questions réponses 19/04/2010 à 12h12

Nuage : le volcan Katla peut-il se réveiller ? (et autres questions)



Une passagère en attente d’un vol à l’aéroport d’Incheon, en Corée (Jo Yong-Hak/Reuters)

Qui décide de faire voler les avions ? Comment prononcer « Eyjafjöll », le nom du volcan islandais en colère ? La paralysie actuelle du trafic aérien européen amène beaucoup de questions, essentielles ou anecdotiques. Posez-les dans les commentaires, nous y répondrons avec vous.

L’agriculture peut-elle être touchée ?

A en croire la direction générale de la Santé, les cendres islandaises n’auront pas d’impact sur la culture du blé en Beauce ou des betteraves du Nord. Vendredi, Libération notait tout de même que « mélangées avec l’eau, les poussières forment des goutelettes chargées d’acide sulfurique », désastreuses pour « les pâturages et la végétation en général ».

Selon Reuters, seuls les fermiers islandais sont a priori concernés par ces retombées. Même si l’historien Steve Sparks confie à l’agence qu’en 1783, l’éruption du Laki, également en Islande, avait causé la perte de récoltes chez les sujets de Louis XVI, et « cela pourrait bien être un des facteurs ayant déclenché la Révolution française ».

Episode que rappelle aussi La Tribune de Genève, dans un récit apocalyptique :

« En cet été 1783, un anticyclone puissant et centré durablement sur le nord de l’Atlantique envoya les fumées vers le reste de l’Europe. (...) L’émission de dioxyde de soufre (...) provoqua un épais brouillard sulfuré qui se répandit à travers l’Europe occidentale, provoquant des milliers de morts durant 1783 et l’hiver 1784.

Un nuage de poussière recouvrit les deux tiers de la France et se déposa en partie au sol. Les années qui ont suivi l’éruption du Laki en 1783 furent marquées par des phénomènes météo extrêmes, dont des sécheresses et des hivers très rigoureux, puisqu’on disait que le pain et la viande gelaient sur la table de la cuisine et les corbeaux en plein vol.(...)

La ligne de grain orageux qui traversa la France du sud au nord, en été 1788, détruisit presque toutes les récoltes du pays. On pesa des grêlons de 10 livres (5 kg). »

Les Islandais sont-il inquiets ?


Sur la page de fans Facebook de Rue89, Aurélie Städtler se demande si les Islandais s’inquiètent de voir ainsi le ciel leur tomber sur la tête. Pas vraiment, à en croire le reportage que publie LeMonde.fr :

« Les Islandais ne voient aucune raison de se sentir embarrassés. [...] Liljar, 20 ans, qui travaille dans le tourisme : “Je peux essayer de demander au volcan d’être gentil mais je doute que cela fonctionne.” »

Beaucoup de curieux tentent de s’approcher d’Eyjafjöll pour profiter du spectacle de l’éruption, malgré les risques rappelés par le gouvernement. Le show tellurique fait oublier aux habitants la banqueroute de leur économie. Le même Liljar ajoute :

« Je trouve ça bien de voir que les gens font enfin la connaissance de notre île. Les volcans sont notre patrimoine national naturel. »

Le volcan voisin va-t-il se réveiller ?

Situé à une trentaine de kilomètres du Eyjafjöll, le volcan Katla, cinq fois plus grand que son voisin en éruption, est surveillé de près par les autorités islandaises. Pour cause : par le passé, les éruptions des deux volcans ont souvent été liées :

  • en 1821, le Eyjafjöll est entré en éruption. Deux ans plus tard, son grand frère a pris le relais.
  • en 1612 et 1613, situation inverse : le Katla a ouvert le bal, suivi par le Eyjafjöll.

Pour autant, le réveil du Katla reste très incertain. Amandine Auriac, thésarde en géophysique à l’université d’Islande, explique que les liens entre les deux chaudrons ne sont pas encore compris :

« Il y a une relation, il est difficile de savoir ce qui se passe en profondeur. L’éruption du Eyjafjöll peut entraîner un changement des conditions dans la croûte du Katla, mais il n’y aucune certitude. »

En 1918, des « jökulhlaups », puissantes coulées de boues

La dernière éruption en date du Katla, en 1918, avait provoqué des « jökulhlaups », des coulées de boue puissantes liées à la fonte du glacier sur le volcan. Si risque il y a, c’est donc surtout pour la population locale. Amandine Auriac souligne :

« L’éruption du Katla peut être énorme ou très petite, et ses conséquences plus ou moins graves que celles de l’éruption du Eyjafjöll. »

La hauteur des cendres dépendrait donc de la violence du réveil du volcan.« Ceci dit, pour l’instant aucun signe de réveil pour le Katla », rassure ljos dans les commentaires de cet article. Sur place, Amandine Auriac confirme :

« Pour l’instant, on ne constate pas de déformation du Katla, et les relevés sismiques ne révèlent aucune activité. Si cela devait changer, nous aurions sans doute quelques semaines voire quelques mois devant nous. »

Le nuage est-il dangereux pour la santé ?

Quand le ministère de Roselyne Bachelot affirme qu’« il n’y a pas, actuellement, de risque significatif pour la santé du fait de la haute altitude et de la dispersion du nuage de cendres », beaucoup pensent qu’on nous refait le coup du « nuage de Tchernobyl ».

D’autant que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) mettait en garde vendredi les personnes connaissant des problèmes respiratoires :

« Les particules qui font moins de 10 microns sont dangereuses, parce qu’elles peuvent pénétrer dans les poumons. Des analyses sont en cours, on estime pour l’instant que 25% des particules font moins de 10 microns. Si des gens ressentent des gênes, il leur est conseillé de limiter leurs activités en extérieur. »

Aucun nouveau communiqué ne précise si des malades ont effectivement été gênés, ni si la situation a évolué.

Le nuage est cantonné dans la haute atmosphère

Sait-on si le nuage est présent dans l’air que l’on respire ? AirParif, l’association qui surveille en temps réel la qualité de l’air en Ile-de-France est formel : « il n’y a pas d’impact ». Karine Léger, ingénieur précise :

« L’atmosphère est comme un mille-feuille composé de parties qui ne se mélangent pas :

  • une couche basse, dont la taille varie selon la météo, de quelques centaines de mètres ce matin, et jusqu’à 2,5 km cet après-midi
  • une couche haute, où se situe le panache de cendres. Les concentrations de particules les plus fortes sont à environ 5 km d’altitude. »

Dans ses relevés effectués au niveau du sol, Airparif constate une « pollution aux particules classiques, liée à la circulation automobile et à l’agriculture, et accentuée par le faible vent et l’anticyclone. » Mais ajoute que « si le panache baissait, on pourrait respirer ses particules ».

Qui profite de la paralysie du trafic aérien ?

LeMonde.fr dresse la liste de ceux qui profitent du pataquès actuel. Sans surprise, on y retrouve les loueurs de voiture, les chauffeurs de taxi (l’ex-Monty Python John Cleese a ainsi déboursé 3 800 euros pour parcourir Oslo-Bruxelles), les sociétés de chemin de fer (même si « ces trains supplémentaires représentent une goutte d’eau comparée à l’offre habituelle », tempère la SCNF), et les compagnies de ferrys.

On peut citer les autocaristes comme Eurolines, leader du secteur en Europe, dont les bus sont pris d’assaut (comptez environ 150 euros et... dix-sept heures de trajet pour un Paris-Madrid).

Mais on imagine que d’autres professionnels sont à la fête : si vous êtes vendeur de grilles de Sudoku à Roissy ou consultant international en géodynamique des cendres, racontez-nous dans les commentaires.

Quel est l’impact économique du nuage ?

Un chiffre circule : au moins 200 millions de dollars par jour. C’est l’estimation pour le seul secteur du transport aérien, faite par l’association internationale du secteur (Iata). La même avance le chiffre de « milliards de dollars pour les économies européennes ».

Des chiffres très imprécis, et qui mettront du temps à s’affiner. Les Echos livrent le détail -théorique- des pertes pour la seule Air France :

« Chaque journée d’inactivité représente ainsi pour Air France-KLM 1 300 vols annulés et quelque 130 000 passagers perdus. A raison d’un chiffre d’affaires de 322 euros par passager sur l’exercice 2008-2009, le manque à gagner serait donc d’environ 41 millions d’euros par jour. »

Pour les voyageurs dont les vols sont annulés et qui doivent engager des frais (hôtels, billets de train), tout dépendra des assurances souscrites. Et là, mieux vaut avoir une carte bleue avec grosse assurance, remarque La Tribune, qui fait le tour des droits des consommateurs.


Dessin de Baudry

Comment se forme le nuage de cendres ?

Tobernite a des doutes sur le processus à l’origine des cendres qui ont envahi les hautes couches de l’atmosphère et empêchent les avions de voler :

« Est-ce vrai que le nuage de cendres est dû au mélange explosif de lave et d’eau, et qu’il ne se formera plus quand toute l’eau du glacier sera évaporée, même si le volcan crache plusieurs mois ? »

Slate.fr, qui a interrogé une volcanologue, confirme cette explication sur la formation du panache géant recouvrant le nord de l’Europe, rappelant qu’il est formé « de particules de roches et de minéraux qui ne dépassent pas les 2 mm, mais également de gaz et même parfois de blocs de cendres. »

De la lave riche en silice

Plus technique, Ljos se livre à un petit cours de physique dans les commentaires de cet article, concluant :

« Les explosions au début étaient dues à la glace, les explosions de maintenants sont plutôt dues à la composition riche en silice de la lave. Et ça, c’est pas bon signe si l’activité continue...

Il faudrait une recharge de la “chambre magmatique” en magma tout neuf et pauvre en silice, auquel cas on repartirait vers une éruption plus effusive qu’explosive. »

Esk poursuit le débat par une intéressante analogie avec « l’expérience Mentos-Coca » et une série de liens qui satisferont les férus de volcanologie.

Qui décide de faire voler les avions ?

En France, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) est le chef de l’espace aérien français : toutes les compagnies aériennes lui soumettent leurs plans de vol, et bien sûr c’est elle qui ferme les aéroports.

Eurocontrol, organisation intergouvernementale composée de 38 pays, dont le but est d’unifier l’espace aérien européen, explique à Rue89 que « seuls les Etats sont responsables de leur espace aérien », et qu’elle ne fait que coordonner les décisions.

C’est cet organisme, sur la base des simulations informatiques du Vulcanic Ash Advisory Center (« Centre de conseil sur les cendres volcaniques ») de Londres, qui oriente les décisions.

Les compagnies pas satisfaites par la gestion de la crise

Les choix réalisés par ces instances depuis le début de la crise mécontentent l’Association internationale du transport aérien (Iata), laquelle critique fermement les gouvernements européens dans un communiqué publié ce lundi matin :

« Nous sommes très mécontents de l’attitude des gouvernements européens qui ont géré cette crise sans évaluation du risque, sans consultation, sans coordination. »

Giovanni Bisignani, le directeur général de l’association, trouve « incroyable que les ministres des Transports européens aient mis cinq jours à organiser une téléconférence. »

Comment prononcer le nom du volcan ?

Grâce à Wikipédia, on a appris à prononcer le nom du volcan Eyjafjöll. Et même, soyons ambitieux, celui du glacier qui le recouvre, « Eyjafjallajökull ». En parfait islandais, ça donne ça. (Ecouter le son)

Audio file

volcan

Le nom du volcan a été jugé trop compliqué (et trop long) par les utilisateurs de Twitter, qui préfèrent regrouper les messages sur le sujet sous #nuage #volcan ou le plus iconoclaste #ashtag (qui joue sur le mot anglais désignant les mots-clés, « hashtag »).

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  • ljos
    ljos
    photographe / géologue
    • Posté à 12h21 le 19/04/2010
    • Internaute 32902
      photographe / géologue

    « Eyja » : Eïya

    « Fjalla » : fyatla

    « Jökull » : yeketl (... je connais pas les codes de la phonétique mais le « E » se prononce comme le E de l’alphabet)

    donc Eïyafyatlayeketl

    ... les 2 « L “ collés se prononcent toujours ‘ TL ... le J comme un Y ... le Ö comme un E ... le U sans accent comme un E également ( y a des nuances mais là ça commence à me dépasser).

    Et en gros ça veut dire le glacier de la montagne de l’île’

    Eyja : l’Ile
    Fjalla : la montagne
    Jokull : le glacier

    les noms islandais sont assez simples quand on arrive à les décortiquer. C’est toujours très imagé et très descriptif des lieux.

    Par ex :
    Reykjavik : la baie des fumées .... Vik : la baie ... Reykja : les fumées
    Vatnajökull : le glacier du lac .... vatn : lac ... jökull : glacier

    etc ....

  • tobernite
    • Posté à 12h40 le 19/04/2010
    • Internaute 13822

    Est-ce vrai que le nuage de cendres est dû au mélange explosif de lave et d’eau, et qu’il ne se formera plus quand toute l’eau du glacier sera évaporée, même si le volcan crache plusieurs mois ? Un de mes amis a entendu quelque chose comme ça à la télévision, comme ça vient de la télé je m’en méfie ... mais ça m’arrangerait si c’était vrai !

  • ljos
    ljos répond à tobernite
    photographe / géologue
    • Posté à 12h52 le 19/04/2010
    • Internaute 32902
      photographe / géologue

    C’ETAIT vrai .... jusqu’à ce qu’on découvre qu’en fait c’était plus qu’une éruption fissurale (comme en mars) avec une lave très fluide. Dans ce 1er cas, c’est le contact de la lave à 1200°c avec la lave qui génère des explosions et qui fragmente la lave en poussière (qui se retrouve alors emporté dans le panache de vapeur d’eau et de dioxyde de souffre ... très peu de CO2 ceci dit en passant, pour tordre le cou à ceux qui pensent qu’ils rejettent beaucoup plus que nous).

    Le pb c’est que la chambre magmatique est en place depuis de nombreuses années (1ers signes de réveil en 1994). Du coup, la lave présénte dans la chambre a eu le temps de se différencier. Pour faire simple, on part d’un mélange et au fur et à mesure de la cristallisation de ce magma, la composition globale change. Pour reprendre un ex que j’ai déjà donné hier : c’est comme si on mélange dans de l’eau du sel et du sucre. Au bout d’un certain temps, imaginons que le sel commence à cristalliser au fond du verre d’eau ... et pas le sucre. Le liquide restant se trouvera ainsi appauvri en sel et enrichi en sucre (au niveau du goût surtout et des proportions entre sel/sucre dissout dans l’eau). Dans la chambre magmatique c’est pareil.

    Le liquide de départ est assez pauvre en silice .... le pb c’est que les 1ers minéraux qui cristallisent à haute T° sont eux aussi très pauvres en silice ... du coup à force de cristalliser, le liquide qui reste lui s’enrichit en silice ... et les laves riches en silice sont visqueuses, et donc explosives (les gaz ayant du coup du mal à s’extraire facilement).

    Pour conclure, les explosions au début étaient du à la glace, les explosions de maintenant sont plutôt du à la composition riche en silice de la lave. Et ça c’est pas bon signe si l’activité continue ... sauf recharge de la chambre magmatique en magma tout neuf et pauvre en silice, auquel cas on repartirait vers une éruption plus effusive qu’explosive.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h03 le 19/04/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    En attendant de reprendre l’avion, apprenez à jouer au Scrabble en islandais :

    En islandais il y a 104 jetons (pas de C, Q, W, Z) :

    * 2 jokers (0 point)
    * 1 point : A (10), E (6), I (8), N (8), R (7), S (6), T (5), U (6)
    * 2 points : G (4), K (3), L (3), M (3)
    * 3 points : F (3), H (2), O (3), V (2)
    * 4 points : Á (2), D (2), Í (2), Þ (1)
    * 5 points : Ð (2), J (1), Æ (1)
    * 6 points : B (1), É (1), Ó (1)
    * 7 points : Ö (1), Y (1)
    * 8 points : P (1), Ú (1)
    * 9 points : Ý (1)
    * 10 points : X (1)

    Ainsi, Eyjafjallajökull vaut 47 points en islandais, et 54 points en français.
    Toutefois, dans les règles islandaises, il est possible d’annoncer que le A, le I et le S valent 6 points, et le N 22 points, à condition toutefois d’obtenir une garantie de la Banque Centrale Islandaise, qui s’engage à les racheter respectivement 8, 14, 17 et 589 points.
    Cette règle a récemment été modifiée.
    Enfin, le mot ICESAVE vaut 0 points.

  • Anonyme

    « la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) est le chef de l’espace aérien français »
    ––
    je crains que cela soit un peu plus compliqué...
    l’espace aérien n’est pas sous responsabilité exclusive civile
    ne serait-ce qu’en raison des zones « Charlie » et de la « Cellule Nationale de Gestion de l’Espace aérien ».

    à noter que la presse n’a pas parlé de l’anticipation de l’armée de l’air qui a transféré un nombre important d’aéronefs au sud (ouest)

  • ljos
    ljos répond à Yvon le Zébulon
    photographe / géologue
    • Posté à 13h32 le 19/04/2010
    • Internaute 32902
      photographe / géologue

    pour sûr que c’est compliqué ! les histoires de mélange et de différenciation sont des calvaires pour les étudiants en géologie ^^

    Le pb de l’Islande c’est que c’est un point chaud (ou assimilé) comme la Réunion et Hawaï qui est posé à l’aplomb d’une dorsale océanique (là où la plaque américaine s’éloigne de la plaque européenne). Du coup les compositions sont mixtes entre les 2 ... et l’origine même du point chaud est encore mal connu. Il semblerait que ça provienne d’une ancienne croûte « tombée » à + de 2000km dans le manteau. Du coup, la composition est complexe.

    A 1ere vue le style est plutôt hawaïen en Islande, des laves effusives avec des éruptions en fissure, comme les belles fontaines de lave hawaïenne. Mais on trouve également des volcans stromboliens ... et le cas typiquement islandais, des strato-volcans sous glaciers. Le contact avec la glace est explosif malgré le caractère effusif de la lave ... et le contact avec la glace favorise aussi la formation de volcan à forme particulière (en chapiteau : Lien ) ... avec des pentes très fortes tant que le volcan touche la glace, et un joli cône dès que le volcan dépasse la glace.

    Mais dans l’ensemble, les volcans islandais sont cools ... l’Hekla (si cher à Jules Verne) par ex entre en éruption tous les 10 ans environ ... dans les années 90 c’est le Grimsvotn qui était en éruption sous le glacier du Vatnajokull ... sans pb non plus (avec ces images incroyables de la calotte glaciaire fracturée : Lien ).

    Là, normalement, il ne devrait pas y avoir de soucis mais les vents rabattent le panache de cendre sur l’Europe .... parce que bon ... en terme pur de volcanologie, cette éruption est très classique, pas dangereuse pour un sous et finalement assez petite.

  • du_rhum_des_femmes
    du_rhum_des_femmes
    (pascontent)
    • Posté à 13h41 le 19/04/2010
    • Internaute 54926
      (pascontent)

    ça tombe bien j’ai des questions :
    - comment est calculé l’impact économique ? Parce que si ça coûte cher à certains, ça rapportent à d’autres. J’imagine que les ferries continent/Grande Bretagne doivent tourner à plein (idem pour les bus, les trains, etc...), que les hôtels doivent afficher complet, ... Prend-t-on en compte les revenus supplémentaires générés ?
    - et les assurances ? Il me semble qu’on entre dans un cas typique de « force majeure ».
    - et la santé ? je suis étonné que Bachelot assure qu’il n’y a aucun risque pour la santé alors qu’on ne sait même pas s’il y a un risque pour les moteurs... Et forcément on se rappelle que les frontières françaises avaient arrêté le nuage de Tchernobyl !

  • Rêve-générale
    Rêve-générale
    Etudiant
    • Posté à 13h59 le 19/04/2010
    • Internaute 69409
      Etudiant

    Est-ce que les réductions d’émission de gaz à effet de serre grâce à l’annulation de nombreux vols est compensée par ceux émis par le volcan ?
    Eyjafjöll a-t-il un impact positif ou négatif sur le réchauffement climatique ?

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 14h09 le 19/04/2010
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Je suis surtout étonné qu’on ne fasse pas voler plus de ces avions « petits porteurs » (environ 30 places) à hélices sur des liaisons « continentales », au minimum pour assurer des navettes entre les aéroports indemnes et les métropoles...
    Sans doute que la rentabilité est moindre et que les grandes compagnies n’en possèdent pas ; mais ça reviendrait à dire qu’elles se soucient fort peu de leur « clientèle » quand elles ne gagneraient plus d’argent à lui assurer une continuité de service.

  • Rudolfina
    Rudolfina
    Biltong
    • Posté à 14h14 le 19/04/2010
    • Internaute 102860
      Biltong

    J’ai entendu parler de risques d’eruption d’autres volcans Islandais. Ce risque est-il avéré ? Provoqueraient-ils plus de perturbations en Europe ?

  • esk
    esk répond à Yvon le Zébulon
    • Posté à 14h27 le 19/04/2010
    • Internaute 1551

    Ijos, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il a beaucoup été entendu à la radio qu’il s’agissait là d’une éruption phréato-magmatique, ce avec quoi je ne suis pas d’accord. D’abord, les prémices de la seconde éruption montrent un panache blanc, donc dénué de tout tephra/cendres. A mon avis, vu les photos, il s’agissait là de la fonte du glacier provoquant cette plume blanche. Mais quand la fragmentation à commencé, provoquant ces plumes grises, il y a apparament eu un shift d’une composition basaltique à un composition un peu plus acide (andésites)...

    J’appelerais donc cette activité comme sub-plinien, Ijos, do you agree ?

    Pour simplifier les mecanismes d’éruptions explosives reliés à cette « différenciation » des magmas, on peut considérer l’analogie avec l’expérience mentos-coca. Du gaz est dissout dans le magma à haute préssion et température. Si on est en présence d’un magma primaire comme un basalte, la viscosité est basse et le gaz s’échappe doucement. En revanche, quand les magmas évoluent, leur viscosité augmente et le gaz est prisonnier, ne pouvant s’échaper. Imaginons maintenant qu’un nouveau magma arrive dans la chambre magmatique, cela aura l’effet du mentos qu’on lache dans le coca. Ce nouveau matériel va aider le gaz dissout dans le magma à une « nucléation » des bulles. Les bulles se forment rapidement et, par décompression / expansion, le magma va monter à la surface. Arrive un niveau, le niveau de fragmentation, ou l’expansion est telle que l’on n’est plus en présence de « gaz dans un liquide », mais de « petit fragments de liquide dans du gaz ». Ces fragments de liquide se refroidissent et se solidifient pour former ces « tephras », ces cendres volcaniques de toutes tailles.

    Parenthèse pour les amateurs, il semblerait que des mécanismes de fragmentation de magmas basaltiques existent et puissent produire une activité plinienne/sub-plinienne (Cotopaxi, Villarica).

    Bref, je voulais aussi partager avec vous tous ces quelques liens qui pourront peut-être vous aider :

    - L’institut des sciences de la terre islandais : Lien
    - Des photos actualisées chaque jour : Lien
    - Le site VAAC (volcanic ash advisory center) : Lien
    - Un résumé de ma prof de thèse : Lien

  • watashi_baka
    • Posté à 14h32 le 19/04/2010
    • Internaute 47330
      ...

    Un truc que je ne comprend pas sur l’impact économique du volcan

    -Sachant qu’un avion qui ne vole pas ne coute pas grand chose (Le prix c’est le Kerozene)

    -Que comme c’est un cas de force majeure les passager se feront juste remboursé leurs billets et puis voilà

    -Que pendant ce temps là l’argent sur le compte d’air-France rapporte des intérets

    La fermeture de l’espace Aerien devrait même rapporté des sous non ?

  • Dominique52
    • Posté à 14h32 le 19/04/2010
    • Internaute 53166

    Après le 11 septembre, l’interdiction de survol des USA pendant une semaine environ avait eu des conséquences mesurables sur la formation de nébulosités, la transparence de l’air, etc...
    Bien sûr mis à part la poussière des tours rien n’est venu perturber cet effet contrairement à ces poussières volcaniques ; malgré tout s’attend t on à un impact positif de la cessation du trafic aérien ?

    Pour mémoire la pollution aérienne est un sujet tabou, les études étant souvent confidentielles et restent privées.
    il est estimé par exemple que la seule activité de Roissy pollue autant que l’ensemble du boulevard périphérique !

  • Fred24
    Fred24 répond à watashi_baka
    Rural
    • Posté à 14h46 le 19/04/2010
    • Internaute 89386
      Rural

    « -Sachant qu’un avion qui ne vole pas ne coute pas grand chose (Le prix c’est le Kerozene) “

    alors ça c’est une énorme bêtise....La plupart des avions commerciaux sont en leasing, donc s’il ne volent pas ils coutent énormément d’argent. Il faut qu’un avion vol une dizaine d’heures par jour au moins. De plus même si l’avion ne vol pas les butée calendaires pour les maintenances ne sont pas reculée pour autant. D’où surcout supplémentaire. Bref pour résumer un avion au sol coute excessivement cher.

  • ljos
    ljos répond à Rudolfina
    photographe / géologue
    • Posté à 14h51 le 19/04/2010
    • Internaute 32902
      photographe / géologue

    oui le risque est avéré ... les 3 dernières éruptions de l’Eyjafjöll ont toujours été suivies par une éruption majeure du Katla ... un gros monstre volcanique avec une grosse calotte glaciaire sur lui, une sorte de grande frère à l’Eyjafjöll.

    Mais là encore le risque est faible ... oui éruption il peut y avoir, mais à part pour les locaux qui risquent les « jokullhaups » (coulées de boue et de glace provenant de la fonte rapide de la glace au contact de la lave), nous ne risquons « que » qqes cendres en altitude, si la météo est défavorable (donc avec vent d’Est qui rabat les cendres sur l’Europe).

    Ceci dit, pour l’instant aucun signe de réveil pour le Katla ....

  • Oli6er
    Oli6er
    Cadre
    • Posté à 15h09 le 19/04/2010
    • Internaute 99281
      Cadre

    Dans la série question anecdotique :
    Est ce que les islandais, fort de la reconnaissance planétaire de leur patrimoine, vont en profiter pour créer leur propre enseigne de meuble ?

    Une sorte d’Ikea Islandais, où on achètera du Eyjafjallajökull pour meubler sa cuisine en quelque sorte...

  • VinceDeg
    • Posté à 16h06 le 19/04/2010
    • Internaute 36941

    Pourquoi les compagnies aériennes doivent-elles rembourser les billets d’avion si il s’agit d’un cas de force majeure (genre évènement météo) ? Est-ce un élément du droit européen ? J’ai entendu dire qu’aux US, en cas de gros problème météo, la responsabilité de la compagnie n’est pas engagée, et donc le passager n’est pas remboursé. Par contre, peut-être que la compagnie a le devoir de proposer un autre passage... Enfin si quelqu’un peut m’expliquer...

    Et sinon, si les compagnies remboursent les billets, ont-elles un assureur vers qui se tourner, ou vont-elles essayer d’extorquer de l’argent aux états ?

  • alice91
    alice91
    intello
    • Posté à 17h12 le 19/04/2010
    • Internaute 97720
      intello

    Des F-16 de l’OTAN endommagés par le nuage
    lundi 19 avril 2010, 16 : 29, le soir be

    Plusieurs avions de chasse F-16 de l’OTAN ont été endommagés en volant à travers le nuage de cendres du volcan islandais, a-t-on appris de source diplomatique occidentale. Des traces d’une substance ressemblant à du verre ont été retrouvées dans les moteurs des appareils après une patrouille au-dessus de l’espace aérien européen, précisait-on de même source. La semaine dernière, deux F-18 de l’aviation finlandaise avaient constaté des problèmes similaires après avoir volé à travers le nuage. Les appareils avaient atterri en toute sécurité, mais leurs moteurs ont dû subir une révision onéreuse. Joni Malkamaki, porte-parole de l’Armée de l’air finlandaise, a expliqué à l’Associated Press que des photographies montraient qu’un « vol prolongé dans un nuage de cendres volcaniques pouvait entraîner des dégâts importants sur les moteurs d’avions ».

  • biquet78
    biquet78
    retraité
    • Posté à 19h11 le 19/04/2010
    • Internaute 51289
      retraité

    Je suis rentrée d’Islande marcredi matin, juste avant la reprise d’activité du 1er volcan (il s’était arrêté mardi) ; or, voici le courriel que m’envoie ce matin un ami français de Reykjavik :
    « Ici un nouveau volcan est en éruption. Celui ci est bien plus méchant que le premier. Il y a eu des dégâts dans le sud du pays. Les routes à refaire, les animaux en difficultés à cause des cendres empoisonnées et aussi des évacuations de population sans parler des vols annulés. Ce matin j“ai acheté des masques. Quand les vents changeront de direction et dirigeront les cendres vers Reykjavík il faudra peut être les utiliser. Les masques étaient presque tous vendus.
    Nous espérons que le volcan Katla qui se trouvent à proximité du volcan Eyjafjalljökull en éruption ne va pas se réveiller car celui là est 10 à 20 fois plus puissant.
    Vous avez eu de la chance de partir juste avant.
    Soyez bien et encore merci.
    À bientôt,
    Affectueusement,
    Martial et Guðrún.”

    Pourquoi personne ne parle en Europe d’un 2ème volcan qui vient de se mettre en route ? Par crainte de nous effrayer ? C’est stupide, cette habitude de prendrfe les lecteurs pour des pauvres petites choses fragiles.