Droit de suite 13/06/2010 à 15h37

Le ministère de la Santé classe la méphédrone comme stupéfiant

Sophie Caillat | Journaliste Rue89


de la cocaïne (Perturbao/Wikimedia Commons).

En avril, nous alertions sur les dangers de la méphédrone, alternative légale à la cocaïne. Les autorités sanitaires viennent de réagir en la classant comme « stupéfiant ». Mais d’autres drogues de synthèse risquent de prendre sa place.

« C’est une victoire de la vigilance », se réjouit le docteur Laurent Karila, psychiatre au centre de traitement des addictions de l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif.

Présentée par les sites Internet qui la commercialisent comme des « engrais pour plantes », des « sels de bains » ou des « produits pour la recherche », la méphédrone commençait à se répandre en France, sans que ses consommateurs ne tombent sous le coup de la législation sur les stupéfiants. Ce n’est plus le cas.

Et même si la méphédrone est essentiellement fabriquée en Chine et vendue sur des sites situés hors de France, cette nouvelle qualification risque de compliquer sa consommation : se faire livrer à domicile expose le consommateur à un an de prison et 3 750 euros d’amende, comme la cocaïne.

On parle déjà de méthylone et de butylone

Connue notamment sous le nom de « miaou miaou » et consommée surtout dans les milieux festifs par des usagers de cocaïne ou d’ecstasy, la méphédrone avait aussi l’avantage d’être plus de deux fois moins chère que la cocaïne.

L’Afssaps, qui a suggéré cette interdiction au ministère de la Santé, rappelle que cette drogue a été identifiée la première fois en Finlande en 2008, quelle a depuis été classée comme stupéfiant dans plusieurs pays européens et que d’autres pourraient suivre.

Mais « la méphédrone n’est qu’un exemple parmi d’autres drogues de synthèse », souligne Laurent Karila. Pour lui, il faut être « très vigilant face à ces nouvelles drogues », notamment la méthylone, la butylone.

Il appelle le gouvernement à lancer des campagnes de prévention face ces drogues qui gagnent du terrain de via Internet. (Ecouter le son)

Audio file

Laurent Karila méphédrone

Le médecin reconnait que la méphédrone « n’était pas encore devenue un problème majeur en France avec des dégâts considérables, mais en intervenant très rapidement, on a pu éviter des débordements et des dommages. »

Les drogues qui sont amenées à remplacer la méphédrone ne sont pas des dérivées du khat, mais ont les mêmes effets, proches de la MDMA.

Dans un article qu’il vient de publier avec son collègue Michel Reynaud, Laurent Karila décrit les effets de la « meph », qui durent de deux à cinq heures :

« Il s’agit d’effets stimulants et empathiques, avec une euphorie, une amélioration subjective de la communication, une désinhibition, une sensation de bien être, une augmentation de l’estime de soi, une excitation psychomotrice, une diminution de la perception de la fatigue, une majoration des sensations tactiles, une tachycardie. »

Mais aussi les complications possibles, sur le plan psychiatrique, en cas de consommation :

« [...] de la paranoïa, de l’anxiété, des hallucinations des troubles cognitifs (concentration, mémoire à court terme), une insomnie et un tableau dépressif. [...]

Un retentissement sur la libido est constaté par les usagers lors d’une consommation régulière. La descente, véritable équivalent de syndrome de sevrage, est caractérisée par des tremblements, des frissons, une baisse de la température et un sentiment important de paranoïa. »

Pour l’instant, un seul décès a officiellement été recensé, en Suède en 2008, mais la méphédrone est suspectée d’être la cause de plusieurs morts en Grande-Bretagne.

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  • JeanCroq
    JeanCroq
    negociant en virages
    • Posté à 18h33 le 13/06/2010
    • Internaute 51097
      negociant en virages

    certainement rien de bon pour la santé dans ces dérivés d’amphétamines...mais de telles positions répressives sont ridicules. y en a marre de ces discours de bien-pensants maintes fois répétés, de médecins, de psy de tout poil, de curés de toutes obédiences, de politiques de tous bords

    un seul chemin possible : l’éducation, l’information honnête et impartiale, pour une ivresse choisie et intelligente ! !

  • Sword
    Sword
    ingénieur
    • Posté à 21h34 le 13/06/2010
    • Internaute 94731
      ingénieur

    A nouveau produit stupéfiant, nouveau trafic...
    Un mécanisme trop compliqué pour le ministère de la santé auquel on doit un arsenal de lois liberticides et dangereuses pour notre santé à tous.
    Que les drogues synthétiques soient illégales, cela semblerait logique seulement si les drogues naturelles étaient légales.
    Or, ce principe de rendre illégal les stupéfiants, est un « fourre-tout » législatif responsable de la prolifération des trafics et de l’expansion de la criminalité depuis la naissance de la loi de 70.
    Alors le ministère de la santé devrait s’abstenir d’en rajouter sur le sujet des stupéfiants, sachant que son action dans ce domaine est au moins aussi désastreuse que dans l’affaire des vaccins et de la grippe.
    Il nous faut un ministère de la santé intelligent, qui ne fait pas de prohibition, place sous contrôle pharmaceutique tous les produits synthétiques, et encadre la prévention du libre usage de tous les produits naturels, ainsi son action sera reconnue et son message bien plus crédible.

  • a déménagé le 31 août 2010
    • Posté à 07h48 le 14/06/2010
    • Internaute 42625
      MAL EMBOUCHE

    Il vallait mieux le faire (interdire) car je puis vous assurer que le produit n’etait pas tres loin des cours d’ecole. Facile a se procurer, pas cher, disponible en Europe, on peut meme l’acheter par correspondance en petites et en larges quantites.

    Ce produit a plusieurs derives tres voisins chimiquement, egalement tres disponibles. On l’appelle la cocaine du pauvre, mais c’est plutot un mix entre les effets de la cocaine et ceux de la MDMA ou du crack avec une tres forte periode jubilatoire d’excitation et une acceleration colossale du rythme cardiaque. Les effets sur le systeme nerveux central et peripherique sont incontrolables par le dosage.

    Dans beaucoup de pays europeens, les junkies sont decedes non a cause de surdose, mais des effets mals controles.

    C’est veritable une drogue morderne : entierement synthetique, tres underground, disponible sans se casser la tete et tres hype dans certains milieux qui la classent devant la coke.

    Quel classement ? ? ! !

  • megalo_paul
    megalo_paul
    attentif
    • Posté à 16h55 le 14/06/2010
    • Internaute 90973
      attentif

    j’aimerai tant connaître un type qui en a acheté pou ses plantes ! : -)

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