Document 02/09/2010 à 13h55

Gens du voyage : la carte des villes dans l'illégalité


La moitié des collectivités locales concernées n'ont pas d'aire d'accueil comme la loi le prévoit. Rue89 s'en est procuré la liste.

C'est une liste que le gouvernement ne veut pas diffuser : celle des communes et communautés de communes qui ne respectent pas l'obligation légale de prévoir un terrain d'accueil pour les gens du voyage. Rue89 l'a obtenue, mais elle date de janvier 2009. Vous allez cependant pouvoir nous aider à l'actualiser.

Après un été polémique associant la question des Roms et la délinquance attribuée aux gens du voyage, le constat est sans appel : 50% des maires de villes de plus de 5 000 habitants n'appliquent pas la loi.

Un simple terrain viabilisé, avec sanitaires et accès à l'eau

Depuis 2000, la loi Besson impose à ces communes la création d'une aire d'accueil réservée aux gens du voyage. Obligation qui peut, dans certains cas, être reportée sur les communautés de communes ou d'agglomération. Une aire d'accueil ? En fait, un simple terrain viabilisé, avec sanitaires et accès à l'eau et à l'électricité, dont la construction est en partie financée par l'Etat et dont l'usage est facturé aux occupants.

La liste des « défaillants » que Rue89 s'est procurée comptait 361 communes et 173 communautés de communes ou d'agglomération.

Elle confirme ce que personne ne conteste, ni les politiques, ni les associations : les 400 000 gens du voyage présents sur le territoire (pour la plupart Français) n'ont pas assez de lieux où vivre.



Plein écran


Laurent Elghozi (DR)

Pour Laurent Elghozi, le président de la Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les Tsiganes et les Gens du voyage (Fnasat), cette liste corrobore le constat des associations :

« Depuis la loi Besson, l'objectif c'est 42 000 places prévues dans l'ensemble des schémas départementaux. Aujourd'hui, environ 24 000 places sont financées par l'Etat. Elles existent sur le papier, mais cela ne veut pas dire qu'elles sont réalisées.

Fin 2009, les caisses d'allocations familiales, qui accordent une aide de 130 euros par mois et par place, ont versé l'équivalent de 14 500 places. On est donc à moins d'un tiers de l'objectif que l'on s'est fixé.

Concrètement, les élus ne respectent pas la loi et les préfets ne font pas appliquer la loi. Le ministère de l'Intérieur est le premier coupable. »

Il faut dire que, contrairement à la loi SRU qui impose des sanctions financières aux collectivités locales ne remplissant pas leurs obligations en matière de logement social, les élus dans l'illégalité ne risquent aucune amende ici. La loi n'en prévoit tout simplement pas !

Une carte qui comporte des zones d'ombre

Sollicité par Rue89, le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, n'a pas répondu aux questions soulevées par cette liste, qui comportait pas mal de lacunes.

Julien Martin et David Servenay (avec Sophie Verney-Caillat)

Addendum le 3/9 à 20 heures. Vous avez été très nombreux à nous avoir signalé des erreurs ou des omissions sur la carte publiée : 462 réponses reçues en trente-six heures. Nous sommes en train de prendre en compte tous vos messages, une bonne partie a déjà été traitée. Vous pouvez toujours nous contacter pour d'autres compléments.

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  • TheProuT
    • Posté à 14h35 le 02/09/2010

    On se calme voyons.

    Un petit tour a la faq :

    En quoi ce site diffère-t-il des autres ?
    C'est une manière d'informer qui repose sur la coproduction de contenus entre des journalistes, des experts, des passionnés, des témoins, des blogueurs et tous les visiteurs du site

    Relisez donc le début de cet article :

    « C'est une liste que le gouvernement ne veut pas diffuser : celle des communes et communautés de communes qui ne respectent pas l'obligation légale de prévoir un terrain d'accueil pour les gens du voyage. Rue89 l'a obtenue, mais elle date de janvier 2009. Vous allez cependant pouvoir nous aider à l'actualiser. »

    Votre indignation est surjoué et betement agressive envers l'équipe du site.
    Rue89 n'est pas a l'origine de cette carte, bien consciente qu'elle n'est pas a jour et demande l'aide de ses lecteurs afin de la rendre plus complette (verifier l'exactitude de toute l'information, sans en faitre appel au internautes, etant une tache qui demanderait des moyens que rue89 n'a pas)

    Calmez vous donc, apportez votre pierre a l'édifice afin de réparer cette « honteuse » erreur et n'essayez pas de lancer une polémique aussi stupide que : « C'est quoi cet appel à la délation ? ? ? ! ! ! »

  • Alcide Nikopol
    • Posté à 16h14 le 02/09/2010

    Est-il besoin de le préciser la loi Besson est attribuée à Louis Besson et non Eric.

    Au passage, que Dieu nous protège d'une loi Eric Besson...

    cette loi donc dit ceci :
    « Garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l'ensemble de la nation. Toute personne éprouvant des difficultés particulières, en raison notamment de l'inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d'existence, a droit à une aide de la collectivité, dans les conditions fixées par la présente loi, pour accéder à un logement décent et indépendant et s'y maintenir. »

    C'était sympa les années 90, on pouvait utiliser des mots comme « solidarité » dans les textes de loi.

  • Firmin
    Firmin
    employé du mois
    • Posté à 16h26 le 02/09/2010
    • Internaute
      employé du mois

    Mais qu'attendons-nous pour renvoyer ces villes dans leur pays ?

  • citrouille
    citrouille
    gerboulade permanente
    • Posté à 17h05 le 02/09/2010
    • Internaute
      gerboulade permanente

    ATTENTION : la loi BESSON, c'est pas Eric, hein, c'est le BESSON de gauche, LOUIS, comme le rappelle Me Eolas dans son excellent post sur les Rroms : Lien.
    Ne pas mélanger serviettes et serpillieres.

  • pima
    pima
    assis sur ses fesses
    • Posté à 21h08 le 02/09/2010
    • Internaute
      assis sur ses fesses

    attention : certains schémas départementaux sont en cours de refonte.
    deplus, si des travaux sont commencés, ils ne signifient pas terminés.
    enfin, l'état finance 50 % à hauteur d'un certain plafond.
    dernier point : s'il n'y a pas d'amende, il faut savoir que les collectivités se retrouvant dans l'obligation de réaliser des équipements ont un délai (2 ans après approbation du schém). passé ce délai, l'état peut réaliser et faire payer à la collectivité la totalité des investissements. d'accord, ça ne s'est jamais vu.
    enfin, en cas de non respect du schéma, l'état n'intervient pas sur les stationnements sauvages de caravanes

  • lili67
    • Posté à 13h15 le 03/09/2010

    je suis d'accord avec toutes les personnes scandalisées à la vue de cette carte... notamment parce que ce ne sont pas toujours les communes les plus riches qui jouent le mieux cette carte de la solidarité...

    Pour autant, parce que je suis souvent au contact d'élus ruraux, je sais que l'installation d'un terrain d'accueil pour les gens du voyage n'est pas toujours évidente dans une petite commune...

    D'abord parce que, même s'il ne s'agit « que d'un terrain viabilisé », ça coûte cher. Pour une commune de 6000 habitants, ce n'est pas rien. ca veut dire, concrètement, que la réfection de la bibilothèque devra attendre, ou que telle rue restera sans trottoir. Cela il faut l'expliquer aux habitants...

    Ensuite parce qu'il faut trouver l'emplacement. En général, tous ceux qui poussent des hauts cris en voyant cette carte sont les premiers à exiger que le terrain soit installé le plus loin possible de chez eux... J'ai suivi comme ça plusieurs dossiers, où la construction a été repoussée, sur demande des futurs riverains.

    3e point : les élus de communes, a fortiori les petites communes à faibles moyens, estiment que ce n'est pas au contribuable local de payer pour une « problématique » (je ne dis pas pb) qui devrait revenir à l'Etat... Que le préfet, qui devrait trancher, joue rarement son rôle d'arbitre, et laisse plutôt les élus se colletiner les situations, alors qu'ils ont déjà les pb de la commune à gérer... Bref, ils ont un peu l'impression de se faire avoir dans tous les sens... D'où leur mauvaise volonté...
    D'autre part, rares sont les petites communes qui ont l'idée et les moyens de mettre en place autre chose qu'un simple terrain de camping, càd une action sociale, ou un encadrement culturel, ou que sais-je encore, pour faire en sorte que le passage des gens du voyage se passe le mieux possible... Du coup on arrive au discours « de toute façon, ils vont tout casser ce qu'on leur a fait... au moindre toilette pété, je ferme le terrain, ils iront ailleurs et on pourra rien me dire »...(entendu en CM)

    Bref... C'est bien plus complqiué qu'appliquer une loi, même quand tout le monde pense qu'elle est utile et nécessaire...