Loi anti-burqa : Gribouille au service de la confusion et du chaos
Déjà, lors de l’interdiction du voile à l’école, le grotesque l’avait disputé au scandaleux. Pourquoi parler de voile islamique, ou de kippa juive, ou de turban sikh ? Il suffisait de stipuler que chaque élève doit ôter tout couvre-chef à l’entrée de l’établissement scolaire. Y compris, par la même occasion, la ridicule casquette ou le navrant bonnet façon « caillera ».
Exiger que les élèves soient « tête nue » aurait permis de régler l’affaire du voile, et celle de la kippa et du turban, sans viser et stigmatiser inutilement nos compatriotes musulman(e)s. Ils en ont suffisamment pris dans la figure en termes de méfiance et de mépris de la part de la Ve République blanciste depuis cinquante ans -combien de décennies sans lieux de culte décents ?
Une telle mesure aurait même pu faire l’économie d’une loi et de ses effets de manche, en se bornant à recourir à une simple circulaire ministérielle à l’adresse des proviseurs et principaux de France et de Navarre (Outre-Mer compris, sans exception).
Rebelote avec la loi anti-burqa. On s’apprête à faire une loi alors qu’une loi existe déjà, qui interdit d’aller masqué(e) sur la voie publique hors période de carnaval.
Du même coup, on laisse une fois de plus au FN le monopole d’une « vérité », comme on le fit jadis avec le drapeau tricolore et la Marseillaise. Le Pen a beau jeu d’observer que cette loi anti-burqa est inutile, puisqu’une loi existe déjà, sans être appliquée.
Faire le jeu de tous les extrémismes
On connaît les stratégies sarkozystes : le double langage, l’affirmation contredite dans la demi-heure par son auteur... Ces nouvelles errances ne sauraient donc étonner.
En revanche, voir la gauche lui emboîter le pas, et faire ainsi le jeu de tous les extrémismes et autres obscurantismes politiques ou religieux (ou les deux, mon capitaine), voilà qui est consternant.
Le monde musulman est travaillé, et pas seulement au plan français, au plan planétaire, par des forces obscures. Est-ce lui rendre service que de pousser sa majorité modérée, ou en voie de radicalisation, dans les bras des extrémistes, en suscitant le sentiment de persécution collective, forcément exacerbé en pareille situation, et ses solidarités, certes absurdes, mais inhérentes au phénomène du fanatisme collectif ?
Au demeurant, quel groupe honnête et lucide sur sa propre histoire pourra se poser en juge des musulmans ? Qu’on ne s’étonne pas, en jetant ainsi et si maladroitement de l’huile sur le feu, d’accélérer la catastrophe.
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Auteur(e) de l'article Ecrivain
Ecrivain
Cher Fondriesteuh,
Si vous preniez le temps de lire mon livre Histoire occultée ou mon blog Fusionnisme, vous verriez que je m’applique à montrer que les Français - chez qui le racisme est de longue date très minoritaire - ne sont nullement complices de la Ve République blanciste. Bien au contraire, celle-ci les a totalement trahis en même temps que les Ultramarins, Africains compris, en larguant les territoires d’Afrique et leurs populations pour éviter une égalité que les Métropolitains acceptaient (cf. les discours du Général pour revenir au pouvoir en 1958 et ses confidences, et surtout ses actes, par la suite).
Ne confondez pas. C’est le système de la Ve République blanciste qui accuse les Français de racisme pour se dédouaner. Quitte à entretenir la jeunesse des banlieues dans l’idée que leurs compatriotes « blancs » sont un ramassis de racistes. Et à semer ainsi les germes du désespoir, de la division, de l’antagonisme, de la haine et du désastre.
A vous de voir le rôle que tient l’affaire de la loi sur la burqa dans ce système, et qui fait le jeu, par ailleurs, de l’extrême-droite...
Bien cordialement,
Alexandre Gerbi




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