A LA UNE 28/07/2010 à 21h05

Evacuation brutale de sans-abri à La Courneuve


Les images sont éloquentes : le mercredi 21 juillet, les CRS ont évacué sans ménagement le campement des sans-logis de La Courneuve, qui abritait près de 200 adultes et une cinquantaine d'enfants.

Comme l'a signalé Mediapart en rapportant l'opération, les CRS avaient auparavant veillé à évacuer l'unique journaliste sur place, une photographe de L'Humanité.

Selon Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l'association Droit au logement (DAL), la tension policière est montée depuis l'évacuation déjà houleuse des sans-papiers de Cachan, en 2006.

Si on ne déplore pas de blessés graves cette fois-ci, les vidéos mises à disposition par le DAL témoignent d'une brutalité certaine. (Voir la vidéo)


Mais pour le porte-parole du DAL, placé en garde à vue pour « présence dans une manifestation non-déclarée », c'est bien le manque de discernement des forces de police qui pose problème, au-delà de la violence inévitable que génère une expulsion de sans-abri :

« En 2006, lors de l'expulsion des sans-papiers de Cachan, la police avait tout de même eu la décence de traiter les femmes et les enfants sans brutalité. Mais là, ils n'ont fait aucune différence. Ce n'est pas acceptable. »

La municipalité peu concernée

L'autre différence par rapport à Cachan ou à d'autres évacuations similaires, note-t-il, réside dans l'attitude de la municipalité, qui semblait tout au long de ces quatorze jours peu concernée par le problème :

« Ils n'ont pas voulu mettre de point d'eau à disposition et ont refusé d'abriter les sans-logis dans un gymnase. »

Karamoko Timité, délégué du collectif des expulsés de Balzac et présent ce jour-là, n'a pas entendu les sommations qui auraient précédé la charge des policiers :

« Ça s'est passé très vite. Les jours précédents, certains policiers en civil ou en uniforme étaient venus compter combien nous étions. En fait, nous n'avons vu que la police pendant quatorze jours. »

Ce n'est que le lendemain de l'évacuation que s'est tenue la première réunion entre la préfecture et les sans-logis, après que ces derniers ont été progressivement placés dans des hôtels. Ce jeudi, une nouvelle réunion devrait fixer le sort des sans-abri de la tour de Balzac, dans la cité des 4 000. L'Etat ne s'étant toujours pas déclaré sur le sujet.

  • 17081 visites
  • 251 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Monsieur Cana
    • Posté à 09h08 le 29/07/2010

    Ce ne sont pas vraiment les CRS qui sont choquant car ils font leur boulot (bien qu'il y ait beaucoup a redire sur leurs méthodes) mais l'attitude consternante du gouvernement qui se décharge de ses responsabilités en faisant de la répression.
    Il est loin l'État providence qui accueillait et aidait les plus démunis...

    Répression contrôlée à tout niveau et contrôle de l'information pour qu'elle ne passe pas : ne pas choquer madame et monsieur tout le monde qui, bien assis devant TF1, approuvent généralement ce genre d'intervention (mais là il y a des enfants c'est pas politiquement correct).

    Il y a un gars qui squatte dans mon hall : qui dois je appeler pour le déloger rapidement ? ? ?
    Car c'est l'été : « le bruit et l'odeur » ! ! ! !

  • zoelyon
    • Posté à 09h17 le 29/07/2010

    je suis partagée : oui il y a violence et en 2010 en France, c'est tout à fait choquant !
    mais, oui il y a utilisation des enfants. D'ailleurs, le bébé porté dans le dos de sa maman et sous elle quand elle est ALLONGEE par terre, donc elle est allongée SUR son bébé. comment les policiers auraient-ils pu le voir ?

  • ThePhysicist
    • Posté à 11h14 le 29/07/2010

    J'ai très franchement du mal à être choqué par cette vidéo (ou celle de mediapart) et je trouve dommage que beaucoup confondent opposition à une politique (que l'on peut bien entendu critiquer) et violence policière.

    Les seules « violences » qui ont lieu n'apparaissent que quand les personnes résistent (par exemple sur la vidéo de médiapart celle qui donne des coups de pied aux policiers est allongée sur le dos avec son enfant dans le dos, invisible au début quand elle se fait tirer du groupe).
    Idem sur cette vidéo, celui qui se fait pousser en arrière à la fin se fait ainsi malmené tout simplement car il avance (avec d'autres, donc en groupe) vers des policiers qui sont en train de procéder à une interpellation.

    Les policiers ont pour ordre de procéder à des interpellations de gens qui sont là illégalement, il n'y a pas lieu de résister ou de s'interposer et ces vidéos ne montrent pas d'usage excessif de la violence.

    Ces vidéos sont des mises en scène de la misère des gens pour susciter l'émotion et espérer peser sur l'action politique, c'est lamentable.