Etudes Débiles 21/07/2010 à 12h39

Pourquoi les femmes savent faire plusieurs choses à la fois

Corentin Chrétien | Étudiant


Des danseuses répètent devant la statue de la déesse hindoue Durga, le 3 octobre 2008 à Siliguri (Rupak De Chowdhuri/Reuters).

Les hommes, à l’instar de l’iPhone première génération, ne seraient pas multitâches. C’est la conclusion d’une étude britannique selon laquelle les femmes seraient bien plus douées pour faire plusieurs choses à la fois.

Selon le Daily Telegraph, l’étude porte sur 50 hommes et 50 femmes à qui il a été demandé d’accomplir plusieurs tâches en huit minutes : résoudre un problème mathématique simple, trouver un restaurant sur une carte, chercher une clef et être interrompu par un coup de téléphone pour un test de culture générale.

Les résultats sont sans appel : les hommes sont nuls. Contrairement à eux, les femmes réussissent les quatre tâches sans problèmes et elles y réussissent mieux. « Les femmes sont multiprogrammées », l’idée n’est pas nouvelle.

« Les hommes sont spécialistes et les femmes généralistes »

Joint par téléphone, Serge Ginger, secrétaire général de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse, met en avant les « différences biologiques fondamentales » pour confirmer les résultats de l’expérience :

« Les hommes sont spécialistes et les femmes sont généralistes, car elles utilisent les deux hémisphères du cerveau. Là où les hommes accomplissent très bien une seule tâche, elles feront plusieurs choses à la fois, mais de manière plus superficielle. »

Selon une étude de chercheurs français publiée en avril dans le magazine Science, le cerveau humain n’est pas capable de faire plus de deux choses à la fois, soit une tâche par hémisphère. Une autre étude conduite par des chercheurs en psychologie de l’université de l’Utah affirme que seuls 2,5% des gens sont véritablement bitâches.

La femme voit large, l’homme voit loin

Comment savoir si ces différences d’aptitude au « multitasking » sont le fruit d’une différence biologique ou d’un acquis ? « Compliqué à dire », pour Serge Ginger. Il cite l’un de ses articles et rappelle que les chercheurs séparent l’origine du caractère sexuel en trois tiers :

« Il y a approximativement un tiers héréditaire [...], un tiers congénital, acquis notamment pendant les toutes premières semaines de la vie intra-utérine [...], un tiers acquis. [...] Depuis des milliers d’années, la femme, qui s’occupait du foyer, voit large et l’homme, qui partait à la chasse, voit loin. »

Le reste s’expliquerait par « la sélection naturelle ». La femme se spécialiserait dans les multitâches ménagères et la discussion, pendant que l’homme chasseur apprendrait à s’orienter.

Parmi les quatre tâches demandées, la recherche de clefs et la lecture de carte ont prouvé que les hommes cherchaient moins efficacement que les femmes.

Dans le Daily Telegraph, Keith Laws ne cache pas sa surprise :

« Les hommes sont censés avoir une plus forte perception de l’espace, ils auraient dû battre les femmes sur les tâches de la carte et de la clef. La deuxième demandait une planification et une forme de stratégie.

[Pendant l’expérience] les hommes avaient tendance à chercher aux endroits moins logiques comme le centre du champ [de recherche]. Les femmes avaient tendance à commencer par le coin et chercher en cercles concentriques ou en lignes. »

« Il regarde l’eau bouillir avant d’y mettre les nouilles »

Signalé sur Rue89, l’article du Daily Telegraph a suscité beaucoup de commentaires des riverains. Pour Avaroa, la rumeur de l’homme monotâche est plus que fondée, preuve à l’appui :

« Quand je vois mon mec attendre devant sa casserole d’eau sur le gaz... séquentiel, il l’est. Il regarde l’eau bouillir avant d’y mettre les nouilles ! Quand une femme veut préparer le même plat, elle mettra en route la machine à laver, rangera la cuisine, mouchera le petit dernier, nettoiera la gamelle du chien... et en option, elle téléphonera à sa copine... »

En revanche, Lauvergnate explique le lieu commun d’une autre manière :

« A force d’être obligées de s’y mettre, c’est devenu une capacité acquise... On ferait de même avec les mecs (s’occuper de soi, des gosses, de la maison et de son boulot) et au bout de quelques générations ils rattraperaient cet écart. Rien d’extraordinaire. »

Heureusement que le riverain Alberich nous envoie un message d’espoir :

« Ça dépend des mecs, moi par exemple, j’arrive à fumer une clope en regardant l’eau bouillir. »

  • 55396 visites
  • 293 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Homer555
    • Posté à 13h08 le 21/07/2010
    • Internaute 45141

    Sans déconner, je ne comprend pas le but de ce genre d’article sinon d’essayer d’obtenir un fight monstrueux entre hommes et femmes dans les commentaires.

    Hommes et femmes vivent ensembles et se complètes. Le reste ce n’est que des détails qui ne valent pas le salaire des chercheurs qui pondent des conneries pareils.

  • Recto-verso
    Recto-verso
    médecin
    • Posté à 13h26 le 21/07/2010
    • Internaute 95271
      médecin

    Le protocole expérimental est complètement foireux !

    D’abord, je passe sur le fait que sur un échantillon de 100 personnes, on ne peut normalement pas effectuer de généralisation - on retient plutôt des groupes de 1000, comme c’est le cas pour les sondages d’opinion par exemple.

    Mais surtout, il n’y a pas de décorrélation des facteurs ! Comment peut-on savoir que c’est le fait d’avoir été un homme ou une femme qui explique les résultats ? D’autres variables peuvent jouer fortement : le niveau d’éducation, le milieu professionnel, des facteurs génétiques propres aux individus ... on fait normalement ce genre de test sur séries longues, et on utilise des méthodes de régression pour identifier les variables-clé. De cette façon, on peut aboutir à des conclusions beaucoup plus solides. L’étude ici ne prouve rien : elle trace quelques pistes intéressantes à étudier, tout au plus.

    Et pour finir, l’article contient un « pourquoi » : l’explication donnée (qui ne relève pas de l’expérience faite mais est « balancée » par les chercheurs sans aucun fondement solide ni aucun rapport avec celle-ci) est tout à fait grotesque. Les comportements de la préhistoire joueraient un rôle sur le comportement et les facultés actuelles ? C’est en complète contradiction avec les mécanismes de transmission du caractère qui sont donnés par Serge Ginger ...

    Entre les articles sans aucune rigueur comme celui-ci, et ceux qui ne servent à rien (cf. celui de Science qui affirmait que les femmes obèses avaient une vie sexuelle de moins bonne qualité), on dirait que la science bute un peu ces temps-ci ...

  • Lauvergnate
    Lauvergnate
    Gardienne du bon goût
    • Posté à 13h32 le 21/07/2010
    • Internaute 99381
      Gardienne du bon goût

    Je ne remets pas vraiment en cause ce lieu commun, je l’explique d’une autre manière que par une différence biologique fondamentale qui insinuerait que cette capacité serait issue du caractère féminin des sujets et exclurait génétiquement les hommes.
    Je soulève (expéditivement c’est vrai) l’argument de la plasticité du cerveau et la covariance entre nature et culture.
    Une capacité longuement entretenue, sur des milliers générations, ne peut qu’aboutir à une adaptation de notre cerveau via sa plasticité et se transformer en partie en caractère inné.
    C’est du moins ce que nous enseigne la théorie de l’évolution.

    PS : Merci de m’avoir cité, j’ai pu ainsi mieux expliciter mon point de vue ; -)

  • A.V.
    • Posté à 13h44 le 21/07/2010
    • Internaute 24685

    « La femme se spécialiserait dans les multitâches ménagères et la discussion, pendant que l’homme chasseur apprendrait à s’orienter. »

    Au quotidien, c’est confirmé. La femme parle et s’habille, parle et boit son café, parle et se maquille, parle et fait ses courses, parle et cuisine, parle et range, parle et dort. Elle arrive même à parler et parler (deux sujets de conversation en même temps). A la longue, l’homme retrouve ses instincts de chasseur et s’oriente vers le bar le plus proche.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 13h52 le 21/07/2010
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !
  • Glupson
    Glupson
    profession libérale
    • Posté à 14h17 le 21/07/2010
    • Internaute 115133
      profession libérale

    Il n’y a que moi qui a lu le petit titre « Etudes Débiles » ? Ca veut tout dire, surtout au sujet de manque de prise au sérieux du sujet par l’auteur.

    Relax, c’est juste pour fun...

  • Glupson
    Glupson
    profession libérale
    • Posté à 14h23 le 21/07/2010
    • Internaute 115133
      profession libérale

    Si encore un participant de la discussion nous serve la blague sur sa capacité de multitasking, en citant « voilà moi, j’arrive à lire rue89, boire une bière, gratter, roter, ... », j’en conclurais surtout que le mâle lambda manque d’humour ou du moins d’originalité.

  • Laperlouse
    Laperlouse
    Géomaticien
    • Posté à 15h38 le 21/07/2010
    • Internaute 86953
      Géomaticien

    « Les hommes, à l’instar de l’iPhone première génération, ne seraient pas multitâches. »

    Les femmes, tout comme l’iPhone quatrième génération, auraient un problème de réception, quand on met le doigt dessus.

    > Je sors

  • Goulidet-
    Goulidet- répond à rrrobotom
    plutot molle
    • Posté à 19h23 le 21/07/2010
    • Internaute 112026
      plutot molle

    Il y a dans tous les concours de jeu d’échec une compétition réservée aux femmes. L’écart de niveau entre hommes et femmes étant trop important.

    vous pouvez rêver d’un monde sans différence sexuelles. mais jusqu’à preuve du contraire, les différences physiologiques ne s’aboliront pas. Il n’y aura jamais d’égalité entre hommes et femmes ni du point de vue de la force physique ni du point de vue des capacités cognitives.

  • michelh79
    michelh79 répond à Goulidet-
    • Posté à 21h06 le 21/07/2010
    • Internaute 38469

    Tout faux ... Si tu compares la pyramide des joueurs - joueuses .. avec une base bien plus étroite , les sœurs Polgars ont eues des résultats exceptionnels ... Je suis éducateur dans les collèges- lycées .. , dans les collèges , franchement , il n’y a aucune différence , ce serait même plutôt les filles qui seraient plus précoces , enfin comme dans tous les domaines ..

    Après , arrivée à un certain age , les filles se désintéressent des échecs .. et c’est trés dur de les garder dans les clubs ..

    Pourquoi ? Bonne question ....