Tue, 04/13/2010 - 11:58

Quand on parle de l'âge de la retraite, de quel âge parle-t-on ?

Lucile Sourdès | Editrice Rue89

Alors que le gouvernement et les partenaires sociaux ont entamé les discussions autour de la réforme de la retraite, les chiffres les plus divers circulent. 60 ans est-il vraiment l’âge d’arrêt de l’activité des Français ? Que se passe-t-il à l’étranger ? Quelles sont les données réelles du débat ? Tour d’horizon.

L’âge minimum légal de départ à la retraite

A 60 ans, tout salarié peut bénéficier d’une retraite à taux plein s’il a cotisé au moins 40,5 ans dans le secteur privé. Si le salarié n’a pas tous ces trimestres, il peut aller jusqu’à 65 ans. A 70 ans, il est placé à la retraite d’office, même si sa retraite est incomplète.

Dans le secteur public, cet âge légal varie de 50 à 55 ans pour les catégories « actives » à 60 ans pour les « sédentaires ».

Enfin, dans les régimes spéciaux, l’âge légal varie de 40 à 60 ans, selon les cas.

En France, cet âge légal est l’un des plus bas d’Europe :

  • En Italie et au Royaume Uni, il est de 65 ans (hommes) et 60 ans (femmes)
  • En Allemagne et au Danemark, il est de 65 ans
  • En Suède, de 61 ans

L’âge réel de départ à la retraite

Dans tous les pays (sauf la Suède), l’âge moyen de retrait du marché du travail est inférieur à l’âge légal. Une tendance liée au faible taux d’emploi des seniors, particulièrement en France, et aux nombreux dispositifs ayant favorisé les départs en pré-retraite ces dernières décennies :

  • En France, cet âge moyen est de 59,3 ans.
  • En Italie, 60,8 ans.
  • En Allemagne, 61,7 ans.
  • Au Royaume-Uni, 63,1 ans.
  • En Suède, 63,8 ans.

Partout, gouvernements et partenaires sociaux ont décidé d’accroître l’âge légal de départ en retraite, pour augmenter la durée de cotisation, dans la mesure où le ratio cotisants/retraités ne cesse de baisser.

Quel est le montant moyen des pensions ?

1 122 euros net par mois : d’après les chiffres du Conseil d’orientation des retraites (COR), c’est le montant moyen, tous régimes confondus. Par comparaison, le revenu moyen net est de 1 416 euros par mois.

L’un des problèmes les plus aigus est la disparité en matière de montant des retraites. En 2004, la retraite moyenne était de :

  • 1 689 euros pour le secteur public
  • 1 065 euros pour les salariés du privé
  • 671 euros pour les non-salariés

D’après le COR, cet écart tient à des différences dans les niveaux de qualification. Mais cette différence s’explique aussi par le mode de calcul des pensions :

  • Dans le privé, les 25 meilleures années sont prises en compte ;
  • Dans le public, ce sont les six derniers mois d’activité.

Les différences entre générations

L’autre enjeu très délicat de cette réforme tient à la baisse régulière du taux de remplacement : le montant de la pension par rapport au dernier revenu d’activité. Ce taux baisse régulièrement, car le ratio cotisants/retraités suit le même mouvement :

  • De 2 pour 1 en l’an 2000,
  • il passerait en 2040 à 1,1 pour 1.

Concrètement, cela signifie que le « taux de remplacement » diminue. Même si le COR souligne que la France bénéficie de l’une des meilleures situations pour le niveau de vie des retraités. Seuls quatre pays de l’OCDE font mieux : le Mexique, l’Autriche, le Luxembourg et la Pologne.

Pour exemple, voici le niveau de vie des plus de 65 ans rapporté à celui de l’ensemble de la population dans quelques pays de l’OCDE :

  • France : 0,95
  • Allemagne : 0,91
  • Japon : 0,87
  • Etats-Unis : 0,86
  • Italie : 0,83
  • Espagne : 0,79
  • Royaume-Uni : 0,74
  • Moyenne OCDE : 0,82

[Source : OCDE (2009), Panorama des pensions]

L’un des objectifs de la réforme est donc de maintenir cet équilibre précaire entre générations, voire de l’améliorer.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89 :

Tous nos articles sur les retraites

Retraites : la réforme rêvée de Nicolas et Guillaume Sarkozy

Ailleurs sur le Web :

Le rapport 2010 du Conseil d’orientation des retraites

Un document comparatif très complet de l’OCDE

Retraites : ce qu’il faut retenir des premières concertations, sur L’Expansion.com

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  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 12h28 le 13/04/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    Quand on parle de la retraite
    s’il est judicieux de comparer état des lieux public et privé

    Il faudra
    INCONTOURNABLEMENT
    parler
    de la comparaison
    homme / femme

    (je ne sais pas -encore- copier coller un graphique dans le corps d’un message) désolé

  • A déménagé le 04-03-2012
    • Posté à 13h16 le 13/04/2010
    • Internaute 89071
      non connue

    La réforme des retraites est nécessaire. Les hommes politiques le savent, qu’ils soient de gauche ou de droite. Dire le contraire, c’est mentir à la population.

    La population vieillit, c’est un fait. Dans moins de 50 ans, la majorité de l’Europe continentale sera composée de plus de personnes en fin de carrière ou à la retraite que d’enfants ou de jeunes étudiants.

    Il suffit d’observer les chiffres, il faut un ratio de 2.1 enfants par femme pour prétendre à une stabilisation démographique, environ 2.5 pour prétendre arriver à une bonne moyenne pour un réel renouvellement de la population. Et bien entendu ce ratio doit être stable d’une année à l’autre Aujourd’hui, la France est à environ entre 1.5 à 1.8. Moyenne haute dans l’UE, mais ce n’est pas suffisant.

    Alors comment payer ces retraites pour les futurs vieux ? Plusieurs solutions :

    -Augmenter la TVA. C’est bien, sauf que cela revient à payer plus cher toute sorte de produits et favorise l’inflation à moyen/long terme.
    -Augmenter les impôts, même si cette mesure est prévue dans les prochaines années, ce sera d’avantage pour résorber le déficit public dû à la crise. Ce n’est donc pas une solution envisageable. Après que la situation budgétaire soit stabilisée peut-être ? Non plus, car augmenter les impôts est une mesure impopulaire et éléctoralement dangereuse.
    -Forcer les femmes à faire des enfants de force. Solution envisageable (sauf pour certains parti très à droite) lorsqu’on sait que les femmes représentent aujourd’hui près de 50% des personnes actives. Ce genre de décision serait suicidaire pour l’économie.

    Donc, la solution vient d’elle-même : travailler plus pour financer nos vieux.

    Il faut stopper de faire de la démagogie et faire preuve de pragmatisme. Une décision doit être prise maintenant.

    Petit conseil en passant, si vous voulez une idée d’affaire, regardez vers l’avenir et lancez vous dans tout ce qui concerne de près ou de loin les personnages âgées. Hospices, prothèses, cannes etc.

  • Peureux anonyme
    • Posté à 14h07 le 13/04/2010
    • Internaute 24415

    Je crains que faire des enfants ne soit pas la solution.

    Faire des enfants coute cher : il faut les éduquer aux frais des adultes, puis ils doivent trouver un emploi, et alors ce sont les adultes qui sont priés de leur donner les leurs.

    Par différence, les pays comme l’Allemagne, l’Italie, les pays de l’Est, les scandinaves,..., qui ne font pas d’enfants s’en tirent différemment.

    Les charges liées à l’éducation des enfants y vont en déclinant (on ne compte plus les crèches et les écoles fermées en Allemagne : de plus d’1million de bébés par an dans les années 60 (Est+ Ouest) ils sont passés à 500 000 aujourd’hui). Le chômage des jeunes y est réduit, du fait du manque de jeunes et les retraites sont en voie de suppression, pour cause de non renouvellement des générations (et non pour des raisons de financement comme il est souvent dit fallacieusement).

    Si l’on veut que la classe dirigeante puisse se goinfrer tranquillement, un solution est de gagner en productivité et d’organiser la disparition physique des classes dirigées. C’est ce qui se passe dans la plus part des pays développés. Plus de problème d’éducation, de chômage ou de retraites...

  • Dissonance
    Dissonance
    met le doigt où ça fait mal.
    • Posté à 14h20 le 13/04/2010
    • Internaute 70089
      met le doigt où ça fait mal.

    Une seule voie est explorée à propos des retraites. Il en existe pourtant d’autres.

    Le régime des retraites par répartition repose sur trois variables essentielles (*) :

    - Le nombre de cotisants
    - Le nombre de bénéficiaires
    - Le taux de cotisation

    Le taux de cotisation se compose d’un temps et d’un montant.

    L’équilibre entre cotisations et indemnisations intervient lorsque les cotisants sont suffisamment nombreux, à taux de cotisation donné, pour assumer le coût total des indemnisations. Si le nombre de bénéficiaires augmente (ce qui est le cas), les options pour maintenir l’équilibre sont soit d’augmenter le nombre de cotisants, soit d’augmenter le taux de cotisation.

    Le choix des décideurs de n’envisager que la question du taux de cotisation révèle qu’ils ne comptent pas sur une augmentation du nombre de cotisants. En clair, si vous attendiez de la part des décideurs une action qui favorise l’emploi, votre patience risque bien d’être mise à l’épreuve pour longtemps. Ils ont manifestement déjà pris acte du fait que le chômage de masse ne disparaîtra pas (4% pour l’hypothèse « optimiste » selon une info tombée à l’instant sur France Inter).

    Qui plus est, même en ne prêtant attention qu’au taux de cotisation, celui-ci peut varier de deux manières : Soit en augmentant le temps de cotisation, soit en augmentant le montant des cotisations.

    A ce sujet, question(s) naïve(s) : Quel est le montant des cotisations pour les « plus hauts salaires » ? Le taux de cotisation est-il fixé comme un impôt progressif - genre impôt sur le revenu - ou tout le monde paye-t-il la même chose ?

    (*) Il y a une 4ème variable, le taux d’indemnisation qui pourrait également entrer dans l’équation : Sa diminution pourrait aussi offrir un élément de réponse, toutefois je ne pense pas que les retraités soient trop d’accord pour voir leur pension baisser encore, c’est pourquoi j’exclus d’emblée cette variable...

  • KIKI21000
    KIKI21000
    retraité
    • Posté à 15h24 le 13/04/2010
    • Internaute 53190
      retraité

    Vous cherchez tous des solutions avec l’idée que seul les salaires doivent supporter les retraites. une première solution taxation du capital et de ses recettes. deuxième mettre la taxe « tobin » en place. .3° une taxe lourde sur les délocalisations. Et des solutions qui ne pénalisent pas les travailleurs, il y en a, mais il faut réagir en classes sociales et non en gestion de la crise. ainsi la retraite à 60 ans peut être assurée