La leçon de Mélenchon aux « petites cervelles »
« Les étudiants ne sont pas des petites cervelles ». C’est par ces mots que Christophe Deloire, directeur du CFJ, laisse la parole à Jean-Luc Mélenchon. Invité par l’école de journalisme de la rue du Louvre à venir débattre des médias suite à son altercation filmée avec Félix Briaud, un étudiant de Sciences-Po qu’il avait traité de « petite cervelle », le président du Parti de Gauche, qui avait promis de ne plus jamais répondre à des étudiants en journalisme, donne rapidement le ton.
Ni excuses, ni regrets
Il n’y aura ni excuses, ni regrets, martèle-t-il. Pas un instant, tout au long de son intervention, Jean-Luc Mélenchon ne reconnaîtra avoir été, pour le moins grossier avec son interlocuteur.
C’est tout juste s’il admet s’être mal exprimé au sujet de la prostitution, un « vrai problème ». Immédiatement après avoir dit cela, il gronde : « Et n’allez pas écrire que je m’excuse ! Je ne m’excuse pas ! » Il attend, en revanche, des excuses de l’école de Félix Briaud.
Provocateur d’entrée de jeu, il dénonce la « cléricature médiatique » de la « meute » :
« Depuis 10 jours (je suis dans) une bataille quasi physique avec une meute (...) une cléricature qui a le vice de toute cléricature, c’est que le vice qu’elle prétend combattre, elle le met en exergue (...) et comme l’Eglise traînait autrefois les sodomites qui s’adonnaient à une activité on ne peut plus privée en public pour mieux fustiger leurs péchés avant de les brûler, de même la cléricature médiatique a telle prise une altercation avec un jeune homme qui par ailleurs est un militant pour un acte qui méritait d’être passé, repassé, repassé et repassé encore... pour me désigner à la vindicte publique.
Je mène une lutte politique et j’analyse comme adversaires ceux qui se sont opposés à moi. L’incident de départ n’a pas d’intérêt, ce qui est intéressant c’est la façon dont la machine s’est mise en route et les raisons pour laquelle elle l’a fait. » (Voir la vidéo)
Cette thématique n’est pas nouvelle, Au second tout des régionales, il a accusé France Télévisions de le mettre à l’écart des plateaux en raison de son « allez au diable ! » lancé à Arlette Chabot lors d’un débat aux européennes en 2009. En octobre dernier, lors des Assises du Journalisme à Strasbourg, il avait lancé à un auditoire de journalistes : « Je vous hais ! »
Combattre les médias
En préambule, les étudiants reçoivent une leçon sur le devoir républicain. Debout, en jean et veste en velours noire, Jean-Luc Mélenchon expose :
« Chacun d’entre nous est le produit de ses humus personnels, le milieu social, la culture. La citoyenneté exige de nous qu’on s’arrache à ses humus pour promulguer ce qu’est l’intérêt général, le débat public doit être débarrassé des vérités révélées. Il y a une autre phase plus insidieuse de l’obscurantisme, c’est le préjugé (...) Il faut s’arracher à tout ça. »
S’arracher à tout cela, et mieux encore, s’arracher au « consensus qui est dictature ». Car si Jean-Luc Mélenchon hait les médias, c’est parce qu’ils sont les vecteurs de « l’idéologie dominante ». C’est donc naturellement, qu’il lance que puisqu’« il est impossible de convaincre les médias, il faut les combattre ».
Considérant son combat contre les médias comme une « lutte politique », il se dit partisan d’une « révolution citoyenne des médias ». Laquelle passerait, entre autres aménagements, par l’installation d’un Conseil national des médias réunissant professionnels, syndicalistes, citoyens et élus avec un « pouvoir de sanction » (il en veut beaucoup à Félix Briaud, ndlr), idée notamment avancée par Acrimed.
« Ma critique est devenue une critique sociale et une critique radicale », tonne-t-il avant de pointer la précarisation de la profession, incompatible avec un travail rigoureux et indépendant. Il parle alors de cette journaliste venue l’interviewer le week-end, une caméra dans une main, un carnet dans l’autre, « sans doute à son troisième sujet de la journée ! ».
Je ne suis pas au spectacle
Assassin, il balance à la centaine d’étudiants :
« Aux repas de famille, ça le fait d’être journaliste, c’est ce préjugé social qui vous anime (...) La gratification sociale, c’est de ne pas appartenir à la classe ouvrière, des employés et d’être des prescripteurs de morale. »
Il capte plutôt bien l’attention des étudiants, lesquels rigolent aux bonnes anecdotes mais se révèlent plutôt offensifs au jeu des questions-réponses. Une étudiante qui ne comprend toujours pas le coup de sang du député européen contre Félix Briaud ne lui arrache pas de réponse convaincante. Un autre se demande si son côté « showman » n’est pas surjoué. Jean-Luc Mélenchon s’attarde sur le mot « showman », avant de revenir à son mot d’ordre, dignitas et gravitas :
« Je ne suis pas au spectacle (...) j’ai l’honneur d’être un tribun du peuple, je suis dans la ferveur d’une conviction politique. »
Souvent ramené à l’incident de la vidéo, Jean-Luc Mélenchon dédramatise son attitude :
« Si on vous filme quand vous vous prenez une prune dans votre bagnole, que va-t-on penser de votre estime pour la police nationale ? »
Interrogé par Rue89, il confirme qu’il ne poursuivra pas Félix Briaud, contrairement à ce qu’il avait envisagé sur son blog :
« - Je ne le ferais pas non. Vous me voyez nuire ainsi à un jeune étudiant ? Mais je ne laisserai pas faire ! Vous verrez bien.
- Mais vous n’avez pas l’impression de vous enfermer dans cette polémique ?
- Moi, me laisser enfermer ? »
Haussement d’épaules et puis s’en va.
- Sur Rue89Après les insultes, les curieuses justifications de Mélenchon
- Sur Rue89Mélenchon : « Le front de gauche doit faire changer de cap le PS »
- Sur mediapart.frMélenchon plus fort que «Michou la Colère», sur Mediapart.fr
- Sur jean-luc-melenchon.frLe blog de Jean-Luc Mélenchon
- 39257 visites
- 403 réactions

























Informaticien
Informaticien
Je l’ai lu. Vous axez l’intervention de Mélenchon sur l’engueulade avec l’étudiant, ne citant ces déclarations qu’à la marge. Même les médias officiels n’ont pas utilisé ce procédé.
Votre article est rempli de parti-pris et d’appréciations à-priori et dévalorisantes qui n’ont rien à voir avec une vraie neutralité journalistique.
- Pas un instant, tout au long de son intervention, Jean-Luc Mélenchon ne reconnaîtra avoir été, pour le moins grossier
- C’est tout juste s’il admet s’être mal exprimé
- En préambule, les étudiants reçoivent une leçon
- Assassin, il balance à la centaine d’étudiants
- ne lui arrache pas de réponse convaincante
- avant de revenir à son mot d’ordre, dignitas et gravitas
- Haussement d’épaules et puis s’en va
Dans ce paragraphe :
« Cette thématique n’est pas nouvelle, Au second tout des régionales, il a accusé France Télévisions de le mettre à l’écart des plateaux en raison de son “allez au diable !” lancé à Arlette Chabot lors d’un débat aux européennes en 2009. En octobre dernier, lors des Assises du Journalisme à Strasbourg, il avait lancé à un auditoire de journalistes : “Je vous hais !” »
Vous citez des infos hors de tout contexte dans le but évident de nuire à Mélenchon.
Bref, vous justifiez l’accusation de Mélenchon accusant les journalistes d’être une caste avec laquelle il est impossible de dialoguer, préférant descendre le personnage plutôt que de répondre à ses questions.
Pourtant les critiques grandissent, spécialement venant du web, et mettent un accusation un système plutôt que les journalistes. Vous feriez bien d’oublier votre réflexe de défense corporatiste pour réfléchir avec les gens qui ont des critiques justifiées et argumentées.




Partager