A la une 07/07/2010 à 13h45

La réforme territoriale plombée, nouveau camouflet pour Sarkozy



Nicolas Sarkozy et Gérard Larcher, président du Sénat, le 25 août 2009 (Gérard Cerles/Retuers).

Après la suppression du juge d'instruction reportée sine die et la réforme des retraites entachée par l'affaire Bettencourt-Woerth, c'est une autre mesure phare de Nicolas Sarkozy qui se retrouve « plombée » avant même d'être née : le Sénat a fini de vider de sa substance, dans la nuit de mardi à mercredi, la réforme territoriale, censée réorganiser communes, départements et régions.

Alors que gauche et droite s'invectivent à l'Assemblée nationale, un texte majeur est étudié au Sénat en seconde lecture. Et son examen est loin d'être de tout repos. L'exécutif avait pourtant dépêché ce mardi quatre ministres -Brice Hortefeux (Intérieur), Alain Marleix (Collectivités territoriales) , Michel Mercier (Espace rural) et Henri de Raincourt (Relations avec le Parlement)- mais rien n'y a fait.

355 voix contre 5

Le camouflet a commencé dès l'après-midi avec un raz-de-marée : par 355 voix contre 5, les sénateurs ont supprimé l'article du projet de loi prévoyant la fin de la clause de compétence générale, qui donne pouvoir aux conseils généraux et régionaux d'intervenir dans tous les domaines de l'action publique. Elus de l'UMP, du centre et de l'opposition ont fait bloc contre le gouvernement.

Rebelote dans la nuit : c'est cette fois le mode d'élection des conseillers territoriaux (qui doivent naître de la fusion des conseillers généraux et régionaux) qui est passé à l'as, à l'initiative des sénateurs centristes. Ces derniers réclamaient l'introduction d'une dose de proportionnelle, mais le gouvernement ne proposait qu'un scrutin uninominal à deux tour. Sans le concours de l'UMP, mais alliés à l'opposition, ils sont encore parvenus à faire pencher la balance de leur côté.

« Un flou incroyable »

L'ancien ministre UDF et actuel sénateur centriste, Jean Arthuis, explique à Rue89 regretter l'emballement de l'exécutif sur « cette réforme d'un flou incroyable » :

« Ce qui devait arriver est arrivé : la réforme est sérieusement plombée. C'est insolite d'aborder une telle réforme avec l'instauration d'un conseiller territorial, avant même de savoir quelles seront les répartitions des compétences entre les départements et les régions. Son premier levier semble n'être que la raréfaction des moyens financiers. »

« Il faut y réfléchir plus sérieusement », conclut-il. C'est le sens des deux votes des centristes, mardi au Sénat : les deux dispositions retoquées ont été renvoyées à un texte ultérieur et séparé. Comme convenu initialement, avant que le gouvernement ne décide de tout faire passer en même temps. Gouvernement qui paye aujourd'hui son empressement.

  • 26524 visites
  • 80 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • admirateur-
    admirateur- répond à Iv
    • Posté à 14h13 le 07/07/2010

    Ils sont surtout élus par les maires, conseillers municipaux, etc. qui n'ont pas envie de voir leurs attributions remises en cause ! Si leur opposition est ce texte de loi est très « corporatiste », il n'en demeure pas moins :
    1 - que cette loi est remet en cause l'organisation de l'espace républicain
    2 - qu'il est très réjouissant de voir le roitelet se faire chier dans les bottes
    3 - ceci plus cela, plus une affaire par par là ça sent la fin de règne

  • jaja01
    • Posté à 14h48 le 07/07/2010

    hier soir sur la chaine Public Sénat, nous avons eu le droit à un échange hallucinant entre Ségolène Royal et un sénateur UMP :

    on sentait que le sénateur UMP était d'accord avec ce que disait Ségolène Royal à propos de la réforme territoriale !

    Elle donnait des exemples concrets et récents des abérrations de la réforme !

    un moment unique !

    c'est dans ces moments que l'on ressnt combien sarkozi et ces portes-flingues sont dangereux !

  • guerzit-
    • Posté à 15h03 le 07/07/2010

    C'est au boulot des politiques qu'il allait toucher avec cette réforme ; aux prébendes départementales, aux cercles d'influences régionaux, aux appareils divers et utiles qui servaient d'outil de campagne...

    Là, Sarkozy n'a pas su s'agréer les politiques. Il devrait multiplier les poste électifs à mesure qu'il diminue les postes de fonctionnaires.. Ainsi ses amis deviendraient de plus en plus nombreux.

    Mais là ! ! ! Toucher aux privilèges de nos représentants démocratiquement élus ; c'est un crime de lèse-majesté.

  • grosnaze
    • Posté à 15h49 le 07/07/2010
    • Internaute

    C'est une conséquence de la poussée de la gauche au Sénat due a une poussée constante de la même gauche aux élections locales.
    L'UMP n'a plus la majorité absolue au Sénat depuis les dernières sénatoriales. Elle doit s'allier avec le centre.

    Aux prochaines élections sénatoriale de 2011 elle risque de perdre encore des siège et de ne plus avoir de majorité tout court même avec alliance. Et ce malgré un tripatouillage d'augmentation du nombre de sénateur tre calcule (de 320 a 348 par tranche) dans les DOM TOM +6 et +21 pour les français de l'étranger en 2011.

    D'où la nécessité de toujours voter même pour des élections soit disant sans portée la preuve.