Les vide-greniers, lieu de mélange et de lutte contre le gaspillage
Depuis plusieurs années, un peu partout en France, on voit fleurir les vide-greniers. Au départ, le principe de ce type de manifestation était simple : on met sur la rue, devant chez soi, tout ce dont on ne veut plus. Mais vraiment tout. Puis ça s’est compliqué...
Sont venus vendre les brocanteurs et les faux-professionnels. Le bouquet s’est gâté, les premiers reprochant aux seconds une concurrence déloyale. Il est vrai que ceux-ci sont parfois presque aussi équipés que les vrais, vendant souvent de gros volumes, sans payer de charges.
Une loi a donc été votée, dite loi Dutreil. Au passage, quand on sait de quelle façon élégante ce smicard de la politique a quitté celle-ci, et pour quoi faire, on se dit
que la boîte-à-gifles serait une bien bel objet à dénicher aux puces...
Pour l’essentiel, ce texte oblige tout particulier à ne vendre que deux fois l’an. Il commence à être appliquée, et les « faux-professionnels » ont eu la possibilité de devenir des vrais en adoptant le statut d’autoentrepreneur.
Une source de revenus pour de nombreuses associations
Résultat, les vide-greniers continuent de fleurir. Fleurir étant le mot, tant les couleurs des gens et des objets s’y voient. Couleurs variées comme la nature des vendeurs, des acheteurs et des objets.
De plus, ils sont une bonne source de revenus pour de nombreuses associations socio-culturelles, et une possibilité pour bien des familles pauvres de vivre moins mal.
Quel plaisir de voir ces dernières au grand complet parmi un bric-à-brac parfois récupéré à la déchetterie (la plus grande brocante de France !), vivre un dimanche ensemble au grand air plutôt que collées à la télé ou en vadrouille dans un centre commercial, se faisant des envies impossibles ou se ruinant en achats à crédit !
Et une belle occasion de rencontres populaires. Ceux qui en font le savent : les vide-greniers sont d’abord des fêtes de ce qui est précieux en nos temps d’égoïsme ; la rencontre toutes classes sociales brassées, les Le Quesnoy pouvant tenir stand pile à côté des Groseille.
Faire des économies et de lutter contre le gaspillage
Vendeurs professionnels et non-professionnels se côtoient : les pros allant tôt le matin faire des affaires chez les amateurs (quelques goujats « éventrent les caisses », mais de moins en moins) qui en retour vont sur leurs stands pour se faire des idées de prix.
Ça discute, ça échange des tuyaux, et les acheteurs, tout à leur passion, ne sont pas les derniers à faire circuler les idées : c’est ainsi que votre serviteur a appris que ce qu’il prenait pour un entonnoir géant en verre était en fait un écrémoir, l’ancêtre de l’écrémeuse !
Ils sont, avec les dépôt-vente et surtout les Emmaüs ou assimilés (notamment les Trocantons en Loire-Atlantique, une entreprise de réinsertion pratiquant le recyclage et la vente), une façon maline de lutter contre le gaspillage, de faire face à la crise en pouvant consommer sans se ruiner (votre serviteur s’est payé un costard-cravate-chemise comme neuf pour... 7 euros).
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chômeur
chômeur
Sujet intéressant.
Les vides greniers, et aussi bien les puces de certaines villes, permettent en effet un apport de revenus non négligeable. Sur le plan de l’écologie, il est vrai que cette pratique du recyclage (vieille idée des années 70) est très importante.
Ceci dit, la récup’ s’effectue partout, et pas seulement dans des déchetteries : en 15 ans, je n’ai jamais mis les pieds dans une déchetterie : nos villes regorgent d’objets, de vêtements, de meubles, etc....jetés tous les jours.
Neufs, de marques, cassés, il y a de tout. Il faut faire le tour d’une ville une seule fois au moins dans sa vie durant un petit mois pour mesurer la masse de tout ce qui est jeté, avec raison ou pas. Deux exemples : il y a 3 mois, environ, je suis sorti pour m’acheter une baguette de pain. L’oeil aiguisé, j’aperçois un sac de supermarché rempli de ce qui semblait être des vêtements : ce sac contenait 4 costumes de marques (pantalon et veste Ungaro,notamment) neuf ou comme neuf. Il y a un peu plus longtemps, je me rendais souvent dans le 3 ème arrondissement de Paris ; là bas, j’ai à plusieurs reprises pu récupérer des sacs (soit de voyages, soit des sacs « poubelles ») remplies de fringues de « marques » (donc facilement négociables) dans des états quasi neufs. Suffit de se servir. Je ne parle pas des livres, de la vaisselle, lecteur de DVD, lampes, cafetière, meubles, etc...allègrement jetés lors des déménagements.
Et c’est la même chose dans les villes de province. Lorsque j’ai commencé à faire de la récup’, certaines personnes de mon entourage avait du mal croire que tout ce que je trouvais provenait de la rue, jusqu’à ce qu’il essaient eux-mêmes ou m’accompagnent parfois.




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