à lire sur charentelibre.com 14/09/2010 à 17h00

Le préfet, qui veut prier tranquille, s'en prend à l'organiste

Soucieux de prier tranquillement, le préfet de Charente Jacques Millon (frère du politicien Charles, qui fricota naguère avec le FN) est tombé à bras raccourcis sur le joueur d’orgue de la cathédrale d’Angoulême, dont il n’appréciait pas la partition.

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    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 17h13 le 14/09/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    « Si je lui ai dit que j’étais le préfet, c’est uniquement par honnêteté ».

    La séparation des églises et de l’État, avec toute l’honnêteté d’un catholique...

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 17h37 le 14/09/2010
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Tranquilles les prières du soir ?

    C’est l’organiste qui se sent obligé de jouer plus fort pour couvrir les hurlements des prieuses.... ; -)

  • A.T.swey
    • Posté à 17h38 le 14/09/2010
    • Internaute 112034
      *

    Un bon tuyau ( !) pour M ; le prefet : avant l’église vous passez à la pharmacie acheter une boite de boules qui-est-ce (pub) et avec ça vous pouvez prier tranquilos toute la journée......

    Au fait, quand votre saint patron NSdeNB vous « souffle dans les bronches » parce-que vous n’avez pas respecté votre quota d’expulsions, ça ne perturbe pas trop vos chastes oreilles ?

  • foutard
    foutard
    voudrait bien gagner un peu
    • Posté à 18h10 le 14/09/2010
    • Internaute 28406
      voudrait bien gagner un peu

    La multiplication des « pains “ dans la gueule !

  • A déménagé le 8-10 2
    • Posté à 18h19 le 14/09/2010
    • Internaute 41917
      nc

    J’ai beaucoup ri en lisant la réaction du préfet au journaliste. Sauf si Ledroit a menti en parlant de l’agressivité millonesque, on dirait du Woerth dans le texte.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 18h36 le 14/09/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Amours, délices & orgues ...

  • aumusee
    aumusee
    en direct de l'élysée Montmartre (...)
    • Posté à 19h37 le 14/09/2010
    • Internaute 6663
      en direct de l'élysée Montmartre (...)

    Désormais, les préfets sont rémunérés en fonction du mérite.
    Quel montant de prime pour ce fait d’armes ?

  • dzan
    • Posté à 20h15 le 14/09/2010
    • Internaute 26357

    Et ça continue la dictature molle.

    Avec le harcèlement du Petit Maréchal, ces Messieurs les préfets se croient tout permis.

    Il est sûr Millon que l’organiste n’est pas d’origine Rom ? ? ?

    Ils sont bien dans la famille. Y’en a beaucoup comme ça ?

  • dzan
    • Posté à 20h19 le 14/09/2010
    • Internaute 26357

    Au 19eme ça avait plus d’allure

    Le Sous Préfet aux champs-
    M. le sous-préfet est en tournée. Cocher devant, laquais derrière, la calèche de la sous-préfecture l’emporte majestueusement au concours régional de la Combe-aux-Fées. Pour cette journée mémorable, M. le sous-préfet a mis son bel habit brodé, son petit claque, sa culotte collante à bandes d’argent, et son épée de gala à poignée de nacre… Sur ses genoux repose une grande serviette en chagrin gaufré qu’il regarde tristement.
    M. le sous-préfet regarde tristement sa serviette en chagrin gaufré ; il songe au fameux discours qu’il va falloir commencer tout à l’heure devant les habitants de la Combe-aux-Fées :
    -Messieurs et chers administrés….Mais il a beau tortiller le soie blonde de ses favoris et répéter vingt fois de suite :
    -Messieurs et chers administrés… la suite du discours ne vient pas.
    La suite du discours ne vient pas… Il fait si chaud dans cette calèche ! … A perte de vue, la route de la Combe-aux-Fées poudroie sous le soleil du Midi… L’air est embrasé… et sur les ormeaux du bord du chemin, tout couverts de poussière blanche, des milliers de cigales se répondent d’un arbre à l’autre… Tout à coup M. le sous-préfet tressaille. Là-bas, au pied d’un coteau, un petit bois de chênes verts semble lui faire signe.
    Le petit bois de chênes verts semble lui faire signe :
    -Venez donc par ici, monsieur le sous-préfet ; pour composer votre discours, vous serez beaucoup mieux sous mes arbres…
    M. le sous-préfet est séduit ; il saute à bas de sa calèche et dit à ses gens de l’attendre, qu’il va composer son discours dans le petit bois de chênes verts.
    Dans le petit bois de chênes verts il y a des oiseaux, des violettes, et des sources sous l’herbe fine… Quand ils ont aperçu M. le sous-préfet avec sa belle culotte et sa serviette en chagrin gaufré, les sources n’ont plus osé faire de bruit, et les violettes se sont cachées dans la gazon… Tout ce petit monde-là n’a jamais vu de sous-préfet, et se demande à voix basse, quel est ce beau seigneur, qui se promène en culotte d’argent.
    A voix basse, sous la feuillée, on se demande quel est ce beau seigneur en culotte d’argent… Pendant ce temps-là, M. le sous-préfet, ravi du silence et de la fraîcheur du bois, relève les pans de son habit, pose son claque sur l’herbe, et s’assied dans la mousse au pied d’un jeune chêne ; puis il ouvre sur ses genoux sa grande serviette de chagrin gaufré et en tire une large feuille de papier ministre.
    - C’est un artiste ! dit la fauvette.
    -Non, dit le bouvreuil, ce n’est pas un artiste, puisqu’il a une culotte en argent ; c’est plutôt un prince .
    -C’est plutôt un prince, dit le bouvreuil.
    -Ni un artiste, ni un prince, interrompt un vieux rossignol, qui a chanté toute une saison dans les jardins de la sous-préfecture… Je sais ce que c’est : c’est un sous-préfet !
    Et tout le petit bois va chuchotant :
    -C’est un sous-préfet ! c’est un sous-préfet !
    -Comme il est chauve ! remarque une alouette à grande huppe.
    Les violettes demandent :
    -Est-ce que c’est méchant ?
    -Est-ce que c’est méchant ? demandent les violettes.
    Le vieux rossignol répond :
    -Pas du tout.
    Et, sur cette assurance, les oiseaux se remettent à chanter, les sources à courir, les violettes à embaumer, comme si le monsieur n’était pas là… Impassible au milieu de tout ce joli tapage, M. le sous-préfet invoque dans son cœur la Muse des comices agricoles, et, le crayon levé, commence à déclamer de sa voix de cérémonie :
    -Messieurs et chers administrés…
    -Messieurs et chers administrés, dit le sous-préfet de sa voix de cérémonie.
    Un éclat de rire l’interrompt : il se retourne et ne voit rien qu’un gros pivert qui le regarde en riant, perché sur son claque. Le sous-préfet hausse les épaules et veut continuer son discours ; mais le pivert l’interrompt encore et lui crie de loin :
    -A quoi bon ?
    -Comment ! à quoi bon ? dit le sous-préfet, qui devient tout rouge ; et, chassant d’un geste cette bête effrontée, il reprend de plus belle :
    -Messieurs et chers administrés…
    -Messieurs et chers administrés…, a repris le sous-préfet e plus belle.
    Mais alors, voilà les petites violettes qui se haussent vers lui sur le bout de leurs tiges et qui lui disent doucement :
    -Monsieur le sous-préfet, sentez-vous comme nous sentons bon ?
    Et les sources lui font sous la mousse une musique divine ; et dans les branches, au-dessus de sa tête, des tas de fauvettes viennent lui chanter leurs plus jolis airs ; et tout le petit bois conspire pour l’empêcher de composer son discours.
    Tout le petit bois conspire pour l’empêcher de composer son discours… M. le sous-préfet, grisé de parfums, ivre de musique, essaye vainement de résister au nouveau charme qui l’envahit. Il s’accoude sur l’herbe, dégrafe son bel habit, balbutie encore deux ou trois fois :
    -Messieurs et chers administrés… Messieurs et chers admi… Messieurs et chers…
    Puis il envoie les administrés au diable ; et la Muse des comices agricoles n’a plus qu’à se voiler la face.
    Voile-toi la face, ô Muse des comices agricoles ! … Lorsque, au bout d’une heure, les gens de la sous-préfecture, inquiets de leur maître, sont entrés dans le petit bois, ils ont vu un spectacle qui les a fait reculer d’horreur… M. le sous-préfet était couché sur le ventre, dans l’herbe, débraillé comme un bohème. Il avait mis son habit bas… et, tout en mâchonnant des violettes, M. le sous-préfet faisait des vers.
    Alphonse DAUDET

    • framboise92
      framboise92 répond à dzan
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 09h31 le 15/09/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Je n’avais pas lu votre post.
      Merci !
      (je suis arrivée trop tard)

  • pipolino
    • Posté à 20h20 le 14/09/2010
    • Internaute 89242
      .

    « Le préfet, qui veut prier tranquille »

    Et voilà ce que c’est que de copier sur des expressions de la rue et de se la jouer d’jeuns
    Le préfet, qui veut prier tranquilleMENT.
    On est tranquille comme on est sage
    On fait une action tranquillement comme sagement ou sérieusement

    C’est bien la peine que les profs se cassent la tête en cours

  • Frank55
    Frank55
    RAS
    • Posté à 20h21 le 14/09/2010
    • Internaute 51230
      RAS

    je sais pas où ils vont les chercher leurs préfets, mais il y a un problème dans la fabrication des engins, il manque des boulons

  • Tom Bombadil
    Tom Bombadil
    Je ne suis pas un hobbit
    • Posté à 21h05 le 14/09/2010
    • Internaute 9759
      Je ne suis pas un hobbit

    Les commentaires sous l’article sont fantastiques : les paroissiens d’Angoulème sont très divisés sur le jeu de M. Ledroit, qui visiblement aime se faire entendre. Et reçoit le soutien de son collègue de la Madeleine. C’est quand même beau, la PQR.

  • A déménagé le 13-10-2012 4
    • Posté à 07h54 le 15/09/2010
    • Internaute 1645
      non connue

    Amour , sévice et orgue : -))

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 09h30 le 15/09/2010
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    L’avait qu’à aller prier au champs, aussi, ce nigaud !

  • clozedor
    • Posté à 09h56 le 15/09/2010
    • Internaute 112179

    Il est bien puni.
    S’il a du talent, Il n’a qu’a jouer du Hammonds ou du Rhode dans des caves sympas en attendant que les églises soient transformées en salle des fêtes !

  • A déménagé le 10-11-2011
    • Posté à 11h03 le 15/09/2010
    • Internaute 124772
      -

    Jacques Millon a promis de l’appeler pour lui présenter ses excuses.

    En clair tu vas voir ta race je vais t’envoyer la milice et te faire bouffer ton orgue ?

  • alabergerie
    alabergerie
    http://alabergerie.wordpress. (...)
    • Posté à 12h05 le 15/09/2010
    • Internaute 81339
      http://alabergerie.wordpress. (...)

    Finalement, le duce Sarkozy a peut-être raison  ! ! !
    On naît d’extrême droite, on ne le devient pas... De même qu’on naît Millon, on ne le devient pas.

    C’est vrai, la sarkaille n’arrête pas de dire que les « tarés » le sont de naissance. Appliquée à l’UMP, cette belle saloperie met le clan Millon en lumière. D’ailleurs  : la haine des artistes, c’est bien un signe, ah  ! Ce Millon pourrait, sous certaines conditions environnementales (un siège dans une assemblée régionale, par ex.), passer sans sourciller de l’UMP au FN  !
    Et vice-versa, puisque si peu de choses séparent ces deux cliques.

  • Corbeyran de Saint-Fiacre
    Corbeyran de Saint-Fiacre
    La religion ? Elle ne passera (...)
    • Posté à 12h29 le 15/09/2010
    • Internaute 100358
      La religion ? Elle ne passera (...)

    La droite est un concentré de personnages incultes et haineux. Le préfet a sans doute voulu venger l’honneur de la République, humiliée par Jean Guillou, un de nos grands organistes, qui a refusé la Légion d’honneur en ces termes : « à l’heure où la musique dite savante ou classique voit sa place diminuée par toutes les instances officielles, [...] Découvrant avec stupeur son nom parmi la promotion du 14 juillet de la Légion d’honneur », le musicien, nommé chevalier, « a pris la décision de refuser cette distinction qu’il n’a jamais sollicitée » (Libération du 19/07/10 citant AUGURE, porte-parole de Jean Guillou).
    Chez Jacques Guillon comme chez les Sarko on ne doit supporter l’orgue que sous sa forme Bontempi, tapoté par un enfant de huit ans ... alors vous pensez, Dupré, Guillou, Duruflé, Messiaen, Vierne, Widor, les Alain ... et maintenant Ledroit qui s’y met à nous encombrer les oreilles et nous distraire d’une spiritualité besogneuse ... tout ça c’est rien que de l’Art dégénéré !