Entretien 23/09/2010 à 18h07

Paillé (UMP) : « Le chef de l'Etat est un mec qui en a ! »



Quelques heures avant les manifestations de ce jeudi contre la réforme des retraites, Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, et Jean-Louis Malys, chargé du dossier à la CFDT, se sont affrontés durant La Matinale du Mouv, dont Rue89 est partenaire. Au menu notamment, les dessous des négociations, côté syndicats et côté chef de l'Etat.

Le chef de l'Etat et non pas le gouvernement, tant il est transparent, aux dires du représentant de la CFDT :

« Les ministres sont chargés de nous entendre, sans doute de proposer au président de la République, mais ils ne décident de rien. »

Interpellé le porte-voix de l'UMP ? Nullement. Il le confirme même très clairement :

« Je suis obligé, sans langue de bois, de dire : oui, tout se décide à l'Elysée. [...] Les arbitrages, qui naguère étaient rendus à Matignon, sont aujourd'hui rendus à l'Elysée. » (Ecouter le son, Malys puis Paillé)

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« Notre démocratie a été ordonnée ainsi »

Et si jamais on avait encore une hésitation, Dominique Paillé se montre plu cru encore : « Y'a un chef de l'Etat, qui est un mec qui en a ! » Avant de -faussement- préciser : « Moi, je dis : il en a du courage... » (Ecouter le son)

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Pour le porte-parole de l'UMP, cette omniprésidence ne vient pas de la personnalité de Nicolas Sarkozy mais découle de la réforme du quinquennat, qui place la présidentielle juste avant les législatives. N'est-ce toutefois pas dangereux qu'un seul homme tranche ?

« Si le système vous fait peur, il faut en demander la modification. Mais notre démocratie a été ordonnée ainsi qu'elle fonctionne aujourd'hui, à la suite de modifications constitutionnelles. » (Ecouter le son)

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« On a fait une réforme au pas de charge »

Si le gouvernement ne pèse pas, ne pas attendre non plus que les manifestations aient un quelconque poids. Dominique Paillé consent tout juste à considérer qu'elles sont « légitimes » :

« Sur une réforme de cette nature, il est légitime que des gens utilisent toutes les voix d'expression possibles dès lors qu'elles restent dans un ordre républicain acceptable. »

Au grand désespoir évidemment de Jean-Louis Malys, qui a toutes les difficultés à cacher son scepticisme sur les chances de voir les revendications syndicales aboutir :

« Ce n'est pas normal de considérer que, quand il y a une réforme, il faut forcément des manifestations. Peut-être qu'il faudrait imaginer qu'on discute d'abord et qu'on cherche, sur un sujet aussi sensible, un vrai débat démocratique. [...] Là, on a fait une réforme au pas de charge. » (Ecouter le son, Paillé puis Malys)

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En partenariat avec La Matinale du Mouv :


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  • Dessine-moi un mouton
    • Posté à 18h13 le 23/09/2010

    Ainsi, comme nous l'affirme Paillé, nous sommes seulement gouvernés par une paire de couilles.
    Et pour la bombe nucléaire, il va appuyer sur le bouton rouge avec la gauche ou la droite ?

  • Deborah
    • Posté à 18h24 le 23/09/2010

    Ce que j'aime dans ce gouvernement, c'est le raffinement du président qui fait école chez ses camarades....
    On se croirait dans un rassemblement de charretiers.
    Et je ne dirai rien de leur politique....

  • moravagine
    moravagine répond à Grognard des temps modernes
    Observateur désabusé
    • Posté à 19h45 le 23/09/2010
    • Internaute
      Observateur désabusé

    Excusez-moi de squizzer votre commentaire mais je voulais juste livrer une information intéressante.

    Demain, celui « qui en a » se rend sur le plateau de Saclay à l'école supérieure d'Optique. On aurait pu penser qu'au milieu de futurs ingénieurs de haut niveau, notre président aux organes sur-dimensionnés aurait été à son aise !

    Détrompez-vous, l'ensemble des élèves des trois années de Sup'Optique ont été conviés à déplacer leurs cours à l'Ecole Polytechnique.

    Notre omni-président recevra quatre élèves ingénieurs triés sur le volet...

    Voilà la réalité du président qui soit disant en a. Incapable de faire un bain de foule même dans un milieu comme celui-ci, c'est dire sa popularité ! et surtout son courage !

  • Pi.K
    Pi.K
    Vilain Parisien
    • Posté à 19h55 le 23/09/2010
    • Internaute
      Vilain Parisien

    Un système politique dans lequel le chef d'État se prend pour le chef du gouvernement n'est qu'à moitié démocratique. Il n'appartient pas au Président, représentant de l'État français, de se comporter comme le chef du gouvernement. La réforme du quinquennat était une aberration, car elle accentue les défauts inhérents à la Ve République et accroit la confusion entre État et gouvernement. Il est temps de réduire la place du Président de la République et de donner plus de latitude au gouvernement (les ministres) et aux chambres (Assemblée Nationale et Sénat), plutôt que d'en faire des courroies de transmission de la volonté du Prince.