table.