A la Une 11/07/2010 à 12h11

Tour de France des coups de cœur de vos libraires

Emma Bonzom | Journaliste

Nous avons demandé à vos libraires préférés de défendre leur livre de poche fétiche. Résultat : une sélection de dix-sept romans.


En juin, nous vous avions sollicités pour savoir quels étaient les libraires que vous aimiez particulièrement dans votre ville. Nous les avons contactés et leur avons demandé de choisir un livre de poche, un seul, à vous recommander pour cet été. Voici leur sélection, dix-sept romans pour vos vacances.

Sophie, librairie L’Echappée belle, Sète

► « Fuck America », Edgar Hilsenrath


« Fuck America », Edgar Hilsenrath

Ça raconte quoi ?

Edgar Hilsenrath raconte le parcours d’un jeune écrivain juif allemand. Immigré aux Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale, il tente d’y écrire l’œuvre de sa vie : raconter son expérience des ghettos dans une langue dont tout le monde se fout, tout en assouvissant un appétit sexuel quasi permanent.

Pour subvenir à ses besoins, il doit abandonner l’écriture pour postuler à des emplois plus minables les uns que les autres.

Pourquoi je vous le conseille

A travers ce portrait, c’est l’Amérique terre d’accueil qui est mise à mal. Un pays arrogant, tourné vers le profit à outrance, qui n’a que faire des états d’âme d’un pauvre juif exilé.

On découvre un auteur à la langue insidieuse et provocatrice. Avec ses railleries permanentes et son ton déjanté, il se permet toutes les audaces. Il parle aussi des camps d’extermination et des horreurs commises par les nazis, pour dénoncer l’ignominie humaine.

Ed. Points Seuil, 2009, 7 euros



Nathalie, librairie Kléber, Strasbourg

► « Au bon roman », Laurence Cossé


« Au bon roman », Laurence Cossé

Ça raconte quoi ?

Deux fondus de littérature ouvrent une librairie dédiée aux chefs-d’œuvre.

Pourquoi je vous le conseille

Ce roman passionnant et politiquement incorrect est une déclaration d’amour aux lecteurs, à la littérature et à ce que le métier de libraire a de plus noble. Une œuvre contre ceux qui n’envisagent plus le « livre » que comme un produit de consommation de masse

Ed. Gallimard, Folio, 2009, 6,60 euros



Nath et James, librairie Mots et merveilles, Font-Romeu

► « L’Ombre du vent », Carlos Ruiz Zafon



« L’Ombre du vent », Carlos Ruiz Zafon

Ça raconte quoi ?

A Barcelone en 1945, un père emmène son fils Daniel, 10 ans, dans un lieu réservé à quelques privilégiés, le « cimetière des livres oubliés ». Daniel doit adopter un livre parmi des milliers et le préserver envers et contre tout.

Il choisit « L’Ombre du vent », de Julien Carax, mystérieux auteur dont tous les romans semblent avoir été brûlés par un personnage au visage cauchemardesque.

Daniel va découvrir comment la vie de Carax a été bouleversée par l’amour, les trahisons et la peur, dans une « ville des prodiges », mystérieuse et captivante.

Pourquoi je vous le conseille

C’est un livre d’une puissance extraordinaire. Superbe de poésie, de tendresse, de surréalisme. Si la météo perturbe vos vacances, ce livre vous apportera le soleil manquant. Puis vous n’aurez qu’une envie : prendre le premier train pour Barcelone.

Ed. Grasset, 2004, 21,50 euros



Bénédicte, librairie Le Failler, Rennes

► « Testament à l’anglaise », Jonathan Coe


« Testament à l’anglaise », Jonathan Coe

Ça raconte quoi ?

Tabitha Winshaw, vieille aristocrate anglaise que ses frères et sœurs croient folle et paranoïaque, décide de charger Michael Owen d’enquêter sur la mort de son frère, survenue au cours de la Seconde Guerre mondiale.

S’ouvre alors une galerie de portraits des membres de la famille Winshaw, figures haut placées de la société britannique. Au fur et à mesure que tombent les masques de la richesse et de la réussite sociale, on découvre une famille étouffée par les secrets, les manigances politiques et la soif du pouvoir.

Pourquoi je vous le conseille

L’auteur nous offre une fresque familiale étourdissante à l’humour incisif, parfois grinçant, pour notre plus grand plaisir.

Ed. Gallimard, Folio, 1994, 9,20 euros



Sébastien et Pierre, librairie Les Deux Mondes, Bastia

► « Le Maître des illusions », Donna Tartt


« Le Maître des illusions », Donna Tartt

Ça raconte quoi ?

Donna Tartt, dans un style ciselé, d’une maturité époustouflante, dissèque les mécanismes qui vont faire voler en éclats un petit cercle sophistiqué d’étudiants en grec ancien d’une université huppée du Vermont.

Satanisme, meurtres, sexe, drogues, mensonges, les personnages de Tartt, formidablement écrits, vont faire l’expérience du Mal, et personne n’en sortira indemne. Le lecteur moins que quiconque, happé par le suspens magistral et l’atmosphère étouffante du Maître des illusions.

Pourquoi je vous le conseille

Roman d’initiation, polar, tragédie grecque, thriller psychologique, ce livre est tout cela à la fois. Ce diamant noir est l’objet d’un véritable culte à travers le monde.

Se lancer dans la lecture de cet hypnotique pavé de 700 pages, c’est plonger dans un monde de faux-semblants, de manipulations et de perversions. Un chef-d’œuvre à l’odeur de soufre qui vous hantera longtemps.

Ed. Pocket, 2004, 7,30 euros



Michel librairie noir et blanc, gaillac

► « Lignes de failles », Nancy Huston


« Lignes de failles », Nancy Huston

Ça raconte quoi ?

A travers la vie de quatre enfants de différentes générations, on remonte l’histoire d’une famille américaine de 2004 jusque dans l’Allemagne de 1944-1945. Présent et passé se mêlent, puis peu à peu se mettent en place les pièces du puzzle.

Un grain de beauté congénital est la marque de l’appartenance familiale, et celui qui voudra se le faire enlever en gardera une cicatrice indélébile. On ne rejette pas indûment l’histoire de ses parents.

Pourquoi je vous le conseille

Cette construction élaborée se lit facilement et nous tient en haleine en permanence, chaque récit relançant notre intérêt. La structure complexe et l’écriture simple, sans fausse note, font de cet ouvrage un grand livre où l’on voit l’Histoire modeler les individus et leur destin.

Ed. Actes Sud, Babel, 2006, 9,50 euros, Prix Fémina 2006

Les autres livres sélectionnés par vos libraires

Julien, librairie Au Comptoir des rêves, Reims

► « La Maison muette », John Burnside


« La Maison muette », John Burnside

Ça raconte quoi ?

C’est le premier roman de John Burnside, un poète écossais du XXe siècle. Le texte raconte froidement et en détail une expérience menée sur deux bébés jumeaux, élevés sans avoir jamais entendu la moindre parole humaine. Cette histoire est cruelle, glaçante, au-delà de toute morale. Mais il est difficile de lâcher le livre tant le récit du narrateur, servi par la jolie plume de l’auteur, est fascinant.

Pourquoi je vous le conseille

Ce livre aborde, sans forcément donner toutes les réponses, trois domaines passionnants. Le premier concerne le langage. Le narrateur, très renseigné, cherche quelle est l’origine du langage, quelle est sa nature, quelle est son utilité réelle et ce que les expériences historiques sur ce thème peuvent nous apprendre. C’est précisément sa passion dévorante pour ce sujet qui va le conduire à mener ses propres expériences sur des êtres humains.

Le deuxième domaine abordé est l’évolution psychologique du héros. Le narrateur, par ses révélations, nous laisse suivre son cheminement psychologique. Nous comprenons alors sa logique interne qui, d’une manière parfaitement cohérente, le pousse à de terribles actions, sans regrets ni remords.

Enfin, l’auteur parle de la science. Car, une fois laissé de côté tout jugement moral quant aux actes du héros, reste une question éthique décisive : peut-on tout justifier au nom du progrès scientifique ?

Ed. Métailé, 2003, 16 euros



Cécile, Pierrette et Aurélien, librairie La Cour des Grands, Metz

► « Le Poids des secrets », Shimazaki


« Le Poids des secrets », Shimazaki

Ça raconte quoi ?

En cinq tomes, la même histoire est racontée sous des éclairages différents, d’une manière vertigineuse qui vous fait perdre vos repères. C’est une histoire d’amour et d’adultère vécue à Nagasaki, autour du drame de 1945. Un frère et une sœur, séparés à la naissance, se fréquentent sans se douter du lien qui les unit. Jusqu’au jour où ils vont tomber amoureux...

Pourquoi je vous le conseille

Sous la simplicité apparente se cache un texte d’une grande force, à la construction complexe. Politique par son contexte historique, ce texte analyse très finement la psychologie de chaque personnage. Bien que le sujet soit différent, il vous fera penser à « Disgrâce », de Coetzee, par son intensité.

Ed. Actes Sud, 2009, coffret 5 vol., 31,50 euros



Lydie, librairie Aux lettres de mon moulin, Nîmes

► « Un brillant avenir », Catherine Cusset


« Un brillant avenir », Catherine Cusset

Ça raconte quoi ?

Elena vit en Roumanie pendant la dictature de Ceausescu. Après des études de physique, elle épouse, contre la volonté de ses parents, Jacob, qui est juif. Le jeune couple fuit la Roumanie antisémite pour l’Amérique.

Vingt ans plus tard, lorsque son fils épouse Marie, une arrogante française, Elena se sent menacée. Tout oppose les deux femmes. Pourtant entre elles va grandir un sentiment qui ressemble à de l’amour.

Pourquoi je vous le conseille

C’est un roman fin et profond sur les relations humaines, avec de magnifiques portraits de femmes sur plusieurs générations.

Ed. Gallimard, Folio, 2008, 21 euros



Nicolas, librairie Grangier, Dijon

► « Swap », Antony Moore


« Swap », Antony Moore

Ça raconte quoi ?

Harvey, trentenaire londonien gérant une librairie de bandes dessinées, ne passe pas une journée sans se demander ce que serait devenue sa vie s’il n’avait pas échangé le premier numéro de Superman contre un tuyau en plastique à l’âge de 12 ans. Cet échange anodin ne cesse de le hanter car ce comic rarissime prend de la valeur au fil du temps.

A la faveur d’une réunion d’anciens élèves de son école dans les Cornouailles, il va alors tenter de le récupérer, mais cela ne va pas se passer comme prévu.

Pourquoi je vous le conseille

Bourré d’humour noir, captivant et bien ficelé, ce premier roman d’un psy anglais est une réussite ! On suit avec plaisir les aventures tragicomiques de cet antihéros bloqué dans ses rêves d’adolescent, dans une ambiance so british qui rappellera celle de « Haute fidélité », de Nick Hornby.

Ed. Liana Levi, Piccolo, 2010, 11 euros



François, librairie Sauramps, Montpellier

► « Pauvres créatures », Alasdair Gray


« Pauvres créatures », Alasdair Gray

Ça raconte quoi ?

C’est un roman qu’on peut attraper au hasard de sa flânerie et reposer aussi sec, épouvanté par son sujet. Une femme enceinte de neuf mois se suicide, un savant ambitieux recueille son corps à la morgue et va se livrer à l’effroyable : greffer le cerveau vivant de l’enfant sur le corps de sa mère.

Comme dans le « Frankenstein » de Shelley, dont « Pauvres créatures » est le pastiche malade, la jolie Bella échappera à son (re)créateur... Qu’advient-il alors de l’esprit pur de l’enfant lorsqu’il se promène dans le corps d’une jeune et belle femme, dans une société victorienne corsetée et hypocrite ?

Pourquoi je vous le conseille

Alasdair Gray, romancier extraordinaire, pasticheur de génie, polygraphe exubérant (le roman est farci de dessins et de gribouillis) signe là un pur chef-d’œuvre, et surtout un grand roman féministe qui renoue avec les maîtres anglo-saxons du fantastique du XIXe siècle. A la fois cynique, utopiste, clairvoyant et, par-dessus tout, un morceau de très grande littérature.

Ed. Métailié, Suites, 10,50 euros



Antoine, librairie L’Arbre à lettres, Paris


« Zulu », Caryl Férey

► « Zulu », Caryl Férey

Ça raconte quoi ?

Ce roman policier nous plonge dans l’Afrique du Sud post-apartheid. Ali Neuman a assisté dans sa jeunesse aux combats entre l’Inkatha et l’African National Congress, deux mouvements de lutte contre les discriminations raciales. Désormais chef de la police du Cap, il enquête sur la mort d’une jeune fille, prétexte pour nous mener au coeur d’une société minée par le sida et le racisme, où les Blancs rêvent de faire fortune, quel que soit le prix à payer.

On passe des rivages magnifiques au désert accablant, on découvre la violence des rivalités entre communautés, le trafic des entreprises pharmaceutiques qui utilisent les Noirs comme cobayes...

Pourquoi je vous le conseille

L’enquête est bien ficelée, l’intrigue très efficace. Les personnages, attachants et complexes, nous confrontent à une réalité très dure, faite de contradictions. On apprend tout au long du roman, grâce au travail de l’auteur, particulièrement bien documenté.

Ed. Gallimard, Folio, 2008, 7,70 euros

Les autres livres sélectionnés par vos libraires

Gilbert, librairie Libellis, Narbonne

► « Lune de loups », Julio llamazares



« Lune de loups », Julio llamazares

Ça raconte quoi ?

C’est un roman en quatre parties, ancré dans la guerre civile d’Espagne et inspiré de faits réels. Il s’agit de l’histoire de quatre maquisards républicains traqués dans les monts Cantabriques, où ils vivent cachés dans les grottes et les bois, au-dessus de leur village.

Des quatre hommes, un seul survivra : le narrateur. Ses compagnons disparaissent à l’issue de chacune des trois premières parties, de manière dramatique pour deux d’entre eux.

Pourquoi je vous le conseille

Pour la force dramatique de ce livre et la beauté des paysages, admirablement restituée par la poésie de la langue.

Ed. Verdier poche, 2009, Verdier, 10 euros



Delphine, librairie M’lire, Laval

► « Julius Winsome », Gérard Donovan



« Julius Winsome », Gérard Donovan

Ça raconte quoi ?

Julius Winsome est un quinquagénaire solitaire qui vit dans un chalet au fin fond du Maine. Il a pour seule compagnie son chien, Hobbes, souvenir d’une histoire d’amour trop vite terminée.

Philosophe et amateur de mots, il passe ses journées au milieu de sa bibliothèque léguée par son père ou à contempler la nature qui l’entoure. Lorsque son chien est abattu à bout portant par un tireur inconnu, la vie de Julius Winsome prend un tournant radical : assoiffé de vengeance, il se transforme en meurtrier.

Pourquoi je vous le conseille

C’est un roman époustouflant. Julius Winsome est un personnage incroyable, à l « image du paysage : froid, grandiose et sauvage. La langue à la fois poétique et tragique de cet auteur irlandais sert un roman puissant d’amour et de vengeance.

Ed. Points Seuil, 2009, 6,50 euros



Gwen, librairie L’Atalante, Nantes

► “Janua Vera”, Jean-Philippe Jaworski



“Janua Vera”, Jean-Philippe Jaworski

Ça raconte quoi ?

Janua Vera est un recueil de nouvelles de fantasy mais, ici, aucun dragon ou autre damoiseau parti de son village pour sauver le monde... L’auteur nous brosse, en huit histoires, le portrait de huit personnages qui n’ont en commun que de vivre dans le médiéval “ Vieux Royaume ”.

On peut y découvrir un chevalier incorruptible, une joyeuse paysanne, un barbare tourmenté, un scribouillard malchanceux, un assassin, un prêtre ayant fait vœu d’obscurité, un roi tout-puissant rongé par les cauchemars.

Son univers est dense, d’une grande beauté et d’une terrible crédibilité. Il y a de la rouille, du sang et des chocs métalliques, des intrigues habiles et surprenantes, des sous-bois obscurs qu’on a déjà vus en rêve... Philippe Jaworski a une façon de donner vie à la fiction qu’on n’avait pas lue en France depuis longtemps !

Pourquoi je vous le conseille

L’auteur possède une plume des plus raffinées. Son vocabulaire est riche et élégant. Il se sert de la fantasy pour nous servir un récit humain empreint de doutes, de désillusions et de mélancolie. Pour son premier ouvrage publié, ce jeune écrivain met la barre très haut !

Ed. Gallimard, Folio SF, 2007, 8,20 euros



Eulalie, librairie Lafontaine, Privas

► “Les Détectives sauvages”, Roberto Bolaño



“Les Détectives sauvages”, Roberto Bolaño

Ça raconte quoi ?

Proche de l’œuvre majeure de James Joyce par la description de l’errance d’un jeune poète à travers une ville d’Amérique centrale, cet ouvrage est unique par la puissance de son écriture et par son humour sous-jacent.

Mêlant habilement le réalisme et la fantasmagorie, avec parfois un langage très cru, Roberto Bolaño nous entraîne dans un voyage labyrinthique et merveilleux qui nous laisse pantois et satisfaits une fois la dernière page lue.

Pourquoi je vous le conseille

L’écrivain sud-américain offre un livre indispensable pour tous les amoureux d’une littérature riche et fantasque.

Ed. Gallimard, Folio, 10,90 euros



Céline, librairie Mollat, Bordeaux

► “Winter”, Rick Bass



“Winter”, Rick Bass

Ça raconte quoi ?

Dans la lignée du célèbre “Walden” de Thoreau, Rick Bass nous raconte son installation dans un chalet de la vallée reculée de la Yaak River, dans le Montana. L’auteur a 30 ans quand il a le coup de foudre pour ce coin paumé, sauvage et beau à se damner. Il décide d’y vivre avec sa compagne, Elizabeth, qui est peintre. A l’abri des regards, ils désirent créer en paix. Avec la certitude qu’il ne sait rien faire, mais aspirant à se fondre dans dans cette nature rude, Rick Bass se met en tête d’affronter la grande sauvagerie de l’hiver qui se prépare.

Bien vite, il apprend à se lever dans le seul but de couper du bois. Le soir, il s’écroule de fatigue. Son rythme biologique se modifie, et c’est davantage ses fonctions vitales que créatrices qu’il va développer.

Pourquoi je vous le conseille

Rick Bass nous offre avec “Winter” un récit d’apprentissage magique, à l’écart du monde. Dans cette vallée engourdie par le froid, point de salut et pas de place pour le superflu. Affronter l’hiver, découvrir l’essentiel. On apprend à changer le guide-maître de la tronçonneuse, à éviter que l’eau ne gèle dans la tuyauterie, on apprend à survivre à cette épreuve hivernal que même les autochtones supportent difficilement. “Winter” est une expérience de l’extrême tout aussi physique qu’existentielle.

Ed. Gallimard, Folio, 2010, 6,60 euros

► Et vous, quels bouquins conseillez-vous pour cet été ?

  • 57837 visites
  • 83 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 12h35 le 11/07/2010
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    Ouais, bon, aucun ne m’inspire...

    Heureusement, hier, j’ai fait une bonne moisson à la bibliothèque et j’en ai déjà terminé un d’un auteur américain, James Thomson, qui vit en Finlande.

    C’est un bon polar : « la nuit glaciale du kaamos », une enquête de l’inspecteur Vaara. (publié chez Balland)

    En amatrice de polars, je le conseille : -))

  • ZonZon la MouChe
    ZonZon la MouChe
    ni dieu ni maître !
    • Posté à 12h37 le 11/07/2010
    • Internaute 53182
      ni dieu ni maître !

    Le Maître des Illusions de Donna Tartt est un livre formidableeeeeeeeeeeee

  • Dudesque
    Dudesque
    généralement sur mon séant
    • Posté à 12h39 le 11/07/2010
    • Internaute 2716
      généralement sur mon séant

    cool !
    Ligne de failles, j’ai vraiment adoré, mon libraire m’a conseillé les detectives sauvage, les 2 premiers tiers passe tout seul (alors que ceux qui font des blagues salaces la fasse ici) mais j’ai un peu du mal avec la fin. le livre s’essoufle un peu, mais reste super sympa !

  • Nuriko
    Nuriko
    Cadre
    • Posté à 13h01 le 11/07/2010
    • Internaute 107441
      Cadre

    Sympa la sélection ! Je plussoie pour Fuck America et Zulu, que j’ai tous les deux adorés. Je n’ai pas lu les autres mais certains donnent envie.

    Pour complèter, voici ma mini-sélection perso, avec deux livres que j’ai dévorés dans mon transat :

    Lien de Frances de Pontes Peeble, un roman historique très prenant dans le Brésil des années 20, sur fond de coups d’etats et de guerillas. C’est un pavé mais je l’ai fini en une semaine !

    Lien de Gillian Flynn, un thriller plutot original (l’héroine enquete sur le meurtre de sa famille, 20 ans auparavant, meurtre pour lequel son grand frère a été condamné à perpetuité, en grande partie parce qu’elle a témoigné contre lui) avec des personnages inhabituels et très humains. Ca se dévore, et ce n’est pas glauque malgré le coté sordide du point de départ.

  • lidiot du village-
    lidiot du village- répond à A déménagé le 2 mai 2011
    imbécile heureux
    • Posté à 13h01 le 11/07/2010
    • Internaute 106647
      imbécile heureux

    « Testament à l’anglaise » de Jonathan Coe est très bien. La galerie de portraits est géniale (surtout les pourritures) et c’est très ancré dans l’Angleterre des années Thatcher, période qui m’intéresse beaucoup.

    En plus, l’histoire ne manque pas d’intérêt (la fin est sympa) et l’auteur a un côté pince-sans-rire assez irrésistible.

    C’est mieux qu’une simple lecture de plage, mais c’est pas prise de tête non plus. Un bon compromis pour les vacances, quoi !

    Voilà : c’est ma petite suggestion.

  • JoaoM
    JoaoM
    entre deux situations
    • Posté à 13h34 le 11/07/2010
    • Internaute 86374
      entre deux situations

    Dix au pied levé :

    • La nuit juste avant les forêts - Bernard-Marie Koltès
    • Salammbô - Gustave Flaubert
    • Quartier lointain - Jirō Taniguchi
    • Les aventures d’Alice au pays des merveilles - Lewis Carroll
    • L’ombilic des limbes - Antonin Artaud
    • Au nord tes parents - Antoine Mouton
    • Antigone - Henry Bauchau
    • Le petit prince - Antoine de Saint-Exupéry
    • Le voyage d’Anna Blume - Paul Auster
    • Journal d’un curé de campagne - Georges Bernanos

    Bien entendu, dans cinq minutes ça en sera dix autres.

  • herodote
    herodote
    enseignant
    • Posté à 14h13 le 11/07/2010
    • Expert 78500
      enseignant

    Vous méprisez la fantasy ?
    Le seigneur des anneaux commence à vous sortir par les trous de nez ?
    Vous ne supportez pas une histoire où il y a un dragon ?

    Alors essayez Janua Vera, vous serez réconciliés avec ce genre. Encore plus si vous lisez la suite : Gagner la guerre, ou comment réutiliser Machiavel dans la fantasy sans se casser la gueule.

  • Thomas Cadène
    Thomas Cadène répond à Sexus Empiricus
    Dessinateur
    • Posté à 14h31 le 11/07/2010
    • Internaute 38789
      Dessinateur

    il y a évidemment Sextape d’un certain Thomas Cadène...
    Hum

    Sinon là, les premieres qui me viennent, mes derniers grands souvenirs de lecture :

    - Jolies Ténèbres (j’en avais fait un article sur rue89) tellement il m’avait impressionné. Dupuis.
    - Paul à Quebec : Le prix du public du dernier Angoulême vous prend par surprise, ne vous lâche plus puis vous laisse avec les yeux mouillés. Même si vous êtes un gros dur.
    - l’été c’est la bonne saison pour attaquer un de ces nouveau comics américain qui s’éloigne de la tradition des super héros pour explorer mythes et légendes (ou en inventer) : Fables, Y, Preacher...
    - 5000 Km par Seconde de Manuele Fior chez Atrabile. C’est pas le livre le plus joyeux de la création mais c’est visuellement magnifique et « globalement » émouvant, juste, dur, intelligent.
    - Raiju & Raiden, deux BD de Loïc Secheresse et Stéphane Melchior-Durand, histoire de voir un trait fou et audacieux au service d’une histoire épatante.
    - Il faut aussi profiter de l’été pour se replonger dans les bibliothèques consacrées au genre qui se trouvent dans toute maison de vacance digne de ce nom. Pleine de Gaston, Tintin, Spirou et autres Natasha, Les Schtroumpfs ou même Michel Vaillant ! (en général c’est ce qu’on trouve). Avec un peu de bol on trouvera quelques pépite de vieille SF complètement barrée.
    Je conseille toujours en général une bonne cure de Franquin qui est clairement l’un des rares dieux de la BD. Son art du découpage est une leçon appréciable par tous.
    Mais bon, l’été en règle générale on est souvent capable de passer 3 heures de canicule, enfermé dedans, le nez dans un gros volume du journal de mickey de 1986, c’est la partie plaisir régressif. Un peu comme se refaire pour la 25ème fois un Agatha Christie mineur.
    Bref,
    ...
    Je réalise que je lis de moins en moins de BD ces derniers temps. ça craint.

  • lidiot du village-
    lidiot du village-
    imbécile heureux
    • Posté à 15h49 le 11/07/2010
    • Internaute 106647
      imbécile heureux

    Y’a un livre que j’avais lu un été, il y a quelques années déjà, et qui avait été une très bonne surprise. C’était « Le lièvre de Vatanen », de Paasilina (je ne suis plus très sûr de l’orthographe).

    Ca raconte une sorte de retour à la terre d’un Finlandais qui, en même temps qu’il perd son chemin retrouve le fil de sa vie... C’est tout con, sans chichi et, finalement, plus profond qu’il n’y paraît.

    Ca fait partie des livres que l’on voit tout le temps dans les librairies ou à la bibliothèque et, le plus souvent, on n’y fait pas attention, on se dit : « Une autre fois, peut-être... », et, le plus souvent, on ne le lit jamais...

    Un jour, je m’étais fait violence et m’étais dit : « Cette fois, je le prends, on verra bien ! ».

    Eh bien ce fut un bon choix.

  • epona2007
    epona2007
    aucune importance
    • Posté à 15h54 le 11/07/2010
    • Internaute 54022
      aucune importance

    Cul de Sac de Douglas Kennedy....5.90€ qui se lit d’une traite...thriller déjanté et surréaliste...génialissime !

  • woody59
    woody59
    salarie
    • Posté à 19h28 le 11/07/2010
    • Internaute 119106
      salarie

    En remerciant Philippe Djian qui me l’a fait découvrir, dans la lignée des Fante et Steinbeck , Raymond CARVER : LES VITAMINES DU BONHEUR (livre de poche Biblio roman 6 euros )
    ( mais aussi Parlez moi d’amour et Tais toi je t’en prie)
    Bonnes nouvelles , bon été

  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 19h48 le 11/07/2010
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    Question roman, juste pour signaler qu’a été réédité en mars de cette année « Île », le dernier roman d’Aldous Huxley, qui était introuvable jusqu’à présent (faut-il y voir une retombée du succès d’ « Avatar » ?)

    Une utopie (ça fait du bien en ce moment ; -) un peu en inversion de son « Meilleur des mondes » (à ce sujet, surtout lire également « Retour au meilleur des mondes »), en forme d’ultime synthèse avec son « Tour du monde d’un sceptique » et son admiration pour Krishnamurti - du moins, c’est mon interprétation.
    Lien
    Lien