Concurrence : la toute-puissance de Google remise en cause
Google abuse-t-il de sa position dominante sur Internet ? L’Autorité de la concurrence vient de donner raison à une société, Navx.com, qui s’était vu interdire toute publicité sur le moteur de recherche. Son tort : elle permettait de localiser les radars routiers. Google pourrait avoir d’autres mauvaises surprises dans les prochains mois.
Au centre du débat, le référencement des entreprises sur Google. Comme l’avait raconté Eco89, certaines dénoncent « un droit de vie ou de mort » : leur chiffre d’affaires dépend de leur visibilité sur le moteur de recherche. Pour renforcer cette visibilité, Google propose une solution : acheter des mots-clés via son service AdWords, pour apparaître en tête des réponses.
C’était la solution choisie par Navx, un fournisseur de bases de données pour les GPS et les téléphones. Parmi ces données, la localisation des radars routiers. Une activité à la limite de la légalité, selon Google : il avait donc fermé le compte AdWords de Navx.
Fournir ces données est légal, rappelle la décision de l’Autorité de la concurrence. L’essentiel n’est pas là : Google est libre de se montrer plus sévère que la loi, mais dans « des conditions objectives, transparentes et non discriminatoires ».
Or, ces « conditions » restent très floues dans le règlement d’AdWords, et rien n’empêche les décisions arbitraires. Résultat :
- Google a cinq jours pour rétablir le compte de Navx,
- il a quatre mois pour clarifier le règlement d’AdWords
Contacté par Eco89, Jean-Cherbonnier, le patron de Navx, explique :
« Le marché des données pour les GPS et les smartphones était en forte croissance. On avait l’impression d’être une fusée qui décollait et on a été flingué par Google. Cette décision montre que Google ne peut pas faire n’importe quoi. »
Cette décision ne tranche pourtant pas le débat. Elle ne concerne que les « mesures conservatoires », à effet immédiat. L’Autorité de la concurrence doit encore se prononcer sur le fond du dossier : la position dominante de Google sur Internet. L’avis ne devrait pas être rendu avant début 2011, nous a précisé une porte-parole.
D’ici là, Google aura d’autres raisons de s’inquiéter. L’Autorité de la concurrence a également été saisie par le gouvernement, en février. Objectif : déterminer si la position dominante de Google menace la concurrence sur le marché de la pub en ligne. L’avis est promis pour cet automne. S’il se révèle défavorable, il pourrait conduire à l’instauration de la « taxe Google », réclamée par l’industrie de la culture.
La Commission européenne réclame aussi des explications à Google. Elle a été saisie en février par trois sites contestant leur manque de visibilité sur le moteur de recherche. Parmi eux, le français eJustice. Son créateur, l’ancien magistrat Dominique Barella, affirmait alors à Eco89 que ce petit moteur de recherche juridique avait été volontairement « déréférencé » par Google. La Commission européenne étudie actuellement les argumentaires que lui ont adressés les deux parties.
- Sur Rue89Plainte contre Google : « Ils nous ont envoyés au tapis »
- Sur Rue89Google a-t-il « droit de vie ou de mort sur les entreprises » ?
- Sur Rue89Internet : les trois failles de la « taxe Google »
- Sur autoritedelaconcurrence.frLa décision de l'Autorité de la concurrence concernant Google
- Sur rue89.comTous nos articles sur Google
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internaute
internaute
Qu’on arrête de faire passer Google pour le nouveau Microsoft avec ces fameux abus de position dominante :
- google ne fait pas des produits médiocres
- google n’oblige aucun particulier à acheter ses produits via la vente liée
- google n’essaye pas d’entraver la concurrence
etc...
Ceux qui critique Google devraient essayer d’abord d’être meilleur qu’eux, tout simplement.




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