A la une 02/08/2010 à 20h31

Carte d'Europe de la déchéance de nationalité


Les propositions de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux sont plus sévères que ce que prévoient la plupart des pays européens.

Le Président propose que « toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police ou d’un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique » soit déchue de sa nationalité française.

Son ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux veut étendre les possibilités de déchéance « en cas d’excision, de traite d’êtres humains ou d’actes de délinquance grave ». Cette surenchère est inédite en Europe.

La plupart des pays européens possèdent un arsenal juridique assez équivalent en la matière. Et aucun pour être aussi extensif que Brice Hortefeux.

« Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité »

La Convention de la nationalité du Conseil de l’Europe (1997), ratifiée par vingt pays -la France n’en est que signataire- stipule :

« Article 4. [...] Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité.

Article 5. [...] Chaque Etat partie doit être guidé par le principe de la non-discrimination entre ses ressortissants, qu’ils soient ressortissants à la naissance ou aient acquis leur nationalité ultérieurement. »

Trahison, fraude, résidence permanente à l’étranger et adoption

La déchéance -retirer sa nationalité à un citoyen coupable d’actes déloyaux, la
« perte de nationalité » étant une procédure active- est strictement encadrée en Europe. Les situations suivantes peuvent mener à la perte ou à la déchéance de sa nationalité :

  • l’abandon volontaire de sa nationalité ;
  • la trahison, l’atteinte à la sûreté de l’Etat ;
  • l’interdiction dans certains pays d’avoir la double nationalité ;
  • pour une personne naturalisée, la résidence permanente à l’étranger ;
  • pour une personne naturalisée, la fraude lors de la procédure ;
  • le service militaire ou l’occupation d’un poste de fonctionnaire à l’étranger ;
  • pour un enfant, lorsque celui-ci acquiert la nationalité étrangère de l’un ou de ses deux parents adoptifs.

La carte suivante indique les particularités propres à chaque pays, selon les données de l’European University Institute.

Afficher Déchéances de nationalité sur une carte plus grande

Le Royaume-Uni a connu le cas le plus récent de déchéance de nationalité. L’espionne russe Anna Chapman a été déchue de sa nationalité britannique à la fin du mois de juillet. Agée de 28 ans, la jeune femme a été renvoyée à Moscou. En 2003, c’est à l’imam islamiste Abou Hamza que le passeport britannique a été retiré.

En Belgique, la nationalité est retirée en cas de manquement grave aux devoirs de citoyen. Conformément à l’article 23 du code de la nationalité belge, elle n’affecte que les personnes ayant acquis la nationalité après leur naissance.

Organisée par le ministère public, la déchéance concerne notamment les personnes condamnées pour terrorisme. C’est le cas de Mohamed R’ha, Belge d’origine marocaine, ex-détenu de la base Guantanamo.

En Suisse, la citoyenneté peut être retirée aux citoyens de double nationalité dont la conduite porte atteinte aux intérêts et au renom du pays, en application de l’article 48 de la loi sur la nationalité. « Par exemple, dans les cas d’un criminel de guerre condamné » explique le site du Département fédéral de police et justice.

En mai , un homme originaire de Turquie a été privé de sa nationalité pour avoir menti lors de sa naturalisation par le tribunal administratif fédéral. Marié avec une Suisse depuis 26 ans, il se rendait quatre fois par an en Turquie où il avait une autre compagne. Dans ce cas, ce n’est pas tant la polygamie qui entraîne la perte de la nationalité -acquise par mariage- mais la fraude mise en œuvre lors de la procédure de naturalisation.

Au Pays-Bas, Geert Wilders vise les « criminels » musulmans

Aux Pays Bas, un amendement a été passé en juin par le ministre de la Justice Ernest Hirsch Ballin pour modifier la loi sur la nationalité néerlandaise. Cette révision redéfinit le retrait de la citoyenneté pour les personnes condamnées pour avoir nui aux intérêts de l’État. La nature des crimes et délits n’est pas explicitement évoquée, mais pourrait correspondre aux actes terroristes et aux atteintes contre la sécurité de l’État, comme l’indique l’Observatoire sur la citoyenneté des démocraties de l’Union européenne (EUDO Citizenship).

Prise à la discrétion du ministère de la Justice, la sanction s’applique uniquement aux personnes possédant une double nationalité, afin de limiter les cas d’apatrides. Le débat sur la nationalité est vif dans ce pays. Geert Wilders, leader de l’extrême droite, réclame le retrait de la nationalité néerlandaise aux « criminels » musulmans.

En Allemagne, le droit du sol remplace celui du sang

En vertu de l’article 16 de leur Constitution, les Allemands, même naturalisés, ne peuvent pas être déchus de leur nationalité sauf en cas d’atteinte grave à la sécurité du pays. Depuis le 1er janvier 2001, le droit du sang est remplacé par le droit du sol, c’est-à-dire qu’un enfant né sur le territoire allemand est allemand.

Toutefois la double nationalité, sauf accord avec d’autres pays, est interdite : 50 000 nouveaux Allemands ont été déchus de leur nouvelle citoyenneté pour n’avoir pas respecté cette règle.

En France, en décembre 2006, un homme poursuivi pour « association de malfaiteurs en vue de préparation d’actes terroristes » a été déchu de sa nationalité. En juin 2008, c’est un imam qui se voit retirer sa nationalité française et expulser suite à « des prêches jugés radicaux ou des comportements susceptibles d’attenter à la sécurité nationale ».

Dans tous les cas, aucun pays européen ne peut ordonner une déchéance si elle a pour résultat l’apatridie.

Zineb Dryef et Céline Vigouroux

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  • Balthazar75
    Balthazar75
    Informaticien
    • Posté à 01h50 le 03/08/2010
    • Internaute 84150
      Informaticien

    Je suis effaré par la bêtise des commentaires que je lis ici.

    Alors je pose et repose la question puisque personne ne me répond jamais :

    Qu’est-ce que ça peut vous foutre que des délinquants soient expulsés et déchus de la nationalité ?

    Qu’est-ce qu’il se passe dans votre crâne pour que vous en soyez arrivés à protester contre ces mesures qui ne visent que des délinquants ?

    Je répète : Il s’agit de délinquants dangereux !

    Car à lire certains comm’ mensongers qui ne font pas la différence, il ne s’agit pas de priver de la nationalité les étrangers honnêtes, mais bien ceux qui, d’une façon ou d’une autre, menacent clairement notre république et n’en partagent pas les valeurs ! !

    A savoir ça : Lien

    Ou ça : Lien

    Ou ça : Lien

    Ou vous vous battez pour que ces types restent Français au nom de Dieu sait quelle ineptie ?

    Vous êtes complètement dingues !

  • manu2005
    manu2005 répond à Balthazar75
    Afghanistan,Lybie, la france (...)
    • Posté à 02h06 le 03/08/2010
    • Internaute 1805
      Afghanistan,Lybie, la france (...)

    C’est une histoire de démocratie, de droit de l’homme, de prévention (à l’opposé de « répression »).
    Un délinquant, ce n’est pas un animal.
    Ça peut même être vous demain, en fonction de la loi.
    C’est sans doute aussi une histoire de racisme.
    Mais, c’est surtout de la poudre aux yeux pendant qu’on vous dépouille.

    Enfin, et pour conclure : il y a déjà une loi qui à déjà prévu, depuis fort longtemps ce type de délits et les sanctions adaptées.
    Renchérir, qui plus est de façon inapplicable, c’est prôner la double peine, spécialement pour les « non d’origine ».
    C’est raciste, anticonstitutionnel, inefficace, et même contre productif.

    Mais encore une fois, le but n’est que de nous distraire... Et ça marche,

  • Cesco
    Cesco répond à Balthazar75
    • Posté à 10h36 le 03/08/2010
    • Internaute 24424

    je suis peut être dingue, mais pas forcément con

    quand tu écris (je cite) « il ne s’agit pas de priver de la nationalité les étrangers honnêtes », va falloir que tu m’expliques comment un étranger peut être privé de nationalité, sauf à considérer que le fait d’acquérir la nationalité ne fait pas de toi un « vrai » français.
    et ça m’en dit beaucoup plus sur toi que n’importe quelle tartuferie basée sur la délinquance bla bla bla

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 18h23 le 03/08/2010
    • 49273
      Petit agité

    Tiens c’est marrant pendant un instant j’ai cru que le Figaro avait repris la même carte que Rue89.

    Mais en fait non.

    Et vous, trouverez-vous les 7 différences ?

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