François-Marie Banier dans la manif : de la pure poésie surréaliste
Woerth devant Ferrari. On n’écoute pas les paroles, mais la musique. C’est la même, exactement la même, que lorsqu’il se défend sur Bettencourt, sur la Légion d’honneur, sur sa femme. Il a simplement changé les paroles. Il peut inventer toutes les paroles qu’il souhaite : cette musique que nous connaissons maintenant par cœur, qu’on fredonne avec lui, c’est la mélodie du mensonge.
Banier dans la manif, avec son milliard cadeau, et sa vieille mobylette, qu’il chevauche sans casque. Ne manque que le raton-laveur. Image de pure poésie surréaliste. Ce marquis de 88. Ce sudiste d’avant la guerre de Sécession. Cette incarnation de la douceur de vivre d’Ancien Régime.
Dans son sillage, ce cortège de fantaisie indécente, de mots d’esprit obscènes, d’insouciance qu’emportera le vent. Cette sidérante absence de toute méfiance. Cette mobylette, qu’il chevauche jambes écartées, comme un tout petit enfant, ou une très vieille personne. I>Télé et BFM l’ont capturé. (Voir la vidéo)
Le reporter lui demande s’il soutient les manifestants. A peine une hésitation : en tout cas, il « les illustre ». Le reporter cherche à lui montrer l’affiche sur laquelle figure Liliane Bettencourt. Il est tout prêt à s’y laisser entrainer. Il n’a de réticence à rien. Rien de vraiment grave ne peut lui arriver. Un rien l’amuse. Il vit une époque formidable. « Rien n’est plus beau qu’un rassemblement populaire ». Formidables, les gueux. Formidables, les courbés, les usés, les sans âge.
Un manifestant le traite de crapule. Le manifestant est calme. « Il y a des gens qui ne devraient pas être là, notamment les crapules qui piquent le fric des travailleurs », dit le manifestant. La séquence s’interrompt là, net. Nul ne sait s’il y a une suite. L’histoire n’est pas finie, elle commence.
- Sur Rue89Retraites : Sarkozy (presque) « droit dans ses bottes »
- Sur Rue89Sarkozy et Woerth préparent le passage de la réforme en force
- Sur arretsurimages.netDébattez de cette chronique sur Arretsurimages.net
- 11110 visites
- 50 réactions















4








Et voilà un court-circuitage réussi, comme celui de Lancar. Certes, on parle de Banier en mal, on dit son impudeur, sa violence de venir là. Mais on oublie alors de dire les choses plus simples et plus importantes, ce qui a fait descendre 3 millions de personnes dans la rue. Je pense que si l’émission que vous avez faite avec Filoche était passée à la télévision après 20h, plus des trois quarts des Français seraient convaincus. Mais à la place, ils ont vu Benji Lancar tendre un guet-apens médiatique à 17h, Woerth dire ce qu’il voulait/pouvait à 20h, et demain Fillon. Les leaders syndicaux, parlant chiffres et négociations, ne touchent pas les gens de droite.
Peine perdue pour l’intelligence, une fois de plus ?
Et quitte à se contenter d’images et d’affects, pourquoi ne parle-t-on et ne montre-t-on pas plus les sapeurs-pompiers de Paris grévistes et manifestants, applaudis très chaleureusement, qui ont grimpé la statue place de la Nation, accompagnés de leur fidèle sirène ? On fait quand même difficilement plus télégénique... mais non, c’est le « people » qui compte, même s’il n’a pas fait grève, n’a pas marché, et a même contre-revendiqué. Ignorer les sapeurs-pompiers quand même, merde !




Partager