A la Une 07/04/2010 à 20h06

Bruni au secours de Dati, attaquée par « la Firme » Sarkozy

Zineb Dryef | Journaliste Rue89


Nicolas Sarkozy, le Président israélien Shimon Peres, Rachida Dati et Carla Bruni-Sarkozy (Philippe Wojazer/Reuters)

Sont-ils donc tous tombés sur la tête à l’Elysée ? Ce mercredi, interview spectacle de Carla Bruni sur Europe 1 affirmant que la rumeur sur les infidélités du couple présidentiel est insignifiante, que Rachida Dati, tenue responsable de la diffusion de la rumeur, restait une « amie » du couple et que Pierre Charon s’était sans doute laissé emporter par l’amitié :

« Je considère que nous ne sommes victimes d’aucun complot [...], il n’y a pas de complot, il n’y a pas de vengeance, ça ne nous concerne en rien et on a tourné la page depuis belle lurette. »

A contre-courant de tout ce qu’avaient déclaré les proches de Nicolas Sarkozy, l’ancienne chanteuse a également démenti toute enquête policière sur les rumeurs. (Voir la vidéo)

Pourtant, a révélé Le Monde, une enquête a été menée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) sur ordre de l’Elysée pour retrouver les responsables de la diffusion de la rumeur qui a fait le tour du monde. Le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, a confirmé mercredi l’existence d’une telle enquête à Médiapart.

Mais Bernard Squarcini dément toute écoute téléphonique et nie avoir enquêté plus particulièrement sur le rôle de Rachida Dati :

« Nous avons mené des investigations techniques, notamment informatiques, afin d’essayer de déterminer d’où étaient parties ces rumeurs. (...) Il reviendra à la PJ de déterminer si la diffusion de ces ragots constituait un acte isolé ou s’il y avait derrière une organisation plus élaborée. (...)

La DCRI n’a procédé à aucune écoute téléphonique dans ce dossier, ni à aucune enquête visant de près ou de loin Mme Rachida Dati. Tout cela est tout simplement absurde. »

Depuis quelques jours, les conseillers de Nicolas Sarkozy, en on et en off, déversaient dans les médias diverses théories du complot pour expliquer la rumeur relayée dans toute la presse internationale, celle des infidélités supposées du couple présidentiel. Une cible : Rachida Dati.

« La vérité d’hier n’est peut-être pas celle d’aujourd’hui »

Pierre Charon d’abord, répondant aux questions de Rue89, s’interroge sur l’existence d’une « espèce de complot organisé, avec des mouvements financiers ». Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, a lui assuré au Canard Enchaîné que le chef de l’Etat ne voulait plus voir Rachida Dati avant de déclarer à l’AFP : « La vérité d’hier n’est peut-être pas celle d’aujourd’hui. »

L’ancienne garde des Sceaux, furieuse d’être ainsi désignée en bouc émissaire, a contre-attaqué sur RTL jugeant « les rumeurs, les calomnies, les ragots sur la vie personnelle et en général [...] absolument inadmissibles et scandaleux ».

Comment expliquer la désignation de l’ancienne ministre comme coupable de la diffusion de la rumeur ? Et surtout, comment justifier l’attitude des conseillers de l’Elysée ?

A l’origine, « La Firme », ou la garde rapprochée de Sarkozy

Un article paru dans l’Express rapporte un déjeuner de travail de l’UMP en présence de Pierre Charon. Lequel aurait expliqué que la suppression de la protection policière et de la voiture de Rachida Dati était, comme l’avait écrit le Canard Enchaîné, une punition de l’Elysée pour l’implication de l’ancienne ministre dans « la rumeur ». Il aurait déclaré : « Voilà ce qui arrive quand on s’attaque à la Firme ! »

« La Firme », surnom de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy : Pierre Charon, Brice Hortefeux, Frédéric Lefebvre, Franck Louvrier et Laurent Solly.

Ce déferlement médiatique et l’attaque de Rachida Dati, un règlement de compte ? Selon un ancien des Renseignements généraux, il pourrait s’agir d’un règlement de comptes :

« Pour cette enquête, il n’est pas forcément utile de faire des écoutes téléphoniques. Si on essaye de remonter le fil d’une rumeur, une écoute téléphonique, c’est arriver trop tard. En général, c’est le petit camarade qui balance. C’est d’ailleurs comme ça qu’on retrouve des choses dans Le Canard Enchaîné... »

Quant à l’enquête de la DCRI, effectivement confirmée, si elle a été ordonnée par l’Elysée, il ne s’agit pas là d’un abus, selon un ancien des services :

« Bien sûr que des ragots constituent une menace à la sûreté de l’Etat puisqu’il y a une volonté manifeste de nuire au chef de l’Etat ! Ce n’est pas la première enquête sur des questions de mœurs. Pas la dernière non plus. »

► Mis à jour le 08/04/2010 à 01h05. Confirmation de l’existence d’une enquête par la DCRI.

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  • Tistou
    • Posté à 20h48 le 07/04/2010
    • Internaute 29760

    Guéant a dit : « La vérité d’hier n’est peut-être pas celle d’aujourd’hui. » Il veut dire quoi ? ?

    Que s’il y a eu des écoutes, on ne peut pas l’avouer car ça serait illégal ou ferait mauvais genre d’aller espionner une ancienne ministre... de son propre camp ? ?

    C’est bizarre quand même ! Surtout qu’ils s’engueulent entre eux, par presse interposé (ils ne connaissent pas le téléphone pour s’appeler entre eux).... vraiment bizarre ! ! ! !

  • Tom Bombadil
    Tom Bombadil
    Je ne suis pas un hobbit
    • Posté à 21h35 le 07/04/2010
    • Internaute 9759
      Je ne suis pas un hobbit

    Non, désolé, on ne s’en cogne pas. La dérive délirante et paranoïaque du pouvoir nous regarde et nous intéresse, d’une part.

    D’autre part, il y a là, visiblement, outre la rumeur, une circulation de l’info, certes privée et qui ne nous regarde pas en tant que telle, très intéressante à observer : on en parlait « dans les milieux bien informé » avant qu’un bouc émissaire quelconque ne la sorte publiquement, permettant à tout le monde de s’en soulager, surtout à l’étranger.

    Enfin, à défaut de complot international, il y a des règlements de comptes en cours, visiblement, qui pose de sérieuses questions sur la constitution des gouvernements. Qu’un ministère aussi stratégique que la justice soit susceptible de changer de main parce que la favorite du prince serait tomber en disgrâce, c’est clairement une info qui pourrait nous intéresser. Que cela puisse susciter des haines croisées et entraîner des manipulations réciproques, ça a une importance politique, et ça nous regarde.

    Donc en gros, je dirais le contraire de vous : on ne s’en cogne pas du tout, et on veut absolument savoir ce que Sarkozy met en branle pour faire payer Dati, et on aimerait savoir ce que Dati paye, aussi.

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 21h42 le 07/04/2010
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 21h49 le 07/04/2010
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    C’est la première fois qu’une Première Dame s’exprime sur sa vie intime.
    Les Bernadette Chodron de Courcel (épouse Chirac) et autres Danielle Émilienne Isabelle Gouze (épouse Mitterrand) cocues devant l’Éternel ne se seraient jamais commises à commenter les mœurs de leurs époux, ainsi que leurs propres frasques.
    Mon dieu quel époque, redonnez nous un Président pieux à défaut de chaste.