A la Une 12/04/2010 à 21h03

Les journalistes otages des talibans en appellent à Sarkozy


France 3 a diffusé des extraits de la vidéo de ses reporters retenus en Afghanistan depuis 104 jours.


Capture d’écran de la vidéo des journalistes de France 3, otages des talibans.

« Ce sera notre dernière vidéo. Un ultimatum vient de nous être donné, si le gouvernement français n’accepte pas les revendications des talibans, nous serons exécutés sous peu. »

Dans une vidéo d’un peu plus de trois minutes, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, journalistes de France 3 enlevés en décembre en Afghanistan réclament, sous la contrainte, l’intervention de Nicolas Sarkozy pour leur libération. Leurs trois accompagnateurs, Reza, Ghulam et Satar, sont également détenus.

La vidéo a été mise en ligne sur Youtube dès dimanche soir. Nous avons choisi de diffuser des extraits sonores mais de ne pas la publier intégralement, considérant que cette décision revient à France 3. La chaîne a diffusé des extraits après avoir flouté les visages des deux journalistes. (Ecouter le son)

Audio file

Stéphane et Hervé, otages en Afghanistan

Dans un texte défilant à la fin de la vidéos, les ravisseurs demandent au gouvernement d’intervenir auprès des Américains pour obtenir la libération de prisonniers afghans, notamment détenus à la prison de Bagram, un camp de prisonniers pas très loin de Kaboul. Ils menacent d’exécuter les otages si leur demande n’est pas exaucée.

« Guerre civile » en interne à France 3

Une première vidéo, diffusée au mois de février par la chaîne Al-Jazira, n’avait pas été reprise par les médias français, notamment pour protéger l’anonymat des otages.

Dans le dernier film tourné par les talibans, l’un des deux otages déclare :

« Les précédentes interviews n’ont pas été diffusées sur les chaînes françaises, paraît-il sur ordre du gouvernement français.

Maintenant, les talibans demandent, exigent que cette interview soit diffusée sur les chaînes françaises. »

A France 3, il a été décidé de diffuser des extraits et de révéler leurs noms ce lundi soir. Dans un communiqué envoyé à 18h30, la direction de France Télévisions annonce :

« Les visages de nos deux confrères qui apparaissent sur cette vidéo seront floutés afin de respecter leur dignité mais leur anonymat qui avait été jusque là strictement respecté sera levé à la demande des familles. »

Mais pourquoi flouter leurs visages, surtout si on lève leur anonymat ? Cette décision, prise par la direction du groupe, a suscité une véritable « guerre civile » en interne à France 3, selon l’expression d’un journaliste :

« Nous ne voulons pas prendre le risque que leurs ravisseurs s’énervent et les exécutent, en disant que la France a biaisé. »

Plusieurs salariés de France 3 ont donc envisagé de démissionner en faisant jouer leur « clause de conscience ». D’autres souhaitaient bloquer la diffusion du journal.

« Respecter la dignité de nos confrères »

Dans l’après-midi, une délégation de la rédaction de France 3 a
rencontré le directeur général de France Télévisions, Patrice Duhamel.

Selon un journaliste, Duhamel a argué des conventions de Genève
(qui répriment les mauvais traitements contre les prisonniers en temps
de guerre) pour ne pas céder sur le floutage des visages.

Pour qui a vu la vidéo, il est cependant difficile de voir le
lien... Les deux otages, affaiblis, ne semblent pas avoir subi de
mauvais traitements. La direction répond : « Cette mesure est prise afin
de respecter la dignité de nos confrères. »

Interrogé par l’AFP, le Quai d’Orsay n’a pas fait de commentaire
 :

« Dans la mesure où il en va directement de la sécurité de nos deux compatriotes et de l’efficacité de notre action visant à leur libération, vous comprendrez que nous préférons faire preuve de la plus grande discrétion sur ce point. »

Zineb Dryef et Augustin Scalbert

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  • Ishtar
    Ishtar
     ? ?
    • Posté à 21h56 le 12/04/2010
    • Internaute 26226
       ? ?

    Radical changement de tactique depuis les tous derniers otages.Bettencourt a été reçue à grands renforts de sensiblerie.Pour ces deux journalistes l’Elysée prétend changer de procédé et joue avec leur vie.

    Bon courage à eux et à leur famille.Les Français dans leur grande majorité n’épousent plus l’idéologie sarkoziste et les soutiennent sûrement.

  • thierry reboud
    • Posté à 22h12 le 12/04/2010
    • Internaute 20923

    Si véritablement les ravisseurs demandent au gouvernement [français] d’intervenir auprès des Américains pour obtenir la libération de prisonniers afghans, on peut se dire qu’il s’agit probablement d’une revendication en trompe-l’oeil et qu’il doit bien y avoir autre chose derrière.

    En effet, outre le fait qu’on peut se demander quel poids aurait une intervention française auprès des forces étasuniennes, cela revient surtout à demander au gouvernement français quelque chose qu’il n’est pas en mesure d’accorder par ses propres moyens : c’est cela qui me fait penser qu’il doit y avoir une autre revendication plus substantielle, voire tout simplement crapuleuse.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 22h13 le 12/04/2010
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Il était un temps ou quand des journalistes et diplomates étaient pris en otage par le hezbollah, Jean-Paul Kauffmann, Marcel Carton et Marcel Fontaine pendant 3 ans dans la plaine de la Bekaa en 1985 ou Philippe Rochot, Georges Hansen, Aurel Cornéa et Jean-Louis Normandin journalistes en 1989 les autorités et leurs chaines télés égrainaient le nombre de jours de captivité.
    Il était un temps ou quand des otages Français étaient retenus, les autorités ne commençaient pas par énoncer le prix de leur recherche
    Il était un temps ou la solidarité nationale fonctionnait pour faire libérer autre chose que des perruches prises en flagrant délit de trafic de drogue en République Dominicaine ou des pasionarias iconoclaste comme Ingrid . Betencourt
    Il était un temps où la parole de la France avait un sens.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 22h17 le 12/04/2010
    • Internaute 24252
      卑語

    Flouter permet au delà de l´anonymat, d´empêcher toute empathie et toute « identification » de nous à eux. L´anonymat désincarne et laisse cette actualité et les otages au niveau du concept.
    Quelles qu´en soient les causes une certaine nausée peu poindre après le battage sur les ennemis du journalisme que sont mélenchon et peillon.
    Sur la dignité bafouée de de betanourt ou d´otages comme Jean-Paul Kauffmann, Marcel Carton et Marcel Fontaine et d´autres.
    L´anonymat fabrique des otages qui n´existent pas et le poids d´une opinion publique qui n´existe pas non plus. L´anonymat raye toute responsabilité politique. Deux martiens sont otages.

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 23h12 le 12/04/2010
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Sur le répondeur de l’Elysée : « Il n’ y a plus d’infirmières bulgares au numéro demandé ».

  • Di
    Di
    • Posté à 23h22 le 12/04/2010
    • Internaute 8231

    C’est plus anonyme, les visages sont révélés et il y a une nouvelle vidéo :

    Lien

  • rrrobotom
    rrrobotom
    Sea lover
    • Posté à 23h45 le 12/04/2010
    • Internaute 70782
      Sea lover

    Tiens on les avait presque oubliés ceux là. les rumeurs nous avaient accaparé l’attention. Notre président aussi était très occupé. Il devaitt coûte que coûte trouver l’origine des rumeurs sur son couple. Maintenant chers journalistes otages, que vous insistez pour qu’il intervienne il va voir ce qu’il peut faire. Peut être que ça tombe bien avec sa chute de popularité qu’il va essayer de remonter avec votre affaire. Ah oui il ne fait rien gratuitement. Après tout vous vous en fichez l’essentiel est qu’il vous libère. Pour nous aussi et tant pis si sa cote remonte l’essentiel est qu’on vous libère.

  • Alexad
    • Posté à 23h52 le 12/04/2010
    • Internaute 8145

    Depuis le début de cette affaire, je suis scandalisée par le fait que, sous prétexte de sécurité, le gouvernement s’oppose à ce que soient révélés les noms des journalistes, que les premières paroles de commentaires se bornent au montant d’une addition, pire, que durant de longues semaines le silence soit total concernant ces otages, à tel point qu’on finit par se demander si tout cela existe ....alors que des milliers d’infos inutiles sont diffusées chaque jour concernant des derrières qui ridiculisent nos dirigeants et le pays. Quelle vulgarité, quel mépris, quelle arrogance ! !

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 12h03 le 13/04/2010
    • Internaute 24252
      卑語

    Conférence-débat organisée par Otages du Monde à Caen dans le cadre du Prix Bayeux des correspondants de guerre 2009.

    La médiatisation est-elle une « assurance-vie » pour les otages, les protégeant de l’oubli et donc de l’abandon progressif de l’effort de négociation en faveur de leur libération ? Ou bien au contraire, la couverture des prises d’otages par les médias est-elle un frein à l’activité diplomatique et met-elle en péril la vie des victimes en faisant « monter les enchères » ? De grands reporters, pour la plupart eux-mêmes ex-otages, exposeront leur point de vue sur un débat de plus en plus présent au sein des rédactions.

    Conférence téléchargeable en fichier PDF.
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