A debattre 21/04/2010 à 14h32

Absentéisme à l'école et allocs : pourquoi Sarkozy se trompe



Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux visite le dépôt de bus de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis (Benoît Tessier/Reuters).

C'est la dernière annonce de Nicolas Sarkozy, mais pas sa dernière trouvaille puisqu'elle était déjà connue. En déplacement mardi à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le chef de l'Etat a une nouvelle fois insisté sur la lutte contre la violence à l'école, déclarant :

« Désormais, la décision de suspendre les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire injustifié et répétitif d'un élève aura un caractère systématique. » (Voir la vidéo)

Le Président veut aller vite : il a aussitôt ajouté qu'un projet de loi serait déposé à l'Assemblée nationale « dès la semaine prochaine pour aller dans ce sens ». Problème : le dispositif est attaqué de toute part, accusé d'être autant inapproprié qu'inefficace. Revue d'argumentaire.

Un mécanisme complexe

Christian Chevalier, secrétaire général du Syndicat des enseignants du premier degré et du second degré d'UNSA Education (SE-UNSA) explique sur L'Express.fr :

« Supprimer les allocations familiales nécessiterait un travail de longue durée. Il faudrait d'abord repérer les absences sur un ou deux mois, puis engager une procédure auprès des services sociaux des conseils régionaux sans oublier d'essayer de mettre en place une médiation avec une assistance sociale. Un travail long et certainement inefficace. »

Un creusement des inégalités

Dans un communiqué, la Peep, la deuxième fédération de parents d'élèves de l'enseignement public, pourtant plutôt classée à droite, n'est pas plus tendre à propos de cette annonce présidentielle :

« Elle pénaliserait les familles pour lesquelles les allocations constituent un revenu substantiel. Elle n'aura aucun effet sur celles qui n'en ont pas besoin pour vivre . Cela aurait pour conséquence de creuser le fossé qui existe entre ces familles et l'institution scolaire.

Le fléau de l'absentéisme concerne tous les milieux socio-culturels. Il faut donc s'attaquer au fond et ne pas pénaliser davantage des familles déjà totalement démunies vis-à-vis de ce problème. »

Les enfants uniques ignorés

Suspendre les allocations familiales n'aura aucun effet sur les familles à enfant unique. Le règlement de la CAF est très clair sur ce point :

« Vous avez au moins deux enfants à charge âgés de moins de 20 ans. Vous avez droit aux allocations familiales, quels que soient votre situation familiale et le montant de vos revenus. »

Un dispositif déjà existant

Dans un communiqué, le Syndicat des inspecteurs d'académie (SIA) a lui dénoncé un effet d'annonce. Son secrétaire général Robert Prospérini :

« Ces annonces, un peu à l'emporte-pièce, veulent frapper l'opinion, mais ensuite on ne peut pas les appliquer, notamment car cela crée de la pauvreté. »

Alors ministre de l'Education nationale, Luc Ferry avait d'ailleurs supprimé en 2004 pareil principe de suspension des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire, écrivant officiellement qu'il « était injuste et inefficace ».

Principe qui avait ensuite été réintroduit en 2006, par la loi pour l'égalité des chances. Elle permet aux présidents de conseil général de demander à la CAF de suspendre les versements en cas de manquement. Mais la quasi totalité des départements refusent de l'appliquer.

L'image de l'école dégradée

Même si la menace de suspension n'est pas mise à exécution, elle est toute aussi dévastatrice sur l'image de l'école renvoyée aux enfants : « Allez en cours, sinon vous serez privés d'argent ! »

Un débat qui n'est pas sans rappeler celui né à la rentrée dernière, lorsque l'académie de Créteil avait lancé dans six lycées professionnels un dispositif visant à récompenser les élèves assidus par le financement d'un projet commun.

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  • Tariec
    Tariec
    « Radio Paris ment », « Radio (...)
    • Posté à 15h34 le 21/04/2010
    • Internaute
      « Radio Paris ment », « Radio (...)

    Cette coupure des alloc est une violence faite à l'ensemble de la famille.

    Un gouvernement qui se réfugie bassement dans la violence pour tenter de combler les chaises vides (et surtout de rameuter le bon p'tit FN), est un gouvernement de faibles.

    D'ailleurs, ne dit on pas que « la violence est l'apanage des faibles » ?

  • Epithor
    Epithor
    Non seulement il faut s' (...)
    • Posté à 15h35 le 21/04/2010
    • Internaute
      Non seulement il faut s' (...)

    Bonjour,

    Les arguments avancés ne sont vraiment pas pertinents !

    1) Un mécanisme complexe
    L'administration française est complexe, ce n'est pas nouveau. Pour le peu que ça changera, ça vaut largement le coup d'essayer.

    2) Un creusement des inégalités
    Si « les inégalités se creusent » c'est bien justement parce que les gosses ne vont pas à l'école et se retrouvent dans une sale situation par la suite ! ! ! D'autres part, la réalité de cette mesure c'est qu'elle s'attaque aux familles nombreuses (et par cette occasion à la polygamie) : le constat dressé c'est que beaucoup de parents font beaucoup d'enfants (> 7) pour avoir de belles allocs, mais ils sont dans l'incapacité d'éduquer tout leurs enfants, beaucoup livrés à eux mêmes, engendrant, notamment, l'absentéisme. LE gros problème c'est bien souvent les parents, et pas les enfants. Or force est de constaté que dans notre société, c'est triste mais il n'y a que le bâton et la carotte qui fonctionne.
    Aussi, la où je suis d'accord, c'est qu'il existe aussi des cas de familles _travailleuses_ et _courageuses_, qui n'ont pas 10 gosses, vraiment en difficulté (parents qui travaillent tard, avec des horaires difficiles, revenus faibles etc). Pour ces familles supprimer les alloc va mettre le feu aux poudres, car c'est injuste c'est vrai. Mais la solution est très simple : lorsqu'une famille ne peut plus s'occuper de ces enfants et que cela ne vont plus à l'école => PENSIONNAT OBLIGATOIRE ! C'est une première étape. Si même dans le pensionnat il y a des problème, on doit en arriver au système américain => CAMPS MILITAIRE.
    Les faux penseurs français commencent a me sortir par les trous de nez, surtout que généralement c'est politico-médiatique uniquement. Il arrive un moment ou le discours ne suffi plus bon sens ! !

    3) Les enfants uniques ignorés
    Je suis d'accord, c'est pour ça que la mesure est incomplète : il faudra un système d'avertissement avec direction pensionnat si rien ne change.

    4) Un dispositif déjà existant
    Il n'y aucun argument ici, même point que 3

    5) L'image de l'école dégradée
    Dégradée ? Mais qui pense ça ? ? Pas moi en tout cas ! D'ailleurs pour moi il n'y a qu'une chose qui dégrade l'image de l'école : les petites racailles qui insultes les profs, qui les menacent, qui parfois racket les plus jeunes, qui font chier le monde en sommes ! Voila pourquoi l'école devient merdique, c'est uniquement pour ça. Il faut arrêter de chercher des problèmes là ou il n'y en a pas, oui tout n'est pas parfait, mais le plus gros du problème c'est bien celui que je viens de dire...

  • alain_a_grenoble
    • Posté à 16h07 le 21/04/2010
    • Internaute
      matheux

    Je propose un dégraissage des indemnités et des frais de la présidence de la république en fonction des abstentions à l'élection du président de la république, je propose une mesure de même nature pour les députés absentiéistes...

  • le copain de fredo
    • Posté à 17h08 le 21/04/2010

    Un effet d'annonce qui vise surtout à séduire ou rassuré une partie de l'électorat frontiste qui a fait tant défaut à son camp aux dernières régionales.
    Absentéisme = délinquance
    allocation = famille nombreuse
    famille nombreuse = immigrés
    immigrés = délinquance
    Inutile d'aller chercher midi à quatorze heure.
    J'avais lu un livre d'un auteur algérien écrit au milieu des années quatre-vingt, fort intéressant. Malheureusement, j'ai oublié depuis à la fois son nom et son titre. Il revenait sur certains raccourcis journalistiques et en concluait que tous arabes étaient devenu, à force de reportages bidonnés et de faits divers tronqués, dans l'inconscient populaire, des terroristes.
    Au départ vous aviez les arabes, forcément musulmans. Par la suite les musulmans forcément islamistes. Et enfin les islamistes forcément terroristes.