Enquête 03/05/2010 à 18h39

Tanit : les mensonges de Morin, le silence de Sarkozy

David Servenay | Ex-Rue89

Chloé Lemaçon veut obtenir de l’Etat la vérité sur la mort de son mari Florent, le skipper du Tanit.


Chloé Lemaçon (Audrey Cerdan/Rue89).

Elle a pris sa plume parce que personne n’a tenu parole. Ni le président de la République, ni le ministre de la Défense. Nicolas Sarkozy et Hervé Morin l’ont pourtant assurée qu’ils diraient dans quelles circonstances est mort Florent, son mari. Un an après sa libération, Chloé Lemaçon attend toujours cette vérité : le jeune skipper du Tanit a été tué par un commando français. Une erreur que le sommet de l’Etat ne veut pas assumer.

Depuis un an, Chloé Lemaçon a reconstitué le puzzle. Celui du voyage du Tanit, bateau à voile en ferro-ciment, qu’elle avait rêvé avec Florent, son mari et leur fils, Colin, 3 ans. Puis celui du cauchemar : une semaine sous la menace de cinq pirates somaliens, en avril 2009, qui s’achève par l’assaut des commandos français. Bilan : 3 morts, deux pirates et un otage.

Premier mensonge : « On ne peut exclure que le tir soit français »

Le feu vert de l’opération a été donné par le chef de l’Etat, directement aux forces spéciales via la chaîne du Commandement des opérations spéciales (COS). Dès le lendemain du drame, le samedi 11 avril sur Europe 1, Hervé Morin monte au créneau pour justifier la décision. Tout a été tenté, précise le ministre de la Défense, y compris de proposer une rançon aux ravisseurs qui l’ont refusée.

A la question « Vous avez bien une idée ? » sur les circonstances de l’assaut, il ajoute :

« Non, on est en train de faire le débriefing. Il y aura une enquête judiciaire et donc une autopsie. On ne peut pas exclure que dans l’échange de tirs entre les pirates et nos commandos, le tir soit français.

Personne ne peut l’exclure par nature. Je me refuserais à vouloir écarter telle ou telle hypothèse. Il faut qu’on analyse les hypothèses et après, on le dira. »

Voir le document

(Fichier PDF)

Hervé Morin ment. Dès l’opération terminée, le ministre de la Défense est informé de son déroulement. Vendredi 10 avril en fin d’après-midi, il sait.

Le compte-rendu oral du responsable de l’opération ne laisse aucune ambiguité, sauf à penser que les militaires auraient menti au ministre. Sa version écrite, datée du dimanche 12 avril, a été rédigée par le capitaine de vaisseau Paul-Henri Desgrées du Lou, chef de l’Etat-major des fusiliers commandos. Un vieux briscard des forces spéciales, le patron de l’opération. (Téléchargez le document)

« H » ouvre le feu environ une minute après le top départ

La chronologie précise de l’assaut permet même de cerner le moment où « H » ouvre le feu avec son arme à visée laser, alors qu’il surplombe le hublot de pont de la cabine arrière du voilier où s’est blotti le couple et leur fils. Le bilan des tirs « AMI » indique :

« Tir de riposte à travers le hublot horizontal arrière entre H+43’’ et H+1’30’ (1 coup 9mm). »

Sur la première des sept planches qui complètent la chronologie, il est indiqué :

« Tir sur individu

  • surgissant debout
  • en mouvement
  • sombre
  • menaçant. »

Détail : il est ici question d’un « individu », pas d’un pirate comme les planches le mentionnent ensuite pour décrire la position des ravisseurs. Cet individu, c’est Florent Lemaçon, 28 ans, barbu, cheveux longs et lunettes sur la tête. (Voir la vidéo)

Contacté, le ministre de la Défense n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Les angles morts de l’autopsie

La deuxième occasion de dire la vérité sur les circonstances de l’assaut va aussi faire l’objet d’un escamotage en règle de la justice. Le mardi 14 avril 2009, le parquet de Rennes ordonne au docteur Mariannick Le Gueut (Rennes) et au professeur Didier Gosset (Lille) de réaliser l’autopsie du marin.

L’examen a lieu jeudi 16 avril, à 10h30, à l’Institut médico-légal de Rennes, en présence d’Hervé Pavy, procureur de la République et de cinq gendarmes. Le compte rendu, daté du 28 avril 2009, est assez clair.

La balle est entrée sous l’œil droit et ressortie à l’arrière du crâne. L’orifice d’entrée « en demi-lune » ne permet pas d’établir le calibre de l’arme avec certitude. Les légistes relèvent aussi quatre plaies et fractures à la main droite. Ils écrivent :

« Le tir était donc dirigé, la victime lui faisant face, d’avant en arrière, quasi horizontalement et perpendiculairement au massif facial, la tête étant supposée droite, dans la position dite du garde-à-vous. »

La perte de connaissance a été « immédiate » et la mort « quasi-immédiate ». Les médecins notent aussi que « la balle, étant ressortie de la boite crânienne, n’a pu être retrouvée ». Ce projectile, personne ne le retrouvera : ni les légistes, ni les enquêteurs, ni les experts en balistique. Conclusion :

« L’aspect de la lésion osseuse du 2e métacarpien droit et des lésions faciales et crâniennes est compatible avec le passage d’une balle de fort calibre.

Les lésions observées permettent également de dire qu’elles ont été créées par des balles à haute vélocité.

Nos constatations permettent d’indiquer qu’il ne s’agit pas de tirs à bout portant ou à bout touchant sans pouvoir être plus précis sur la distance de tir. »

Deuxième mensonge : « Impossible de savoir d’où vient la balle »

Trajectoire de haut en bas, projectile introuvable, balle de fort calibre et haute vélocité. Ces éléments laissent aussi très peu de place au doute. Pourtant, le procureur Pavy fait la déclaration suivante à la presse, dès le lendemain de l’autopsie, vendredi 17 avril :

« L’autopsie a permis de constater ce que je vous ai indiqué tout à l’heure : une blessure mortelle à la tête, une blessure secondaire à la main.

Aucun projectile, aucun fragment métallique n’ayant été trouvé, il est impossible de, de savoir... d’où vient... d’où vient cette balle. »

Impossible ? Vu la position du skipper dans la cabine (debout) et l’absence de pirates dans cette même cabine arrière ou sur le pont, le tireur ne peut être qu’un des commandos français. L’exécutif le sait, mais il se tait.

« Tir depuis le dessus du pont par un Commando français »

Le 22 avril 2010, le dernier volet de l’expertise balistique a été remis au juge d’instruction chargé de l’enquête. Il fait suite à un premier rapport d’études de trajectoire, dont les constatations ont été effectuées dans le port de Djibouti, du 25 au 28 avril 2009.

Dans ce document, un expert de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie (IRCGN) écrit pour la première fois noir sur blanc la si lourde vérité :

« Tir à l’aide d’une arme de calibre 9 mm, dans la cabine arrière, depuis le dessus du pont par un Commando français, ayant atteint Monsieur Florent Lemaçon. »

Dans sa conclusion, Stéphane Helstroffer ajoute un élément déterminant pour la compréhension des circonstances :

« Nous n’avons découvert aucun autre élément balistique nous permettant de caractériser des tirs depuis l’intérieur vers l’extérieur du voilier. Nous n’excluons pas que des tirs aient pu être réalisés au travers des hublots ouverts. »

Autrement dit, l’explication d’un tir nourri des pirates, en réaction aux premiers coups de feu des tireurs d’élite, semble peu probable. La seule tentative avérée est celle du chef en second des pirates qui, blessé, tire un coup en direction de Steven, réfugié dans la cabine avant avec Dorian, l’autre équipier. Il rate sa cible, grâce à... un autre pirate, qui détourne le canon de la Kalashnikov.

Une gestion de crise en direct depuis l’Elysée

Comme à chaque fois qu’un Français est pris en otage à l’étranger, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) est sollicitée pour exercer son « droit de premier refus ». Cette règle a été instaurée après l’enlèvement de la journaliste Florence Aubenas, une affaire qui a beaucoup mobilisé les services secrets français.

Désormais, les espions de la Piscine peuvent prendre ou refuser ce genre de dossier, en fonction de critères multiples : identité et fonction du ou des otages, nature du rapt (crapuleux ou politique), contexte géopolitique, dimension internationale...

Ce lundi 6 avril 2009, la DGSE ne prend pas. Pourquoi ? Sans doute parce que les Lemaçon sont de « simples » particuliers, victimes de pirates dans les eaux internationales. Peut-être aussi parce que les hommes du service Action ont essuyé un échec quelques mois plus tôt, en novembre 2008, lors d’une tentative d’intervention à bord d’un navire panaméem, le Yénégoa Océan comme le relate Bakchich.

Les Lemaçon ? Pour l’Etat, de doux rêveurs inconscients

A moins que l’Elysée ne se soit accaparé le dossier, sentant tous les bénéfices politiques à tirer d’une telle situation. Le précédent du Ponant (voilier de luxe pris en otage avec son équipage, en avril 2008) et son happy end médiatisé à outrance par l’Elysée, est dans toutes les mémoires. Le Président a donc décidé de gérer cette crise en direct, personnellement. Via le COS, le Commandement des opérations spéciales créé en 1992.

Cette ligne directe entre le chef de l’Etat et les commandos sur le terrain a pour particularité de réduire considérablement les délais décisionnels. Elle est aussi un outil privilégié de la diplomatie sarkozyenne, faite de coups audacieux, pour marquer le volontarisme du Président. En contrepartie, le Président n’a pas droit à l’erreur. Ou plutôt, la moindre anicroche peut lui revenir en boomerang. Sans intermédiaire.

Dès le mercredi 8 avril 2009, sur France Info, le ministre de la Défense présente les Lemaçon comme des risque-tout, « prévenus à plusieurs reprises » par la Marine française qui leur « aurait totalement déconseillé de se rendre au Kenya ».

Or, dès le 27 mars, sur les conseils d’Alindien, l’Etat-major de la Marine française pour l’océan Indien, le Tanit change de cap. Direction plein Est, pour s’éloigner à 500 miles des côtes somaliennes. L’équipage renonce ainsi à viser le Kenya, pour aller sur les Seychelles. Il n’est pas dans le « golfe d’Aden » comme l’indique Hervé Morin, mais bien plus au large.

Enfin, rappelle Chloé Lemaçon, son mari connaît parfaitement son voilier. C’est un marin aguerri. Et s’ils sont de « doux rêveurs », c’est d’abord qu’ils croient à une autre vie possible :

« Dans les années 1970, on avait droit à l’utopie, aujourd’hui, on n’a plus le droit. » (Voir la vidéo)

Au moment où il est abordé, le Tanit se situe à plus de 800 kilomètres des côtes. Le skiff somalien vient de rater l’abordage d’un cargo, l’Africa Star. Les cinq jeunes pirates sont déhydratés, sans nourriture et

n’ont presque plus d’essence. La prise du voilier est leur seule et unique solution pour en sortir sains et sauf.

Négociations manquées et promesses non tenues

Les premiers informés de la prise d’otages sont les animateurs d’Eccoterra international, une ONG kenyanne de défense de l’environnement très au fait des agissements des pirates somaliens. L’AFP reprend l’information, lundi 6 avril 2009, par une dépêche diffusée à 10 heures du matin.

Une demi-heure après l’alerte, l’Elysée prend l’affaire en main. Le Centre de planification et de conduite des opérations militaires (CPCO) est enfoui dans les sous-sols de l’Etat-major des armées, boulevard Saint-Germain.

Dans cette fosse, l’armée suit toutes les « opex » (opérations extérieures), 24 heures sur 24. Au sein de l’administration française, seule la DGSE et son centre de situation ont la capacité de rivaliser avec le CPCO. La course commence :

« Dans la matinée : réception d’une photo prise par Orion P3 avion espagnol le 4 avril montrant un voilier correspondant au Tanit (numéro de voile similaire : F-2485) avec un skiff bleu en remorque. »

Pourquoi les Espagnols n’ont-ils pas alerté les Français dès le 4 avril ? Mystère et première erreur des militaires.

Lundi 6 avril dans l’après-midi, trois frégates sont dépêchées sur zone. Un avion de reconnaissance repère le voilier, sans skiff autour.

Mardi 7 avril à 14 heures, un détachement des forces spéciales arrive à Djibouti. Il est parachuté en mer le lendemain et récupéré à bord de l’Aconit et du Cdt Ducuing.

Deux pirates tentent de se rendre... en vain !

Mercredi 8 avril dans l’après-midi, les fusiliers commandos estiment que le Tanit atteindra la côte somalienne en 39 heures.

La négociation démarre par radio VHF : les cinq pirates veulent gagner la côte, avec les otages. Ils exigent aussi une rançon. Or, Nicolas Sarkozy a donné deux instructions précises pour cadrer la négociation :

  • Aucun Français ne doit être ramené à terre,
  • toutes les chances doivent être données au dialogue.

Jeudi 9 avril, la négociation reprend. Nouvel échec. Pour ralentir la course du bateau, les commandos tirent dans le mât pour descendre les voiles : 28 impacts de balles sont relevés par l’expertise balistique.

Deux pirates tentent alors... de se rendre ! Ils montent sur le pont, sans armes, mains levées. Rien ne se passe. Cette tentative de reddition ne sera jamais évoquée par les autorités françaises. A-t-elle échappé aux commandos de Marine ?

Toujours selon la chronologie des opérations rédigée par les militaires, dans la soirée de jeudi, un skiff est dérouté par le Cdt Ducuing, alors qu’il tente de rejoindre le voilier depuis la terre. La tension monte encore d’un cran.

Vendredi 10 avril, 8h28. Le Tanit est ravitaillé en vivres. Les négociateurs français proposent d’échanger la mère et l’enfant contre un officier. Les pirates refusent. Ils révisent une nouvelle fois leur position sur la rançon.

Nouvelles tractations, refus. Le bateau est à 15 nautiques de la côte, qu’il peut atteindre dans la soirée. L’Elysée donne son feu vert : 15h27, trois pirates sur cinq sont sur le pont, début de l’assaut.

Les promesses jamais tenues de l’Elysée

Chloé Lemaçon va mettre plusieurs mois à comprendre que ses interlocuteurs mentent par omission ou immobilisme. A plusieurs reprises, les conseillers de l’Elysée, dont le premier Claude Guéant, secrétaire général de la présidence, lui affirme que la vérité sera dite. Elle attend, rien ne vient.

Arrive le temps des promesses : d’emploi dans l’administration, d’indemnités compensatrices. La jeune femme refuse tout. Elle veut juste la vérité, pour l’honneur de Florent.

« Pour le reste, dit-elle, les assurances ont un système bien rôdé : dès lors qu’un individu est victime, il fait l’objet d’une indemnisation. »

Mais à plusieurs reprises, elle estime que l’échange vaut promesse de se taire. Le silence est d’or avec cette phrase qui revient sans cesse :

« Si nous vous aidons, vous vous engagez à ne pas porter plainte. » (Voir la vidéo)

En réalité, les politiques veulent éviter un procès étalant les erreurs commises, du premier au dernier jour de la crise. L’information judiciaire ouverte à Rennes ne concerne d’ailleurs que les trois pirates incarcérés en France, pas les circonstances de la mort du skipper.

L’enjeu, pour les pirates, est de savoir si la mort de Florent Lemaçon constitue une « circonstance aggravante » ou pas.

Chloé Lemaçon ne veut pas faire du geste mortel un cas d’école, ni de son auteur un bouc émissaire. Dans les commandos, lui a-t-on dit, la tradition est de ne jamais fustiger un camarade qui a commis une erreur.

Mardi 4 mai 2010, Nicolas Sarkozy en visite à Lorient pour l’inauguration de la frégate Aquitaine, devrait annoncer la commande d’un bateau destiné à la lutte anti-piraterie. Parlera-t-il aussi de cette mystérieuse balle que tout le monde aimerait bien oublier ?

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  • Tofraziel
    Tofraziel répond à gotics
    Orwellien
    • Posté à 19h11 le 03/05/2010
    • Internaute 42678
      Orwellien

    Tout dans la nuance je vois...Je veux me mettre au niveau : l’armée c’est des bourrins, ils tirent avant de réfléchir ! C’est bon là ?

    Pourquoi seulement ne pas avoir rappelé le contexte de cette affaire, et le fait que cette famille -de façon irresponsable- s’est rendue de ce secteur en « assumant sa prise de risque » ? C’est aussi simple que ça.

    Après, si cette dame veut toute la lumière sur l’attaque du commando, c’est évidemment légitime. J’espère seulement qu’elle assume aussi sa part de responsabilité dans le drame, et n’essaie pas de s’en exonérer en attaquant l’armée et le gouvernement.

  • sniper666
    sniper666
    roadrunneuse
    • Posté à 19h13 le 03/05/2010
    • Internaute 110274
      roadrunneuse

    En fait, il s’agit ici de dommages collatèraux (si je comprends bien). Je ne pense que l’officier n’a pas abattu sciament le mari de cette dame, je pense que cela droit être très doloureux pour elle... Mais, voilà c comme cela.... en tant de guerre ce sont les dommages collatéreaux...

    Il n’empêche que l’état doit maintenant l’admettre pour qu’elle puisse faire son deuil.

  • Kawarang
    Kawarang
    Ratu
    • Posté à 19h47 le 03/05/2010
    • Internaute 112947
      Ratu

    Je suis irresponsable. C’est de l’autre bout du monde que j’écris. Ici la terre tremble, les volcans éructent, les terroristes sévissent, les tsunamis dévastent. Le désir de liberté m’a fait venir là où je suis et où je resterai. Et pourtant je me sens bien plus en sécurité ici qu’au contact de tous les pisse froid et autres donneurs de leçons (qui pour la plupart n’ont pas visionné les vidéos) dont les contributions nous prouvent simplement que leur quotidien n’est que médiocrité

  • Jean-Pierre Martin-Paul
    Jean-Pierre Martin-Paul répond à tijock
    Fonctionnaire
    • Posté à 20h04 le 03/05/2010
    • Internaute 80315
      Fonctionnaire

    « j’ai un sérieux doute sur le fait que les pirates ne voulaient pas de rançon. »

    Je connais très bien la région.
    Je suis parfaitement d’accord.
    En Somalie chez les Hawiyés (Mogadishu) comme chez les Darods (Puntland), la société et les conditions imposent d’être prêt à toute éventualité car il ne s’agit pas seulement de soi mais aussi de la survie de nombreuses personnes, d’obéissance aux complexes liens familiaux des Somalis et aux préséances internes des clans.
    Si bien que par respect ou par nécessité, on finit par s’embarquer toujours plus loin sur des esquifs douteux, aborder des bateaux en soldant sa vie (fin 2009, quelques pirates ont tenté l’abordage d’un ravitailleur de ... la marine française !)
    Cependant, il ne faut pas prendre les pirates Somalis pour des imbéciles : il connaissent la rentabilité d’une razzia sur un cargo.
    Aussi, lorsqu’un bateau de taille modeste est abordé, ce n’est sûrement pas en vue d’en piller les richesses. La demande de rançon en Somalie, on l’a vu avec le « Ponant », reste une voie plus que rentable.

  • flyingplanet
    flyingplanet
    skipper
    • Posté à 21h02 le 03/05/2010
    • Internaute 113925
      skipper

    Bonsoir,
    Sauf tout le respect que je dois à votre malheur....
    Pour avoir navigué dans pas mal d’endroits, depuis toujours on sait que cet endroit est insuportable..... vous en voulez à la terre entière et je le comprend ! ! ! ! En revanche dans pas mal d’endroits sur terre, les habitants ne sont pas toujours sympa ! ! ! ! ! !
    Votre projet était magnifique mais complètement utopique dans ces coins la ! ! ! ! ! ! ! Imaginez ce qui serait arrivé si vous aviez pas été libérés..... ok les milis on peut-être pas été au top.... Vous vous sentée apte à vivre dans un bordel de sommalie ? ? ? ? et votre petit loulou ? ? ?
    Je ne veux en aucun cas vivre le dixième de ce que vous aveez vécu en revanche dans un programme de nav avec des enfants, soit on navigue cool.... soit c’est la guerre.....
    Je vous salut et vous respect tendrement.....

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 22h37 le 03/05/2010
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    S’il y a un commentaire qui m’exaspère au plus haut point, c’est celui de ce prétendu « comportement irresponsable » à devoir quasi-nécessairement passer par cette région pour se rendre dans les iles de l’océan indien (« et + si affinités »)...
    Ah oui, c’est vrai ; ça échappe peut-être à votre médiocre capacité de « visualisation », mais cette région dangereuse serait aussi large que la moitié de la France ! ! !
    Dois-je rester cloîtré chez moi, puisqu’il se déroule annuellement à Paris plus de faits criminels que le long des côtes de Somalie ?
    Pour autant que je sache, la montagne et/ou la mer ont fait plus de morts en 2009 que ces pirates Somaliens...
    Serez-vous moins nombreux à venir nous « pourrir la vie », à nous autres « ploucs », cet Été, pour autant ?
    Il y a encore eu environ 150 morts sur les routes, ce week-end ; n’allez-vous pas sauter dans votre automobile pour alourdir le bilan du week-end prochain si le soleil a la mauvaise idée de briller ?
    Et pour une bonne partie d’entre vous, ces accidents seront bien de votre responsabilité personnelle et non de malencontreux « concours de circonstance », puisque vous allez encore rouler comme des abrutis, parfois avec déjà un verre dans le nez, pour ne pas arriver en retard à l’apéro.
    Et vous venez nous parler de l’irresponsabilité des autres ? ! ?
    Mais est-ce que vous vous voyez.... même quand vous n’avez pas encore bu ? ? ?

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 11h45 le 04/05/2010
    • Internaute 38451
      pigiste

    Il y a tout et n’importe quoi dans les commentaires car on part d’un jugement de valeur « pour » (un jeune couple et son rêve qui se transforme en cauchemar) ou « contre » (ils l’ont bien cherché).

    On peut se débarrasser assez vite de cela en disant que : oui, ils ont été inconscients dans leur trajet et malgré les conseils des autorités. Non, cela ne lui retire pas le droit de savoir. Pour qu’elle tourne la page, il lui faut des réponses claires et nettes... Pas sûr qu’elle les obtienne de la « grande muette ».

    Ensuite, on peut passer à l’intervention.

    Fallait-il intervenir ? Oui, sans l’ombre d’un doute, les otages ne sont pas les mieux placés pour juger sereinement de la situation (syndrome de Stockolm, elle dit d’ailleurs ne pas en vouloir aux pirates). Clairement, en laissant les pirates emmener les otages à terre, on imagine assez bien que le petit Colin serait mort de dysentrie, amibes, malaria ou autre. En désespoir de cause, sans rançon, la maman avait une valeur « marchande » et aurait fini dans un bordel, le papa avec une balle dans la tête... C’est pas du cinéma, c’est du « bizness ».

    Y a t’il eu une erreur ? Oui, le mouvement de panique du papa a sans doute précipité le tir (très réussi, celui-là). La balle est certainement française. C’est cette vérité là que doit entendre cette femme : il y a bien eu une erreur, compréhensible dans le contexte, mais une erreur.

    Après, si on imagine qu’elle intervient pour obtenir des dommages et intérêts, faut être tordu... D’autant que dans ce cas de figure, l’armée peut aussi demander des comptes (ça doit pas être donné, ce genre d’intervention).

    Donc, cessez de juger cette femme, quelque soit l’inconscience de départ, elle a le droit de savoir ce qui est arrivé à son mari, c’est quand même la moindre des choses.

  • version75
    version75
    commerçante
    • Posté à 12h18 le 04/05/2010
    • Internaute 113965
      commerçante

    Les premiers mensonges dans cette affaire c’est le porte-parole des armées, Christophe Prazuk, qui les a commis dès le lundi 6 Avril. Il a répété sur de nombreux médias :
    - « Tanit se trouvait à 640km des côtes lors de l’attaque des pirates ».
    C’est faux, le samedi à 13h Tanit est à plus de 800km des côtes somaliennes. L’armée le sait parfaitement, tous les jours la position de Tanit lui ai communiquée par la famille.
    Voilà le mail indiquant la position du samedi 4 Avril
    « le dernier contact avec TANIT à 13h française : 9°35’60.00“N et 58°34’60.00‘E ’. On est bien à plus de 800km des côtes, jamais une attaque n’avait eu lieu aussi de la Somalie.
    - Christophe Prazuk ne disait pas la vérité non plus lorsqu’il affirmait que Tanit se rendait au Kénya alors que l’armée lui avait fortement déconseillé cette escale.
    C’est encore faux. Le samedi 28 mars vers 11h30, Florent confirme à sa famille la destination Seychelles. Ce changement de cap est retransmis à l’armée.
    A qui profitent ces deux mensonges qui ont alimenté la presse de fausses informations et empoisonné le débat ?

  • ge64
    ge64
    pas rangee
    • Posté à 13h31 le 05/05/2010
    • Internaute 113991
      pas rangee

    Je ne crois pas que polémiquer sans fin sur les circonstances de cette prise d’otages ou sur les choix de vie des Lemaçon permette de faire avancer la discussion.

    La question n’est pas de savoir qui, comment, pourquoi, tout cela est clairement assumé par madame Lemaçon.
    D’ailleurs, il semblerait que les critiqueurs n’aient pas bien lu votre article, et à fortiori le blog de Tanit !

    Le problème est qu’à la suite du drame, et bien avant que madame Lemaçon rentre en France, une version erronée de son histoire a été largement diffusée par tous les médias, les faisant passer, elle et son mari, pour des écervelés irresponsables, occultant ainsi le « ratage » de l’assaut qui a couté la vie à Florent.

    Or, à la lecture de leur blog,ce n’est pas ce que l’on constate ! Il s’agissait d’un projet de vie bien ficelé, tout dans leur périple était préparé, planifié, cadré, prévu. Ils avaient même pensé au pire, est ce là un comportement irresponsable ?
    Ils ont pris leurs décisions de façon éclairée et en toute connaissance de cause.
    La seule chose qui leur a échappé, c’était les décisions politiques dans lesquelles visiblement ils n’ont eu aucun poids. Ils ne pensaient sûrement pas être ainsi sacrifiés sur l’autel de l’intérêt national ! Et leur vision humaniste du monde s’est retournée contre eux, prouvant s’il le fallait encore que nous ne sommes que des pions dans un monde ultra strategique.

    Comme cela a été dit plus haut, certains ont sûrement l’esprit trop étroit pour comprendre que tout n’est pas tout blanc ou tout noir, et qu’il est un peu trop facile de faire passer ce jeune couple pour les méchants de l’histoire. Et il ne suffit pas de savoir démonter tous les arguments des autres un par un pour avoir raison, cette façon de faire n’est qu’un exercice de style à la portée de tous.
    Quant à ceux qui pensent que l’Etat ne ment jamais, je les invite à ausculter l’actualité d’un peu plus près, on voit des exemples de manipulation tous les jours ou presque. Ceci n’est d’ailleurs pas forcément spécifique à nos élus actuels, il semble plutôt qu’il s’agisse d’un fait inhérent au pouvoir en général.

    Je soutiens totalement Chloé Lemaçon dans son combat pour la mémoire de son mari. Il est mort et quoi que toutes les mauvaises langues en pensent CE N’EST PAS DE SA FAUTE. Il a droit à ce qu’on lui rende justice en rétablissant la vérité et non pas en tentant de faire taire sa femme.
    J’espère qu’elle trouvera enfin la paix et qu’on cessera de la faire passer pour « la victime qui l’a bien cherché », ce qui à mon sens est la pire des choses qu’elle ait à subir actuellement.
    Ne croyez vous pas qu’elle a déjà tout perdu ?
    Il y a des jours où être français n’est pas une grande fierté !