A débattre 13/08/2010 à 19h12

Juppé contre Sarkozy : « Notre pays n'est pas à feu et à sang »

Marie Telling | Rue89


Nicolas Sarkozy et Alain Juppé à Bordeaux, le 4 juin 2009 (Philippe Wojazer/Reuters).

Face à la résurgence du débat sécuritaire, beaucoup attendaient les réactions des membres de l’UMP les moins enthousiastes sur le raidissement décidé par l’Elysée, et qui sont pour la plupart restés remarquablement silencieux. C’est chose faite pour ce qui est d’Alain Juppé : dans un post publié mercredi sur son blog, le maire de Bordeaux met en garde contre les lois de « pure circonstance » et appelle à « moins d’idéologie » et « plus de pragmatisme ».

Depuis plusieurs mois, l’ancien Premier ministre fait preuve d’un esprit critique face à la politique de Nicolas Sarkozy, une distance qui lui avait largement fait défaut au lendemain de l’élection présidentielle (il avait d’ailleurs participé au rapport sur le grand emprunt avec Michel Rocard). Tandis qu’en 2007, il qualifiait le discours de rupture du Président de « salutaire », trois ans plus tard, en avril, il lâche dans une interview au Monde :

« Je ne crois pas à la rupture. Je n’y ai jamais cru. »

Contrairement à Dominique de Villepin qui donne plutôt dans la critique virulente, Alain Juppé construit un discours de « douce opposition » à Nicolas Sarkozy.

En décembre 2009, il critiquait le débat sur l’identité nationale lancé par le gouvernement et déclarait alors :

« Je crois qu’on élude la vraie question, qui est de savoir si la France reste fidèle à sa tradition d’accueil ou pas. Elle a toujours été un pays d’immigration [...].

Aujourd’hui, quelle est la capacité d’accueil de la société française vis-à-vis de ceux qui la rejoignent, en particulier des musulmans ? C’est cela la vraie question. »

Plus récemment, il affirmait au sujet de l’affaire Woerth :

« Il est certain que la situation qui l’amène à cumuler son poste de ministre et celui de trésorier de l’UMP peut créer des difficultés, je pense qu’il devrait clarifier les choses sur ce plan-là. »

« Des exagérations »

Dans sa note intitulée « Retour aux fondamentaux », Juppé s’attaque aux récents débats sur la sécurité. Selon lui, « notre pays n’est pas à feu et à sang », même s’il existe « des zones de non-droit où les lois sont bafouées et où la police hésite à pénétrer ». Au sujet du débat sur la déchéance de nationalité des délinquants d’origine étrangère, il déclare :

« Je rappellerais volontiers [...] cette belle maxime de Montesquieu : “Quand il n’est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire.”

La priorité sécuritaire ne doit pas non plus conduire à des exagérations, peu compatibles avec nos valeurs fondamentales. »

En avril, Alain Juppé affirmait au Monde qu’il serait candidat en 2012 en cas de primaires. Il semblerait que sa campagne se construit pas à pas.

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  • AssistaLand
    AssistaLand
    Consultant
    • Posté à 19h31 le 13/08/2010
    • Internaute 122482
      Consultant

    Pour les seuls faits de citer Montesquieu et d’avoir soutenu la TVA sociale il meriterait de gouverner ce pays de veaux.
    D’ailleurs son attitude etait peut-etre arrogante mais en 1996 il avait raison. Enfin je voterais n’emporte qui rendrait le deficit public anticostitutionnel avec obligation de demission du gouvernement incapable de le respecter et remboursement de toutes les remunerations perçues.

  • thierry reboud
    • Posté à 19h37 le 13/08/2010
    • Internaute 20923

    Pas con, Juppé : il a donné assez de gages, il a attendu le bon moment, et vlan, la baffe. Contre Sarkozy, ça peut être beaucoup plus dévastateur que Villepin, à qui colle une image (méritée) de sarkophobe de la première heure.

  • xavier-xavier
    xavier-xavier
    muntagnolu
    • Posté à 20h16 le 13/08/2010
    • Internaute 23086
      muntagnolu

    Nombre de commentaires ne voient dans ces déclarations d’Alain Juppé qu’un positionnement tactique en vue des prochaines élections présidentielles.
    C’est peut-être un tort. On ne peut pas écarter l’idée qu’il existe encore une droite républicaine, héritière notamment du gaullisme, attachée à des valeurs que piétine le sarkozysme.

  • penabranca
    • Posté à 11h38 le 14/08/2010
    • Internaute 62583

    Qu’est-ce qu’il m’énerve le juppé avec ses positions feutrées ! Critiquer sans critiquer, reprocher sans reprocher...il a l’intention de gouverner sans gouverner ?

  • Bernard Gensane
    Bernard Gensane
    Retraité de l'Éducation (...)
    • Posté à 12h13 le 14/08/2010
    • Internaute 84023
      Retraité de l'Éducation (...)

    Si Juppé a retourné sa veste à propos de la rupture, il peut faire de même sur la politique sécuritaire. N’oublions jamais que Juppé est un ancien élève de Chirac (comme Sarkozy, d’ailleurs).

  • clozedor
    clozedor répond à mauser
    • Posté à 12h36 le 14/08/2010
    • Internaute 112179

    J’ai très mal à la tête tout à coup.
    Résumons nous.
    Ya des candidats déja partis : Copé, Bertrand.
    Ya un légitime, mais un peu mal : Sarko
    Ya un bon samaritain prêt à y alller : Fillon
    Ya un prince félon mais qu’ira pas : Villepin.
    Et maintenant : y aurait Jupé en embuscade ?
    Pour 2012 ou 2017 ?