Pourquoi ça marche 08/09/2010 à 17h31

Location de courte durée : 700 euros la semaine, le bon plan

Alexandre Pouchard | Journaliste


Le phénomène continue de se développer : depuis quelques années, des propriétaires choisissent de plus en plus de louer leur logement (meublé) pour une courte durée. La période de location varie de quelques nuits à quelques mois. Bien qu'il soit difficile de le quantifier avec précision, Internet a amplifié le phénomène grâce à la multiplication des sites d'annonces.

La location saisonnière, une demande forte

Si ce type de location se développe, c'est que la demande existe et progresse. Au point que toutes les demandes ne peuvent être satisfaites, assure Stéphane Basile, gérant de l'agence de location saisonnière Parislodging. Si les touristes comptent bien sûr parmi les locataires, la clientèle d'affaires est très présente sur le marché.

C'est ce que constate Chantal Desille, responsable marketing de Parisian home, un des sites spécialisés à Paris qui fait le lien entre les propriétaires et les locataires :

« Il y a beaucoup de personnes qui viennent temporairement en mission ou en formation. Nous avons des contrats avec des entreprises. Il peut aussi s'agir d'expatriés qui vivent dans un appartement en attendant de trouver un logement. »

Qu'ils soient touristes ou en voyage d'affaires, les clients cherchent dans la courte durée un petit « chez-soi », dixit Chantal Desille. Ils ont les avantages des meilleurs hôtels (téléphone, Internet, linge d'accueil) et ont en plus la possibilité de recevoir. « Ils veulent être indépendants, bien situés dans la ville et dans un cadre chaleureux », affirme Yvan Vidal, gérant de Urban Séjour, une agence lyonnaise.

Ces services ont toutefois un coût. Il faut compter minimum 350 euros pour une semaine dans un studio à Paris, 700 euros pour un appartement avec une chambre. A Lyon, le studio le moins cher est loué pour 300 euros par semaine, le loyer pouvant atteindre 1 200 euros pour un triplex. Une somme mirobolante si on la compare aux loyers mensuels, mais qui reste abordable par rapport aux prix des hébergements traditionnels de vacances, assure Chantal Desille :

« Nous avons fait le calcul : pour deux personnes ou une famille, ce type de location revient à moins cher que si vous allez à l'hôtel. »

Les propriétaires y trouvent leur compte

Pour ceux qui possèdent les logements, l'investissement est d'abord lourd, explique Chantal Desille :

« Il y a un cahier des charges à respecter. Il faut absolument tout prévoir pour le nombre maximum de personnes, du linge à la petite cuillère ! »

Le retour sur investissement est toutefois rapide : la location courte durée rapporte davantage que la longue durée (« 30% en plus », affirme Chantal Desille), même si le logement n'est pas occupé toute l'année. Parisian Home estime ainsi à 70% le taux d'occupation des appartements sur l'année. Les propriétaires bénéficient en outre d'abattements fiscaux particulièrement avantageux, de 50 à 71% selon les logements. C'est la raison pour laquelle ce type de location intéresse particulièrement les investisseurs.

Mais l'aspect financier n'est pas la motivation première de la majorité des propriétaires, selon Yvan Vidal :

« C'est une question de flexibilité. La location courte durée permet de garder un pied-à-terre dans la ville. Les propriétaires peuvent revenir dans leur appartement à un moment de l'année s'ils le souhaitent. »

D'autres optent pour ce type de location après des ennuis avec leurs locataires sur le long terme.

La location courte durée est toutefois critiquée car, de facto, les logements ne sont pas disponibles pour des locataires cherchant le long terme. Stéphane Basile réfute ce point de vue :

« J'ai eu l'occasion d'en discuter avec certains propriétaires. Si on leur interdit la courte durée, ils m'ont assuré qu'ils ne loueraient pas leur logement car ils en ont besoin plusieurs fois dans l'année. Ça n'en ferait pas un de plus sur le marché ! L'interdiction de la location saisonnière, c'est la mort du tourisme à Paris. »

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  • spouny_boy
    • Posté à 18h30 le 08/09/2010

    La location de notre maison de famille pendant l'été nous permet de pouvoir gérer les frais de la maison le reste de l'année, sans cette solution nous ne pourrions garder notre belle maison.
    Certe on n'en profite pas de l'été mais on se console en se disant que notre maison fait le bonheur de certaine famille. Ayant fait tout les aménagement pour y acueillir des gens handicapé physique lourd c'est un réel plaisir de voir qu'on rend des famille ayant certain membre handicapé heureux.
    Quoi de plus gratifiant que des gens nous remerciant pour nos effort, ces dernier participant au frais de la maison pour l'année.
    PEACE

  • Immodanger
    • Posté à 19h00 le 08/09/2010

    Si le taux de remplissage est bon il est effectivement possible d'obtenir des loyers beaucoup plus élevés que sur une location classique avec bail de 1 an (pour du meublé) ou de 3 ans (pour du non meublé).

    En revanche, cela demande beaucoup plus de temps et de tracasserie administrative que pour gérer un seul locataire. Il faut bien en être conscient avant de se lancer dans ce type d'Lien...

    C'est malgré tout la solution choisie par tous ceux qui possèdent un appartement ou une maison dont ils n'ont besoin que quelques semaines par an. Toute location complémentaire permet un bon supplément pour payer la taxe foncière, les frais d'entretien, etc. C'est loin d'être négligeable.

  • Tango
    • Posté à 19h48 le 08/09/2010

    A mon avis, les propriétaires craignent surtout les défauts de paiement des locataires. En location saisonnière il y a moins de risque. Mais cela accroit la rareté des biens à louer et fait augmenter les loyers pour les résidents.
    Certains investissent dans des résidences secondaires, mais ne cherchent pas à gagner de l'argent mais seulement se faire payer les taxes et les charges par la famille et les amis trés satisfaits de cet arrangement. (du genre 100 à 200 euros la semaine pour un 2 piéces au bord de la méditerranée).
    C'est bien de protéger les locataires, mais cette protection ne doit pas être à la charge exclusive des propriétaires, dont certains ont mis toutes leur économies dans un investissement locatif afin d'améliorer leur maigre retraite.
    Je me souviens de la loi Quillot au début des années 80, quand nous cherchions une location, le nom de la rue suffisait, .....pas besoin de connaître l'immeuble, il suffisait de se mettre au bout de la queue et attendre quelques heures. La pénurie consécutive à la loi Quillot avait provoqué une flambée des loyers. Finalement nous avions eu un appartement grace à des connaissances.