TRIBUNE 13/04/2010 à 16h47

France 3 : les journalistes étaient « là où ils se devaient d'être »

Jean-Marie Charon | Sociologue, CNRS


Capture d’écran de la vidéo diffusée par France 3 

Merci à vous, Hervé et Stéphane, d’avoir accepté de prendre les risques pour une information indépendante. Merci de vous être rendus sur les lieux mêmes où les gouvernements français ont décidé d’envoyer plusieurs milliers d’hommes.

Merci à vous d’avoir tenté de nous faire comprendre pourquoi plusieurs dizaines d’entre eux ne rentreront jamais. Merci à vous d’avoir essayé de nous rapporter la situation qui prévaut ailleurs qu’à Kaboul, dans ce pays si difficile et bourré de complexité.

Je tiens d’abord à vous exprimer notre profonde gratitude -car je ne suis certainement pas seul à la ressentir- pour que vous en ayez connaissance. Car depuis plus de 100 jours que vous êtes retenus prisonniers, s’il vous parvient quelques informations, vous devez être plutôt décontenancés, sinon révoltés.

Décontenancés par les autorités politiques et militaires françaises qui ont tenu à dire, tout de suite, haut et fort à quel point elles condamnaient votre inconscience... de faire vraiment votre travail.

Décontenancés par la direction de votre entreprise qui, plutôt que de prendre l’initiative d’un vaste mouvement de solidarité, a choisi le silence, y compris sur votre identité.

Décontenancés peut-être aussi un peu par les rangs si clairsemés de vos collègues, voire de chacun d’entre nous, citoyens ordinaires, lorsqu’ici ou là, des rassemblements ont été organisés pour vous soutenir.

Comment comprendre ces condamnations, ces comptes d’apothicaires sur les coûts de la vie de journalistes étalés sur la place publique, cette sorte de silence gêné à revendiquer un geste éditorial et journalistique plus que légitime.

C’est à croire que reviennent de manière récurrente ces mêmes vieux réflexes qui interdirent jusqu’en 1917 aux journalistes de se rendre dans les tranchées de la Grande Guerre, qui amenèrent les organisations d’éditeurs de 1914 et de 1939 à renoncer à nombre des dispositions libérales de la loi de 1881 pour prendre en compte les conditions de la guerre.

Et ce de la même manière dont la plupart des médias français acceptèrent les conventions exigées par les autorités militaires pour se rendre dans le Golfe en 1991, ou encore la formule dite des « embedded » [journalistes intégrés à l’armée sur le terrain, ndlr] en Irak.

Non qu’il s’agisse d’établir une hiérarchie qui conduirait à justifier n’importe quelle prise de risque pour « vendre du papier » ou « faire de l’audience », comme aiment à le dire désormais certains politiques en se pinçant le nez. Non, vous étiez là où des journalistes de ce pays se devaient d’être, particulièrement lorsque la présence de nos militaires mérite débat et justification.

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  • A déménagé le 8-10 2
    • Posté à 17h30 le 13/04/2010
    • Internaute 41917
      nc

    C’est sûr que construire une route au lieu de la bombarder, dans un Afghanistan bouffé par la guerre depuis des décennies, c’est suspect.

    Et si la vraie raison de leur capture par les Talibans était celle-là : le risque de montrer les envahisseurs autrement que comme des envahisseurs ?

    Quant au reste, on comprend la colère de Guéant et consorts si on se souvient que pour eux un bon journaliste se limite à poser son c.. sur les chaises dorées de l’Elysée une fois tous les cinquante ans et à écouter ce que lui rapporte Pierre Charon.

    • Jean-MarieCharon
      • Posté à 17h53 le 13/04/2010
      • Internaute 67968
        sociologue

      Je ne crois pas que débat soit sur la comparaison des drames ou situations vécues entre 1914 et l’Afghanistan d’aujourd’hui, mais sur la conception d’un journalisme devant travailler ou non cornaqué par des communicants de diverses institutions, dont les militaires engagés sur ce terrain. Et c’est bien le problème qu’a immédiatement posé l’entourage du Président et le Président lui-même, ainsi que le chef d’Etat Major.

       
      • A déménagé le 8-10 2
        • Posté à 18h15 le 13/04/2010
        • Internaute 41917
          nc

        Cornaqué : vous faites sans doute référence au fameux « embedded ».

        Dans ce mot, je vois « bed », le lit, et je ne peux m’empêcher de penser que les journalistes doivent « coucher » (au sens métaphorique, bien sûr : s’abaisser, se soumettre) s’ils veulent recevoir des informations soigneusement triées à leur place...

      • Hulk
        Hulk répond à Jean-MarieCharon
        Gros con de droite
        • Posté à 18h24 le 13/04/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        Je vous prie d’observer que si des journalistes s’étaient fait capturer par les allemands alors qu’ils enquêtaient dans le no mans land en 1916, personne ne serait allé les rechercher en Allemagne : ils seraient devenus des prisonniers de guerre comme les autres.

        Je propose donc que l’on accepte votre raisonnement par comparaison, et qu’on se désintéresse de ces deux journalistes, qui sont des prisonniers de guerre des talibans, qui les libéreront quand la guerre sera finie ou quand ils le souhaiteront.

        • Ratfucker-
          Ratfucker- répond à Hulk
          • Posté à 19h01 le 13/04/2010
          • Internaute 88371

          En 14-18, tout civil en àge de porter les armes surpris en zone de combat était considéré comme espion, et après jugement sommaire, exécuté.

          • Hulk
            Hulk répond à Ratfucker-
            Gros con de droite
            • Posté à 19h57 le 13/04/2010
            • Internaute 108405
              Gros con de droite

            Eh bien comme quoi ils sont plutôt bien traités ces journalistes en Afghanistan, de quoi se plaint-on ?

            PS : un journaliste de guerre peut aussi être en uniforme.

            • Jean-MarieCharon
              Jean-MarieCharon répond à Hulk
              sociologue
              • Posté à 22h31 le 13/04/2010
              • Internaute 67968
                sociologue

              J’ai du mal à comprendre le calme détachement avec lequel vous tranchez sur la vie, la mort, d’hommes et de femmes, qui font simplement leur métier pour... nous. Et pour ce qui est de la vie et de la mort, ce sont plusieurs dizaines de journalistes qui meurent chaque année sans jugements, même sommaires... Simplement pour témoigner.

              • Hulk
                Hulk répond à Jean-MarieCharon
                Gros con de droite
                • Posté à 22h42 le 13/04/2010
                • Internaute 108405
                  Gros con de droite

                Pour la simple raison que l’émotion est toujours un obstacle à la bonne analyse des événements.

                Et je ne vois pas où j’aurais tranché quoi que ce soit. En revanche, les lamentations de circonstances, ainsi que les propos convenus sur la grandeur du métier de journaliste, au service de l’humanité, je m’en méfie comme de la peste, en effet.

                • Jean-MarieCharon
                  Jean-MarieCharon répond à Hulk
                  sociologue
                  • Posté à 22h58 le 13/04/2010
                  • Internaute 67968
                    sociologue

                  Il n’est pas question ici d’émotion. Simplement de valeur. Il n’est pas non plus affaire de lamentations de circonstances ou de propos généraux sur la grandeur du métier. Simplement la démocratie a besoin d’information, la meilleure possible, avec toutes les limites et contraintes que cela suppose, et cela passe par les journalistes. Les tuer (comme en Tchétchénie ou en Irak), les enlever et parfois les exécuter, c’est le meilleur moyen d’organiser le silence sur des régions entières du globe. Et ça marche et cela marchera d’autant mieux si cela nous laisse indifférents.

                  • Hulk
                    Hulk répond à Jean-MarieCharon
                    Gros con de droite
                    • Posté à 23h35 le 13/04/2010
                    • Internaute 108405
                      Gros con de droite

                    Excusez-moi, mais c’est du préchi-précha tout ça. Une fois que vous avez dit ça, vous n’avez rien dit...

                    • Jean-MarieCharon
                      Jean-MarieCharon répond à Hulk
                      sociologue
                      • Posté à 23h44 le 13/04/2010
                      • Internaute 67968
                        sociologue

                      C’est un peu facile d’invoquer le préchi-précha, lorsqu’on évoque le rôle de l’information en démocratie. Comme si la démocratie était un dû et une donnéer éternelle qui n’est plus à défendre. La posture cynique se porte tellement bien par les temps qui courent, notamment lorsqu’il s’agit des médias, de l’information et des journalistes. Ils ont plein de défauts, mais ils nous sont nécessaires. Mais à quoi bon se mobiliser pour des choses si futiles n’est-ce pas ?

                      • Hulk
                        Hulk répond à Jean-MarieCharon
                        Gros con de droite
                        • Posté à 00h03 le 14/04/2010
                        • Internaute 108405
                          Gros con de droite

                        Vous voyez, vous continuez. Où avez vous vu du cynisme ?

                        La réalité n’est ni du côté de l’angélisme, ni du côté du cynisme.

                        Et le réflexe corporatiste de la profession des journalistes joue contre eux, à force de toujours défendre sans nuance ses membres quoiqu’ils aient fait. Ce faisant, ils se comportent non pas comme les vecteurs de ce que vous dites (démocratie, liberté d’informer), mais comme une corporation comme une autre repliée sur ses intérêts propres.

                        Par exemple, quand on voit tous ces journalistes qui ont trouvé normal que celui des leurs qui a servi d’auxiliaire de police après son reportage sur des pédophiles ait dénoncé ses sujets, au mépris des règles de déontologie les plus élémentaires de la profession, eh bien on finit par douter de la validité de toutes leurs indignations.

                        Et en ce qui concerne ces deux journalistes capturés par l’ennemi en Afghanistan, eh bien tant que je n’entendrai pas la profession admettre qu’ils ont en effet fait preuve d’une grave imprudence qui confine à la faute professionnelle, je me désintéresserai de leur sort.
                        Et ça n’a rien à voir avec la démocratie et la liberté d’informer, inutile de mettre de grands mots dans un débat qui n’est pas à ce sujet.

                        • Jean-MarieCharon
                          Jean-MarieCharon répond à Hulk
                          sociologue
                          • Posté à 00h14 le 14/04/2010
                          • Internaute 67968
                            sociologue

                          Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer qu’ils ont fait preuve d’une grave imprudence ? Ou sont vos sources étayées vous permettant de l’affirmer ? Vous aviez des témoins qui vous ont relaté les faits ? Vous ne faites que relayer les propos des officiels qui n’y étaient pas non plus. Quand à faire le lien avec les affaires récentes en France qui méritent discussion. Bravo l’amalgame et l’absence de toute prise en compte quant à l’imprtance des questions traitées.
                          Quant à l’argument corporatiste, il se porte très bien aussi. Dès qu’une catégorie sociale ou un groupe de professionnels prétend discuter la vision du bonheur vu d’en haut il est renvoyé dans ses cordes. A quoi bon discuter puisqu’il s’agit de vilain corporatisme, par définition illégitime.
                          Sur ce je vous souhaite la bonne nuit

                          • Hulk
                            Hulk répond à Jean-MarieCharon
                            Gros con de droite
                            • Posté à 00h22 le 14/04/2010
                            • Internaute 108405
                              Gros con de droite

                            Ne faites pas semblant de ne pas comprendre.

                            Je ne fais pas d’amalgame, je défends la thèse que la profession se mobilise pour ces journalistes non pas pour les raisons que vous mentionnez naïvement, mais pour de simples raisons corporatistes.

                            Et quand à la grave imprudence, eh bien l’armée leur avait indiqué que la zone était très dangereuse et qu’elle ne pourrait pas assurer leur sécurité. Que vouloir de plus ?

                            • Firmin
                              Firmin répond à Hulk
                              employé du mois
                              • Posté à 15h37 le 14/04/2010
                              • Internaute 54542
                                employé du mois

                              Et quand à la grave imprudence, eh bien l’armée leur avait indiqué que la zone était très dangereuse et qu’elle ne pourrait pas assurer leur sécurité. Que vouloir de plus ?

                              Ne pas obéir aux instructions de l’armée, pour un journaliste ça relève plus de la conscience professionnelle que de la grave imprudence, selon moi.

                              • Hulk
                                Hulk répond à Firmin
                                Gros con de droite
                                • Posté à 15h43 le 14/04/2010
                                • Internaute 108405
                                  Gros con de droite

                                Oui, mais en ce cas, ils ne doivent pas attendre que la même armée vienne les chercher une fois qu’ils sont pris en otage. C’est la même chose que la Sainte Betancourt de Colombie. Exactement la même chose. L’armée lui dit : si vous allez plus loin dans la jungle, nous ne pouvons plus vous protéger ; elle va plus loin quand même et elle fait six ans otage dans la jungle.
                                Je ne dis pas qu’elle a eu tort, ou que les journalistes ont eu tort (quoique, j’ai quand même un gros doute). Mais je dis que maintenant, ils doivent assumer.

                                • Firmin
                                  Firmin répond à Hulk
                                  employé du mois
                                  • Posté à 16h25 le 14/04/2010
                                  • Internaute 54542
                                    employé du mois

                                  C’est différent de la Sainte Bettencourt parce qu’elle n’était pas journaliste. Prendre des risques fait partie de leur métier. Et leur présence sur le terrain est nécessaire dans le cadre d’un pays démocratique engagé dans un conflit armé.

                                  Pour moi, si on ne les aide pas simplement parce qu’ils n’ont pas obéit à l’armée, ça pose problème. Parce qu’ils sont journalistes, et que contrairement à des citoyens normaux, je n’attends pas d’eux qu’ils fassent ce que leur dit l’armée pour se mettre en sécurité.
                                  Leur mission c’est de m’informer, et si on cherche à obtenir une plus grande docilité de leur part de cette manière, même par l’inaction, ça m’atteint aussi.

                                  Bref. D’une manière plus générale, entre ces journalistes non secourus et les ressortissants français qui pourrissent en prison à l’étranger pour des raisons plus ou moins valables, j’ai l’impression que notre rayonnement actuel dans le monde est à peu près identique à celui du Bangladesh.

                                • Jean-Luc LUMEN
                                  Jean-Luc LUMEN répond à Hulk
                                  en invalidité
                                  • Posté à 03h26 le 15/04/2010
                                  • Internaute 47198
                                    en invalidité

                                  Touts ceux qui avaient un peu de bon sens on dit aux banquiers, financiers d’arrêter, qu’ont ils fait...ils nous ont conduit à la ruine...et maintenant pourquoi donc n’assument ils pas...

                                  Cher Hulk que faite vous maintenant pour qu’ils assument... ? Nous ne pouvons tout de même pas tolérer qu’il y ait deux poids deux mesures

                                  Ne devriez vous pas rameuter Monique-A.K, Claude.B, Pascal.L + Annie + gaspard pour mettre fin aux exactions des banques, des financiers, de sarko…etc.

            • screugneugneux
              screugneugneux répond à Hulk
              râleur-NRV
              • Posté à 21h46 le 15/04/2010
              • Internaute 43534
                râleur-NRV

              PS : un journaliste de guerre peut aussi être en uniforme.

              et est ce qu’un homme en uniforme peu se deguiser en journaliste ? ? ?

        • I.P
          I.P répond à Hulk
          Flat4
          • Posté à 22h38 le 13/04/2010
          • Internaute 25391
            Flat4

          Oui mais en 1916 « Hervé et Stéphane » ça ne va pas, « Hippolyte et Stanislas » ça sonne déjà mieux.

      18 autres commentaires
    • Jean-Luc LUMEN
      Jean-Luc LUMEN répond à A déménagé le 8-10 2
      en invalidité
      • Posté à 03h07 le 15/04/2010
      • Internaute 47198
        en invalidité

      ou peut être... un bon journaliste est un journaliste mort comme du temps des indiens au Far West

  • 91polux
    91polux
    Technicien du spectacle
    • Posté à 16h37 le 14/04/2010
    • Internaute 95797
      Technicien du spectacle

    Ils l’ont fait, et tout le monde les lâchent. A croire que l’honneur des dirigeants français est en berne pour préserver leur image (qui l’est aussi)

    • Jean-Luc LUMEN
      Jean-Luc LUMEN répond à 91polux
      en invalidité
      • Posté à 01h32 le 16/04/2010
      • Internaute 47198
        en invalidité

      l’honneur des dirigeants français ne peut en aucun cas être en berne...

      On ne peut mettre en berne que ce que l’on possède.

      leur image...là oui...leur image passe du guignol à Louis de Funès, savez vous que la location par les dirigeants et diplomates de nombreux pays des films de louis de Funès est devenu une obligation pour arriver à suivre et comprendre du moins essayer de comprendre la gesticulation et le comportement haineux, colérique, instable du maître de l’Elysée…
      Après avoir visionné 3 ou 4 films ces pauvres ont sur prescription de la faculté de médecine obligation de suivre une cure de repos de 2 semaines avant de continuer de visionner 3 ou 4 autres films.

  • Jean-MarieCharon
    Jean-MarieCharon
    sociologue
    • Posté à 18h39 le 13/04/2010
    • Internaute 67968
      sociologue

    Peut-on doit-on se désintéresser de ce qui se passe dans un pays où sont envoyé plusieurs milliers de soldats français, où meurent régulièrement certains d’entre eux ? Peut-on se désintéresser des motivations de cet engagement de la France et de la manière dont cet engagement est conduit ? Peut-on se désintéresser de la situation qui se développe dans cette région ? Il me semble que le 11 septembre ou les attentats de Londres et Madrid montrent que ce n’est pas si simple et que la place et le rôle de quelques journalistes est de nous faire savoir ou aider à savoir ce qui se passe apparemment si loin de nous

    • Anonyme répond à Jean-MarieCharon

      après l’article, j’ai lu vos interventions...

      Outre que personne ici n’a dit qu’il se désintéressait de ce pays, votre référence à des attentats qui ne sont pas le fait d’Afghans, montre que vous avez bien synthétisé la presse française... sans aucun recul et en toute crédulité
      comme vous le soulignez, ce n’est pas aussi simple que vous le croyez... ou voudriez nous le faire croire.

      • Jean-MarieCharon
        Jean-MarieCharon
        sociologue
        • Posté à 22h11 le 13/04/2010
        • Internaute 67968
          sociologue

        Vous surinterprétez mon commentaire en m’attribuant le fait d’avoir associé particulièrement l’idée d’attentats et de la région du monde concerné. Il s’agissait de réagir à l’idée qu’il serait possible d’ignorer ce qui s’y passe ou de se contenter de sources uniques, institutionnelles. Il y a des zones où l’information est à hauts risques et c’est de l’informations sur celles-ci dont nous avons certainement le plus besoin pour le long terme. Ignorer ne mets pas à l’abrit d’un retour de la réalité sous des formes y compris très agressives.

  • Ratfucker-
    • Posté à 19h07 le 13/04/2010
    • Internaute 88371

    Le contre exemple de ce journalisme de terrain, c’est le mode opératoire de Charles Enderlin, qui préfère réaliser ses scoops à partir du bar de l’hôtel King David, plutôt que d’affronter la poussière et la chaleur à Gaza, déléguant à son caméraman local (et inféodé) le soin de mettre en scène une fausse fusillade avec mort d’enfant bidonnée.

    • Piedo
      Piedo répond à Ratfucker-
      Assis
      • Posté à 11h20 le 14/04/2010
      • Internaute 43246
        Assis

      Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque-chose.

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 19h20 le 13/04/2010
    • Internaute 111221
      fée

    Le courage de ces journalistes est en effet à saluer sincèrement...à la seule condition, bien sûr, qu’une fois dans le pétrin ils ne réclament pas l’aide de l’Etat. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

    • Erka
      Erka répond à Féline
      • Posté à 22h37 le 13/04/2010
      • Internaute 5196

      Vraiment a gerber, votre message.
      Bravo.

    • Piedo
      Piedo répond à Féline
      Assis
      • Posté à 11h22 le 14/04/2010
      • Internaute 43246
        Assis

      Bah oui, c’est vrai, ils ont été kidnappé en faisant leur job, ils n’ont qu’à se démerder seuls pour s’en sortir. Qu’il est facile de balancer ce genre de commentaires...

      Sinon, ça va, les risques que vous prenez derrière votre écran ne sont pas trop grands ? Votre souris ne vous a pas encore attaquée ?

    • Jean-Luc LUMEN
      Jean-Luc LUMEN répond à Féline
      en invalidité
      • Posté à 03h02 le 15/04/2010
      • Internaute 47198
        en invalidité

      ok...ok mais pourquoi les banques et les financiers qui se sont et nous ont mis dans le pétrin...ont eu droit aux aides de l’état et ceci à hauteur de milliards
      Devise de ceux qui nous dirigent :
      les profits et les aides pour nous...les déficits pour les cons du peuple

      • Féline
        Féline répond à Jean-Luc LUMEN
        fée
        • Posté à 17h36 le 15/04/2010
        • Internaute 111221
          fée

        Ben, justement, j’ai trouvé personnellement scandaleux que les banques aient été autant aidées par les états tout en conservant leur indépendance et leurs profits pour leurs traders.

         
        • Jean-Luc LUMEN
          Jean-Luc LUMEN répond à Féline
          en invalidité
          • Posté à 00h23 le 16/04/2010
          • Internaute 47198
            en invalidité

          Donc faite le savoir...

          Rappelez vous que lors des discours nos dirigeants disaient « »nous ne pouvons hypothéquer l’avenir de nos enfants…au sujet des retraites, de la sécu, des hôpitaux… » » …bref pour tout ce qui concernait le bien être de l’homme des bas étages…
          Ces mêmes dirigeants, en l’espace de quelques heures 4 ou 5 (lors d’une nuit) ont fournis des milliards à ces criminels…alors que 5 minutes avant ils n’arrivaient pas à trouver le moindre cent pour nous.

          Pour moi toutes les discutions de nos dirigeants et politiciens** voulant prouver que le système de santé (retraite, sécu etc.) ne peux plus être sauvé, me fout en rage et que dire des boeufs qui hochent de la tête en soutenant ses thèses en oubliant les milliards donnés en 5 minutes aux financiers.

          Avec de tels bœufs les criminels ont de beaux jours devant eux.

          PS : ** cela concerne tous les partis de gauche ou de droite

        1 autres commentaires
  • Hio-Tin-Vho
    Hio-Tin-Vho
    Etudiant en Master de Science (...)
    • Posté à 00h45 le 14/04/2010
    • Internaute 36766
      Etudiant en Master de Science (...)

    J’ai le droit de pas abonder dans le sens de l’analyse de ce texte où je vais me faire torpiller ?

    Non parce que généralement c’est le cas surtout maintenant que l’émotion est encore présente.

    Désolé mais je trouve que s’interroger sur la pertinence et la façon dont est fait le métier journalistique même et surtout en tant de guerre est normal et saint. Après le problème c’est que cette interrogation refoule souvent des pensée anti-journalistiques les qualifiant même parfois de fouilles merdes.

    A l’inverse la défense est souvent considérée comme celle du corporation. On n’a pas vu la même mobilisation pour les otages non journalistes que pour ceux qui l’étaient. Mais en même temps quand quelque chose nous touche on se mobilise plus facilement c’est donc compréhensible.

    Je pense que dans ce débat il y a les deux et il y a autre chose aussi. Personnellement je pense que le métier de journaliste n’exonère pas tout et certainement pas des responsabilités et de l’oubli des risques, je ne dis pas qu’ils l’ont fait je dit simplement que cela doit être aussi pris en compte.

    Et dans le même temps si certains défendent les deux otages pour deux bonnes raisons il y a aussi un réflexe corporatiste qui pointe très souvent. C’est un réflexe presque humain.

    Mais il ne faut pas oublier que c’est bien plus que des hommes qui sont otages là-bas, ce sont aussi des symboles, des symboles d’une profession, d’une réflexion sur la place du journaliste. Peut-être ne pourrons nous jamais la faire car maintenant ce n’est pas le bon moment et plus tard ce sera trop tard mais tant pis mois personnellement je la lance. A voir si je me ferais torpiller encore une fois.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 02h22 le 14/04/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    La guerre en Afghanistan est injustifiable, il n’y a pas un seul argument à débattre.

    Et les escrocs qui font semblant d’aller chercher un débat ou une justification là où ils ne font que le bodycount, et bien ils savent que leurs proches (et p-ê leur employeur...) toucheront une belle assurance-vie...

  • Mandagot
    Mandagot
    Dans un pithos.
    • Posté à 10h57 le 14/04/2010
    • Internaute 95386
      Dans un pithos.

    « Décontenancés peut-être aussi un peu par les rangs si clairsemés de vos collègues, voire de chacun d’entre nous, citoyens ordinaires, lorsqu’ici ou là, des rassemblements ont été organisés pour vous soutenir. »

    Oui, mais en fait, l’action démonstrative de la lumpenintelligentsia « pour les otages » est nuisible, en ce qu’elle monte les enchères et ralentit donc la libération des otages. D’où la saine réserve observée par France Télévision au sujet du cas de ses deux journalistes.

    Si vous tenez à montrer que, comme tout un chacun, vous êtes un type bien et humaniste, que vous trouvez que c’est pas cool que deux journalistes soient otage, collez vous une petite pastille rouge « non aux prises d’otages ». Mais on reste sage, on attend gentiment que le Quai d’Orsay verse la rançon (parce qu’elle sera versée) et obtienne les deux otages.

  • himalove
    himalove
    ouvrier agricole
    • Posté à 11h00 le 14/04/2010
    • Internaute 56239
      ouvrier agricole

    La vie des deux journalistes français vaut bien la fermeture prématurée d’un camp de concentration US

    Lien

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 11h18 le 14/04/2010
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Je pèse mes mots : Il y a dans ce fil un certain nombre de commentaires aussi crétins que puants.

    Crétins, de croire que des journalistes peuvent prendre des risques personnels inconsidérés sur un théatre de guerre en comptant sur le secours de leur pays, ce n’est pas exactement la même chose que de s’éloigner de la plage en comptant sur le maitre nageur-sauveteur, ni de se faire le Mont Blanc entre touristes en comptant sur sa balise GPS et l’hélico.

    Puants, de consommer de l’information gratuite, et d’en réclamer l’objectivité, mais de refuser le minimum de solidarité à ceux qui risquent leur vie pour rendre cette information possible, les mêmes ne se formalisent pas de financer des sous marins tactiques armés d’ogives nucléaires, mais financer le sauvetage de quelques vies qui se sont risquées à leur service, ça c’est trop pour leurs zimpots.

    Quelques commentaires bien crétins et puants, donc, sous un article brillant autant qu’indispensable. Brillant de par sa synthèse et sa mise en perspective, indispensable parce qu’il exprime la solidarité des citoyens qui ne font pas l’amalgame entre « les infiltrés », et ceux qui défendent notre droit à l’information autant que l’honneur de la profession de journaliste, au delà de la solidarité professionnelle d’un édito qui se serait vu suspecter de corporatisme.

    J’aurais voulu pouvoir me contenter de commenter pour approfondir cette tribune, que l’attitude des autorités françaises, militairement solidaires des EU, semblait se conformer aussi à la volonté de l’armée américaine de contrôler l’information sur les théatres de guerre, et ce depuis la guerre du Vietnam.

    Merci Jean-Marie Charon.
    Merci Hervé et Stéphane, on voudrait que vous puissiez compter sur nous comme on a compté sur vous.

  • himalove
    himalove
    ouvrier agricole
    • Posté à 11h25 le 14/04/2010
    • Internaute 56239
      ouvrier agricole

    Avec l’affaire des deux reporters français et leurs aides afghans kidnappés et l’intransigeance de l’Etat, on touche du doigt les frontières rétrécies du « journalisme embarqué ».

    On dirait presque qu’ils ont été enlevés comme Daniel PEARL afin de terroriser toute la profession.

    Le fait qu’on interdise à ces collègues d’enqueter sur l’identité réelle des ravisseurs et le contexte de leur enlèvement, à savoir l’escalade militaire en Af-Pak et la partition des territoires par l’occupant en « zone protégée » et « zone hostile », conduise à penser que les journalistes indépendants sont, aujourd’hui, condamnés.

    Finis les temps de la première guerre d’Afghanistan où des globe-trotters comme Patrice FRANSCHESI pouvait traverser clandestinement les frontières et vivent avec les moudjahideen.

    Ce qui importe ce n’est plus le reportage au-delà des lignes mais l’article bien calibré, politiquement correct, plein de tact envers les puissants, qui correspond au plus près aux désirs des généraux.

    Ces derniers n’ont aucun respect pour les correspondants de presse et les traitent comme des insectes.

    Il est à craindre que le sort de Stéphane et d’Hervé soit déjà scellé et que leur mort cruelle soit le prélude d’une vaste opération militaire...

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 11h49 le 14/04/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    Tiens rue89, vient de sucrer mon commentaire ?
    Désolé...d’avoir dit « Petit trou du cul ».... ! ..le mot « PETIT », était hors de propos !
    Encore toute mes excuses !

  • etoile89
    etoile89
    louisette
    • Posté à 12h33 le 14/04/2010
    • Internaute 110885
      louisette

    Comme beaucoup j’ai été scandalisée par les propos du chef de l’Etat sur la soi-disant imprudence des deux journalistes kidnappés par les Talibans à un moment où ces deux hommes ont le plus besoin de notre soutien.
    Il était urgent de pouvoir entendre et lire qu’ils étaient là où ils devaient être .

  • brindille
    brindille
    photojournaliste
    • Posté à 13h07 le 14/04/2010
    • Journaliste 9170
      photojournaliste

    Bonjour à tous,

    voici un extrait d’une interview de Jean Baudrillard in Le Monde.

    « Je n’aimerais pas être dans la peau d’un photoreporter, car leur position est extrêmement ambiguë. Ils sont à la fois dans l’événement et en dehors. Leur implication est éphémère. Ils sont à priori solidaires des victimes et de la détresse humaine mais leur place naturelle est de l’autre côté, avec ceux qui regardent et laissent faire. Ils sont irresponsables au sens où ils n’interviennent pas. Leur irresponsabilité est proche de celle du consommateur des photos. Ils tendent aux victimes le miroir de leur détresse avant d’envoyer l’image de “l’autre côté ‘ pour être commercialisée et consommée.

    Il y a une forme de meurtre dans la photo de presse. Tous ces gens qui crèvent de faim et donnent leur image, jamais on ne pourra payer la dette qu’on leur doit. Surtout dans une économie mondialisée. Cette douleur photographiée est un gisement de matières premières qui permet de faire tourner l’économie de l’information. Le témoignage est une justification. Il n’existe que si nous vivons dans un temps de mémoire, qui induit recul et jugement. A partir du moment où nous vivons dans un temps réel, où les événements défilent comme dans un travelling, le temps de la réflexion est court- circuité. L’écran a brisé la distance entre l’événement, l’image, la perception. L’écran fait écran à l’imagination. Et quand l’imagination n’est plus possible...

    Il y a un aspect dont ni Baudrillard, ni vous ne parlez, c’est le terrain. Je pense que plus il y a de civils (journalistes, ONG...) qui occupent le terrain, moins l’impunité est possible.

    Le pire de tout pour des civils dans une guerre, c’est d’être seul, coincé entre deux armées. Et je peux vous dire que les gens sont vraiment content de vous voir arriver, même s’ils savent très bien que vous ne changerez pas leur vie.

    • himalove
      himalove répond à brindille
      ouvrier agricole
      • Posté à 13h52 le 14/04/2010
      • Internaute 56239
        ouvrier agricole

      Bonjour,

      Merci pour ce texte intelligent d’un homme qui n’est plus.

      Cependant je ne suis pas complètement d’accord sur son dénigrement du photoreporter.

      Si la photo qu’il ramène est destinée à un commerce dont on pourrait critiquer la finalité, le reporter fait partie des rares personnes qui effectuent la traversée du miroir, en particulier, en temps de guerre : il se trouve là où les autres ne veulent pas etre.

      Par ailleurs, votre conclusion ne me parait pas juste et un tantinet condescendante vis-à-vis d’un peuple qui n’a pas besoin de nous.

      Dans le cas de la guerre insurrectionnelle en Afghanistan, le civil comme vous l’écrivez n’est pas « seul coincé entre deux armées », il prend partie. C’est du reste la grande difficulté des forces d’occupation qui sont quant elles de plus en plus isolées par rapport aux populations.

  • flackyonbox
    flackyonbox
    Humain francais
    • Posté à 18h31 le 14/04/2010
    • Internaute 109612
      Humain francais

    Soutenons toujours nos compatriotes. Surtout ceux qui essaient dans des conditions très périlleuses de nous informer.
    Les soutenir c’est une chose. Payer une rançon ou libérer des meurtriers pour les voir libérés, sain et sauf ? Non. Céder à ce genre de chantage comme la France le fait depuis des décennies c’est insupportable. Concernant ce genre de nouvelles la meilleur nouvelle d’agence de presse que j’ai entendu concernait les Somaliens flingués dans leur 4x4 par l’armée française.
    Ne négocions rien et tuons ceux qui tuent des Français.

  • guillemet underscore
    guillemet underscore
    pov'con qui ne se casse pas !
    • Posté à 19h24 le 14/04/2010
    • Internaute 85877
      pov'con qui ne se casse pas !

    Je cite le titre : « les journalistes étaient “ là où ils se devaient d’être ” »

    C’est VOTRE point de vue.
    Au mien, ils ont fait une connerie et se retrouve dans la mouise dont il faut maintenant les sortir.

    Le travail des journalistes est très important. Merci à eux de nous informer.
    Mais cela ne les autorise pas à se croire tout permis, tant pour nous que pour eux. Les risques doivent être à la mesure de l’enjeu. Ce n’était pas le cas là et à ce moment,.à mon avis, et ils n’étaient donc pas « là où ils devaient être ».

    J’en profite pour exprimer mon agacement de constater sans arrêt et partout que les journalistes pensent avoir toujours raison et ne supportent aucune critique, jamais.
    A croire qu’eux et leur travail sont toujours parfaits !

  • Désinscrit le 21-6
    • Posté à 03h51 le 15/04/2010
    • Internaute 77771
      nc

    SVP. On les sort d’abord, on discute ensuite . Il y a urgence . A moins que certains ne se régalent d’avance d’une vidéo montrant 2 têtes coupées . Vous pensez à leurs familles ? Vous pensez à cette fin horrible qui les attend ?

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 03h51 le 15/04/2010
    • Internaute 47198
      en invalidité

    Monsieur Jean-MarieCharon, notez les noms de tout ceux qui enfoncent ces deux journalistes, car le jour de la libération ils seront les premiers à se précipiter sur le devant de la scène.

    comme tous les visqueux et ceci depuis que l’homme et sur Terre

  • himalove
    himalove
    ouvrier agricole
    • Posté à 10h46 le 15/04/2010
    • Internaute 56239
      ouvrier agricole

    D’abord, je tiens à rassurer les gens qui me lisent, ma folie n’est pas dangereuse et mon psy est toujours vivant.

    Si je soutiens le peuple afghan dans sa lutte contre l’occupant étranger, je me sens également solidaire des journalistes français captifs.

    C’est du reste des gens comme nous qui ont une sainte horreur des massacres et des escalades guerrières qui peuvent oeuvrer à la libération de nos deux compatriotes...

    Je remarque que les gens qui émettent des avis acerbes contre les reporters, Hervé et Stéphane, sont souvent ceux qui sont pour la guerre au finish en Afghanistan.

    Ces « diminués du casque » pensent, sans doute, qu’ils ont Raison...

  • himalove
    himalove
    ouvrier agricole
    • Posté à 11h00 le 15/04/2010
    • Internaute 56239
      ouvrier agricole

    FLOUTER : Terme technique signifiant rendre volontairement flou.

    Le milieu journalistique participe « involontairement », depuis le début de l’événement, à ce floutage de l’information.

    Il y a deux jours, le syndicat des journalistes de Fr3 dénonçait sur France-culture « la politique de l’omerta » pratiquée par monsieur Nahon.

    Ce petit président d’une chaîne publique est bien connu des anciens journalistes qui ont vécu les enlèvements de la guerre du Liban pour faire de « la rétention d’information ».

    Sans doute, cette caractéristique personnelle se marie bien, aujourd’hui, avec la reprise en main du monde de la presse en temps de guerre.

    Car « la France est en guerre », tel est le message subliminal que devrait comprendre le téléspectateur en allumant sa télévision.

    Toute information « non floutée » dépassant le cadre mis en place par nos ingénieurs des opérations spéciales pourrait alimenter et rendre plus fort l’Ennemi.

    Pour le téléspectateur, considéré comme un être mineur, nos actualités afghanes se résument donc à une mise en valeur de la geste héroïque de nos humanitaires et braves piou-piou et d’une mise en scène crescendo des souffrances endurées par nos journalistes, dans l’exercice de leur métier.

    Les afghans bombardés par nos pilotes de chasse n’existent pas. Ou s’ils existent, ce sont des « dommages collatéraux ».

    Pour un esprit convaincu de cette vérité première, deux journalistes français égarés en zone non protégée volontairement ne peuvent être que des imbéciles qui recherchent l’enlèvement.

    Et il ne faudra pas s’étonner si demain, syndrome de Stockolm oblige, ils en arrivent à aimer leurs ravisseurs...

    C’est sur cette vague populiste anti-journaliste anti-taliban que surfe notre président filou.

    Personne n’osera dire, bien sûr, que le concept de « journalisme embarqué » made in America est entrain de tuer la profession et toute intelligence.

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