Revue de web 16/05/2010 à 15h45

Clotilde Reiss libérée... et des questions soulevées

Guillemette Faure | Journaliste


Clotilde Reiss à son arrivée à l’Elysée, le dimanche 16 mai (Benoît Tessier/Reuters)

Retenue à Téhéran depuis juillet 2009 pour avoir participé à des
manifestations anti-gouvernementales, Clotilde Reiss, 24 ans, a quitté
l’Iran dimanche matin et a été reçue dans l’après-midi par Nicolas
Sarkozy. En France comme à l’étranger, sa libération suscite des
interrogations.

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Quel a été le rôle du Sénégal ?

L’entourage du Président sénégalais Abdoulaye Wade confirme au Parisien qu’il aurait entamé un travail de médiation entre Paris et Téhéran :

« La médiation aurait démarré en octobre 2009 lorsque Wade, qui préside l’Organisation de la conférence islamique (OCI) -le grand rassemblement des musulmans du monde- et entretient des liens avec le régime d’Ahmadinejad, évoque en tête-à-tête l’affaire Reiss avec le Président iranien, lors d’une visite à Téhéran. »

D’après le ministre sénégalais des Affaires étrangères au Parisien, le Président iranien aurait alors laissé « entendre une possible libération de Clotilde Reiss sous certaines conditions spéciales ». La médiation de Wade se serait poursuivie jusqu’à fin novembre 2009, avant que l’Elysée ne fasse à nouveau appel à lui.

D’après LePoint, « le fils du Président sénégalais, Karim Wade, s’est rendu à Téhéran du 30 mars au 1er avril », accompagné de l’« avocat Robert Bourgi, familier de l’Elysée et personnage influent de la Françafrique ».

Les tractations ont été pilotées par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, « sans que Bernard Kouchner et le Quai d’Orsay en soient informés ».

Selon les informations du Parisien, Wade aurait lui même averti Claude Guéant de la libération imminente de la Française.

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Le gouvernement iranien remercie-t-il la France ?

Pour le Los Angeles Times, la jeune française a été libérée « juste après que la France a défié Washington en refusant l’extradition aux Etats-Unis d’un Iranien présumé suspecté de trafic d’armes », Majid Kakavand, homme d’affaire iranien, accusé par le FBI d’avoir tenté de faire parvenir des matériaux sensibles à des entités militaires iraniennes en Iran.

Le L.A Times s’interroge :

« Kakavand est rentré à Téhéran le 7 mai. Huit jours plus tard, un tribunal iranien suspendait sa peine [à Reiss] de dix ans de prison et la commuait en amende. »

Paris et Téhéran démentent les liens entre les deux affaires. Pourtant, rappelle L’Express.fr :

« Le président Ahmadinejad avait déclaré le 18 décembre que la solution de l’affaire Reiss dépendait “de l’attitude des dirigeants français”. Se félicitant de la libération de M. Kakavand, Téhéran avait déclaré le 11 mai espérer une “décision rapide” de la justice concernant Mlle Reiss. »

Autre libération judiciaire annoncée, rappelle le JDD, celle de Vakili Rad, ancien agent des services secrets iraniens condamné en 1994 par la cour d’assises de Paris à perpétuité pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre d’Iran Chapour Bakhtiar, libérable depuis février mais « toujours en prison faute d’arrêté d’expulsion, signé du ministre de l’Intérieur ».

Selon les informations du JDD :

« Cet arrêté d’expulsion devrait être signé d’ici mardi… permettant une remise en liberté rapide de Vakili Rad et un transfert quasi immédiat pour l’Iran. De quoi solder de vieux comptes judiciaires avec le régime iranien, qui réclame depuis des années cette libération. »

Pour Bernard Kouchner sur Radio J, les deux décisions sont indépendantes :

« Il n’y a eu aucune contrepartie. Cette succession de décisions judiciaires -et en France, on n’influence pas des décisions des juges- n’a rien à avoir avec un marchandage éventuel, un marchandage allégué, rien à voir. »

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La libération aurait-elle pu avoir lieu plus tôt ?

Sur RTL, le Président sénégalais Abdoulaye Wade met en cause André Parant, conseiller spécial de l’Elysée : lors d’un appel, il y a plus de six mois, celui-ci lui aurait demandé « de laisser ce dossier de côté », la France ayant « un contact très sérieux » :

« [...] S’il n’y avait pas eu cette intervention de Monsieur Parant, Clotilde Reiss aurait été libérée depuis six mois. [...] Je ne sais pas si c’est lui ou s’il a reçu des instructions. [...] »

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Qui a payé l’amende ?

France Info rappelle que le tribunal iranien a réduit ses peines d’emprisonnement « à une simple amende de 3 milliards de rials, soit environ 245 000 euros, réglés sur le champ » et que « le montant de cette amende équivaut à celui de la caution versée le 16 août 2009 ».

Sur RTL, Ardavan Amir Aslani, avocat international, explique aussi :

« Lorsque cette personne avait été libérée de prison [pour être assignée à résidence à l’ambassade], la somme avait été déterminée par la justice iranienne et avait été acquittée par l’ambassade de France à Téhéran. C’est cette même somme qui a été consacrée aujourd’hui comme la somme que la France devra verser pour sa libération. »

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  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 16h12 le 16/05/2010
    • Internaute 47359
      Retraité

    Et la libération du scientifique iranien il y a quelques jours, qui était menacé d’extradition vers les USA, ses déclarations étaient sans équivoque « cela favorisera la libération de C Reiss ».

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 16h35 le 16/05/2010
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
  • Anonyme

    J’ai pas d’info, j’ai une question : des nouvelles de Salah Hamouri, 25 ans, détenu depuis 5 ans en Israël contre de faux aveux extorqués comme l’ont été ceux de Clotilde Reiss, emprisonnée pendant un mois et demi (de trop) ?
    Et de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, qui n’auraient pas dû, d’après MM.Sarkozy, Guéant, Georgelin, faire leur travail de journalistes, parce que « ça va coûter trop cher » ?

  • de la soul
    de la soul répond à ces choses là sont rudes
    Go ahead, make my day.
    • Posté à 17h27 le 16/05/2010
    • Internaute 85071
      Go ahead, make my day.

    Clotilde, est elle plus sexy que les otages de France 3, c’est ce qu’a du se dire Guéant !

    D’un côté on a des journalistes qui font leur boulot qu’on traite d’irresponsables, et on présente la facture, et de l’autre avec Clotilde Reiss, aucun commentaire sur la douloureuse (et je ne pense pas forcément que cette demoiselle soit irresponsable).