tribune 05/10/2010 à 11h25

Pourquoi je suis opposée à la levée de l'interdiction des mères porteuses

Laurence Rossignol | Sénatrice PS de l'Oise

Laurence Rossignol est secrétaire nationale du Parti socialiste. Et féministe. A quelques semaines du débat parlementaire sur les lois de bioéthique où sera abordée la question de la Gestation pour autrui (GPA), elle exprime, à titre personnel, son opposition à la levée de l’interdiction en France. Cette position est partagée par de nombreuses féministes de gauche.... et de droite.

Gestation pour autrui ! Bien plus vendeur que les mères porteuses. En langage courant, pour désigner un état qui envahit et transforme le corps des femmes, on dit grossesse. Gestation, c’est nettement mieux. C’est scientifique, désincarné. Ça fait procréation assistée, éprouvettes et blouses blanches.

Pour autrui ? C’est le don. Un geste pour l’autre. Un peu de générosité au royaume de l’individualisme.

L’expression « mère porteuse » met mal à l’aise. Par définition, la mère ne peut être porteuse et la porteuse renonce à être mère. Alors comment définir la femme, mère biologique ou non, enceinte puis accouchant d’un enfant qu’elle va confier à d’autres ? Sa fonction étant de porter, il était simple de l’appeler porteuse. On aurait pu l’appeler aussi couveuse, dépôt-ventre, mijoteuse...

Le tour de magie, et de génie, a été de la faire disparaître. On ne la nomme plus, elle est absente de l’évocation, invisible. On parle nouvelles parentalités, intérêt de l’enfant, filiation.

La révision des lois bioéthiques donne l’occasion aux associations favorables à la GPA de faire valoir leur point de vue. Leur argumentation est articulée. Evolution des modes de vie, des familles, des sexualités... Ce qui fonde le droit d’être parent est l’amour qu’on a à donner. Et il y a tant d’amour disponible sur la planète qu’on trouve même des femmes qui, par empathie, vont mettre des enfants au monde pour d’autres.

Une fois, ces postulats posés, la controverse s’éteint.

Esquiver la question de la marchandisation du corps humain

Encadrer pour prévenir les abus ? C’est bien le moins ! Déterminer le montant de l’indemnité que recevra la gestatrice pour autrui ? Une question technique. L’absence de discrimination ? Elle est cohérente avec l’engagement de toute la gauche en faveur de la reconnaissance de l’homoparentalité.

La belle architecture de l’évidence et du consensus doit cependant son équilibre à une pièce essentielle : la conviction partagée, d’une part que les mères porteuses sont exclusivement mues par l’envie de rendre service et, d’autre part que la loi permettra de détecter et prévenir les abus. Les abus, marginaux, désignant les femmes qui candidateraient pour l’argent plutôt que par amour ou encore les couples qui seraient prêts à payer davantage que l’indemnité légale.

Faire admettre que la gestation de substitution est un acte altruiste permet d’esquiver la question de la marchandisation du corps humain et plus spécifiquement du corps des femmes. C’est une fiction, voire une manipulation !

Certes, il existe des poissons volants mais ce ne sont pas les plus nombreux. Sans doute, des femmes se font mères porteuses par don de soi, mais la grande majorité des femmes prêtes à louer leur ventre a en commun l’extrême misère.

Celles qui se proposent sont issues des mêmes pays pauvres et les parents vivent dans les mêmes pays riches. La demande est grande, les couples stériles et homosexuels très nombreux, la pauvreté qui garantit l’offre n’est pas près de se tarir.

Dès lors, le rôle du législateur est-il simplement de moraliser le marché ? N’est-il pas aussi de délimiter le champ du marché, de dire ce qui n’est pas cessible, ce qui échappe par nature à toute forme de transaction ?

Les disparités législatives entre les différents pays européens sont souvent convoquées dans le débat pour justifier la légalisation. Pourquoi interdire ici, ce qui est accessible ailleurs ?

Tant qu’on pourra acheter, louer ou vendre le corps des femmes

L’interdiction serait une machine à créer des enfants au statut juridique incertain puisque, droit ou pas, ils naissent. Pire encore, la prohibition créerait le trafic et provoquerait de graves inégalités entre les parents qui peuvent payer pour contourner la loi et ceux qui n’en n’ont pas les moyens.

C’est probablement vrai, mais pour que la légalisation mette fin aux pratiques clandestines, encore faudrait-il que la demande ne soit pas supérieure à l’offre, ce dont on peut douter.

La controverse sur la légalisation de la GPA ne peut se caricaturer en une opposition entre modernes et archaïques ou pragmatiques et dogmatiques.

Nous sommes nombreux à ne voir dans la légalisation de la GPA ni progrès humain, ni liberté individuelle ou publique nouvelle. Nous constatons une banalisation et une extension de l’usage et de la commercialisation des fonctions sexuelles et reproductives qui pourrait, comme le souligne Sylviane Agacinski, (« Corps en Miettes », Flammarion) « transformer l’ancienne servitude en travail social moderne ».

Admettre le commerce de la fonction reproductive, c’est admettre une appropriation sociale du corps des femmes pour consoler la souffrance des couples stériles. Il est fondé de s’y opposer. Il s’agit de rappeler que tant qu’on pourra acheter, louer ou vendre le corps des femmes, l’égalité entre les sexes demeurera inaccessible. Il s’agit aussi de prendre la mesure de la révolution anthropologique à l’œuvre et la portée symbolique des atteintes à la dignité humaine que peut entraîner la dissociation achevée de la sexualité et de la procréation.

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  • Danielle29
    Danielle29
    Soutien à amonhumbleavis
    • Posté à 11h56 le 05/10/2010
    • Internaute 30791
      Soutien à amonhumbleavis

    J’adhère totalement à votre point de vue.
    Il ne faut pas se laisser piéger par le discours du « don », de la « générosité » et par la souffrance (réelle) de couples en mal d’enfant, mais plutôt considérer le système marchand et politique qui se profile derrère eux : corps-marchandises, organes vendus pour survivre, ventres loués, nourrissons vendus etc...
    Ce système-là s’attaque sans le moindre état d’âme à la dignité humaine.

  • parti le 15 janvier 2012
    • Posté à 13h24 le 05/10/2010
    • Internaute 31016

    bofbof on joue sur les mots, : mére porteuse, gestation pour autrui, vidéosurveillance c’est pas beau .
    Elèment de langage : vidéoprotection, uterus artificiel .
    On se sent tout de suite moins inquiet nan ?

  • Achernar
    Achernar
    Etudiant
    • Posté à 13h44 le 05/10/2010
    • Internaute 119490
      Etudiant

    Au final, le problème n’est pas très éloigné de celui de la prostitution. Maintenant il reste à espérer que les décideurs sauront faire la synthèse des erreurs passées sur ce sujet, pour ne pas les répéter.

  • damienl
    damienl
    Chercheur
    • Posté à 14h49 le 05/10/2010
    • Expert 101560
      Chercheur

    Pour moi, il faut bien sur autoriser tout cela pour qu’il y ait un peu de logique dans le droit. Les mêmes personnes qui maintenant s’insurgent contre les mères porteuses sont les mêmes qui défendent le plus vigoureusement l’IVG car « les femmes ont le droit de disposer librement de leur corps ». Ce n’est que le même principe qui doit être appliqué ici : une femme a le droit de disposer librement de son corps, y compris en décidant de porter un enfant pour un autre couple, y compris contre rémunération.

    Si une femme a le droit de décider de mettre un terme à une grossesse et de provoquer la destruction d’un embryon ou fétus, elle devrait également pouvoir en mettre un au monde...

    Nul ne parle d’« appropriation sociale » de quoi que ce soit (encore une formule peu claire qui semble convaincante mais qui ne cache que du vent), mais bien de donner le choix aux femmes. Personne ne force qui que ce soit à devenir mère-porteuse. C’est vraiment quelque chose qui est de l’ordre de la vie privée de la femme et du couple qui veut utiliser ses services.

    • Grandjprar
      Grandjprar répond à damienl
      • Posté à 16h38 le 05/10/2010
      • Internaute 126337

      Les personnes qui sont pour l’IVG au nom du droit de disposer librement de son corps et contre l’autorisation des mères porteuses ne sont pas dans l’incohérence d’après moi : elles sont contre la marchandisation du corps dans ce cas là.

      C’est une question fondamentale sur les règles d’éthique que nous nous fixons : en france, la rémunération d’un don provenant du corps humain ou les brevets sur l’homme (le génome) n’ont jamais été autorisés.
      En Allemagne on peut se faire rétribuer pour un don du sang, en France non (mais on nous offre le ptit dej’ par contre).

      La question est vaste, et vous éludez cet aspect qui mérite d’être discuté d’après moi.

      En effet, est-on réellement libre de faire don de son corps si c’est contre rémunération ?
      Selon moi, on est aussi libre d’être mère porteuse qu’on est « libre » de louer son corps pour toucher sa paye en fin de mois.
      Car qui seraient les mères porteuses, vous imaginez qu’il y en aurait chez les femmes aisées ?

      • Claire_Zoom
        Claire_Zoom répond à Grandjprar
        Citoyenne critique
        • Posté à 16h57 le 05/10/2010
        • Internaute 52943
          Citoyenne critique

        Laurence Rossignol n’est franchement pas au courant sur ce sujet : il n’existe qu’une seule proposition de loi en France pour légaliser la GPA et elle ne comporte pas de rémunération mais seulement un remboursement des frais. Vous pouvez vérifier par vous-même :

        Lien

        Pour ce qui est du rapport du corps et de l’argent, je rappelle que la loi française autorise les expérimentations de médicaments sur des volontaires qui sont indemnisés jusqu’à 4500 euros par moi. Cela permet de relativiser tous ceux qui crient à la marchandisation du corps humain et qui sont bien contents de trouver des médicaments pour se soigner.

         
        • Grandjprar
          Grandjprar répond à Claire_Zoom
          • Posté à 17h27 le 05/10/2010
          • Internaute 126337

          Merci pour ces précisions.
          Cependant c’est 4500€ par AN, et non par mois.

          • Claire_Zoom
            Claire_Zoom répond à Grandjprar
            Citoyenne critique
            • Posté à 18h12 le 05/10/2010
            • Internaute 52943
              Citoyenne critique

            Toutes mes excuses, c’est bien 4500 euros par an (et non par moi, ce qui fait un double lapsus....)

        • zoelyon
          zoelyon répond à Claire_Zoom
          femme, maman
          • Posté à 17h30 le 05/10/2010
          • Internaute 85951
            femme, maman

          bravo, tout à fait d’accord avec vous ! les essais de médicaments contre rémunération sont la preuve qu’on peut, en France, « vendre » son corps. Et en ce qui concerne les mères porteuses, oui, je suis pour, je suis maman de 3 garçons et je n’ose même pas imaginer ce que le fait de ne pas pouvoir avoir d’enfant peut faire. Je ne serais pas prête à être moi-même mère porteuse, sauf pour un membre de ma famille proche et là oui, ce serait un don formidable.

        3 autres commentaires
    • ON M RSA2012
      ON M RSA2012 répond à damienl
      Touché en plein coeur
      • Posté à 17h10 le 05/10/2010
      • Internaute 85545
        Touché en plein coeur

      Ces chercheurs qui n’ont pas de conscience, une ruine pour l’humanité ?

      Devrons-nous leur rappeler les limites des raisonnements par analogie ?

      Certes pratiques en rhétorique mais occasionnant de graves dommages dans l’élaboration d’une réponse adaptée.

      Associer l’IVG et mère porteuse, quelle ineptie !

      Tiens petit chercheur apprend pourquoi tu fais tant d’erreur !
      Les mécanismes décisionnels des experts et les erreurs du à l’analogie
      Lien

  • Rennau
    Rennau
    Lecteur
    • Posté à 15h28 le 05/10/2010
    • Internaute 128142
      Lecteur

    Dans l’évolution de l’aide à la procréation assistée, l’étape de la mère porteuse est sans doute la dernière avant la procréation en laboratoire.
    Dans la création humaine en labo il ne nous reste que quelques mois pour couvrir l’ensemble du cycle. On nous expliquera sans doute, alors, tous les avantages moraux (et financier) de cette technique. Le « meilleurs des mondes » est pour demain.
    Dans votre juste combat, Madame, il y a aussi la lutte contre cette aberration.

  • nahera
    • Posté à 15h36 le 05/10/2010
    • Internaute 6180

    Après avoir lu cet article, j’ai fait une recherche sur Google : « cherche mère porteuse »....

    La marchandisation est largement installée, n’en déplaise à tous ceux qui croient à l’altruisme et à la générosité gratuite des mères porteuses ! ! !

    • Claire_Zoom
      Claire_Zoom répond à nahera
      Citoyenne critique
      • Posté à 16h41 le 05/10/2010
      • Internaute 52943
        Citoyenne critique

      Sauf que votre méthode est largement biaisée : vous ne verrez que les acteurs commerciaux qui font de la pub par Google, et sûrement pas l’immense majorité des professionnels (docteurs, psychologues, ...) qui font leur travail avec éthique. D’autant plus que dans la plupart des pays qui ont légalisé et encadré la GPA, la publicité pour la GPA est interdite. C’est le cas de l’Angleterre et du Canada par exemple.

      Dernier point, ce n’est pas parce qu’une clinique fait de la pub que les mères porteuses qui y font leur traitement médical là-bas ne sont pas altruistes.

      Je trouve donc que vos déductions ne valent pas grand-chose.

      Je conseille pluôt de lire les études des anthropologues comme Helena Ragone ou Elly Teman qui ont suivi des mères porteuses, ou encore celles de sociologue comme Olga Van den Akker pour se faire une idée. Leurs conclusions sont à l’opposé de la théorie de la marchandisation.

  • ON M RSA2012
    ON M RSA2012
    Touché en plein coeur
    • Posté à 16h38 le 05/10/2010
    • Internaute 85545
      Touché en plein coeur

    Espérons pour les défenseurs des mères porteuses, qu’elles auront accès au statut auto-entrepreneur pour démarrer leur activité.

    Faire un enfant sans TVA mais avec droit à la retraite !

    Elle est pas belle la vie ?

  • Claire_Zoom
    Claire_Zoom
    Citoyenne critique
    • Posté à 16h30 le 05/10/2010
    • Internaute 52943
      Citoyenne critique

    Laurence Rossignol parle d’un sujet que visiblement elle ne maîtrise pas du tout.

    Elle affirme que « la grande majorité des femmes prêtes à louer leur ventre a en commun l’extrême misère. » Le problème, c’est que ce fantasme est infirmé par toutes les études sociales fait dans les pays où il y a un dispositif légal d’encadrement des pratiques. Karen Busby les a recensé dans un document de synthèse :
    Revisiting The Handmaid’s Tale : Feminist Theory Meets Empirical Research on Surrogate Mothers (Professor Karen Busby, Faculty of Law, University of Manitoba, Canada, Delaney Vun, 7 décembre 2009).

    Elle affirme ensuite : « C’est probablement vrai, mais pour que la légalisation mette fin aux pratiques clandestines, encore faudrait-il que la demande ne soit pas supérieure à l’offre, ce dont on peut douter. »

    Sauf que qu’il y a beaucoup plus de femmes prêtes à porter l’enfant d’autrui que de femmes souffrant d’infertilité utérine. Les agences américaines déclarent refuser entre 50 et 90% des femmes qui souhaitent aider un couple infertile. En France, on estime à 0,3% le nombre de femme affectées par une infertilité utérine tandis que selon un sondage réalisé pour le JDD (Mères porteuses : Les Français sont pour, Christel De Taddeo, Le Journal du Dimanche, octobre 2009), 39 % de femmes françaises se déclarent prêtes à porter l’enfant d’autrui (pour un membre de leur entourage, sinon le nombre est de 17%). On peut donc franchement douter qu’il y ait un manque de candidates au don de gestation, ou encore des couples qui seraient prêts à payer davantage que l’indemnité légale puisque cela ne servirait à rien.

    Mais c’est la conclusion de Laurence Rossignol qui me choque le plus : « la portée symbolique des atteintes à la dignité humaine que peut entraîner la dissociation achevée de la sexualité et de la procréation. » On croit rêver tant cette phrase est identique aux propos de Benoît 16 ! Outre l’utilisation dénuée de sens qui est faite du mot dignité, c’est une phrase qui critique également la contraception, pourtant un fondement des libertés individuelles qui permet d’éviter ces montagnes d’enfants non-désirés qui en conséquence étaient souvent également mal aimés. Cette même contraception qui permet aux femmes de choisir librement leur vie sexuelle et familiale et de ne pas subir des grossesses non-désirées ! Quel drôle de féminisme à la Christine Boutin que vous avez-là, Madame Rossignol !

    • ON M RSA2012
      ON M RSA2012 répond à Claire_Zoom
      Touché en plein coeur
      • Posté à 17h01 le 05/10/2010
      • Internaute 85545
        Touché en plein coeur

      Claire

      Si elle affirme - tu fais quoi ? Tu contre-affirme ?

      T as pensé a faire des sketches ?

      • Claire_Zoom
        Claire_Zoom répond à ON M RSA2012
        Citoyenne critique
        • Posté à 18h18 le 05/10/2010
        • Internaute 52943
          Citoyenne critique

        Je donne des éléments factuels et des références, elle reste dans l’incantation.

         
        • ON M RSA2012
          ON M RSA2012 répond à Claire_Zoom
          Touché en plein coeur
          • Posté à 11h02 le 06/10/2010
          • Internaute 85545
            Touché en plein coeur

          L’éthique ne se résume pas une question de chiffres !

          Tu le fais exprès ou quoi ?

          • Claire_Zoom
            Claire_Zoom répond à ON M RSA2012
            Citoyenne critique
            • Posté à 11h58 le 06/10/2010
            • Internaute 52943
              Citoyenne critique

            Je ne donne pas que des chiffres, je donne des faits et des analyses réelles. L’éthique ne consiste pas à agiter des peurs mais à analyser concrètement des situations sur l’angle de l’autonomie, des bénéfices physiologiques ou psychologiques, et des risques pour prendre des décisions éclairées.

            Il ne faudrait pas confondre l’éthique et la morale pour autrui.

            • ON M RSA2012
              ON M RSA2012 répond à Claire_Zoom
              Touché en plein coeur
              • Posté à 14h22 le 06/10/2010
              • Internaute 85545
                Touché en plein coeur

              Entre nous, t ’es sur que tu ne veux pas faire des sketches ?

              Faut-il distinguer entre morale et éthique ? A vrai dire, rien dans l’étymologie ou dans l’histoire de l’emploi des mots ne l’impose : l’un vient du grec, l’autre du latin, et les deux renvoient à l’idée de moeurs (ethos, mores) ; on peut toutefois discerner une nuance, selon que l’on met l’accent sur ce qui est estimé bon ou sur ce qui s’impose comme obligatoire. C’est par convention que je réserverai le terme d’ « éthique » pour la visée d’une vie accomplie sous le signe des actions estimées bonnes, et celui de « morale » pour le côté obligatoire, marqué par des normes, des obligations, des interdictions caractérisées à la fois par une exigence d’universalité et par un effet de contrainte. On reconnaîtra aisément dans la distinction entre visée de la vie bonne et obéissance aux normes l’opposition entre deux héritages : l’héritage aristotélicien, où l’éthique est caractérisée par sa perspective téléologique (de telos, signifiant « fin ») ; et un héritage kantien, où la morale est définie par le caractère d’obligation de la norme, donc par un point de vue déontologique (déontologique signifiant précisément « devoir »). Je me propose, sans souci d’orthodoxie aristotélicienne ou kantienne, de défendre :

              1 ) la primauté de l’éthique sur la morale ;

              2) la nécessité néanmoins pour la visée éthique de passer par le crible de la norme ;

              3) la légitimité d’un recours de la norme à la visée, lorsque la norme conduit à des conflits pour lesquels il n’est pas d’autre issue qu’une sagesse pratique qui renvoie à ce qui, dans la visée éthique, est le plus attentif à la singularité des situations. Commençons donc par la visée éthique.

              La suite !
              Lien

              • Claire_Zoom
                Claire_Zoom répond à ON M RSA2012
                Citoyenne critique
                • Posté à 16h14 le 06/10/2010
                • Internaute 52943
                  Citoyenne critique

                Votre commentaire douteux a-t-il pour objectif de faire la promotion de votre prose ?

                Étymologiquement, le mot éthique est un synonyme d’origine grecque de morale. Il a cependant, de nos jours, une connotation moins péjorative que ce dernier car plus théorique ou philosophique. Tandis que la morale est un ensemble de règles ou de lois ayant un caractère universel, irréductible, voire éternel, l’éthique s’attache aux valeurs et se détermine de manière relative dans le temps et dans l’espace, en fonction de la communauté humaine à laquelle elle s’intéresse. Dans Le Capitalisme est-il moral ? , le philosophe André Comte-Sponville
                distingue l’ordre moral de l’ordre éthique. Pour lui, la morale est ce que l’on fait par devoir (en mettant en oeuvre la volonté) et l’éthique tout ce que l’on fait par amour (en mettant en oeuvre les sentiments).

                • ON M RSA2012
                  ON M RSA2012 répond à Claire_Zoom
                  Touché en plein coeur
                  • Posté à 18h12 le 06/10/2010
                  • Internaute 85545
                    Touché en plein coeur

                  Si t avais lu ....t’aurais remarqué que c pas ma prose !

                  Enfin exprimes-toi si ca te fais du bien, c’est déjà ca de gagné pour toi !

                  Es t pour un statut auto-entrepreneur pour les mères porteuses ou tu les vois davantage en professions libérales ?

        5 autres commentaires
  • Slovan
    Slovan
    Baroudeur
    • Posté à 16h42 le 05/10/2010
    • Internaute 63535
      Baroudeur

    Je partage une bonne partie de votre article, mais de grâce épargnez-nous les phrases toute faites, comme : « Il s’agit de rappeler que tant qu’on pourra acheter, louer ou vendre le corps des femmes, l’égalité entre les sexes demeurera inaccessible. »

    A part les enlèvements et séquestrations soumis à rançon, qui concernent aussi les hommes, je ne vois pas de vente ou d’achat. La prostitution, qui concerne d’ailleurs elle aussi certains hommes, n’est nullement un acte de vente d’un corps.

    Votre phrase est la caricature même du féminisme, une phrase dogmatique qui ne veut rien dire.

    • ON M RSA2012
      ON M RSA2012 répond à Slovan
      Touché en plein coeur
      • Posté à 16h59 le 05/10/2010
      • Internaute 85545
        Touché en plein coeur

      La prostitution n’est nullement un acte de vente d’un corps.

      Tu peux nous éclairer de tes lumières sur ce qu’est la prostitution ?

      • McRasta
        McRasta répond à ON M RSA2012
        Humain
        • Posté à 17h12 le 05/10/2010
        • Internaute 71884
          Humain

        Je prends le risque de répondre :

        De la location ?

      • Slovan
        Slovan répond à ON M RSA2012
        Baroudeur
        • Posté à 17h12 le 05/10/2010
        • Internaute 63535
          Baroudeur

        Un service, de type sexuel, rémunéré.
        Dire que la prostitution consiste à une vente d’un corps est une caricature idiote. Si le corps de la prostituée appartenait au client, il pourrait le blesser, en faire ce qu’il veut.
        Une prostituée ne vend pas plus son corps qu’un coiffeur ne vend ses mains.
        A moins de parler des cas de prostitution forcée, des viols, etc., mais ce sont des crimes punis par la loi.

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 17h21 le 05/10/2010
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    « On parle nouvelles parentalités, intérêt de l’enfant, filiation. »

    On parle surtout FILIATION, et c’est là que l’on se rend compte que pour beaucoup des défenseurs de la légalisation le « sang » est la principale motivation.

    Ce qui est vraiment dégueulasse.

    • Fondriest
      Fondriest répond à amonhumbleavis
      http://spermufle.wifeo.com/
      • Posté à 19h00 le 05/10/2010
      • Internaute 49865
        http://spermufle.wifeo.com/

      « Ce qui est vraiment dégueulasse. »

      ==> Le « droit à l’enfant » souvent invoqué n’est pas un droit à accéder au statut de parent, mais en réalité un droit à engendrer un enfant considéré, que ce soit assumé ou non, comme une extension de soi-même puisque porteur des mêmes gènes...

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 17h22 le 05/10/2010
    • Internaute 1001
      nc

    Laurence Rossignol, dans son texte, a oublié ce qui me paraît un argument capital : le sort futur de l’enfant.

    Car un enfant ainsi conçu sera (est) programmé pour être privé de toute sa vie intra-utérine. Et on le sait maintenant, cette vie existe, même s’il n’y a pas conscience. Et elle aide (ou parfois pèse) pour la vie qui suit. Priver un enfant de ça, c’est lui ôter une carte à jouer pour la suite, et plutôt un as qu’un sept. Qu’il en soit privé par les malheurs non voulus de la vie (abandon) c’est dur, mais que cette privation soit voulue, c’est inadmissible.

    L’existence de cette vie avant la naissance, j’en ai fait la bouleversante expérience à la naissance de mon deuxième petit-fils. Son aîné de 17 mois arrive en fanfare dans la chambre de la maternité et, de joie, lui saute dessus, lui met un doigt dans la bouche, un main (énergique) sur les yeux : eh bien il est resté calme, alors qu’on sait qu’un nouveau-né surréagit facilement….

    Scène comparable à la naissance du troisième : les deux aînés arrivant, toujours en fanfare, alors qu’il était un peu agité, il s’est calmé instantanément. Ce bruit lui était familier et plaisant… Inutile de vous dire que le trio, formé dès les premiers mois de la gestation (contacts directs avec le ventre de la maman) est des plus soudés.

    On me dira que la privation d’enfant, pour des couples stériles, c’est également dur. Ce n’est pas niable. C’est juste qu’un innocent n’a pas à combler ce vide au prix de sa propre privation.

    ........................................................................................................

    Bon, ceci est mon dernier message, je vous informe de mon départ de la Rue.

    L’envie de ce départ fut la reprise par Rue89 le mensuel de mon article sur l’Art Contemporain (n°3, p 101). Sur le coup, je fus flatté (qui ne l’aurait été). Ensuite, je me dis (et le fis savoir à la rédaction) que fournir bénévolement de quoi gagner son pain quotidien à d’autres, ça le faisait moyen. Je n’ai rien contre le bénévolat, j’en fais, mais c’est avec et pour des gens bénévoles comme moi, pas des professionnels. J’ajoutai aussi mon regret que Rue89 n’ait pas mentionné, en signature, le fait que j’étais écrivain et donc avec des livres à vendre. Référence supprimée, elle aussi : celle du Temps d’un Moment à Raillé (44).

    On me répondit, entre autres, que les tribunes publiées par Le Monde et Libé ne sont pas rémunérées.

    Je répondis que certes, mais au moins on fait état des titres et des travaux de leurs auteurs.

    Là-dessus : depuis 10 jours aucune réponse, même pas le regret d’avoir oublié cette mention qui n’aurait rien coûté à la Rue et m’aurait (peut-être) permis de commencer à regagner l’argent que jusqu’ici j’ai perdu, écrire un livre ça coûte cher (bon, là, j’attaque le quatrième, où il sera entre autres question de cette GPA).

    Même pas ce minimum qui m’aurait fait encaisser de bosser gratos pour le mensuel. Alors, cette goutte a fait déborder le vase.

    « L’info à trois voix » est un jeu de dupes. Nous sommes tous égaux certes, mais certains sont moins égaux que d’autres : les simples riverains.

    La gratuité du net est un leurre : il y a toujours, quelque part, au moins quelqu’un qui donne et quelqu’un qui encaisse.

    A part ça, personne n’est indispensable ! Donc, byebye, je ne reviendrai même pas lire les réactions à ce message. Salut aux personnes que j’ai trouvé sympas dans l’échange pour deux raisons (et qui se reconnaîtront) :

    - Elle pouvaient contredire sans mépriser ni insulter.

    - Elles étaient franches du collier.

    PMB

    PS Pour ceux qui ne s’en étaient pas rendu compte : j’étais aussi Pépé la Jactance (trois articles) et LTA (un article). J’ai écrit au total neuf articles pour la Rue, mais il n’y en aura pas dix.

    • Claire_Zoom
      Claire_Zoom répond à A déménagé le 8-10
      Citoyenne critique
      • Posté à 19h17 le 05/10/2010
      • Internaute 52943
        Citoyenne critique

      Vous ne pouvez pas extrapoler de votre expérience personnelle ce qui se passe dans une GPA. Je vous conseille vivement la lecture de « Birthing a mother », le dernier livre de l’anthropologue Elly Teman qui a suivi des gestatrices et des femmes infertiles en Israël.

      Elle met en évidence qu’il existe une relation intime voir fusionnelle entre la femme infertile et la femme qui porte son enfant. Cette dernière échange des émotions avec le foetus qu’elle porte sans pour autant se projeter en tant que mère. Elle fait le lien avec cette femme infertile qui partage psychiquement sa grossesse. Sur le plan clinique, on constate très souvent que la femme infertile prend également du poids. A la naisance, la femme infertile allaite l’enfant, et cela plupart du temps sans même avoir besoin de médicaments pour le déclencher. L’enfant qui nait d’une GPA ne se voit pas privé de sa vie intra-utérine, il vit seulement une vie intra-utérine avec deux femmes. Et de fait, dans toutes les études sur ces enfants, dont certains sont devenus adultes maintenant, aucune ne fait ressortir que cette façon extraordinaire de venir au monde ait des conséquences sur leur bien-être psychosocial.

    • McRasta
      McRasta répond à A déménagé le 8-10
      Humain
      • Posté à 19h27 le 05/10/2010
      • Internaute 71884
        Humain

      Je me permet de répondre sans crainte de te flatter, puisque tu ne lira pas ceci :)

      Merci pour tes articles, commentaires, et de nous avoir révélé tes autres pseudos, ta gloire ainsi se recoupe !

      En espérant que ton dixième article (malgré lui) puisse faire prendre compte à la rédaction de tes revendications, non à ton bénéfice, maintenant qu’il est trop tard, mais pour les courageux qui reprendront ta place.

      Combien de bénévoles se sont retrouvés ainsi malmenés pour toute récompense de leur implication.

    • Alain Pacifique
      Alain Pacifique répond à A déménagé le 8-10
      enfin!! ça marche !
      • Posté à 00h20 le 06/10/2010
      • Internaute 24637
        enfin!! ça marche !

      merde , ça se barre en couille ( stérile) la Rue. je n’avais pas fait le lien entre vos différents pseudos, mais j’aimais bien vous lire.

      A+ ! le net est petit ! !

  • RSA2012
    RSA2012
    Au service de la performance
    • Posté à 17h34 le 05/10/2010
    • Internaute 82754
      Au service de la performance

    Ici Super Foetus

    Ma future mère porteuse étant catholique, je refuse de manger Hallal ou cacher !

    De plus comme je vais être élevé dans un milieu sociologiquement élevé merci de ne pas me compromettre avec des buveurs de vin rouge et admirateurs de télé-réality ?

    D’après les médecins pour développer mon intelligence, j’ai besoin de musique classique et qu’on me lise de beaux textes littéraires.

    Vous veillerez à ce que la femme qui se portera volontaire connaissent les B.Aba de l’alimentation et d’une vie saine.

    De plus, il serait préférable que son acte soit gratuit ou pris en charge par la sécurité sociale pour ne pas amputer mon budget étude que mes parents ont pensé à épargner.

    Merci de votre attention !

  • A déménagé le 19 avril
    • Posté à 17h36 le 05/10/2010
    • Internaute 24605

    Je comprends votre raisonnement mais ce qui m’échappe c’est pourquoi c’est accepté si c’est un homme...
    Le don de sperme est aussi une forme de technicisation et de commercialisation du corps humain.

    Personnellement je me vois mal faire un don et ne pas savoir ce que devienne mes enfants. Le seul cas où je pourrais l’envisager serait avec des gens que je connais et en difficulté de procréation, et avec qui je sais que je pourrais avoir une continuité de relation avec notre progéniture partagée.

    A l’opposé, ça me met mal à l’aise que ce soit purement anonyme et que l’enfant à naître soit coupé de ses origines et de son droit de savoir. C’est brutal et injuste. Donner la vie est tout sauf anodin ; ça engage une responsabilité à cause d’une transmission implicite et ineffaçable. Je ne vois pas comment on peut s’en dégager.

    Quel parallèle faite vous avec la situation des mères porteuses ?

    A la limite, si l’ovule n’est pas de la mère porteuse, ça me parait moins problématique que dans le cas des dons de sperme ou d’ovule (pas ou peu de transmission).

    • Grandjprar
      • Posté à 20h08 le 05/10/2010
      • Internaute 126337

      Le don de sperme est gratuit, il n’y a pas d’aspect commercial !

      Je pense que les donneurs de sperme (qui sont obligatoirement pères) ne voient pas leur don comme leur progéniture potentielle. Ils pensent sûrement que la filiation consiste essentiellement en élever et aimer son enfant, et que tout le côté biologique n’a pas vraiment de valeur finalement.
      A partir de là, donner son sperme c’est juste donner des cellules viables, et non pas une extension de soi, qui permettront à d’autres d’être heureux.
      C’est sur, c’est une désacralisation de la filiation biologique.

      Sinon l’ovule ne provient pas de la mère porteuse, c’est une insémination d’un embryon obtenu en laboratoire, après sélection de gamètes viables chez le couple qui a des difficultés à procréer.

      • Claire_Zoom
        Claire_Zoom répond à Grandjprar
        Citoyenne critique
        • Posté à 08h50 le 06/10/2010
        • Internaute 52943
          Citoyenne critique

        Le don de sperme est défrayé tout comme la gestation pour autrui dans la proposition de loi des sénateurs qui a pour but de légaliser la GPA. Donc on ne peut dire qu’une de ses pratiques serait plus commerciale que l’autre.

         
        • Grandjprar
          Grandjprar répond à Claire_Zoom
          • Posté à 00h56 le 07/10/2010
          • Internaute 126337

          Je n’avais pas très bien compris votre message.
          Le don de sperme est actuellement gratuit, et il pourrait bien devenir rémunéré dans la prochaine loi de bioéthique.

          Personnellement je n’aime pas du tout cette idée, franchement que pourrait défrayer a part les frais de transport ? Une masturbation ça n’a rien de pénible ni de contraignant, le don du sang n’est pas compensé financièrement et pourtant il faut bien avouer c’est moins agréable.

          Par contre je conçois totalement qu’une grossesse a bien des inconvénients et devrait donner lieu à une compensation financière (et pas à une rémunération, ce qui est bien différent).

          Effectivement, je pense que la marchandisation du corps doit être évitée à tout prix. Il faut peser le pour et le contre entre le bien que ça peut apporter à la société et le mal en terme d’éthique . Il n’y a pas de tabou mais il faut être raisonné, et je pense que l’expérimentation médicale réglementée comme elle l’est actuellement est cohérente avec ce compromis. Je pense qu’on ne peut pas se référer à cet exemple pour la GPA sans questionner cette dualité.

          Personnellement, je suis pour la GPA, mais le côté pécuniaire me pose franchement problème.

          • Claire_Zoom
            Claire_Zoom répond à Grandjprar
            Citoyenne critique
            • Posté à 08h42 le 07/10/2010
            • Internaute 52943
              Citoyenne critique

            Désolé, je crois que je ma phrase n’était pas assez claire. Le don de sperme est ACTUELLEMENT défrayé, et la proposition de loi sur la GPA prévoit également une compensation des frais liés à la grossesse. Je suis totalement d’accord avec toi, la GPA doit s’inscrire dans le cadre global de la biomédecine qui est bien encadré par la convention européenne d’Oviedo : autonomie, bienfaisance, consentement libre et éclairé, absence de profit. Donc, pas de rémunération.

            Je pense que la situation actuelle de prohibition en France alimente la marchandisation puisqu’elle pousse les couples à la clandestinité en France, source de dérives, ou vers d’autres pays qui ne sont pas tous dotés de régulations éthiques des pratiques. Légaliser la GPA en France dans un cadre altruiste fera ainsi reculer la marchandisation.

        2 autres commentaires
      • A déménagé le 19 avril
        • Posté à 10h24 le 06/10/2010
        • Internaute 24605

        OK c’est gratuit (en France en tout cas) ; mais ça n’empêche pas la « commercialisation » au sens où on se clive de soi. La preuve, vous dite : « le côté biologique n’a pas vraiment de valeur finalement ».

        Je suis désolé mais le biologique est aussi une transmission même si la relation verbale et affective est prépondérante chez l’être humain. Ce n’est pas pour rien que les enfants nés « anonymement » peuvent souvent souffrir de ne pas connaitre leurs origines.

        C’est un rêve de dire que le biologique n’a pas de valeur finalement. Certains y croient. Moi je n’y arrive pas. Nous sommes à la fois les enfants de la nature et du langage. On ne peut exclure ni l’un, ni l’autre.

         
        • Grandjprar
          • Posté à 00h26 le 07/10/2010
          • Internaute 126337

          Effectivement c’est difficile à trancher.
          A vrai dire pour moi la filiation est essentiellement sociale, mais je si je me place du point de vue de l’enfant je n’arrive pas non plus à faire totalement abstraction de la dimension biologique.
          Finalement c’est une question de convictions personelles, c’est difficile à discuter.

        1 autres commentaires
  • Claire_Zoom
    Claire_Zoom
    Citoyenne critique
    • Posté à 18h44 le 05/10/2010
    • Internaute 52943
      Citoyenne critique

    Laurence Rossignol qui n’est plus depuis longtemps Secrétaire nationale au droit des femmes mais à l’écologie (merci de modifier l’article) nous dit :

    « Gestation pour autrui ! Bien plus vendeur que les mères porteuses. En langage courant, pour désigner un état qui envahit et transforme le corps des femmes, on dit grossesse. Gestation, c’est nettement mieux. C’est scientifique, désincarné. Ça fait procréation assistée, éprouvettes et blouses blanches. »

    Un peu de précisions. Les termes de gestation pour autrui et de procréation pour autrui sont apparus dans l’élaboration des lois de bioéthiques de 1994 qui ont officialisé la prohibition de ces deux pratiques de mères porteuses. Y voir une volonté d’utilisé un terme vendeur est donc tout particulièrement absurde.

    Cela dénote surtout d’une profonde méconnaissance du sujet. En effet la procréation pour autrui (les mères porteuses qui se font inséminer avec le sperme du conjoint de la femme infertile) est différente de la gestation pour autrui. Pour cette dernière, la femme qui porte l’enfant d’autrui n’a pas contribué corporellement ni au matériel génétique (les ovules proviennent de la femme infertile), ni à la conception de l’embryon (la rencontre des spermato et des ovules se fait en labo). D’un point de vue psychologique et symbolique, c’est une différence énorme, à commencer par la perception de son propre entourage (conjoint, enfants) en fait.

    Helena Ragone, anthropologue, nous dit qu’elle a trouvé une différence énorme entre les deux pratiques. Dans le cas de la gestation pour autrui, elle n’a jamais rencontré le sentiment d’ambiguité sur la place de chacun qu’elle avait constaté dans certains cas de la procréation pour autrui.

    Dans les pays qui ont légalisé et encadré la GPA, la procréation pour autrui est interdite ou renvoyé au régime légal de l’adoption. Cette différence entre ce deux pratiques de mères porteuses est reconnue en France : la proposition de loi déposée par 70 sénateurs propose de légaliser la GPA et de maintenir la prohibition de la procréation pour autrui.

    Madame Rossignol, il est regrettable que vous traitiez avec si peu de sérieux ces questions, vous contentant d’agiter des peurs et de surfer sur des clichés, même si certains viennent de sources obscurantistes.

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 19h04 le 05/10/2010
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Et si le problème fondamental qui se pose ici était que des femmes seraient dans une telle condition de misère qu’elle seraient contraintes de louer leur corps ?
    Ça existe depuis la nuit des temps, s’exprimant de diverses manières ; et ça ne concerne pas seulement les femmes quand on peut suggérer que les hommes aussi sont souvent amenés à se défaire de leur dignité d’être humain, à « vendre leur âme » et faire don de leur corps pour défendre des « valeurs » qui ne sont pas nécessairement les leurs mais qu’on les a conditionnés à admettre comme « altruistes » et « socialement nécessaires ».
    Naïf au point d’être utopiste, je me serais attendu à ce que les « intellectuels socialistes » mettent toute leur énergie (et pourquoi pas leurs moyens financiers ?) afin de combattre la misère afin d’épargner à certaines femmes de n’avoir pour recours que de louer leurs entrailles pour apporter la vie...
    De même, je me serais attendu à ce que ces « intellectuels socialistes » (dont certains étaient proches des gouvernements de cette étiquette, il y a quelques années) mettent toute leur énergie à gérer les conflits de façon diplomatique (et néanmoins pacifique) pour ne pas imposer à des êtres humains de louer leurs entrailles pour apporter la mort...
    Non, cette question de la GPA n’est pas une confrontation entre modernes et archaïques... mais une confrontation des archaïsmes entre eux.
    La civilisation, ce sera le jour où il n’y aura plus ni misère, ni guerres ; et c’est un concept qui échappe totalement à la capacité de réflexion de nos chers intellectuels.

  • A déménagé le 23-6
    • Posté à 20h05 le 05/10/2010
    • Internaute 85924

    Je n’ai jamais compris quel intérêt il pouvait y avoir, pour les parents, à payer une mère porteuse plutôt qu’à adopter un enfant ?

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à A déménagé le 23-6
      In enculo cum vibro
      • Posté à 23h57 le 05/10/2010
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Çà permet au monsieur de transmettre ses gènes, sans mettre sa bistouquette à un endroit que la morale réprouve...

      C’est pour protéger l’honneur de monsieur en même temps que celui de madame...

    • Claire_Zoom
      Claire_Zoom répond à A déménagé le 23-6
      Citoyenne critique
      • Posté à 09h00 le 06/10/2010
      • Internaute 52943
        Citoyenne critique

      Tout simplement parce qu’il y a très peu d’enfants à adopter : 800 adoptions en France et 3000 adoptions à l’étranger pour 12 000 demandes par an ! Et que l’on ne vienne pas me dire le baratin dégoulinant de prétendue compassion : « il y a plein d’orphelins à adopter mais ce sont les vilaines procédures françaises qui empêchent cela ». La réalité est tout autre : la France est le deuxième importateur d’enfants adoptables au monde parce qu’elle ne respecte pas les conventions internationales sur l’adoption, ce qui lui a valu les réprimandes de l’ONU. Les chiffres de l’adoption sont en chute parce que la contraception progresse et que de plus en plus de pays dit pauvres ou émergents découvrent que l’infertilité touche aussi leurs ressortissants, et qu’il est injuste que les enfants adoptables leur passent sous le nez au profit de riches étrangers. En conséquence, ils sont de plus en plus nombreux à réserver l’adoption à leurs nationaux.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 23h51 le 05/10/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Je n’ai rien contre la GPA même rémunérée, à condition de ne pas porter plus de trois enfants (en tous cas avec un vrai suivi médical, pas comme la médecine du travail actuel).

    Mais çà me dérangerais que tout ce bidouillage soit remboursé par la Sécu. Les adoptants doivent assumer leur choix.

    Parce que c’est le choix de ne pas adopter un des nombreux orphelins que notre système fabrique sur toute la planète.

    Mme la catho de gauche aurait dû faciliter l’adoption pendant que son parti était au pouvoir. Elle aurait même dû interdire les fiv qui coutent une fortune à la Sécu pendant que les orphelins coutent une fortune à la Ddass.

    Parce que son parti, il ne reverra jamais le pouvoir...

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à Autist Reading -
      Testeur de temps libre
      • Posté à 18h04 le 06/10/2010
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Rassure-nous, @Autist : 3 enfants à la fois... ou au total ?
      Il est bien évident que ton oukase de « 3 enfants » est parfaitement motivé, aussi bien du point de vue « philosophique » que pour ces préoccupations médicales que tu maîtrises parfaitement (c’est vrai que c’est un problème de « plomberie »), n’est-ce pas ?

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à Boutauvent
        In enculo cum vibro
        • Posté à 09h06 le 07/10/2010
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Le métier de reproductrice me dérange philosophiquement, parce qu’il ramène la femme à la vision qu’en ont les intégristes chrétiens, musulmans et juifs.

        Et vu la gueule de la médecine du travail, je pense qu’autoriser les femmes à se faire porteuse de douze mômes dans leur « carrière », serait une prise de risque inconsidérée.

        Et puis, trois portages, çà laisse aux porteuses un peu de temps libre.

        Elles pourront mieux se faire tester par le gros bout au vent...

         
        • Boutauvent
          Boutauvent répond à Autist Reading -
          Testeur de temps libre
          • Posté à 09h35 le 07/10/2010
          • Internaute 45018
            Testeur de temps libre

          Moi, ce qui me dérange « philosophiquement », ce sont ces « braves gens » qui savent si bien « ce qui est bon pour les autres » et décident (légifèrent) en leur lieu et place comment ils doivent mener leur propre vie.
          Les « intégrismes » et autres « obscurantismes » ne sont pas seulement là où on aimerait bien qu’ils soient.
          A toutes fins utiles, j’invite à (re)lire la fable « L’ours et le jardinier » de Jean de La Fontaine...
          Pour ce qui concerne cette soudaine et opportune attention portée aux femmes, je doute qu’on en voie autant, un jour (avec ou sans médecine du travail), déformées par ces grossesses « commerciales » que rouées de coups et estropiées par leur conjoint.
          L’action concrète est peut être plus urgente que cette « masturbation pseudo-intellectuelle »...

          • Autist Reading -
            Autist Reading - répond à Boutauvent
            In enculo cum vibro
            • Posté à 09h52 le 07/10/2010
            • Internaute 73535
              In enculo cum vibro

            Les conjoints estropieurs sont condamnés par la loi.

            Mais je comprends bien que le législateur, qui met des limites à ce que chacun a le droit de faire, vous pose problème, cher amateur du libéralisme total.

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