A débattre 14/06/2010 à 12h07

Stressés par le bac ? Pourquoi il faut éviter les bêtabloquants

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


Une infirmière scolaire regrettait récemment dans Le Parisien que certains candidats au bac prennent des bêtabloquants « après avoir carburé aux excitants, comme d’autres se ruent sur des joints ou de l’alcool. » S’il n’y a pour l’instant pas matière à s’alarmer, une banalisation de ces médicaments serait inquiétante.

Utilisés comme un bon remède au trac ponctuel, on sait que les bêtabloquants sont prescrits aux acteurs, musiciens, personnalités politiques ou journalistes télé en prévision d’une prestation orale et pour éviter un trac paralysant. Une pharmacienne raconte même que « Jacques Chirac en prenait, c’est connu ».

Ces « anti-hypertenseurs », destinés à abaisser une tension artérielle anormalement élevée, ont le mérite de ralentir le rythme cardiaque et certains effets gênants de la montée d’adrénaline tels que les mains moites, la fébrilité voire la paralysie.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans le milieu du sport, ils sont considérés comme des dopants car en ralentissant le rythme cardiaque, ils permettent une meilleure endurance à l’effort. Pour autant, Yves Juillière, cardiologue à Nancy et secrétaire de la Société française de cardiologie, estime que :

« Ils ne créent pas d’accoutumance, donc ce ne sont pas des drogues, ils n’ont pas d’effet psychologique et ne sont pas toxiques. »

« Pas pour le stress mais pour la vraie tachycardie »

Si le « bon plan » circulait dans les cours de bahut, attention : les bêtabloquants ne sont pas des calmants habituels et ne sont pas à mettre entre les mains de n’importe quel lycéen stressé.

D’abord, ils ne sont délivrés que sur prescription. Si le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, Gilles Bonnefond, n’a pas relevé de dérive dans les prescriptions, il remarque que « des modes localisées sont possibles. » Lui rappelle aux lycéens que « ce n’est pas pour le stress mais pour la vraie tachycardie ».

En juin, les pharmaciens voient défiler dans leurs officines pas mal de candidats aux examens. L’un d’eux raconte :

« Ce sont surtout les parents qui sont soucieux en fait. On leur donne de l’homéopathie pour le stress, des plantes pour les calmer ou des multi-vitamines s’ils en ont besoin. »

Eviter de prendre le comprimé d’un copain

Les généralistes interrogés disent tous les réserver aux adultes et avoir des demandes très ponctuelles d’étudiants « pour un concours de musique, une pièce de théâtre, le permis de conduire... ». Jean-Louis Montastruc, pharmacologue au CHU de Toulouse, estime qu’« au maximum 5% des étudiants en prennent », et très occasionnellement.

François Wilthien, vice-président du syndicat de généralistes MG France, remarque :

« Face aux ados anxieux, l’entretien doit suffire à débloquer les choses. On les connaît depuis longtemps, on leur rappelle qu’ils ont déjà passé le brevet, déjà vécu un contrôle des connaissances, et que le stress est aussi un moteur. »

Surtout, insiste le secrétaire de la Société française de cardiologie, Yves Juillière, il faut vérifier si on le tolère et éviter de prendre le comprimé prescrit à un copain. Pour cela :

« Le médecin doit s’assurer que la fréquence cardiaque ne chutera pas trop. Normalement, il est préférable pour cela de réaliser un électrocardiogramme. Et il faut le tester une fois hors de tout stress pour vérifier qu’on le supportera en condition d’examen. Personne ne le fait et c’est une erreur.

Les bêtabloquants sont par exemple contre-indiqués pour les asthmatiques, car ils déclenchent une crise, ou chez ceux qui ont une tension artérielle déjà faible. Ils pourraient faire une trop forte chute de tension, et alors ils ne passeront pas le bac du tout. »

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  • Nils Wilcke
    Nils Wilcke
    Etudiant
    • Posté à 12h29 le 14/06/2010
    • Internaute 49020
      Etudiant

    Perso, j’en ai pris pour le permis de conduire (après trois échecs dus au stress) et j’ai enfin eu le précieux sésame. Ponctuellement, ces bétabloquants peuvent donc être utiles mais seulement en dernier recours et sous contrôle médical !

    Pour les examens et concours, quels qu’ils soient, seules une bonne hygiène de vie et une activité pour gérer son stress permettent d’évacuer les angoisses. Un concours ou un examen, ça se prépare en amont et sur la durée.

    La meilleure méthode pour faire baisser la tension artérielle et libérer des hormones bienfaisantes, c’est encore la BAISE. Et oui, comme le dit un ami musicien « Avant de faire le concert de ta vie, mieux vaut baiser une groupie ».

    Regardez ce qu’en dit Marie-Hélène Colson, sexologue à Marseille et auteur de Réaliser sa sexualité (éd. Presse Pocket), interrogé par Nouvelles Clés :

    « Au-delà du fait que la sexualité est excellente pour doper l’ego, le moindre plaisir physique déclanche au niveau de l’hypothalamus (le siège du système hormonal) une sécrétion d’hormones aux effets euphorisants comme la sérotonine et la dopamine. Le plaisir sexuel est en fait un petit orage neuro-hormonal qui fait un bien fou. Cette décharge d’hormones vaut n’importe quel anxiolytique... »

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  • jivé13
    jivé13
    salarié comme plus de 90%des (...)
    • Posté à 12h57 le 14/06/2010
    • Internaute 52558
      salarié comme plus de 90%des (...)

    Bon article sur un sujet bien délimité, le trac. Tout est dit, Mais il faut insister sur cette phrase clé :
    « Pas pour le stress mais pour la vraie tachycardie ».
    Le béta bloquant n’est pas indiqué pour l’angoisse, le stress, le nervosisme.
    La bonne indication c’est la suivante :
    Si lors d’un réunion publique (par exemple), on donne la parole à la salle, et que rien que de vous imaginer vous même en train de poser une question à l’orateur, votre coeur se met à « battre la chamade », alors oui le beta bloquant est pour vous.
    Idem pour un oral. c’est l’affaire d’un demi à un cachet une heure avant et c’est tout.
    Attention, il y a plusieurs molécules différentes et des contre indications. Donc sur prescription et avis du médecin.

  • Françaisehélas
    • Posté à 13h01 le 14/06/2010
    • Internaute 28448

    Le problème de toutes ces béquilles à cerveaux, c’est que cela ne vous apprend pas à faire sans.
    C’est bête comme phrase, mais il ne faut pas oublier qu’à chaque comprimé pris, efficace ou non d’ailleurs, vous vous enfournez dans le crâne que vous ne pouvez absolument pas faire sans. Et donc, le jour ou vous y serez obligé, c’est cuit.

    Ce sera d’autant plus cuit qu’étant persuadé d’en avoir besoin, vous vous torpillerez vous-même en beauté parce que vous n’avez rien pris, et que pour la gestion du stress, le sentiment de maîtriser la situation est essentiel. Vous agravez donc la situation.

    D’ailleurs, non seulement vous l’agravez, mais vous diminuez d’autant vos chances de maîtriser vos émotions la fois suivante, parce que le nombre de fois ou vous vivez ces situations stressantes sans l’aide d’un comprimé, tout seul comme un grand, c’est autant de possibilité de savoir les gérer et les contenir. Donc, vous allez revivre à chaque examen lambda les affres du bac. Si c’est vraiment un examen lambda, ça passe. Si c’est le concours oral d’entrée pour fonctionnaire catégorie A, c’est dommage pour vous. Et pour ceux qui vont vous voir vous décomposer à chaque question, au figuré comme au propre d’ailleurs car on pourra vous payer le litre de sueur.

    Par contre, gérer le stress efficacement s’apprend.
    -déterminer ce qui se passera en cas d’échec. En profiter pour comprendre l’avenir à moyen et long terme. Souverain pour s’apercevoir que la vie continue. Et la vôtre aussi.
    -cerner l’enjeu, et comment toucher au but. (et là, on retrouve la méthode des fiches, mais si vous n’en avez pas fait, un point est à rappeler en matière d’examen : il n’est jamais trop tard, sauf quand on baisse les bras...Si vous forcez un peu vos neurones, vous allez être surpris de ce qu’il peut ingurgiter en quelques heures, surtout pour les matières comme l’histoire ou la géo, ou il n’est pas nécessaire de comprendre des formules)
    -fractionner les objectifs semblant trop difficiles. (pour un examen = planning)
    -se ménager des plages de temps complètement oppposées à l’echéance (pour un examen scientifique = cuisine, ménage (oui !), sport apprécié...)

  • Fabou
    Fabou
    Etudiant
    • Posté à 13h18 le 14/06/2010
    • Internaute 110861
      Etudiant

    Je pense que c’est plutôt les parents qui stressent pour leurs gosses, prenons par exemple......la mienne. Elle essaye depuis 1 semaine de me faire avaler des trucs « chelou » ( au plantes, anti-stress et tout le bla bla bla qu’on vend à une quadragénaire et qu’on trouve dans les pubs du tv magazine) tout ça pour passer 2 écrits et 1 oral (1ere ES)

  • Ali-gator
    Ali-gator
    Etudiante
    • Posté à 14h08 le 14/06/2010
    • Internaute 101458
      Etudiante

    Cet article m’a stressé et maintenant je me demande si j’en aurais pas besoin de ces « bêtabloquants »...

    Bon, on ferme l’ordi et on retourne réviser !

  • Bruno_75-
    Bruno_75-
    libre
    • Posté à 15h45 le 14/06/2010
    • Internaute 107512
      libre

    Ça fonctionne très bien pris ponctuellement et modérément pour les personnes sujettes au trac. Je l’accompagne d’un demi xanax de 0.25mg (la plus faible dose). Comme tout, c’est une question de dosage et d’individu.
    Découvert il y a quelques années, cela a changé ma vie ; Depuis il m’arrive en fonction des situations d’en prendre une à deux fois par an, pour le moment je n’ai pas trouvé de meilleur solution...

  • Lictor
    Lictor
    informaticien
    • Posté à 18h23 le 14/06/2010
    • Internaute 68450
      informaticien

    Le stress au bac est une pure construction des enseignants... Et en plus, c’est une énorme injustice sociale.

    Par exemple, j’ai fait mes études dans un lycée parisien côté. Là, aucun stress au bac. Comme on nous a prévenu en début d’année : ça fait dix ans qu’on a 100% de réussite au bac, tout le monde dans la classe aura le bac, la seule question à vous posez c’est la mention que vous aurez et ce que vous ferez de votre bac...

    Mais beaucoup d’enseignants jugent qu’il est difficile de tenir une classe qui va au bac les mains dans les poches. Donc, on en rajoute des tonnes. Et c’est même le cas avant. Par exemple, ses profs avaient réussi à terrifier ma petite soeur à l’idée de foirer son brevet des collèges. Pourtant le prototype de l’examen qui ne sert strictement à rien et ne conditionne rien du tout - il a encore moins de signification que le bac.