A la une 29/05/2010 à 14h05

Un cadre drague en ligne son salarié pour jouer avec ses nerfs

François Krug | Journaliste Rue89

La violence morale au travail peut prendre des formes étranges. Un salarié, tombé amoureux sur Internet, avait échangé des milliers de messages avec une inconnue, jusqu'à se livrer à une relation sexuelle virtuelle par webcam. Mauvaise surprise : cette femme était son supérieur.

L'affaire est remontée jusqu'à la Cour de cassation. Stéphane S., cadre à la Société européenne de cardiologie à Nice, contestait son licenciement pour faute grave, en 2005, « pour avoir utilisé le matériel informatique professionnel pour harceler sexuellement et moralement un de ses collaborateurs directs sous des pseudonymes féminins ». Cette « faute grave » le privait d'indemnités de licenciement.

La Cour de cassation vient de confirmer la décision des prud'hommes et de la Cour d'appel. Dans son arrêt, rendu le 12 mai et publié par le site Legalis.net, elle estime que Stéphane S. a bien fait preuve de « violence morale » en draguant son salarié, en se faisant passer pour une certaine « Irène ».

Pousser son salarié à « se donner » devant sa webcam

Le salarié a raconté cette fausse relation amoureuse aux juges. Pendant plus d'un an, il a échangé « plus de 3 000 messages » avec Irène, « souvent la journée ». Et sans se douter que l'inconnue lui écrivait depuis le bureau de son supérieur. L'arrêt de la Cour de cassation explique :

« Il est établi que M. Stéphane S. a, durant son temps de travail, et par l'intermédiaire de son poste informatique de travail, multiplié les contacts avec [le salarié] sous le pseudonyme de “Irène”, amenant ce dernier à entretenir une relation amoureuse virtuelle avec “Irène”, à se déshabiller et à se “donner” devant la caméra ; que le scénario mis en scène par M. Stéphane S. pour tromper son subordonné a été d'autant plus efficace qu'il profitait de la proximité de ses liens professionnels avec [le salarié] pour recevoir ses confidences et développer ainsi son emprise psychologique. »

Stéphane S. est allé très loin dans cette « torture morale », le terme utilisé par son employeur dans la lettre de licenciement. Le salarié se confiait en effet sans crainte à son supérieur, explique la Cour de cassation :

« Il parlait d'Irène à son manager M. Stéphane S. “tous les jours”, ce dernier ayant décidé de faire mourir “Irène” dans un accident de voiture en janvier 2005 alors que [le salarié] commençait à chercher activement à remonter la trace de la messagerie de irenenice06@aol.com. »

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  • sniper666
    • Posté à 15h20 le 29/05/2010

    C'est grave ce que ce cadre a fait et révèle un désordre psychologique.

  • gringo4c
    gringo4c
    Nuance de gris
    • Posté à 15h28 le 29/05/2010
    • Internaute
      Nuance de gris

    Sinon, l'employé qui passe sa journée à draguer des inconnues sur les tchat, il a été renvoyé ?

  • Salsera
    Salsera
    Danse et Internet
    • Posté à 19h07 le 29/05/2010
    • Internaute
      Danse et Internet

    le moral au travail on connait un peu tous. J'avoue d'une manière assez différente avoir subit le piège avec ma supérieure qui a profité de ma faiblesse hiérarchique pour venir à bout de mes nerfs et de mon moral, résultat une démission... simplement parce que je ne lui revenait pas et sur les conseils de la médecine du travail, mieux valait aller voir ailleurs... sympa le soutien. C'était il y a un bout de temps et... bien moi grave que d'autres cas mais en arriver là... c'est une agression dure à subir.

  • vivi
    vivi répond à gringo4c
    • Posté à 23h38 le 30/05/2010
    • Internaute

    Envoyer 3000 messages à la même personne, ce n'est pas « draguer des inconnues », mais entretenir une relation, aussi inhabituelle qu'elle soit.