Tribune 14/09/2010 à 19h21

Le sud du Kirghizstan au bord de la catastrophe

Louise Arbour | International Crisis Group

Un trou noir est apparu sur la carte d’Asie centrale à l’endroit où se trouvait le Kirghizstan. Un pays, auquel on reconnaissait une certaine forme de démocratie et une relative liberté d’expression, est aujourd’hui en proie à de profonds troubles politiques.

Si la réponse internationale continue à rester aussi timorée, les conséquences risquent d’être catastrophiques non seulement pour cette petite république montagneuse mais, à terme, pour l’ensemble de la région.

Le Kirghizstan vient de vivre en quelques mois une descente vertigineuse vers le chaos politique. Après des années de mauvaise gestion et de corruption, le Président Kourmanbek Bakiev a été démis de ses fonctions et remplacé en avril par un gouvernement provisoire dont l’autorité peine à s’établir sur l’ensemble du territoire.

C’est dans ce contexte de déliquescence de l’Etat qu’une explosion de violence interethnique est survenue en juin dans le sud du Kirghizstan. Les pogroms, dont furent essentiellement victimes les membres de la minorité ouzbek, aboutirent à la mort de centaines de personnes et à la destruction de plus de deux mille bâtiments. Les horreurs commises rendent peu probable tout espoir de réconciliation rapide entre les deux groupes ethniques.

Le poids politique de Myrzakmatov, maire nationaliste d’Osh

Le gouvernement provisoire a perdu tout contrôle sur le sud du pays. Il n’y possède désormais plus aucun moyen de contrôle et se heurte à Melis Myrzakmatov, le jeune maire nationaliste d’Osh, la plus grande ville du sud. Réputé impitoyable et déterminé, celui-ci a acquis durant les événements sanglants de juin, un poids politique et une notoriété d’extrémiste plus importants que jamais.

Il a par la suite infligé deux sérieux camouflets à la Présidente Roza Otunbayeva en refusant de démissionner, comme celle-ci le lui ordonnait. Devant une foule qui l’acclamait, il a affirmé que Bichkek ne possédait plus la moindre forme d’autorité sur le sud du Kirghizstan. Ses gardes du corps ont ensuite repouss, en plein Bichkek, la tentative de l’arrêter lancée par les troupes d’élite du ministère de l’Intérieur kirghize. Rentrant triomphalement à Osh, le maire a revendiqué un transfert de la capitale vers le sud.

Le danger des narcotrafiquants et fondamentalistes islamistes

Coincé entre un gouvernement provisoire humilié et un maire peu fiable, le sud du Kirghizstan et les régions voisines sont dans une situation critique. Tant que l’autorité du gouvernement central ne pourra être rétablie dans le sud, le danger est grand de voir les narcotrafiquants profiter du chaos politique pour accroître leur influence déjà forte sur l’ensemble des institutions étatiques du sud.

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) estime que, chaque année, 95 tonnes de drogue traversent l’Asie centrale en direction de la Russie et de l’Europe. Osh a déjà la réputation peu enviable de « plaque tournante du trafic de drogues » auprès de l’UNODC.

La région pourrait également se transformer en foyer de prolifération de fondamentalistes islamistes. Le vide politique, dans cette région du monde qui bénéficie d’une grande population de jeunes désœuvrés, constitue un terreau idéal pour le recrutement radical.

Mais suite aux pogroms de juin, la profonde division entre les Kirghizes et les Ouzbèks constitue également un espace politique où les groupes extrémistes pourraient s’engouffrer avec aisance. Si la propagation des idées nationales-extrémistes kirghizes n’est pas immédiatement stoppée, de nouveaux débordements paraissent inévitables. Sans aide extérieure, les victimes pourraient alors se tourner vers les radicaux islamistes ou diverses factions armées afghanes, afin d’obtenir des armes.

Une enquête internationale sérieuse sur les pogroms

Le chemin vers la réconciliation et la stabilité sera long et difficile, d’autant qu’aucune force de maintien de la paix internationale n’a été déployée dans les zones affectées par les violences. Le Kirghizstan nécessite une enquête internationale sérieuse sur les pogroms du mois de juin.

Il est impératif que des forces de sécurité ou de surveillance soient envoyées de toute urgence sur le terrain, soutenues par un processus diplomatique robuste et visible, afin d’empêcher la répétition de massacres interethniques et d’aider la population à reconstruire ses villes et ses habitations.

Il est probable qu’aucune mesure sérieuse ne soit prise par une communauté internationale relativement passive sur le sort de ce petit pays d’Asie centrale. Les 52 experts en sécurité, non-armés, que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s’apprêtait à envoyer au Kirghizstan ont subi les foudres des nationalistes kirghizes, que ni le gouvernement national ni l’OSCE ne semblent prêts à affronter.

Lorsque des autorités étatiques ne veulent ou ne peuvent plus garder le contrôle d’une partie de leur territoire, c’est à la communauté internationale de réagir. Le monde doit encourager la création d’une commission d’enquête sur les événements de juin, fortement appuyée par les organisations internationales qui possèdent l’expertise nécessaire, comme le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme et le Haut commissaire aux minorités nationales de l’OSCE. Il faudra également préciser au gouvernement kirghize que toute aide ultérieure sera conditionnée à la réalisation de cette enquête.

Une aide financière conditionnée et supervisée

Le monde extérieur doit aussi définir une stratégie commune pour reconstruire le sud du Kirghizstan. Une supervision sur le terrain est fondamentale pour empêcher les détournements d’argent au profit des nationalistes-extrémistes. Il faudra s’assurer que le gouvernement régional d’Osh ne recevra aucune aide financière tant qu’il préconisera une politique exclusivement ethnique et refusera de reconnaître l’autorité nationale.

Malheureusement, la spirale des violences est déjà fort avancée et les efforts de la communauté internationale risquent d’arriver trop tard pour empêcher le naufrage du pays. Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies, et en particulier les Etats-Unis et la Russie, doivent impérativement planifier pour le pire, de manière à ce que la réponse internationale puisse être rapide et efficace en cas de nouvelles violences.

S’attendre à une telle prévoyance de la communauté internationale peu paraître naïf, alors que le monde extérieur a contemplé avec désintérêt les pogroms du mois de juin et rechigné à s’y impliquer. Pourtant la seule alternative sera d’attendre tranquillement et de contempler l’implosion du Kirghizstan tout entier.

Louise Arbour est la présidente d’International Crisis Group.

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  • LienRag
    • Posté à 20h28 le 14/09/2010
    • Internaute 34767

    Pourtant la seule alternative sera d’attendre tranquillement et de contempler l’implosion du Kirghizstan tout entier.
    C’est généralement ce qui est fait, non ? Après quoi on créée une commission, et la plupart du temps mais de façon plus discrète on envoie aussi quelques barbouzes.
    Elle a été beaucoup critiquée, mais j’ai toujours trouvé que malgré quelques facilités la BD de Hermann « Sarajevo-Tango » décrit très bien cette réalité.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 20h48 le 14/09/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    J’ai une question sans malice, inspirée de ce qui se passe en Afghanistan depuis que l’occident est y partie prenante :

    Le Kirghizstan existe-t-il, autrement dit n’est-ce pas un leurre de croire à la réalité d’une nation, là où la culture et l’histoire sont essentiellement tribales ?
    En voulant à tout prix imposer notre modèle administratif, on l’a vu en Afghanistan, la situation pourrait bien empirer, en exacerbant les divisions, et en se laissant manipuler par des locaux dont les intérêts n’ont rien d’universel.
    Et il semble bien que le courant nationaliste du coin soit aussi mal inspiré.

    Aussi, le problème est peut-être lié au fait que notre organisation (occidentale pour faire simple) ne reconnait pas comme légitime un niveau de structure collective qui ne ressemble pas au nôtre. Et que dans ces conditions, toute aide ne saurait apporter ce qu’elle est supposée faire.

    • Asse42-
      Asse42- répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
      • Posté à 02h27 le 15/09/2010
      • Internaute 25124
        Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

      Commentaire intelligent qui met le doigt là où ça fait mal. Surtout quand ces « démocraties » créées de toutes pièces par l’occident ont à leur tête des dictateurs et des mafieux comme au Kossovo.

  • rko
    rko
    • Posté à 20h54 le 14/09/2010
    • Internaute 90061

    Les ex-républiques soviétiques seraient-elles condamnées, les unes après les autres, à vivre la guerre civile ? Si la volonté de résoudre un problème aussi grave est louable, une intervention à « la mode afghane » me semble sujette à caution.

    Edit : pardon, je n’avais pas lu le post de Liger au-dessus.

    • mauser
      mauser répond à rko
      • Posté à 08h06 le 15/09/2010
      • Internaute 4683

      Les républiques soviétiques sont les héritières des provinces du Tsar La question des républiques en STAN tient à un savant découpage ethnique justement destiné à rendre un soulèvement populaire total impossible.
      N’oublions pas que le dernier soulèvement des Bashmatis aux frontières de l’Afghanistan actuel date de 1922 et posait assez de fil à retordre à Moscou pour que son plus inventif de ses maréchaux utilise pour la première fois au monde des paras.
      Alors ici comme en Afrique à moins de remettre à plat les frontières il n’existe pas d’espoirs d’une paix durable avant longtemps.
      Autrement nous devons envisager une situation à la Libanaise ou à la yougoslave mais l’Occident peut il soutenir de multiples opérations extérieures sans options de sortie viable
      Le pire c’est que nous devons envisager cette option pour éviter un état falli de plus siège de tous le troubles possible.

  • momo la salade
    • Posté à 22h02 le 14/09/2010
    • Internaute 110276
      foutus
  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 02h25 le 15/09/2010
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Toujours avant de gober la propagande occidentaliste de cette dame se renseigner sur ce qu’est le Kirghizistan, son histoire et , surtout, sa géographie. C’est un état tampon stratégique entre la Chine, la Russie et l’Iran :
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    Enfin se renseigner sur cette ONG applaudie par les néo-cons du monde entier comme elle le dit clairement sur son site :
    Lien

    N’oubliez jamais que vous n’avez toujours que la position occidentaliste du monde. Jamais le point de vue de la Russie ou de la Chine par exemple. Dites-vous aussi que ces rapports d’ONG servent de support à des prises de décision au plus haut niveau international dans les centres de décisions occidentalistes comme l’ONU, l’UE, le FMI et autres.

    Bref n’oubliez pas que l’occident est en guerre contre tout le monde et surtout contre son propre peuple :
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  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 03h35 le 15/09/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    « La région pourrait également se transformer en foyer de prolifération de fondamentalistes islamistes. Le vide politique, dans cette région du monde qui bénéficie d’une grande population de jeunes désœuvrés, constitue un terreau idéal pour le recrutement radical. “

    Ce paragraphe est manifestement plaqué là de manière purement artificielle pour nous inciter à penser qu’il faudrait, dans notre propre intérêt, que nous nous intéressions à ce problème.

    Ça ne prend pas. Nous ne sommes en rien concernés par ces guerres tribales et ces enjeux de pouvoir locaux. À moins qu’il y ait des ressources naturelles sur lesquelles faire main basse, auquel cas une situation troublée est préférable pour les affaires et il est donc encore plus urgent de ne pas intervenir.

    • Asse42-
      Asse42- répond à Hulk
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
      • Posté à 11h43 le 15/09/2010
      • Internaute 25124
        Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

      Et bien finalement t’es pas aussi con que je le pensais.

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 08h07 le 15/09/2010
    • Internaute 97292
      1ère version

    « La région pourrait également se transformer en foyer de prolifération de fondamentalistes islamistes. Le vide politique, dans cette région du monde qui bénéficie d’une grande population de jeunes désœuvrés, constitue un terreau idéal pour le recrutement radical. “

    Alors là, il faut vraiment arrêter la propagande à deux balles. En plus cet article est bourré d’imprécisions et pire d’erreurs délibérées pour tenter de nous faire croire que le Kirghizistan fait partie le ‘l’axe du mal’ (expression américaine pour justifier leur croisade). Les troubles au sud du pays n’ont rien à voir avec des affrontements inter-ethniques. C’est un gros mensonge.

    Ce que l’auteur omet de préciser, c’est que les troubles civiles au sud du Kirghizistan ont débuté avec l’arrivée sur le territoire d’une gigantesque base américaine que la population refusait. A moins que les évènements et l’arrivée des G.I. soit une pure coïncidence... Pourtant depuis leur installation plusieurs kirghizes se sont fait tuer en tentant de pénétrer dans la base.

    Pour les Etats-Unis, cette base aérienne est aujourd’hui la dernière en Asie centrale. Elle revêt donc une importance stratégique considérable. Une bonne partie des soldats déployés sur le terrain passe ainsi par Manas avant d’aller lutter contre les talibans -quelques militaires français y stationnent également. Cette solution est beaucoup plus sûre que le Pakistan, trop instable. Evidemment, tout ceci n’est pas du goût de Moscou qui considère la présence des ‘boys’ comme une intrusion supplémentaire dans son pré-carré. Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine tentent donc d’influencer les dirigeants kirghizes pour qu’ils demandent aux Américains de partir.

    Le Kirghizistan est le seul pays au monde à posséder sur son sol à la fois une base militaire américaine et une autre russe. La base russe de Kant est bien sûr l’héritage du passé soviétique du Kirghizistan, qui était l’une des quinze républiques de l’URSS. La base américaine, située à Manas, dans la banlieue de Bichkek, la capitale, a de son côté été ouverte au lendemain du 11-Septembre. Les deux installations se trouvent à seulement une dizaine de kilomètres l’une de l’autre.

    Il faut quand même se poser une question. Pourquoi qu’à chaque fois que les américains débarquent quelque part, les populations se retrouvent dans le chaos ?

    Il est à préciser que, contrairement à ce que sous-entend l’auteur de cet article, ce petit pays pauvre d’Asie-Centrale n’est pas une effroyable dictature, mais bien une démocratie et que le pays était en paix avant l’arrivée des boys.

    • mauser
      mauser répond à nanabel
      • Posté à 08h13 le 15/09/2010
      • Internaute 4683

      Les amèricain et surtout les GI possédent une capacitè de pourrissement tel que : demandez ce que pensaient d’eux des anglais en 1945 bien heureux qu’ils rembarquent ou des français à la même époque .
      L’Europe à survècu car avec une culture amèricano compatible et même si en 44/50 la diffèrence de niveau de vie était énorme. Il n’atteignait pas l’espace sidérale entre un kirgize de base et un red neck engagè dans l’army

      • nanabel
        nanabel répond à mauser
        1ère version
        • Posté à 09h32 le 15/09/2010
        • Internaute 97292
          1ère version

        Ouais ! On pourrait comparer les troupes de GI à l’armée d’Attila. Où le GI passe les démocraties ne repoussent pas.

        En même temps le Kremlin asticote pas mal dans la région. L’URSS est tombée au grand désespoir de Poutine. La guerre froide n’est pas tout à fait éteinte, des braises couvent encore de-ci de-là.

        Le Kirghizistan ayant une grande frontière avec la Chine, il ne faudrait pas que les querelles territoriales américano-russes créent un intérêt quelconque pour les chinois, sinon cela risquerait de tourner en une sacrée pagaille diplomatique. L’indépendance du Kirghizistan n’y survivrait pas.

         
        • sarkophage_xyz-
          • Posté à 11h03 le 15/09/2010
          • Internaute 24987

          « Où le GI passe les démocraties ne repoussent pas. »
          C’est libre de droits d’auteur au moins ? Je compte bien la ressortir à l’occasion.

          • nanabel
            nanabel répond à sarkophage_xyz-
            1ère version
            • Posté à 11h19 le 15/09/2010
            • Internaute 97292
              1ère version

            En général le tarif c’est un godet virtuel, j’ai une petite préférence pour le kir royal, mais je vous le laisse pour un simple « oh » d’admiration, mais n’y revenez pas. ; -)]

        3 autres commentaires
  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 09h16 le 15/09/2010
    • Internaute 116615
      bc

    Je ne connais ce pays pas plus que ce l’ami Wiki en dit.
    Cette tribune oublie de se positionner sur ce que font ces illustres voisins dans ce merdier et quels seraient les interéts des uns et des autres à soutenir l’insurrection ou la répression.
    Ce pays est visiblement fauché, n’a pas de richesses dans ses sous sols, un intéret stratégique quelconque n’est pas explicite.
    La menace islamique est brandie sans raisons objectives, l’appel de fonds de la fin sans objet concret.
    Cela me rappelle d’autres pays pour lesquels yalta puis la dissolution de l’Urss a imposé des frontières sans demander leur avis aux autochtones, sur lequel on plaque notre vision occidentale, qui ne peut déchiffrer quoique ce soit dans des conflits tribaux ou micro régionaux.
    Qu’il y ait une boucherie en cours là bas, il est évident qu’il faille l’arrêter mais faudrait déjà y comprendre quelque chose, voir si les nations unies peuvent intervenir efficacement dans l’intéret de la paix. Ce que l’ONU n’a pas toujours su faire, c’est peut être bien pour ça qu’il ne se passe rien, pour l’instant.
    Pour ma part, je suis pas plus avancé qu’avant d’avoir lu cette tribune.

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 10h28 le 15/09/2010
    • Internaute 70606
      Inquiet

    Bon bon bon... je ne connais rien au Kirghizstan, je saurai à peine le placer sur une carte.

    Par contre quand je vois que l’auteur est présidente d’International Crisis Group, et que ce groupe a été qualifié par Colin Powell de « a mirror for the conscience of the world » là je commence à avoir un doute sur l’objectivité et le rôle de cette organisation.

    Je pense que cet article n’est rien d’autre qu’un point de vue atlantiste ou du moins occidental à l’attention de citoyens occidentaux pour justifier une « pacification » du pays en proie à un « risque islamique ». Ça ne vous rappelle rien ?

  • boboland
    boboland
    ex-o'placard
    • Posté à 12h03 le 16/09/2010
    • Internaute 104841
      ex-o'placard

    « Un pays, auquel on reconnaissait une certaine forme de démocratie et une relative liberté d’expression, »
    ça alors ! quelle surprise ! avec deux mots magiques (démocatie et libertédopinion) on n’a pas la Paix et le bonheur des populations ?
    on nous aurait menti ?
    le vieux monde occidental se gargarise de ces formules vidées de sens selon le pays, sa situation géographique, la situation économique, la composition ethnique, le poids du passé.
    Le vieux monde occidental -replié sur lui-méme- voit le reste du monde comme si tout-le-monde était comme les beaux et riches pays européens.
    Le modéle occidental ne s’applique pas à la plus grande partie du vrai monde : allez parler de la gay pride en Iran ! allez parler de la décroissance en Chine ! allez parler d’écologie militante au Pakistan ! allez parler du traitement contre la cellulite aux affamés, des crémes solaires, de la couche d’ozone et toutes nos autres prises de téte de chochotes Femmes Actuelles parisiennes bobo-botox.
    Arriver avec nos gueules enfarinées de donneurs de leçons ne fait qu’exacerber la haine.
    Ah ! l’heureux temps où l’on apportait les bienfaits de la civilisation à tous ces éxotiques avec quelques fusils, un peu d’eau de feu, quelques missels, et coups de pieds au c..
    On a remplacé les Bibles par des traités-inégaux et le manuel des parfaits droits de l’homme occidental mais sans traductions.