A débattre 02/09/2010 à 18h55

Les internats d'excellence, un coûteux gadget présidentiel

Bernard Girard | Enseignant blogueur


Sarkozy, ici avec des étudiants, visite la caserne de Sourdun, depuis aménagée en internat (Philippe Wojazer/Reuters).

Objets scolaires non identifiés, les internats d'excellence sont entourés d'une aura médiatique dont l'importance est inversement proportionnelle à leur poids réel dans le paysage scolaire.

Mis en place progressivement à partir de 2008, ils devraient être une douzaine en 2010-2011 -chacun regroupant quelques dizaines d'élèves, rarement davantage-, et 20 000 à un horizon hypothétique. Des chiffres à mettre en regard des 12 millions d'élèves relevant du système éducatif général.

Fruits d'un oukase présidentiel hautement politique, ils sont censés regrouper des élèves d'origine modeste, qualifiés de « méritants », qu'il s'agit, plus précisément, d'éloigner de leur milieu d'origine.

En réalité, comme l'indique, dans un style inimitable la circulaire du 22 juillet 2010, l'établissement d'accueil doit :

« s'assurer que le candidat répond au profil recherché [situation personnelle et sociale, motivation de l'élève, volonté de la famille, etc., ndlr] et n'est pas un élève violent ou ayant peu d'appétence pour la vie en collectivité. »

Des élèves doués de bonnes qualités intellectuelles, motivés, ne rechignant pas à la vie collective, bien suivis par des familles attentionnées... on comprend aisément que, recrutés sur un tel profil, digne d'une classe prépa, les heureux élus obtiendront sans mal les résultats que l'on attend d'eux et qu'ils auraient d'ailleurs probablement obtenus quel que soit le cadre scolaire.

Corollaire de ce qui ressemble à un débauchage : les établissements d'origine, privés de quelques uns de leurs meilleurs élèves, déjà pénalisés par l'assouplissement de la carte scolaire, voient se préciser le risque de ghettoïsation.

Un encadrement hors norme en personnel et en équipement

Contrairement à ce que l'information généreusement distribuée voudrait laisser croire à travers un discours ronflant sur le projet pédagogique et éducatif, la spécificité des internats d'excellence ne réside pas dans des pratiques pédagogiques innovantes, les programmes et instructions de l'Education nationale, les directives s'y imposant comme partout ailleurs mais bien plutôt dans un encadrement hors norme en personnel et en équipement.

Qu'on en juge, par exemple, par le dépliant publicitaire -il faut bien attirer le client- vantant aux parents « le cadre privilégié et fonctionnel » du futur internat d'excellence de Nice :

  • « un établissement de centre ville ;
  • un accès facilité à tous les sites culturels niçois ;
  • la proximité d'une base nautique et de très nombreux sites sportifs ;
  • des chambres de trois spacieuses, avec douche et sanitaire privés ;
  • un théâtre, une salle d'exposition et plusieurs ateliers de pratique artistique ;
  • de nombreuses salles de travail avec des équipements informatiques et vidéo ;
  • la proximité de la gare SNCF et de la piscine municipale. »

L'« excellence » du concept se mesure également à une « surdotation » en personnel comme c'est le cas au collège-lycée de Sourdun (Seine-et-Marne) où, à la rentrée 2009, 128 élèves étaient entourés de quarante adultes dont seize professeurs, ce qui donne un taux d'encadrement d'un adulte pour trois internes ou encore d'un enseignant pour huit élèves.

Un encadrement exceptionnel, donc, à mettre en regard de la réduction drastique des postes à l'Education nationale : au cours des dernières années, plusieurs dizaines de milliers d'emplois ont été supprimés, avec des conséquences palpables au quotidien sur la surcharge des classes ou le non-remplacement des enseignants.

200 millions d'euros de budget

La volonté affichée sans état d'âme par le ministre de relever le nombre d'élèves par classe, sans tenir compte de la dégradation de l'enseignement qui en découle, apparaît franchement indécente au regard du traitement privilégié réservé à quelques établissements et à un tout petit nombre d'élèves.

Pour satisfaire aux besoins, le projet de loi de finances rectificative pour 2010 a créé un programme budgétaire « Internats d'excellence et égalité des chances » doté de 500 millions d'euros, dont au moins 200 millions pour l'investissement lié aux internats d'excellence, sans compter l'emprunt national dont les internats d'excellence seront, dans le domaine scolaire, les seuls bénéficiaires.

Potentiellement inquiétante, la possibilité envisagée par l'Education nationale, de faire appel au financement privé, par l'intermédiaire de fondations ou du mécénat (circulaire du 22 juillet 2010), laisse la porte ouverte à bien des dérives.

Le coup de com du Président

Des structures coûteuses, réservées à un nombre infime d'élèves, fondées sur un projet dont la pertinence n'est pas démontrée, la nouveauté encore moins, pour une efficacité peu ou pas évaluée : pour en comprendre la portée, ces internats d'excellence doivent être replacés dans le contexte plus large de la politique éducative menée depuis quelques années.

A une extrémité de la population scolaire, une poignée d'élèves « perturbateurs » destinés aux affres et à la brutalité des établissements de réinsertion scolaire, en réalité à l'exclusion plus ou moins rapide.

A l'autre extrémité, des élèves à peine plus nombreux, qualifiés de « méritants » -mais à quel titre le sont-ils plus que les autres ? - choyés par l'institution à travers des modalités de financement exceptionnelles d'autant plus contestables qu'elles vont de pair avec une paupérisation sévère du système éducatif, aggravant les conditions de travail et d'apprentissage de tous ceux qui ne sont reconnus ni comme perturbateurs ni comme méritants, autrement dit de presque tout le monde.

Les internats d'excellence apparaissent bien plus comme une sorte de gadget, un moyen de communication aux mains du président de la République, que comme l'expression d'une politique éducative d'ensemble, cohérente, qui répondrait aux nécessités du moment.

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  • MamaPacha
    • Posté à 18h59 le 02/09/2010

    Le blème du Nano c'est de faire avec des problèmes graves des gadgets pour la présidentielle ...

    moi perso, ça ne me fait plus marrer du tout ses conneries

    • Chele
      Chele répond à MamaPacha
      • Posté à 15h21 le 03/09/2010
      • Internaute

      120 élèves sur 12 millions.
      1 sur 100 000.
      0,0001 %

      Heureusement que le nombre de bons et très bons élèves issus de la « diversité » (sans parler de l'ensemble des élèves simplement issus... de chez leurs parents ! ) dépasse largement ce pourcentage indécent.

  • Lurker
    • Posté à 19h02 le 02/09/2010

    « Les [trucs] apparaissent bien plus comme une sorte de gadget, un moyen de communication aux mains du président de la République, que comme l'expression d'une politique [truc] d'ensemble, cohérente, qui répondrait aux nécessités du moment. »

    Remplacez [truc] par ce que vous voulez, et trouvez m'en un -même un seul- qui ne colle par avec la définition sus-citée.

  • NGNG
    • Posté à 19h20 le 02/09/2010

    Comme ça au moins il pourront dire « on a pas réglé le problème mais on a fait les internats d'excellence “

    C'est un fanion à 200 millions qu'il faudra agiter très fort pour cacher les autres problèmes mais bon le chiffre impressionnera le beauf moyen même si le problème restera le même.

    Ce qui est anormal dans tout ça c'est qu'il faille faire ces internats ‘d'excellence’ pour que l'égalité des chances puisse avoir un semblant d'existence ; je dirais que le vrai problème c'est plutôt ça.

    • TheProuT
      TheProuT répond à NGNG
      • Posté à 23h06 le 03/09/2010

      « Ce qui est anormal dans tout ça c'est qu'il faille faire ces internats “d'excellence” pour que l'égalité des chances puisse avoir un semblant d'existence ; je dirais que le vrai problème c'est plutôt ça. »

      Rien a voir, ca n'est qu'un argument de vente, tres fallacieux il est vrai.

      Sous couvert d'améliorer « l'égalité » a l'école, il met en place le premier maillon de la privatisation de l'éducation nationale donc Franck Lepage parle dans un de ses spectacles (a la partie 15 je crois)
      Lien

      @L'auteur de l'article :
      Pensez vous que ca soit en effet le but caché de ces « internat d'excellence »

  • Anastaze
    Anastaze
    profiteur-assisté et électeur
    • Posté à 19h22 le 02/09/2010
    • Internaute
      profiteur-assisté et électeur

    Maquignonnage présidentiel

    Si c'est pour l'amélioration de la race Auvergnate...

  • Asse42-
    • Posté à 20h15 le 02/09/2010

    Et pendant ce temps ce gouvernement refuse à Royal d'expérimenter l'encadrement militaire éducatif au lieu de la prison !
    Lien

    • yabon
      yabon répond à Asse42-
      Klingon
      • Posté à 20h44 le 02/09/2010
      • Internaute
        Klingon

      Le gouvernement a besoin de crimes et de délits pour justifier sa présence au pouvoir auprès des gogos et la prison en est la meilleure école.

    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à Asse42-
      Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
      • Posté à 06h43 le 03/09/2010
      • Expert
        Enseignant blogueur

      Le jour où un encadrement militaire sera « éducatif », on pourra en reparler. A l'époque du service militaire, la relation de l'armée à la jeunesse était de lui apprendre à faire la guerre, c'est-à-dire de tuer ou de se faire tuer sur ordre ; ça, elle savait le faire, même si plusieurs millions de jeunes y ont laissé leur vie dans les tranchées de Verdun ou d'ailleurs.

      Avec cette proposition folle d'encadrement militaire des jeunes, qui fait le choix du dressage contre celui de l'éducation, non seulement Royal légitime le discours de stigmatisation martelé par Sarkozy mais elle va même plus loin. Comme si sa défaite de 2007 n'avait pas suffi, elle nous prépare pour 2012 un scénario catastrophe.

      • Asse42-
        Asse42- répond à Bernard Girard
        • Posté à 07h13 le 03/09/2010

        Merci monsieur d'exprimer aussi vigoureusement la vision bien-pensante de gauche, celle qui a des positions bien arrêtées et des dogmes bien établis. Ici : armée= guerre=destruction=incompatibilité sociale.

        C'est exactement ce qui nous différencie. Moi je me bats justement pour redonner un sens humain et social à une partie de notre activité sociale que l'on cherche à déconnecter du corps social. Cette déshumanisation vise à rendre notre armée lointaine et ainsi à créer des fantasmes sur elle. Or moi je préconise tout le contraire.

        Je pense que l'armée est encore composée d'être humains jusqu'à preuve du contraire. Des êtres humains doués aussi d'une conscience sociale et républicaine. Ces êtres humains, avec leurs défauts bien sûr, savaient dans le temps créer les conditions d'une union d'une classe d'âge dans un collectif. Cela ne se faisait pas sans heurt, je vous l'accorde, mais au moins cela nous apprenait la vie en collectivité et nous faisait toucher du doigt que nous appartenons à une société composée de divers milieux sociaux.
        A l'heure actuelle cette vision n'est plus visible dans nos sociétés où justement on cloisonne les classes sociales. On reste entre soi et on a donc plus la vision globale d'une société composée de talents différents.

        La proposition de Ségolène Royal ne vise donc pas à « dresser » comme vous le dites si joliment dans votre langage fleuri, mais à prendre en charge des délinquants au lieu de les mettre en prison quand c'est possible.
        Il me semble que sur notre territoire nous avons encore beaucoup de militaires qui ne sont pas tous en opérations extérieures et qui pourraient donc accueillir dans leurs casernes des éléments extérieurs. L'avantage est pratique puisque nous n'aurions pas besoin de construire des CEF qui coûteraient chers à la collectivité et remettrait l'armée au cœur de la vie républicaine de notre pays.

        Bien sûr il ne s'agira pas de couper ces délinquants du social puisqu'interviendront dans leur parcours des éducateurs sociaux. On pourrait même envisager leur faire suivre une formation professionnelle pour faciliter leur réintégration sociale par la suite ce qui n'est pas possible, vous en conviendrez, en prison.

        Il ne s'agit donc pas d'une vision militariste exprimée par Ségolène Royal, mais d'une vision pratique de l'ensemble d'une société où quoi que vous en disiez les militaires sont aussi partie prenante. Malheureusement peut-être mais pour l'instant l'armée existe encore alors autant l'utiliser aussi socialement.

         
        • mat_fr
          mat_fr répond à Asse42-
          Doctorant
          • Posté à 08h45 le 03/09/2010
          • Internaute
            Doctorant

          Certes, mais le boulot de l'armée n'est pas d'éduquer les jeunes, l'armée a autre chose à faire, c'est à dire s'entrainer à faire ce pour quoi elle existe.

          est-ce qu'on demande aux pompiers d'éduquer les jeunes sous prétexte de leur travail exemplaire ?

          • orange 06
            orange 06 répond à mat_fr
            • Posté à 10h03 le 03/09/2010

            vous avez parfaitement raison, car si on commence par demander à l´armée « d´éduquer les jeunes » on finit par demander la même chose à....l´éducation nationale.

            sans vouloir jeter la pierre aux enseignants (qui enseignent, et pas ceux qui gèrent/administrent), on risque de faire un parallèle comme le fait rapidement lictor 09 h 42 « Parce que si vous comptez sur les militaires qui sont actuellement dans les bureaux, vous pouvez oublier tout de suite, ils étaient à peine capables d'encadrer des scientifiques du contingent... » [ce qui semble être le seul type de militaire qu´il a eu l´occasion de fréquenter] et de constater que cette critique vaut aussi pour les enseignants déconnectés de la réalité de l´enseignement qui ne sont sûrement pas plus capables d´encadrer des enfants de maternelle

          • Asse42-
            Asse42- répond à mat_fr
            • Posté à 11h40 le 03/09/2010

            L'armée est il me semble tout à fait qualifier pour encadrer non ? Elle me semble même avoir été créée pour ça. Cela fait donc partie de ses compétences. On ne lui demande pas de se substituer aux éducateurs spécialisés mais que ceux-ci puissent le faire sereinement dans un lieu ENCADRE autre que la prison.

            • mat_fr
              mat_fr répond à Asse42-
              Doctorant
              • Posté à 13h19 le 03/09/2010
              • Internaute
                Doctorant

              L'armée existe pour faire la guerre, et pour s'entrainer à la faire quand c'est la paix. C'est comme ça, je ne juge rien, c'est un fait.

              Je pense que le régiment du Train dont parle Mme Royale a autre chose à faire (entrainement divers et variés, opex, etc) que d'encadrer des jeunes qui n'en ont par ailleurs rien à foutre.

        • Ftannenberg
          Ftannenberg répond à Asse42-
          • Posté à 11h50 le 03/09/2010

          Une vision pratique de l'utilisation de l'armée quand elle n'est pas en train de se battre sur les terrains extérieurs ? Sans vouloir être condamné par vous pour délit de « gauche bien-pensante » (je plaide non coupable), je trouve votre position très discutable.

          Sans faire le procès de l'armée qui est un « mal nécessaire » depuis des siècles et qui a toute sa place dans notre société, je ne crois pas du tout que son rôle soit d'encadrer des jeunes délinquants. Le militaire n'a aucune compétence en la matière comme moi je n'en ai aucune dans le maniement d'un fusil mitrailleur ou le tir d'un missile.

          La vision de Ségolène Royal que vous semblez partager, se veut pragmatique avec comme slogan « parons au plus pressé ! ». Nous sommes en crise, l'Etat n'a plus d'argent, l'Etat doit payer les militaires…ces derniers ne font pas grand-chose quand ils ne sont pas en opérations…eh bien, qu'ils s'occupent des jeunes braqueurs, dealers, voleurs potentiels en tout genre.

          Il est intéressant de voir que Ségolène prône une solution militaire alors qu'elle a été élevée par un officier dont on a souvent décrit la dureté et le manque d'amour à son égard (enfin, c'était peut-être du marketing). Laissons- là ces divagations psy….

          Mais voilà, tout cela pose une série de questions. Vous dîtes que les militaires seraient secondés, aidés par des travailleurs sociaux, médecins etc. Vous reconnaissez donc qu'ils n'ont pas certaines compétences et vous méconnaissez ou ignorez le fait que ces personnels qualifiés ne sont pas disponibles…Il n'y en a pas. Ils sont déjà engagés sur bien d'autres fronts et tout le monde sait que leur nombre est insuffisant.

          Recrutons- les, me direz-vous…Mais alors pourquoi utiliser les militaires si l'on doit dépenser de l'argent ? Pourquoi ne pas simplement renforcer des effectifs compétents…Comme souvent, avec Ségolène, nous sommes en plein symbole…Il en faut en politique. Le militaire se lève tôt, respecte certaines valeurs, fait des pompes, court et a une vie organisée à chaque minute….Bref, un cadre idéal pour redonner un peu de sens commun à des jeunes en perdition. Mais ensuite ? Quand le jeune ne l'est plus autant ? Quelles seront ses « armes » pour ne pas retomber dans les pires excès ?

          Votre commentaire laisse supposer aussi que le militaire qui ne fait pas la guerre, ne fait pas grand-chose….Or ce sont justement tous des professionnels depuis la fin du service militaire. Ils sont formés au maniement d'armes sophistiquées ou assument des missions périlleuses au quotidien. Cela requiert des entraînements et des formations en continu…Un sous-marinier, un pilote de Rafale, un démineur, un gendarme, un pompier de Paris….leurs métiers sont très divers et qualifiés. Je ne sais pas s'ils ont même le temps matériel de s'occuper de jeunes délinquants…sans parler de leurs envies.

          L'armée s'éloigne de la société….C'est vrai. La fin du service militaire – supprimé parce que d'était une obligation remplie essentiellement par les jeunes issues des classes populaires – fait que la « grande muette » devient une réalité toujours plus abstraite pour les citoyens qui n'ont jamais eu de contacts avec elle.
          Est-elle moins populaire ou remise en question ? Moins que jamais. Le côté « corvée de patates » ou course à pieds avec des sacs de 30 kilos remplis de pierres n'étant plus vécus par les jeunes , la perception que la société a de l'armée, est bien différente. Aujourd'hui, on voit des soldats tombés au front en Afghanistan …et sans entrer dans l'analyse de ce conflit, leur mort change certainement la donne….Faudrait-il que l'on invente des passerelles pour que la société ait une connaissance moins abstraite de la chose militaire ? Certainement. Mais c'est un autre débat…et je ne suis pas sûr que leur confier la tutelle de jeunes délinquants, apporte beaucoup en ce domaine.

          Non, le vrai problème et ce n'est jamais populaire de le dire est que la France n'a plus les moyens d'avoir d'une politique pénitentiaire et d'une justice efficace. Ces budgets sont coupés à la hache. Ce qui vaut à notre cher pays des condamnations régulières par la justice européenne pour les conditions misérables dans lesquelles évoluent nos prisonniers ou pour la légèreté avec laquelle certains de nos droits sont respectés.

        • Obsidien
          Obsidien répond à Asse42-
          • Posté à 12h54 le 03/09/2010

          Si je ne m'abuse, quand on rejoint l'armée, même si on conserve son droit de vote, on perd le droit d'exprimer ses opinions politiques non ? Il me semble aussi qu'il est interdit de participer aux manifestations (en uniforme c'est certain, en civil, je ne sais pas, si quelqu'un pouvait confirmer/corriger).

          « Je pense que l'armée est encore composée d'être humains jusqu'à preuve du contraire ». Bien sur, les militaires sont des humains, mais des humains à qui l'on interdit tout soulèvement face au gouvernement en place. Dire que sont « Des êtres humains doués aussi d'une conscience sociale et républicaine. », pourquoi pas. Mais dans les faits, cette conscience sociale n'est pas encouragée et est plus simplement bridée. L'armée est donc au service de l'état, et contredire la politique de l'état en désobéissant à un ordre, c'est puni. Les militaires n'ont aucune marge de manœuvre, arrêtez d'essayer de nous faire croire le contraire.

          • Asse42-
            Asse42- répond à Obsidien
            • Posté à 12h58 le 03/09/2010

            Jeune et déjà borné...

            • Obsidien
              Obsidien répond à Asse42-
              • Posté à 13h03 le 03/09/2010

              malheureusement les personnes que je connais qui ont fait l'armée (jeunes ou plus vieux) n'ont fait que confirmer ça. Si vous avez des contre exemples, ils sont les bienvenus.

        • Bernard Girard
          Bernard Girard répond à Asse42-
          Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
          • Posté à 17h27 le 03/09/2010
          • Expert
            Enseignant blogueur

          Vous pouvez à titre personnel regretter le service militaire mais prétendre que la société était plus égalitaire à l'époque ou que la délinquance n'existait pas mériterait d'être argumenté.

          L'armée qui apprenait « la vie en collectivité » ?
          Mais quelle collectivité ? La soumission par la collectivité.
          Pour arriver à quelles fins ? Faire la guerre.
          Les titres de gloire de l'armée au 20e siècle ? La torture en Algérie, les massacres coloniaux, une capitulation sans gloire en 1940, des millions de jeunes assassinés dans les tranchées pour la plus grande gloire des galonnés et les plus grands profits des marchands de canons ; et j'en passe. Et c'est avec ces titres que l'armée se prétendrait éducatrice ?

          Cela ferait faire des économies, dites-vous ? Savez-vous que le budget d'équipement militaire de la France pour la période 2009-2014 s'élève à 185 milliards d'euros ? Avec cela, on pourrait en payer, des éducateurs.

          Je ne voudrais pas prolonger - ce n'est pas l'objet de cet article - mais que Royal ne voit dans comme « remède à l'insécurité » que « l'encadrement militaire » - ce sont ses formules - est atterrant : d'abord, parce que dans la délinquance, les mineurs n'interviennent que pour 15% des cas, ensuite, parce que lorsque dans l'histoire, l'armée s'occupe des jeunes, c'est toujours pour les briser.

          • Asse42-
            Asse42- répond à Bernard Girard
            • Posté à 19h04 le 03/09/2010

            En tant qu'enseignant vous devriez éviter de faire des amalgames rapides. Je ne dis pas que l'armée c'est le summum d ela vie en collectivité mais je dis que pour des délinquants agressifs cela vaut mieux que d'aller en prison où ils ressortent sans rien apprendre.

            De plus ce n'est pas la seule position de Ségolène Royal sur le sujet comme vous devriez vous en être inquiétés avant de voter en 2007. Celle-là fait parler parce qu'elle se veut être une alternative à la prison et non un délire militariste comme votre propos, décevant, le laisse supposer.

        • Intendant Zonard
          • Posté à 17h32 le 05/09/2010
          • Internaute

          Depuis 1814 (bientôt le bicentenaire ! ), l'armée française a échoué dans l'intégralité des missions qui lui étaient confiées, à la notable exception de la besogne consistant à assassiner de malheureux africains armés de bâtons.

          L'éducation est une chose beaucoup trop sérieuse pour être confiée à cette institution moribonde que peu regretteront !

        11 autres commentaires
      • yabon
        yabon répond à Bernard Girard
        Klingon
        • Posté à 10h02 le 03/09/2010
        • Internaute
          Klingon

        « A l'époque du service militaire, la relation de l'armée à la jeunesse était de lui apprendre à faire la guerre, c'est-à-dire de tuer ou de se faire tuer sur ordre ; “

        Ah ? Vous l'avez fait le service militaire ? C'est un des fondements de la République et l'héritage de la révolution. L'armée de métier, c'est vachement mieux ?

        Vous parlez d'un service militaire qui n'existe plus, et qui ne doit plus exister sous cette forme. Par contre un service républicain obligatoire mixte, civil (ou militaire) reste, pour diverses raisons, parfaitement envisageable voire souhaitable.

        ‘ça, elle savait le faire, même si plusieurs millions de jeunes y ont laissé leur vie dans les tranchées de Verdun ou d'ailleurs.’

        C'est de la faute au service militaire si y'a eu la guerre de 14 ? Avec ou sans, c'était la mobilisation générale dans un contexte militaro-nationaliste exacerbé. ‘ On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. ’

        ‘d'encadrement militaire des jeunes,’
        L'encadrement militaire dont il est question concerne les (jeunes) délinquants qui doivent aller en prison. Vous déformez, et vous préférez la prison, donc. La meilleure école du crime.

        Moi, je pense que tout doit être essayé pour améliorer les choses. Si ça ne marche pas, on arrête.

         
        • Bernard Girard
          Bernard Girard répond à yabon
          Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
          • Posté à 17h33 le 03/09/2010
          • Expert
            Enseignant blogueur

          Le service militaire, « fondement de la république et héritage de la Révolution » ? La guillotine aussi est un héritage de la Révolution ainsi que les guerres interminables dans lesquelles la France porte la plus grande part de responsabilité. Il faut arrêter de faire parler les morts : personne n'a envie de mourir à 20 ans, c'est un mensonge.

          L'encadrement militaire, dites-vous, vaut mieux que la prison : mais quelle différence entre une caserne dont on n'a pas le droit de sortir et la prison ?

          « Tout essayer pour améliorer les choses », écrivez-vous : certes, mais ce n'est pas ce que dit Royal. Pour elle, je la cite, l'encadrement militaire est le moyen le plus sûr de lutter contre l'insécurité...

          • yabon
            yabon répond à Bernard Girard
            Klingon
            • Posté à 21h06 le 03/09/2010
            • Internaute
              Klingon

            « La guillotine aussi est un héritage de la Révolution »

            Et ce fût un progrès. Avant c'était la hache pour les nobles, la roue pour les autres, le bucher pour les femmes.

            « ainsi que les guerres interminables dans lesquelles la France porte la plus grande part de responsabilité. “

            Il n'y avait pas de guerres avant la Révolution ? Le principe de la conscription était de casser les milices aux ordres de quelques barons, ducs, rois et autres ecclésiastiques.

            ‘mais quelle différence entre une caserne dont on n'a pas le droit de sortir et la prison ? ’

            Faudrait-il faire un sondage auprès des (primo) prisonniers ? Vous connaissez l'état de notre justice et de nos prisons ?

            ‘Pour elle, je la cite, l'encadrement militaire est le moyen le plus sûr de lutter contre l'insécurité...’

            Alors là, je veux voir, lire ou entendre.

            Par contre, l'armée de ‘métier’ n'a pas l'air de vous choquer... Pourtant, je doute qu'avec la conscription, après le Viêt Nam, les USA auraient fait toutes les conneries qui ont suivi.

            ‘ On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. ’
            Anatole France spéciale dédicace à GW Bush & Ben Laden

        2 autres commentaires
    • Lictor
      Lictor répond à Asse42-
      • Posté à 09h42 le 03/09/2010

      Bof. Vous avez fait votre service militaire, vous ? Personnellement, la capacité des militaires à encadrer quoi que ce soit, j'y crois moyen...
      Quand je vois le bordel que c'était pour faire la moindre chose un peu compliquée (couper des cheveux, habiller des gens, faire marcher plus de 20 personnes) avec des gens plutôt dociles (étudiants sursitaires), je n'ose pas imaginer le bordel avec des petits caïds... D'ailleurs, le seul type correspondant vaguement au profil (super gentil en fait, mais taillé comme Mike Tyson) pendant mes classes jouissait d'une impunité quasi-totale : autorisation de faire le clown, d'appeler tout le monde « msieur »...

      En plus, votre encadrement, vous allez le faire avec quels militaires ? Ceux qui sont en Afghanistan ? La Légion ? Parce que si vous comptez sur les militaires qui sont actuellement dans les bureaux, vous pouvez oublier tout de suite, ils étaient à peine capables d'encadrer des scientifiques du contingent...

  • mamouchk
    mamouchk
    khâgneux³
    • Posté à 20h50 le 02/09/2010
    • Internaute
      khâgneux³

    Une fois de plus un pamphlet grandiose dans sa médiocrité contre la politique de Nicolas Sarkozy. Tout est bon pour le flinguer.
    L'enveloppe octroyée embête et vous vous apeurez quand il est question de mécénat...
    Je trouve cette initiative éducative bonne, bien meilleure que les établissements « en essais » à la sauce soixante-huitarde - avec une pseudo auto-gestion - initiés par la gauche qui produit des chômeurs et des artistes râtés.

    • dad-ô-space
      dad-ô-space répond à mamouchk
      • Posté à 22h49 le 02/09/2010

      Bravo pour cet éloge panégyrique d'une politique élitiste à souhait.
      Qui vous dit que ces établissements couteux ne sont pas autant une gabegie qu'un ressort politicien pour un pouvoir sans idées ?
      Le coup de com est d'une telle évidence qu'il est quand même étonnant que vous n'en fussiez pas atterré !

      L'objectif est bien sûr de démanteler au fur et à mesure l'école publique qui, pour vous, est un repère de gauchistes invétérés. Cependant, on ne peut s'empêcher de penser que dans cette politique du favoritisme et de la méritocratie, les jeunes réellement en difficulté seront mis sur le pas de la réussite et de la réinsertion .
      Le désamour de Naboléon pour l'enseignement public n'est que le penchant de ce personnage de fournir à ses amis financiers toutes les clés des aspects sociaux de notre société, ceci n'étant qu'un investissement à court terme dédié à une politique spectacle.

      Et puis, pensez-vous que sur le marché du travail, ces jeunes dits « méritants » pourront facilement s'intégrer en s'appelant mohamed ou diouf ? Le problème, n'est à la rigueur pas l'enseignement mais plutôt l'après !

      En tout cas, nous n'avons rien vu de l'efficience de ces établissements, alors, avant d'applaudir, modérez quelque peu votre enthousiasme pédant.

      • Guillaume H.
        Guillaume H. répond à dad-ô-space
        chimiste
        • Posté à 02h17 le 03/09/2010
        • Internaute
          chimiste

        Commentaire fort intéressant et de plus, j'ai appris un mot, je peux me coucher tranquille...merci !

      • mamouchk
        mamouchk répond à dad-ô-space
        khâgneux³
        • Posté à 15h08 le 03/09/2010
        • Internaute
          khâgneux³

        Pas d'enthousiasme pédant. Un simple enthousiasme, comme je l'ai dit plus bas, c'est la création à échelle nationale de ce qui se fait à plus grande échelle - les CPES - comme à Henri IV par exemple.

        'Et puis, pensez-vous que sur le marché du travail, ces jeunes dits « méritants » pourront facilement s'intégrer en s'appelant mohamed ou diouf ? Le problème, n'est à la rigueur pas l'enseignement mais plutôt l'après ! '
        Là-dessus vous avez totalement raison, mais l'école n'y peut rien.
        En revanche le problème n'est pas l'après, c'est aux parents d'y penser : en France on porte un prénom français pour se solidariser de son corps national - on peut toujours avoir le nom, qui lui reste à consonnance étrangère mais cela montre déjà un effort d'intégration.
        Mes grands-parents s'appelaient Domenico et Rosa, ils ont émigré en France, ils ont acquis la nationalité français et ont vécu jusqu'à la fin de leur vie en s'appelant Dominique et Rose comme des milliers de migrants européens et juifs séfarades... Mais en islam cela ne se passe pas comme ça, enfin...ces considérations nous emmènent bien loin du sujet !

    • emiboot
      emiboot répond à mamouchk
      frite lance
      • Posté à 22h53 le 02/09/2010
      • Internaute
        frite lance

      Inutile de creuser pour le flinguer : il fait très bien le boulot tout seul. Lui ou un de ses ministres.
      Et puis c'est sûr, une belle leçon : actuellement 25 à 30 élèves par classe au minimum, pas assez de cadre de partout, ni de matos pédagogique, ni d'écoute, ni d'infirmière, ni de psy, éradication des classes RAZED (les biens nommées), manque d'effectif chez les pions qui promettent des sorties de cours funky, et là, dans ce lieu là, juste le double voir le triple de moyen que ce qu'on trouve PARTOUT ailleurs. Une grande loi de la république : élitisme, égoïsme et mauvaise foi.
      Ils sont partis pour en aider 20 000. Et ils choisissent d'abandonner tous les autres.

      • jck
        jck répond à emiboot
        • Posté à 09h58 le 03/09/2010
        • Internaute

        Je pense qu'on pourrait se contenter d'en prendre un seul et lui mettre 30 profs particuliers. Ensuite celui-ci devient directement secrétaire d'Etat. Y'en a pas besoin de 36 non plus !

    • resistance citoyenne
      • Posté à 03h09 le 03/09/2010

      He le kagneux ! ! ! toi le sage éclairé, tu auras remarque le taux d'encadrement en adulte et en prof....ben c justement des mesures de gauche... Mais la gauche elle, elle souhaiterait que ce soit tout lemonde qui puisse apprendre dans de telles conditions...

      Mais si on parle budget, là , y'a plus personne...

      Donc encore un truc pour 3 privilégiés supportés par tous les autres ! Donc c'est bien des methodes a la sarkozy

      Je vois pas en quoi c'est un pamphlet .. Toi t'es pour des boites a bac axxeptant le mecenat, bien sur pour combler les budgets de ces établissements dejà surdotés...

      Ca ressemble aux jeunesses hitleriennes ce truc là... Un lupen prolétariat tout devoué à la cause du chef... Et là désolé mais je refuse le point godwin, parce que le seul exemple qu'on connaisse c'est encore celui là...

      • FDCraie
        FDCraie répond à resistance citoyenne
        Debout
        • Posté à 13h55 le 03/09/2010
        • Internaute
          Debout

        Et un godwin tant que vous ne m'aurez pas montré que mein kampf est au programme de philosophie et que les enseignants font partie de la wafen SS...

        Faut arrêter le délire, que vous soyez contre c'est votre droit que vous racontiez n'importe quoi c'est plus discutable....

        On pourrait pas dans cette rue en finir une bonne fois pour toute avec ces débilités stériles du genre
        « Dans l'Allemagne nazi, le soleil se levait et se couchait....
        Aujourd'hui, en France, c'est pareil ! “ C'est bien ce que je vous dis nous revoilà en 33 ! ”

      • mamouchk
        mamouchk répond à resistance citoyenne
        khâgneux³
        • Posté à 14h51 le 03/09/2010
        • Internaute
          khâgneux³

        Ne soyez pas trop dithyrambique à mon endroit dans votre condescendance.

        'He le kagneux ! ! ! toi le sage éclairé, tu auras remarque le taux d'encadrement en adulte et en prof....ben c justement des mesures de gauche'
        Quel taux d'encadrement ? en khâgne ? - si c'est le cas, vous ne savez pas ce que vous dites. Si ce n'est pas pour ça, mea culpa.

        Si on parlait budget ?
        D'accord.
        Loi Pécresse : octroi de 5 milliards supplémentaires aux universités sur 3 asn, soit 50% de moyens supplémentaires.
        Depuis que Nicolas Sarkozy est président de la République le budget de l'Éducation national évolue comme suit :
        Il est passé de €58,8 M en 2007 à €60,8 M en 2010, soit une hausse de (à vos calculatrices messieurs) 4,3% !
        Ne me sortez pas qu'il était de €65 M en 2005 car cela était le budget global de l'éducation avant que deux missions soient crées - Enseignement scolaire et Enseignement supérieur et recherche - ce qui, par comparaison porterait le chiffre global en 2010 à environ €90 M(60,8 M + 29,172 M)

        'Les méthodes à la Sarkozy » que vous décriez sont les valeurs méritocratiques de notre société que, en effet la gauche a du mal à faire valoir !
        L'internat d'excellence c'est déjà plus ou moins ce qui se fait par l'intermédiaire des CPES à grande échelle - dans certains lycées.

        'Toi t'es pour des boites a bac axxeptant le mecenat, bien sur pour combler les budgets de ces établissements dejà surdotés'
        Ma foi non, ce sont tous les établissements scolaires qui sont devenus des boîtes à bac, c'est un examen qu'on donne ridiculement, et le niveau plonge chaque année.
        Autre point, celui du mécénat d'entreprise. À quoi sert l'école ? À s'insérer dans la société et cela se fait prioritairement par le travail. Une présence de l'entreprise dans les lycées amènerait une professionnalisation plus précoce des filières, ce qui éviterait indubitablement de trop nombreux élèves à s'embourber dans des études humanistes ou linguistes qui offrent peu de débouchés professionnels si l'on exclut la fonction publique - principalement CAPES et Agrégation.

        La comparaison aux jeunesses hitlériennes est tellement basse, grotesque et témoigne d'un extrémiste si doxique de votre part que je ne prendrai pas la peine de la commenter.

    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à mamouchk
      Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
      • Posté à 06h44 le 03/09/2010
      • Expert
        Enseignant blogueur

      Mai 68, ça commence à faire bien loin pour expliquer les problèmes de l'heure ; par contre, l'école UMP, ça fait 8 ans qu'on la vit tous les jours au quotidien.

      • mamouchk
        mamouchk répond à Bernard Girard
        khâgneux³
        • Posté à 13h42 le 03/09/2010
        • Internaute
          khâgneux³

        L'école UMP comme vous dites est en place par le jeu de la démocratie, ne vous en déplaise. Alors, ça commence à bien faire pour vous, pour d'autres certes, mais pas pour tous ! Mai 68, c'est l'héritage nocif que portent trop de profs - heureusement en fin de carrière.

         
        • Bernard Girard
          Bernard Girard répond à mamouchk
          Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
          • Posté à 17h40 le 03/09/2010
          • Expert
            Enseignant blogueur

          La concertation, le dialogue, l'échange, le débat, la, prise en compte de l'autre, le respect de l'expertise, sont aussi une composante de la démocratie. Pourquoi autant de problèmes ces dernières années, sinon parce que les ministres en charge de l'éducation - Darcos surtout - ont voulu jouer les petits chefs, décidant de tout dans le plus grand désordre, avec le plus grand mépris pour les acteurs de l'éducation. Résultat : la pagaille.

          Pour ce qui est de Mai 68, je vous assure que, personnellement, je ne me sens pas concerné.

        1 autres commentaires
    • le Sneak
      le Sneak répond à mamouchk
      • Posté à 15h55 le 03/09/2010

      Merci pour cet opinion fort bien argumentée, au moins nous sommes tous bien informés des motifs de votre satisfaction quant à l'initiative du Président (ou pas). C'est rafraichissant de voir que vous ne venez pas juste pour balancer deux trois insultes moisies contre ceux qui ont l'affront de penser différemment, mais je me dois de vous faire remarquer que vous oubliez l'obligatoire paragraphe contre Mitterrand et les socialistes des 80's, mention indispensable pour être considéré comme un authentique troll de droite.

  • FDCraie
    FDCraie
    Debout
    • Posté à 20h57 le 02/09/2010
    • Internaute
      Debout

    Bon Bernard va dire que je m'acharne mais ce n'est pas le cas....

    En fait vous avez raison dans les travers que vous soulevez mais ceci dit l'idée de fond n'est pas forcément mauvaise.

    Si elle permet, à petit echelle pour le moment, de donner des chances réelles à des éléves qui ne les auraient pas forcément ce n'est pas tout à fait un mal. Et proner le nivellement par le bas comme c'est le cas depuis bien longtemps n'a pas fait ces preuves...Une autre approche n'est donc pas forcément dénuée de sens

    Alors certes on va me retorquer qu'en termes d'égalité des chances ce n'est pas la panacée mais encore une fois si ça permet d'offrir de nouvelles possibilités à ceux qui veulent apprendre et avancer pourquoi pas.

    Donc bon un peu d'optimisme et une analyse des points qu'on pourraient retenir ou améliorer ça aurait pu enrichir l'article...Interessant par ailleurs

    Mais ce n'est que mon avis !

    • zzzut
      zzzut répond à FDCraie
      • Posté à 11h07 le 03/09/2010

      justement, l'idée de fond de ces internats d'excellence est incroyablement mauvaise et une démission totale de la république : depuis quand on sort les « méritants » du lot pour laisser les justes normaux dans leur panade ? je vous signale que le principe de l'éducation nationale c'est tous les mêmes chances, tous ensembles et c'est ceux qui foutent la merde qui sont doivent être éloignés et pris en charge, avec comme amibition une réintégration du système pour leur bénéfice et celui des autres. ces internats signalent simplement que l'Etat baisse les bras devant les difficultés et renonce à assurer ses missions à l'égard du plus grand nombre pour choyer quelques dizaines de personnes qui, comme le fait remarquer l'auteur, ont de toutes façon plus de chance de s'en sortir qu'une bonne partie de leurs condisciples.

      • Beaubo
        Beaubo répond à zzzut
        • Posté à 13h28 le 03/09/2010

        Ok, éloignons et prenons en charge ceux qui foutent la merde dans une structure à part. On appellera ça comment : centre de rééducation, prison ? !

        Vous préconisez une vraie politique de droite à la Sarkosy quoi !

         
        • zzzut
          zzzut répond à Beaubo
          • Posté à 14h27 le 03/09/2010

          tout à fait, manifestement, vous réflechissez quand vous lisez, vous. d'ailleurs, c'est pour rester politiquement correcte que je ne proposais pas de les piquer directement.
          ps : « the wire », saison 4, par exemple. c'est de la fiction, certes, mais ça répondra à votre binarité simpliste.

        1 autres commentaires
      • FDCraie
        FDCraie répond à zzzut
        Debout
        • Posté à 13h42 le 03/09/2010
        • Internaute
          Debout

        Encore une fois vous avez raison sur l'aspect égalitaire. Mais c'est un brin utopique.

        Si j'ose une comparaison malheureuse (à ne prendre que dans un sens illustratif) ça ressemble pour moi à des établissements de l'enseignement privés, mais sans la nécessité des ressources financière. Ce qui au bout du compte, et à mon sens encore une fois me semble être une bonne chose.

        Qui plus est votre assertion, qui reprend celle de l'auteur, est fausse, ils n'ont pas « plus de chance » de réussir car pour le moment on aura tendance à essayer de mettre à niveau les plus en retard et pas à pousser les meilleurs. Résultat des courses on n'a même pas des moyens....

        Donc encore une fois, c'est une idée, pourquoi ne pas lui donner sa chance et analyser le résultat, le parcours des élèves, et les évolutions possibles ?

         
        • zzzut
          zzzut répond à FDCraie
          • Posté à 14h22 le 03/09/2010

          pourquoi ne pas donner sa chance à ce type d'établissement ? parce que c'est accepter la fuite en avant et le rennoncement aux valeurs républicaines. on connait le principe : on commence par un petit renoncement et puis, en quelques années, tout est démantelé.
          bref, le problème existe mais la question est mauvaise et la réponse plus encore. la question est : comment permettre à l'école de remplir ses missions ? et pas comment permettre à quelques uns, fussent-ils extremement méritants, de s'en sortir.
          y'en a marre de se faire taxer d'angélisme et d'utopisme en permanence par ceux (et je ne dis pas ça spécialement pour vous, mais plutôt pour notre cher gouvernement) qui ont renoncé à réfléchir, à penser la société d'une façon globale et à mettre en oeuvre des vraies réformes, pas seulement des mesures ponctuelles.
          en fait, pour le gouvernement il ne s'agit pas d'un renoncement mais bien de l'application d'une idéologie (même si ce gros mot leur déplait) qui est aussi une construction purement intellectuelle, au même titre que « mon utopie républicaine ». leur idéologie c'est le néo-libéralisme, en clair l'individualisme contre la construction d'une société pour tous.
          les internats d'exellence c'est exactement ça : aider quelques individualités, repérées comme telles, et abandonner le reste plutôt que s'appuyer sur les capacités de chacun pour l'avantage de tous. schématiquement, au lieu d'aider les meilleurs à dynamiser les plus faibles, on les éloigne d'une possible contagion. ghéttoïsation et atomisation de la société.
          prétendre que ce que je dis relève de l'utopie, c'est croire que le néo-libéralisme est aussi naturel et inévitable au fonctionnement du monde que la respiration pour notre corps.

          • FDCraie
            FDCraie répond à zzzut
            Debout
            • Posté à 14h49 le 03/09/2010
            • Internaute
              Debout

            Bon je pense que je vous ai froissé avec l'utopie que j'employais plutôt comme une généralité sur le concept d'égalité que comme une critique à votre égard. Désolé donc.

            Je suis contre le neo libéralisme et la course aux profits indépendamment des valeurs humaines (ça aussi c'est de l'utopie, mais ça fait du bien). Ceci dit quand vous avec un gros problème soit vous essayez de le résoudre d'un seul coup soit, vous l'attaquez sur plusieurs fronts en faisant des essais.

            La seconde méthode me semble plus réaliste que la première, c'est pour ça qu'encore une fois je ne dis pas que c'est LA solution qui va tout résoudre, c'est une piste, sur un terrain, ça peut donner des résultats même s'il y'a du travail ailleurs.

            Mais ce n'est que mon avis, je ne suis pas un « ardent défenseur de la politique gouvernementale ». Je dis simplement qu'au lieu de ne faire que critiquer et démonter on aurait peut être besoin d'essayer de construire et de proposer des choses.

            Rien de plus.

            • zzzut
              zzzut répond à FDCraie
              • Posté à 16h00 le 03/09/2010

              tout à fait d'accord avec vous. dailleurs, ce n'est pas la méthode utilisée par le gouvernement (l'expérimentation) que je conteste, c'est le fond de l'expérimentation, autrement dit le résultat qu'on espère en obtenir. si ces internats fonctionnent, ils ne résoudront pour autant aucun problème, loin de là.
              vous confondez forme et fond, méthode et objectif, tout à fait comme le fait à dessein notre cher gouvernement (je veux pas vous vexer, encore une fois) lorsqu'il nous vante sans cesse ses « réformes » de la police, de la justice, de l'éducation, des retraites... qu'il essaie de faire passer pour des politiques et du contenu. or la réforme on s'en fout si elle ne change rien au fond du problème ou si elle doit empirer les choses. ce qui ne manquera pas d'arriver pour le plus grand nombre avec celle des internats d'excellence.
              la réforme en tant que telle n'est pas un objectif, sinon de communication pour faire semblant qu'on s'attaque au problème.

              • FDCraie
                FDCraie répond à zzzut
                Debout
                • Posté à 17h13 le 03/09/2010
                • Internaute
                  Debout

                « si ces internats fonctionnent, ils ne résoudront pour autant aucun problème, loin de là. »

                Vous en savez donc plus que moi, je m'incline devant vos connaissances....

                « vous confondez forme et fond »
                Je ne pense pas mais vu le ton affirmatif que vous prenez ...
                Le fond est bien de donner des chances à des gens qui sont socialement défavorisés, même en petit nombre, c'est toujours mieux que rien.

                Mais je n'exprimais qu'un avis, et je n'ai pas la force de vos certitudes...

                • zzzut
                  zzzut répond à FDCraie
                  • Posté à 19h04 le 03/09/2010

                  je ne vois pas en quoi donner une chance à un petit nombre au détriment des autres peut représenter un progrès, ni un « mieux que rien ». parce qu'investir autant dans une formule si sélective en coupant les vivres aux écoles, collèges et lycées qui devront continuer à former la très grande majorité des gamins c'est évacuer le vrai problème, celui du fonctionnement et des moyens de l'éducation nationale et ce n'est pas donner « mieux que rien » à certains, c'est prendre aux autres.

        5 autres commentaires
    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à FDCraie
      Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
      • Posté à 17h42 le 03/09/2010
      • Expert
        Enseignant blogueur

      Si les internats d'excellence permettent de donner leur chance à quelques élèves, tant mieux pour eux, effectivement. Mais ils sont actuellement 2000, sur un total de 12 millions d'élèves. Ces établissements ne peuvent pas être présentés comme une alternative éducative crédible.

  • Daniel Zéro-
    • Posté à 20h58 le 02/09/2010

    Le vocable « excellence » me fout des boutons !

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