A la une 18/05/2010 à 19h16

Epibag, le sachet de sandwich sans contrefaçon

Léa Lejeune | Journaliste


un sandwich dans son papier (clifnotes/Flickr).


En achetant son sandwich, Julien Martin s’est laissé aller à la contemplation de l’utile sachet qui protège ses doigts. Et, en lecteur compulsif, a tiqué sur le petit « Message à notre ami lecteur », imprimé par Epibag, la société qui fabrique ces sacs en papier :

« Message à notre ami lecteur : 23 ans de publications sur la France nous amènent à vous dire NE COPIEZ PAS EPIBAG, mais rejoignez-nous !

Vous gagnerez en qualité, efficacité pour le respect du boulanger et pérennité du concept. »

Derrière Epibag, la directrice Claire Warnon, et des régies publicitaires. Claire Warnon a racheté en 1987 un concept original à un ami : le sac à pain publicitaire. Un sachet distribué gratuitement aux boulangers, entièrement financé par la publicité imprimée recto/verso.

Chaque année, Epibag distribue 15 à 20 millions de sacs dans les boulangeries. « Si j’en vis depuis 23 ans, c’est que ça marche très bien ! », affirme sa fondatrice. « Je me souviens même d’un procès où un homme prétendait être à l’origine du concept, un imposteur », poursuit-elle, de la rancune dans la voix.

L’annonceur en contact direct avec le consommateur


Epibag sous-traite principalement à la régie publicitaire Tac-tic média. Parmi leurs clients :

  • Nutella, diffusé dans 160 villes,
  • Uniqlo, marque de vêtements japonaise qui cherchait à se faire connaître en 2005.

Commentaire de Florian Gibault de Tac-tic média :

« Ça peut paraître étonnant de mettre des vêtements sur du pain. Mais ils cherchaient à s’implanter facilement en France.

Il suffisait de faire de la publicité sur ce que les gens consomment tous les jours. Ici, l’aliment de base est le pain. Ça a fait parler d’eux.

Dans la même veine, on propose aussi d’imprimer des publicités sur des sets de table, des panneaux en entreprise, un packaging de chocolat...

Les annonceurs veulent des réseaux publicitaires différents des médias de masse, en contact direct avec les consommateurs. »

Dans le domaine public depuis treize ans

Mais pourquoi cette adresse au « lecteur » ? « Le message d’alerte ? Il a toujours été là », raconte Claire Warnon. Il s’adresse d’abord aux pilleurs.

Le concept Epibag est une marque déposée. Le copier expose donc à des poursuites, d’après le code de la propriété intellectuelle.

« Ces quelques lignes mettent en garde des sociétés isolées qui commencent à s’implanter un peu partout parce qu’elles trouvent l’idée originale. Il n’y a pas d’agressivité dans ce message.

Je veux simplement que les sociétés fassent appel à nous ou deviennent nos partenaires. »

Mouais. En fait, le concept du sachet est tombé dans le domaine public depuis treize ans, d’après M. Olivo, fondateur de Mediabag. Ce concurrent, l’un des quinze (petits) en France, précise :

« Editer de la pub sur un sac à pain, c’est un peu comme éditer de la pub sur un panneau d’affichage. Une procédure judiciaire lancée par Epibag ne serait pas valable.

Plus encore, le message sur les sacs veut faire peur aux concurrents. Mais ça ne donne pas une bonne image de l’objet. Claire Warnon, c’est un peu l’ayatollah du sac à pain ! »

Pour Florian Gibault de la régie publicitaire, le message s’explique autrement :

« Pour nous, un consommateur peut être un client de demain, un annonceur. Il doit savoir qu’il y a des règles à respecter pour ce genre de publicité, des règles alimentaires. »

Des règles alimentaires ? Élémentaire : le sac doit pouvoir être mangé, même si c’est généralement involontaire (mâchoires malhabiles).

« Pour fabriquer ce genre de publicité, il faut un papier et une encre alimentaires avec des normes très strictes. Pour ne pas que les gamins qui croquent dedans tombent malades ! »

Le message s’adresse aussi aux boulangers. Claire Warnon se targue de les « respecter ». Sous-entendu, c’est ce que ne fait pas la concurrence : ceux qui ne font pas gaffe au papier avalé et qui, désorganisés, n’assurent pas un approvisionnement sans accroc de leur clients.

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  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 20h51 le 18/05/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Pourquoi pas un « papier » mangeable ? C’est à dire un support fin comme du papier ou presque, dans un genre de pâte à crêpe, que l’on pourrait même imprimer avec de la sauce tomate ou du boudin ? Julien Martin pourrait vendre ainsi à la criée des « nouvelles fraiches » et se nourrir à l’heure du repas avec les invendus. En ces temps de crise il faut savoir faire flèche de tout bois.

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 21h50 le 18/05/2010
    • Internaute 7659
      oiseau

    Tiens ? Je ne savais pas que les entreprises pouvaient être autant paranoïaque. Il est tout de même grave de confondre les clients, copieurs, usurpateurs et consommateurs pour annoncer « attention, touche pas à mon marché ».

    Il y a tout de même un soucis de communication. Le canal de communication est-il celui qui atteint bien la cible choisie, et ceux qui lisent la communication, vont-ils apprécier d’être pris pour des méchants copieurs ?

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 05h35 le 19/05/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Pointage quotidien d’YLZ.

    Je crois que Madame Claire Warnon est dans une interprétation quelque peu faussée - mais surtout abusive - de ce que peut être vraiment un « concept » donnant droit à protection de la propriété intellectuelle. (INPI).
    - Certes, elle a déposé cette idée, mais il ne s’agit pas d’une idée que l’on peut imaginer n’appartenant qu’à sa propre société.

    Nous sommes dans un monde abusif et d’appropriation au nom de la loi - et à titre unipersonnel - de ce qui a toujours culturellement appartenu à tout le monde.
    - Comme les Sets de table, au snack...couverts eux aussi de pub !
    (N’importe qui peut décider de se faire faire des sets selon cette idée)

    Mais puisque nous en sommes aux abus judiciaires :

    Que n’importe quelle mère de famille porte plainte contre cette société, en prétendant que l’obésité de ses enfants est surtout due à ce petit pot de Nutella imprimé sur ces sacs à pain.
    - EPIBAG saura alors que l’on ne mange pas que le papier et l’encre !

    Dès demain, je dépose à l’INPI la formule chimique et gazeuse de l’atmosphère, afin de perçevoir des royalties de tout ce qui respire.

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 08h16 le 19/05/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    Devrait faire pareil.....avec le papier W.C....ça pourrait aider certain à apprendre à lire ?