Tribune 23/09/2010 à 10h29

Huit idées fausses sur la délinquance et la violence

Laurent Bègue | Professeur de psychologie sociale


Laurent Bègue est professeur en psychologie sociale à l’université de Grenoble. Il publie ce mois de septembre « L’Agression humaine » chez Dunod. Pour Rue89, il revient sur huit idées reçues qui vont bon train sur la violence.

1Le monde est de plus en plus violent

Au cours des deux derniers millénaires, la mortalité par homicide a été divisée par des chiffres qui vont de 10 à 100 dans le monde occidental.

Selon le criminologue Manuel Eisner, leur fréquence était d’environ 40 pour 100 000 au XVe siècle dans les grandes villes européennes. Ce taux a drastiquement chuté à 11 pour 100 000 au siècle suivant, et à 3,2 pour 100 000 au XVIIe siècle. Au XXe siècle, il était de 2 pour 100 000. Il s’élève désormais à 1,1 pour 100 000 dans notre pays.

Le monde moderne serait donc moins violent selon cet important critère. Les armes contemporaines s’avèrent incontestablement plus destructrices, mais selon les estimations de l’anthropologue de Stanford Lawrence Keeley, la proportion de morts par guerre était beaucoup plus élevée dans le passé.

2

La vidéosurveillance permet de faire diminuer la délinquance contre les personnes

L’idée d’un contrôle total ou « panoptique », à laquelle Michel Foucault a consacré de nombreuses pages dans « Surveiller et punir », est aujourd’hui amplement investie par les techniciens de la prévention situationnelle de la délinquance, qui estiment que « la visibilité est un élément central de la prévention ».

Plusieurs synthèses générales de la littérature scientifique internationale indiquent cependant que les caméras n’ont aucun impact sur les violences physiques et que leur effet sur les vols est faible et essentiellement limité aux effractions et vols dans certains parkings à risque.

3

Les femmes sont moins agressives que les hommes

Les hommes donnent plus volontiers des coups de poing, secouent, frappent avec un objet et s’engagent dans une bagarre. Mais les femmes se montrent quant à elles plus enclines à pincer, griffer, ou donner des coups de pied.

Les filles emploient plus souvent l’agression relationnelle, blessant les autres en propageant des rumeurs, ébruitant des mensonges ou exerçant le rejet social.

Concernant les agressions entre partenaires, une monumentale synthèse de la littérature a indiqué que les femmes étaient légèrement plus enclines que les hommes à agresser physiquement leur conjoint. Lorsque les agressions féminines sont graves, une arme est souvent employée (dans 86% des cas contre 26% quand c’est l’homme qui agresse une femme).

Toutefois, les blessures graves ou mortelles sont plus fréquemment commises par des hommes, ce qui peut s’expliquer en partie par les différences de force physique : les hommes ont en moyenne 35 kilos de muscles (contre 23 kilos pour les femmes) et leurs muscles sont jusqu’à 40% plus forts biochimiquement, kilo par kilo.

4

Les conduites d’agression augmentent à l’adolescence

L’observation systématique des interactions entre enfants en crèche et à l’école, ainsi que plusieurs enquêtes épidémiologiques démontrent qu’à l’exception d’un faible pourcentage d’enfants pour lesquels l’agression semble très stable, la majorité est de moins en moins encline à recourir à des conduites agressives entre la petite enfance et l’adolescence.

Cette observation n’est pas limitée aux environnements sociaux les moins difficiles. Selon une vaste étude, la grande majorité des garçons des quartiers les plus pauvres du Canada avaient de moins en moins souvent recours à l’agression physique entre 6 et 15 ans.

5

Les adolescents ayant une activité professionnelle sont moins délinquants que les autres

Les adolescents ayant un emploi rémunéré ne sont généralement pas moins mais légèrement plus délinquants que les autres.

Selon les recherches de Marc Leblanc, professeur de criminologie à l’université de Montréal, ce phénomène s’explique par le fait que l’activité professionnelle précoce, souvent précaire et peu gratifiante, peut soustraire à l’influence parentale structurante, exposer à des pairs susceptibles d’initier des actes délinquants et donner des moyens d’échapper à la surveillance des proches grâce à l’accès à de nouveaux moyens de locomotion, par exemple.

6

L’amour de soi rend moins violent

Selon un stéréotype bien ancré, la violence serait la regrettable conséquence d’un « moi » qui s’autodéprécie. Les enquêtes menées auprès d’individus ou de groupes violents, incarcérés ou non, démontrent au contraire que ceux-ci se caractérisent plutôt par un moi surdimensionné.

On considère que les personnes qui sont fortement d’accord avec des affirmations comme « j’aimerais que quelqu’un écrive un jour ma biographie », ou « si je dirigeais le monde, il serait un meilleur endroit pour vivre » ont une tendance narcissique, c’est-à-dire une admiration aveugle de leur propre personne.

Lorsque ces individus sont rejetés, reçoivent une mauvaise évaluation ou sont provoqués, ils se montrent beaucoup plus agressifs que les autres.

7

Les films violents permettent de se libérer de l’agression

Visionner régulièrement des films violents à 14 et 21 ans augmente les conduites agressives de l’adulte, indépendamment du QI, de la classe sociale, des pratiques éducatives parentales ou du niveau de tendances agressives.

Plusieurs synthèses de la littérature impliquant plus de 100 000 participants cumulés confirment ces résultats. Non seulement on n’observe pas le fameux phénomène de catharsis, mais la violence visionnée augmente la violence réelle.

Par ailleurs, donner foi à l’idée de catharsis suffit à rendre plus agressif. Lorsque l’on amène ainsi des personnes à croire que leur humeur irritée (suite à une provocation en laboratoire) ne changerait pas quoi qu’ils fassent dans l’heure à venir (à cause des effets secondaires de « gel de l’humeur » induits par une pilule de « bramitol » (un faux médicament) qu’ils avaient avalée et qui était censée augmenter leur temps de réaction à une tâche de psychologie cognitive), la colère produite par une provocation ne conduit pas à une agression.

8

L’effet de l’alcool sur le cerveau produit des actes violents

L’ivresse n’est ni une cause nécessaire ni suffisante des conduites agressives. Avoir été alcoolisés, les gens sont plus agressifs mais aussi plus altruistes ou plus amicaux. Tout dépend de ce sur quoi se porte l’attention de la personne ébrieuse : c’est l’effet de « myopie alcoolique ».

L’un des mécanismes explicatifs concerne l’interprétation des conduites d’autrui : des hommes alcoolisés en laboratoire (1 gramme d’alcool par litre de sang, soit l’équivalent de cinq à six demis de bière) sont plus enclins à penser qu’une action ambigüe est intentionnelle.

Nos travaux indiquent également que les effets de l’alcool s’observent même sans molécule d’alcool : des personnes qui consomment un cocktail ayant un goût d’alcool (placebo) et se croient alcoolisées sont plus agressives après une provocation.

Enfin, le simple fait de présenter à des individus quelques millisecondes des mots liés à l’alcool stimule l’agression sans qu’ils n’aient bu une seule goutte d’alcool.

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  • a déménagé le 29 septembre
    • Posté à 10h40 le 23/09/2010
    • Internaute 126368

    je me retrouve parfaitement dans le point 6
    d’ailleurs je déprime en c’moment

  • solènejazz
    • Posté à 10h42 le 23/09/2010
    • Internaute 89346

    intéressant
    par contre rien sur les liens entre pauvreté et violence ? ?

    et puis ce constat entraîne une autre question : qui a intérêt à montrer justement le contraire ?

    * l’UMP qui a besoin de justifie son tournant sécuritaire mais c’est le FN qui va tirer les marrons du feu

    * les sociétés qui commercialisent des produits « sécurisants » (caméras...)

    *et parfois l’union des deux quand on pense à la loi UMP qui veut obliger les municipalités à installer des caméras financées par le contribuable qui n’en veut (parfois) pas

    • Gethro
      Gethro répond à solènejazz
      Technicien helpdesk
      • Posté à 11h32 le 23/09/2010
      • Internaute 101455
        Technicien helpdesk

      Sur la pauvreté en elle-même, c’est malheureusement pareil : une idée reçue que la pauvreté conduit à être plus violent/plus délinquant (y’a de la délinquance non violente aussi). Exemple tout bête : les violences conjugales se retrouvent dans tous les milieux socio-professionnels, à tous les niveaux de vie. L’image d’Epinal du chômeur dépressif est donc partial. Quant au reste, la vraie pauvreté, celle des gens qui ont du mal à se chauffer l’hiver ou à manger, on la retrouve plus volontiers en milieu rural, sans que les villages de France soient à feu et à sang. Par contre, il me semble exister une corrélation plus convaincante entre la densité de population + pauvreté et la délinquance selon les secteurs.

      Pour « l’intérêt », il s’agit bien évidemment d’alimenter les dogmes de chaque parti. La droite va appuyer sur la nature immigratoire de la délinquance alors que la gauche va insister sur le degré de pauvreté. Au moins, ils ont tous tort : c’est avant tout un problème d’urbanisme dont les responsabilités sont partagés.

      • Molly Hatchet
        Molly Hatchet répond à Gethro
        d'an emgann ! d'an emgann !
        • Posté à 12h12 le 23/09/2010
        • Internaute 125979
          d'an emgann ! d'an emgann !

        « Les adolescents ayant un emploi rémunéré ne sont généralement pas moins mais légèrement plus délinquants que les autres. »

        Ca c’est l’excuse du chômage qui tombe à l’eau

        « Lorsque ces individus sont rejetés, reçoivent une mauvaise évaluation ou sont provoqués, ils se montrent beaucoup plus agressifs que les autres. »

        Tiens ce serait un problème d’éducation, quelle surprise pour certains ...

        Les excuses habituelles du chômage en prenne un coup.
        L’excuse bidon de la société qui serait responsable du comportement des racailles s’effondre. Il faut donc se tourner vers ceux qui les ont éduqués, c’est à dire leurs parents.

         
        • emiboot
          emiboot répond à Molly Hatchet
          Mammifère
          • Posté à 12h30 le 23/09/2010
          • Internaute 81944
            Mammifère

          « Tiens ce serait un problème d’éducation, quelle surprise pour certains ... »
          Moi j’ai lu : problème d’égo, pas d’éducation.

          « L’excuse bidon de la société qui serait responsable du comportement des racailles s’effondre. Il faut donc se tourner vers ceux qui les ont éduqués, c’est à dire leurs parents. »
          Avons nous lu le même article ? Certains lieux communs s’effondrent, certes, il reste quand même qu’on ne grandit pas UNIQUEMENT dans sa famille, mais aussi devant sa tv, à l’école, dans son quartier... Nier l’implication de la société, c’est croire qu’il existe un genre de bulle étanche personnel qui se met en route quand on sort de chez soi ? Faut pas rêver non plus.
          Que l’exemple familial, les valeurs soient importantes, ok, et évidement. Mais qu’elles soient seules responsable, pfff. Analyse par trop rapide.

        • pablico
          pablico répond à Molly Hatchet
          Co-NOBEL de la Paix
          • Posté à 13h06 le 23/09/2010
          • Internaute 14278
            Co-NOBEL de la Paix

          quand on est en mode « survie », ou l’on se sent en ’mode survie’, on ne suit pas toujours les lois de la société, même en étant bien éduqué..

          on est dans un autre monde avec d’autres valeurs.. les instincts ancestraux.

          mode survie <= pauvreté, rejet, inégalité trop flagrante, peur de manquer ou manque, analyse et perspective du ’futur immédiat matériel’ déplorable..

          • orangevox-
            orangevox- répond à pablico
            Licencieuse
            • Posté à 00h51 le 24/09/2010
            • Internaute 114473
              Licencieuse

            La violence est bien plus utile que la résignation de la pantomime pacifiste. Les riverains serait donc bien nourris pour ne pas mordre, le collier bien supporté, on peut raccourcir encore leur laisse ...

            • pablico
              pablico répond à orangevox-
              Co-NOBEL de la Paix
              • Posté à 11h30 le 24/09/2010
              • Internaute 14278
                Co-NOBEL de la Paix

              avez vous entendu parler, ou vu les colliers de dressage ? ?

              cela fait réfléchir..

        5 autres commentaires
      • solènejazz
        solènejazz répond à Gethro
        • Posté à 12h31 le 23/09/2010
        • Internaute 89346

        Votre reflexion est intéressante mais je pense qu’il ne faut pas tomber dans le piège ville = délinquance (vous n’y tombez pas).

        Les villes ne sont pas des lieux de délinquance et si, bien sûr, le nombre de délits y est plus important, c’est parce qu’elles concentrent plus d’habitants (de la même façon il y a plus d’accidents sur une nationale que sur un chemin de campagne).

        Le problème des villes est plus un problème d’urbanisme, de ghettoïsation et d’accessibilité des « quartiers » aux espaces centraux

        ET puis dans les campagnes la violence lié à la pauvreté existe mais elle est en grande partie cachée ou « elle casse tout » comme quand les agriculteurs mécontents détruisent les bâtiments publics (un peu comme les « humeurs » dans l’ancien régime)

        Personnellement je pense qu’il y a un lien entre pauvreté et délinquance

    • Blue_tail_fly
      Blue_tail_fly répond à solènejazz
      Dans l'Air du Taon
      • Posté à 12h13 le 23/09/2010
      • Internaute 123618
        Dans l'Air du Taon

      Bonjour.

      1) Bonne question : y a-t-il plus ou moins de violence dans les pays pauvres ? Entre pauvres et pauvres ? Entre pauvres et riches ? Bonnes questions mais trop difficile à établir.

      2) Attention, l’expression « Tirer les marrons du feu » est souvent employée à contresens. Contrairement à la croyance trop répandue, « Tirer les marrons du feu » signifie se brûler les doigts pour quelque-chose qui va être consommé par quelqu’un d’autre », Ceci tient son origine dans la fable de La Fontaine « Le singe et le chat » où l’un titre les marrons du feu et l’autre les croque. Par rapport au sens de votre remarque, c’est donc l’UMP qui tirerait les marrons du feu et le FN qui les croquerait ensuite !

      Mais je ne crois pas que l’UMP ait intérêt à gonfler le problème de l’insécurité car le FN aurait tôt fait de l’accuser d’en être co-responsable (au moins en partie) avec le PS. Au contraire, ils ont intérêt à la minimiser.

      3) Oui, c’est toujours sain de se demander qui a intérêt. Personnellement, si (je dis bien si ...) l’insécurité augmente pour des causes sociales, je pense qu’installer des caméras sera reculer pour mieux sauter. Cela fera gagner du temps à ceux qui ont intérêt à faire croire que tout va bien, c’est tout.

    • Karavi
      Karavi répond à solènejazz
      obsolescence programmée ((
      • Posté à 12h41 le 23/09/2010
      • Internaute 113192
        obsolescence programmée ((

      « par contre rien sur les liens entre pauvreté et violence ? ? “

      Les deux dernières lignes du 6 sont quand même en rapport .

      Document très intéressant en effet , bien réalisé ; mais qui n’apprend pas grand chose de nouveau .

      • speedy38-
        speedy38- répond à Karavi
        Ingénieur des travaux finis
        • Posté à 20h08 le 23/09/2010
        • Internaute 124689
          Ingénieur des travaux finis

        A chacun ses moyens.
        Les pauvres n’ont que leurs mains.
        Les riches utilisent plutôt une violence économique ou policière. Ils payent souvent les autres pour le faire à leur place.

         
        • Karavi
          Karavi répond à speedy38-
          obsolescence programmée ((
          • Posté à 20h56 le 23/09/2010
          • Internaute 113192
            obsolescence programmée ((

          Très vrai !
          Et les formes d’agressivité ou de violence,chez ceux qui n’ont rien ,ne sont pas plus systématiques ni plus généralisées que chez les riches .

          • speedy38-
            speedy38- répond à Karavi
            Ingénieur des travaux finis
            • Posté à 22h08 le 23/09/2010
            • Internaute 124689
              Ingénieur des travaux finis

            Toutafé.

        2 autres commentaires
    • Hasqaryah al-Hikma
      Hasqaryah al-Hikma répond à solènejazz
      Medium à l'index
      • Posté à 13h10 le 23/09/2010
      • Internaute 108290
        Medium à l'index

      Encore une utilisation erronée de l’expression « tirer les marrons du feu ».

      Rappelons la fable d’origine « le singe et le chat » qui narre comment celui qui se brûle les doigts en tirant les marrons n’est pas celui qui les mange, mais bien le dindon de l’histoire qui se calcine les extrémités digitales en accomplissant une tâche dont les résultats profitent in fine à d’autres, moins hardis mais plus malins.

      L’expression avec laquelle la confusion est la plus commune est « tirer son épingle du jeu ». En l’occurrence, il suffit de dire que l’Ump fait le sale (et aussi inutile que dangereux) boulot et que le Front National en récolte les fruits (pourris et toxiques).

      • solènejazz
        • Posté à 13h14 le 23/09/2010
        • Internaute 89346

        C’est très gentil et vous êtes le deuxième à me faire la remarque mais en utilisant cette expression je voulais dire que l’UMP faisait le boulot (constestable) « en tirant les marrons » alors que le FN allait les manger

        Toute mes excuses ainsi qu’à la Fontaine

         
        • Hasqaryah al-Hikma
          Hasqaryah al-Hikma répond à solènejazz
          Medium à l'index
          • Posté à 12h20 le 24/09/2010
          • Internaute 108290
            Medium à l'index

          Mais il n’y a vraiment pas de quoi ! Tout est clair, maintenant.

        1 autres commentaires
  • Dadourunrun-
    Dadourunrun-
    mange son bao ze
    • Posté à 10h43 le 23/09/2010
    • Internaute 124435
      mange son bao ze

    ’’Selon un stéréotype bien ancré, la violence serait la regrettable conséquence d’un « moi » qui s’autodéprécie. Les enquêtes menées auprès d’individus ou de groupes violents, incarcérés ou non, démontrent au contraire que ceux-ci se caractérisent plutôt par un moi surdimensionné.’’’

    Oh mon dieu ! ca voudrait dire que le mec qui tabasse a coups de poings dans la rue ne serait pas ’’ fragile » et en manque de dialogue ? ? mais meme narcissique et sur de lui ? ?

    Et pourquoi pas mechant tant qu’on y est !

    • Jacques Bolo
      Jacques Bolo répond à Dadourunrun-
      Auteur-Editeur-Libraire
      • Posté à 11h05 le 23/09/2010
      • Internaute 37329
        Auteur-Editeur-Libraire

      Cela veut dire que le raciste qui vote FN est un salaud et pas quelqu’un « en souffrance ».

      • Dadourunrun-
        Dadourunrun- répond à Jacques Bolo
        mange son bao ze
        • Posté à 11h15 le 23/09/2010
        • Internaute 124435
          mange son bao ze

        On peut être raciste et très gentil.

         
        • Jerome_B
          Jerome_B répond à Dadourunrun-
          • Posté à 11h21 le 23/09/2010
          • Expert 81512

          Selon les situations effectivement .... il y avait plein de dirigeants de camps de concentration qui étaient sans doute très gentils en famille et avec leurs amis ....

          Et merde pour le point trucmuche ......

          • Revolver Ocelot
            Revolver Ocelot répond à Jerome_B
            Un mec qui lit W.Faulkner
            • Posté à 12h08 le 23/09/2010
            • Internaute 126141
              Un mec qui lit W.Faulkner

            POINT GODWIN ! ! ! !

            BRAVO BRAVO BRAVO BRAVO BRAVO

            avec les remerciements du Jury.

            • Jerome_B
              • Posté à 12h24 le 23/09/2010
              • Expert 81512

              Il faut dire que la perche qui m’était tendue était trop grande .......

              • Revolver Ocelot
                Revolver Ocelot répond à Jerome_B
                Un mec qui lit W.Faulkner
                • Posté à 13h48 le 23/09/2010
                • Internaute 126141
                  Un mec qui lit W.Faulkner

                Je ne m’avancerais pas à faire de jeux de mots douteux sur cette phrase quoique la tentation soit forte.

        4 autres commentaires
      • zerkalo
        zerkalo répond à Jacques Bolo
        Français
        • Posté à 11h22 le 23/09/2010
        • Internaute 125164
          Français

        On peut voter FN sans être raciste. C’est d’ailleurs le cas la majeure partie du temps. Votre méconnaissance en sociologie politique est sidérante.

         
        • Jacques Bolo
          Jacques Bolo répond à zerkalo
          Auteur-Editeur-Libraire
          • Posté à 11h23 le 23/09/2010
          • Internaute 37329
            Auteur-Editeur-Libraire

          Non !

          • zerkalo
            zerkalo répond à Jacques Bolo
            Français
            • Posté à 11h25 le 23/09/2010
            • Internaute 125164
              Français

            « Non » quoi ?

            • Jacques Bolo
              Jacques Bolo répond à zerkalo
              Auteur-Editeur-Libraire
              • Posté à 11h43 le 23/09/2010
              • Internaute 37329
                Auteur-Editeur-Libraire

              A tout, évidemment !

              • Atlantis
                Atlantis répond à Jacques Bolo
                Etudiant apolitique
                • Posté à 12h41 le 23/09/2010
                • Internaute 39710
                  Etudiant apolitique

                A mon avis, si. Si il y a un fond de racisme chez certains électeurs de lepen, ça peut aussi être un anti élitisme (gauche, droite, c’est pareil), une peur de l’insécurité ( en particulier chez les classes populaires, qui votent pas mal lepen), ou tout simplement un vote de protestation.
                Les partis politiques feraient mieux de comprendre pourquoi certains votent lepen plutôt de leur cracher dessus. En particulier le PS, qui a vu nombre d’électeurs populaires déserter vers l’extrême droite.

                • vieilanarfatigué
                  vieilanarfatigué répond à Atlantis
                  Changer le monde, c'est se (...)
                  • Posté à 16h46 le 23/09/2010
                  • Internaute 125168
                    Changer le monde, c'est se (...)

                  Si je puis me permettre, la remarque fond de racisme est un doux euphémisme chez les électeurs du menhir. Les fachos sont fachos quand ils ne comprennent plus, ne se repèrent (entre autres) pas.Tout ce qui est différent d’eux est jugé comme une agression à laquelle ils répondent par de la peur, de la haine de la violence. Autrement dit, ils manquent d’espace intérieur, de jugement d’ouverture au monde.Pour eux la vie doit être parfaite et lisse et pas compliquée , comme eux ! Rien de plus dangereux que ces gens, car poussés à l’extrême (droite) ils sont capables de se débarrasser de cette gêne que leur cause cette non compréhension de manière violente, aussi violente que toutes leurs frustrations de ne rien comprendre. Obtus, simples et méchants.Les paryis politiques

                  • speedy38-
                    speedy38- répond à vieilanarfatigué
                    Ingénieur des travaux finis
                    • Posté à 20h10 le 23/09/2010
                    • Internaute 124689
                      Ingénieur des travaux finis

                    +1

                  • Atlantis
                    Atlantis répond à vieilanarfatigué
                    Etudiant apolitique
                    • Posté à 22h50 le 23/09/2010
                    • Internaute 39710
                      Etudiant apolitique

                    « Tout ce qui est différent d’eux est jugé comme une agression “
                    On peut dire pareil de tout parti ou organisation politique. Suffit de voire la tolérance que peuvent avoir certaines personnes d’extrême gauche pour le PS, le PS pour la droite et vice versa. Sauf que ça ne concerne pas la couleur de peau, mais les options politiques.

        • Jerome_B
          Jerome_B répond à zerkalo
          • Posté à 12h27 le 23/09/2010
          • Expert 81512

          J’aimerais bien voir vos sources. J’ai jamais rencontré un électeur FN non raciste ... et j’ai même rarement rencontré un électeur UMP qui ne soit pas raciste non plus, alors c’est vous dire ......

          • zerkalo
            zerkalo répond à Jerome_B
            Français
            • Posté à 13h30 le 23/09/2010
            • Internaute 125164
              Français

            Nonna Mayer et Pascal Perrineau entre autres.

            Le terme « raciste » est galvaudé depuis les débuts de l’anti-racisme post-68 en France. On parle même parfois de « fachos ». Or cela n’a absolument rien à voir. Dans l’immense majorité des cas, l’électeur frontiste n’est pas dans une logique de hiérarchisation des races. Il y a de la xénophobie certes, pas du racisme.

            J’avais sur le même sujet écrit ces quelques lignes à un riverain qui faisait les mêmes raccourcis que vous : « Il ne faut pas confondre la droite blanche racialiste directement issue de Maurras, Daudet, Pujo et consorts et les chômeurs (ex-cocos) issus des anciens bassins miniers, les habitants des quartiers sensibles (les vraies victimes de la délinquance) et tous les sans-grades, les laissés pour compte, ceux qui se prennent dans la gueule des wagons entiers de déceptions, d’humiliations et qui, faute de mieux, doivent se trouver des responsables. »

            Le bobo-gauchiste (cela ne s’adresse pas directement à vous entendons-nous bien) est prêt à trouver toutes les excuses du monde aux loubards des banlieues, arguant de la pauvreté, de la ghettoïsation, de la drogue... En revanche, lorsqu’il s’agit de la caricature du franchouillard glissant un bulletin FN dans l’urne, là, plus personne. C’est un con, un facho. Une attitude dogmatique aussi désespérante que lamentable.

            • Jerome_B
              Jerome_B répond à zerkalo
              • Posté à 14h10 le 23/09/2010
              • Expert 81512

              OK, d’accord pour utiliser le terme xénophobe plutôt que raciste. Je suis d’ailleurs au fond d’accord avec vous, j’ai rencontré de vrais racistes, mais seulement parmi les universitaires que je côtoie dans mon travail.

              Les xénophobes que je connais, c’est à dire des gens de ma famille, des collègues de comptoir occasionnel (j’aime bien aller boire une petite mousse après un match de rugby), des collègues du rugby justement, des amis d’amis etc ..... sont effectivement d’un profil sociologique sensiblement différent de mes collègues de travail et je veux bien admettre (je suis sincère) que leur haine farouche des arabes et des noirs n’est pas foncièrement raciste mais un mélange de frustrations et de préjugés.
              Quand on entend : « les bougnoules, c’est tous des fainéants » / « les jaunes y foutent pas la merdre mais faut se méfier parce qu’ils sont hypocrites » / « les noirs, ils sont pas aussi méchants que les bicots, ils sourient tout le temps, mais bon, il faut surveiller sa femme et sa fille quand même quand il y en a un qui approche » / « ces p..ains de bicots, faudrait tous les crever » / « si ma fille sort avec un bougnoule, je la tue » etc .... etc .... : propos entendus cent fois dans les réunions de famille, au bistrot etc .... je veux bien admettre que ce n’est pas du racisme mais bon, la distinction entre préjugés et racisme dans ce cas est quand même ténue .... ceci dit, c’est vrai, je ne crois pas qu’il y est un sentiment de supériorité dans leurs propos et surtout, ils n’en font pas une idéologie mais plutôt un cri de ralliement et de révolte (avec le fameux : « hein que t’es d’accord, on est tous d’accord avec ça hein ? ? ? »), certes.

              D’ailleurs, comment ne pas être d’accord avec vous parce que ma famille, mes amis, au fond, je les aime beaucoup mais quand même, ces propos, à la fin, ça m’énerve et surtout, quoi que je fasse, je sais qu’il est absolument impossible de les raisonner (j’ai d’ailleurs abandonné depuis longtemps) ......... et ce qui m’inquiète, c’est qu’une haine bien nourrie, bien alimentée, même chez des gens adorables à la base, même s’ils ne sont que xénophobes et pas racistes, on sait tous très bien que ça peut mener aux pires atrocités ....

              • Dadourunrun-
                Dadourunrun- répond à Jerome_B
                mange son bao ze
                • Posté à 14h15 le 23/09/2010
                • Internaute 124435
                  mange son bao ze

                sans deconner.... dans ta famille , on dit a table ’’ faut les crever les bicots » ? ? ...

                sympa le diner chez les menegele....

                • Jerome_B
                  Jerome_B répond à Dadourunrun-
                  • Posté à 14h56 le 23/09/2010
                  • Expert 81512

                  Oui, véridique .... mais beaucoup moins depuis que je me suis marié avec une femme d’origine libanaise .... ceci dit, certains se lâchent encore après quelques verres ....
                  Ceci dit, je ne crois pas que ma famille soit un cas à part, la plupart sont plutôt peu éduqués et pas toujours gâtés par la vie mais ça doit bien être le cas dans la plupart des réunions de famille en province, en particulier dans le sud-est de la France, de ce que j’en ai vu et entendu en tous cas ...

                  • vieilanarfatigué
                    vieilanarfatigué répond à Jerome_B
                    Changer le monde, c'est se (...)
                    • Posté à 17h35 le 23/09/2010
                    • Internaute 125168
                      Changer le monde, c'est se (...)

                    Ou , je confirme et dans toutes les classes de la société. A gerber.Ceci étant, des fachos y en a un peu partout , aussi en Alsace.

                • Keldan
                  Keldan répond à Dadourunrun-
                  Now future & karpe diem
                  • Posté à 18h20 le 23/09/2010
                  • Internaute 5164
                    Now future & karpe diem

                  Pour dire ça, t’as jamais diner avec une famille française moyenne...
                  Si c’est pas le grand-père qui fait un flash-back de l’Algérie, c’est le père qui donne son avis sur les problèmes des cités ou le fils qui conjecture sur sa compétitivité face à la main d’œuvre immigrée...

            • Jerome_B
              Jerome_B répond à zerkalo
              • Posté à 14h26 le 23/09/2010
              • Expert 81512

              Autre remarque, vous assimilez la xénophobie à la pauvreté ou à la vie en banlieue et dans des zones de délinquance ..... je veux éventuellement bien vous croire pour ce qui est du vote FN mais pour la xénophobie en elle même, je n’y crois pas une seconde.

              Les pires xénophobes que j’ai pu rencontrer (qui ne sont, cependant, effectivement pas électeurs FN mais plutôt UMP bon teint) l’ont été parmi des artisans, commerçants, indépendants sans soucis d’argent .... souvent en campagne ou dans des petites villes tranquilles .....
              Allez un peu visiter la France, rencontrer l’amicale des pompiers d’un petit village de provence ou des commerçants d’une petite ville de l’Ain, du var ou de la Savoie et vous m’en direz des nouvelles .....

              • zerkalo
                zerkalo répond à Jerome_B
                Français
                • Posté à 15h08 le 23/09/2010
                • Internaute 125164
                  Français

                Votre double-témoignage est intéressant en cela qu’il montre la xénophobie ordinaire.

                La xénophobie, comme beaucoup de choses d’ailleurs, possède une multitude de facettes. Celle des banlieues, celle du type qui vit dans son immeuble depuis trois décennies et qui au fil des années a vu ses conditions de vie se dégrader, sa boite aux lettres défoncée, son ascenseur souillé de pisse, ses toxicos au dernier étage. Ce sentiment de haine, n’importe qui subirait les mêmes conditions de vie, l’aurait. Et là, à juste titre, on chie sur les grands principes bobo-moralisateurs « accueillir l’autre à bras ouverts », « tolérance », « touche pas à mon pote » etc...

                Et puis il y a celle que l’on pourrait hâtivement qualifier « des campagnes ». Celle-ci pourrait se caractériser au premier abord par un non-sens. En effet comment accepter de la xénophobie dans des coins où il n’y a pratiquement pas d’immigration ? Mais en réalité elle est parfaitement identifiable et logique. On craint souvent ce que l’on ne connait pas. En cela, la médiatisation quasi-quotidienne des difficultés des banlieues n’est pas faite pour rassurer le paisible couple de retraités d’Epernay (Marne, coin que je connais bien). La xénophobie c’est aussi la recherche du bouc émissaire. Or vous n’êtes pas sans savoir que certains coins de province (pour ne pas dire énormément) connaissent un déficit d’emplois énorme. « Notre boulot part chez les Chinois et les Arabes ! » Réflexe compréhensible. Ajoutez à la peur antédiluvienne de l’étranger, les ravages du capitalisme et vous comprenez le vote FN.

                • Jerome_B
                  Jerome_B répond à zerkalo
                  • Posté à 15h17 le 23/09/2010
                  • Expert 81512

                  Je suis d’accord avec votre analyse.

                  Je rajouterais aussi de vieux préjugés séculaires qui ont la peau dure (l’arabe voleur et fainéant, le noir violent et prédateur sexuel, l’asiatique fourbe etc ....).

            • Ruz
              Ruz répond à zerkalo
              Illustratrice
              • Posté à 15h40 le 23/09/2010
              • Internaute 118086
                Illustratrice

              Votre définition du raciste ne conviendrait elle pas plutôt au « racialiste » ? Le racialiste cherche véritablement hiérarchiser les prétendues races, pas le raciste d’aujourd’hui.

              Il me semble que le terme de raciste est tellement plus utilisé aujourd’hui pour parler du xénophobe que l’on peut s’accorder sur son sens nouveau : un raciste est bien quelqu’un qui a des préjugés sur une communauté et qui les exprime avec virulence et généralisation.

              Autant vivre avec son temps et suivre les définitions utilisées par la majorité : c’est plus simple pour communiquer avec les gens.
              Qui oserait dire aujourd’hui que « bougnoule » n’est pas une insulte raciste ? (alors que le mot est issu du wolof : « qui est noir » et ne possédait sans doute pas un sens aussi insultant à son origine...)

              • zerkalo
                zerkalo répond à Ruz
                Français
                • Posté à 15h53 le 23/09/2010
                • Internaute 125164
                  Français

                Votre argument est recevable mais je ne le partage pas. Tant que le racisme sera défini dans le dictionnaire comme étant une « théorie selon laquelle certaines races seraient supérieures aux autres », je l’utiliserai comme tel.

                Ce n’est pas parce qu’un terme est galvaudé qu’il faut participer à dénaturer le sens des mots.

                • Jacques Bolo
                  Jacques Bolo répond à zerkalo
                  Auteur-Editeur-Libraire
                  • Posté à 17h25 le 23/09/2010
                  • Internaute 37329
                    Auteur-Editeur-Libraire

                  Outre que le dictionnaire est une entreprise privée, qui ne peut pas servir de norme (excepté aux imbéciles), le racisme est bien ce dont il est question dans les commentaires précédents. Et c’est bien le problème que de passer son temps à enculer les mouches.

                  Et c’est aussi, de fait, une affaire de niveau culturel qui n’est dépassé que par ceux qu’on appelle « bobos » et que méprisent ce qui n’ont pas atteint ce niveau, malgré leur culture formaliste et rationalisante (Maurras aussi était cultivé).

                  « Bobos de tous le pays unissez-vous ! »

                  • zerkalo
                    zerkalo répond à Jacques Bolo
                    Français
                    • Posté à 21h37 le 23/09/2010
                    • Internaute 125164
                      Français

                    Libraire à Chanteloup-les-Vignes sans aucun doute...

          • A déménagé le 2 1 2013
            • Posté à 18h30 le 23/09/2010
            • Internaute 108490

            Je connais aussi pour ma part un grand nombre de sympatisants, voire d’encartés PS racistes, homophobes, obtus ...

          • emiboot
            emiboot répond à Jerome_B
            Mammifère
            • Posté à 18h49 le 23/09/2010
            • Internaute 81944
              Mammifère

            Moi à l’inverse j’en ai croisé quelque zuns au bistrot du village (si, si), qui votaient Le Pan (de leur propres dires), par à coup (ils ne voyaient tout le temps non plus, faut pas déconner), qui se disaient racistes, bien haut et bien fort, sauf que dans les faits, ils ne l’étaient pas vraiment, vu qu’ils aimaient bien le voisin d’origine algérien et que finalement ils compatissaient à l’histoire du réfugié politique africain du village.
            Comme quoi il y en a qui se vantent un peu... ;)

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