TEMOIGNAGE 07/04/2010 à 10h18

Au Japon, la liste noire des étudiants endettés

Thierry Ribault | Economiste au CNRS


Yasushi Kurihara, 31 ans, doctorant à Waseda (Thierry Ribault/DR)

Début 2009, le Japon a « blacklisté » des élèves endettés afin de les forcer à honorer leur prêt étudiant. Yasushi fait partie de ces 200 000 jeunes japonais fichés par les pouvoirs publics.

Yasushi Kurihara, 31 ans, prépare un doctorat en sciences politiques à Waseda, prestigieuse université privée de Tokyo. Il vit à Saitama, en banlieue, chez ses parents. Son père, 65 ans, de condition modeste, travaille à la mairie de Tokyo. Il va prendre sa retraite cette année, ce qui inquiète Yasushi, car les revenus de la famille vont diminuer. Sa mère, 60 ans, est femme au foyer et occupe des emplois à temps partiel dans des supermarchés.

Yasushi est lecteur à Musashi Gakuin. A l’instar d’un tiers des enseignants de cette université, son contrat est à durée déterminée et son statut est celui de « salarié non-régulier ». Ses six heures mensuelles d’enseignement lui rapportent 200 000 yens par an (1 600 euros). La période est de plus en plus concurrentielle : il ne peut obtenir plus d’heures et il n’est d’ailleurs pas assuré de garder son poste l’an prochain.

A Waseda, les frais de scolarité en doctorat s’élèvent à 1 million de yens par an (8 000 euros). Les autres dépenses annuelles de Yasushi sont de l’ordre de 500 000 yens. Actuellement, Yasushi est couvert par l’assurance sociale de son père : en tant que salarié non-régulier, il ne peut bénéficier d’une protection sociale spécifique.

Banque et immobilier : la liste noire fuite en dehors de la fac

Pour son seul master et sa préparation au doctorat, les frais de scolarité cumulés de Yasushi s’élèvent à 6,5 millions de yens (52 000 euros). Au total, il est actuellement redevable d’une dette de 10 millions de yens (80 000 euros) pour le financement de ses études.

Au delà de trois mois de retard de paiement, l’étudiant mauvais payeur est, depuis le début de l’année dernière, fiché sur une liste comportant toutes les informations individuelles disponibles à son sujet, communiquée aux 1 500 principales institutions financières du pays.

Cette liste sert de référence aux banques pour refuser aux personnes qui y figurent l’attribution d’outils de paiement comme les cartes bancaires. Elle a aussi pour conséquence de bloquer l’accès de ces étudiants à la location d’un logement, nombre de propriétaires ayant recours à des agences immobilières qui ne manquent pas de prendre leurs précautions à la signature des contrats.

184 millions d’euros de prêts étudiants non honorés

Sur les 3 millions d’étudiants inscrits au Japon, 1,2 million (contre 500 000 en 1998) a accès à un dispositif officiellement qualifié de « bourses ». En pratique, c’est un système de prêts, sans ou avec intérêts, qui est prévu afin d’aider les étudiants à couvrir leur dette.

Les prêts avec intérêts entrent dans ce que les pouvoirs publics qualifient de « Plan espoir pour le XXIe siècle » : un espoir au taux de 3%. Entre 1998 et 2009, la part des prêts gratuits est passée de 75% à 30% du montant total des prêts accordés.

Parmi les étudiants « boursiers », 200 000 ne peuvent honorer leur dette. La fragilisation de la situation de l’emploi, y compris pour les salariés réguliers, tend à accroître le nombre d’étudiants non-solvables.

Depuis 1945, la Japan student service organization (Jasso), qui gère ce système, accuse un montant cumulé de prêts non honorés de l’ordre de 230 milliards de yens (184 millions d’euros), soit 20% du montant total des prêts accordés.

Selon la Jasso, les raisons les plus couramment invoquées par les débiteurs sont :

  • la faiblesse des revenus,
  • le remboursement d’un autre emprunt,
  • l’absence d’emploi,
  • l’endettement des parents,
  • les problèmes de santé.

Avant 2009, les pouvoirs publics avaient recours à deux dispositifs :

  • Le recours juridique, plutôt utilisé de manière symbolique. On compte chaque année quatre à cinq procès seulement, la médiatisation de ces procès nuisant à la démarche.
  • Plus subtil, discret et de plus en plus usité : mandater des sociétés privées de recouvrement de crédit qui détiennent savoir-faire et maîtrise des techniques de communication et de pression. Ces sociétés approchent les débiteurs par la voie de lettres et de relances téléphoniques, et s’adressent à leur famille avec des argumentaires moralisateurs afin de les inciter à exercer leur tutelle.

Le système universitaire japonais est « devenu fou »

Depuis la création de ce blacklisting, un groupe d’étudiants de l’université de Kyoto a initié un mouvement anti-liste noire, « Black list no kai », qui a donné naissance à la création d’un groupe homonyme à Tokyo à l’automne 2009, composé d’une trentaine de personnes.

Ils ne sont pas à proprement parler « membres » d’une organisation, considérant que cela reviendrait à valider le principe de la liste noire dont ils contestent la légitimité. Leur principal moyen d’action consiste à communiquer et organiser des conférences soit dans l’université, avec le soutien de certains professeurs, soit dans l’espace public, afin de faire connaître cette situation à l’ensemble de la société.

La coalition contre la liste noire pose trois types de revendications :

  • Les étudiants sont dans l’incapacité financière de rembourser les sommes réclamées, cette situation s’aggravant avec le ralentissement économique actuel.
  • Le système universitaire est « devenu fou ». Alors que les revenus d’une part croissante de la population stagnent, voire baissent, les frais de scolarité universitaire ont doublé depuis 1990, et il faut désormais compter un budget moyen de 7 millions à 10 millions de yens (56 000 à 80 000 euros) de la première année au doctorat. Dans le même temps, les frais exigés dans le public ont tendance à s’aligner sur ceux du privé.
  • L’accès gratuit à l’université. Ce dont les étudiants et les familles ont besoin, c’est d’un véritable système de bourses. Le Japon est, après les Etats-Unis, l’un des pays de l’OCDE où la part des dépenses publiques dans les dépenses totales pour l’éducation supérieure est la plus faible : 40 % contre près de 80 % en moyenne pour les pays de l’OCDE.

La coalition anti-liste noire est soutenue par le syndicat de la Jasso, des syndicats de travailleurs non-réguliers (« freeters », temporaires et temps partiel) et par les députés communistes.

Le Parti démocrate du Japon, actuellement au pouvoir, avait inscrit dans son programme électoral la nécessité de faire face au problème du financement des études supérieures, mais une fois la victoire remportée, les pressions exercées sur les étudiants et leurs familles ont repris de plus belle. Pour l’instant, seule la gratuité du secondaire est à l’agenda du cabinet Hatoyama.

Toutefois, si elle considère que des coopérations sont possibles, la coalition anti-liste noire est soucieuse de son indépendance vis-à-vis des partis politiques. Elle se veut porteuse d’un projet de société plus large qui prend sa source à la fois dans l’histoire de la pensée anarchiste japonaise, notamment chez Ôsugi Sakae (1885-1923), dans le mouvement italien Autonomia des années 1970, et dans l’observation attentive des mouvements étudiants contemporains aussi bien en France, qu’aux Etats-Unis ou en Corée.

« Il faut payer les étudiants »

Pour Yasushi Kurihara, les frais de scolarité exorbitants et l’exploitation des enseignants à temps partiel dans les universités relèvent de la même problématique : celle de la marchandisation des savoirs, produits par des enseignants et consommés par des étudiants. Dans cette logique les « meilleures » universités, évaluées sur la base de critères marchands, sont amenées à exiger des frais de plus en plus élevés.

Or, selon la coalition anti-liste noire, les enseignants ne sont pas les « producteurs » exclusifs du savoir : les étudiants acculés à payer sont eux aussi des « travailleurs » du savoir qui participent pleinement à sa création, sans être rémunérés.

Dans le capitalisme cognitif, la plupart des métiers reposent désormais, dans leur pratique, sur les savoirs, la communication, les relations ou les émotions. Toutefois, les systèmes de rémunération ne sont pas adaptés à la reconnaissance de ces valeurs.

L’attribution d’une bourse ne devrait donc être rien d’autre qu’un revenu sans condition, permettant à tous d’aller à l’université pour y co-produire les savoirs : « Il faut payer les étudiants ». En tant que lieu fondamental où s’opère une alliance entre éducation et travail, et par où passe la moitié de la population, l’université constitue une heuristique pour l’ensemble de la société.

En ce sens, Yasushi Kurihara invoque une nécessaire « universitarisation » de la société, où le revenu d’existence peut constituer un des outils de développement de l’autonomie, non seulement pour les étudiants, mais aussi pour l’ensemble du précariat.

Aller plus loin
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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 10h34 le 07/04/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ils n’ont qu’a se prostituer pour payer leurs études, les étudiants .

    Double avantage :
    1) plus besoin de prêts
    2) La pratique de la prostitution est une très bonne initiation au monde de l’ Entreprise ..

    • Désinscrit le 19 avril
      • Posté à 10h58 le 07/04/2010
      • Internaute 39070

      et les droits humains en berne ! Lien

    • Xa_chan
      Xa_chan répond à Numerosix
      (nippon ni mauvais)
      • Posté à 11h46 le 07/04/2010
      • Internaute 23695
        (nippon ni mauvais)

      certaines et certains le font déjà, rassurez-vous...

      bon certes, certaines le font pour s’acheter les derniers accessoires à la mode (Louis Vuitton, Chanel, tout ça, ça fait des ravages chez les lycéennes et même les collégiennes)

      • Numerosix
        Numerosix répond à Xa_chan
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 11h54 le 07/04/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Oui enfin il s’agit encore heureusement plus d’une légende urbaine à la marge pour reportage Capa TV poubelle infiltrée que d’une réalité .

        Mais si on continue dans la logique du système qui n’a pas d’alternative ...

         
        • Xa_chan
          Xa_chan répond à Numerosix
          (nippon ni mauvais)
          • Posté à 12h11 le 07/04/2010
          • Internaute 23695
            (nippon ni mauvais)

          légende urbaine ? ? ? sauf que j’y vis, moi, au Japon, et que c’est un vrai problème ici, désigné sous l’euphémisme de « enjo kôsai » ou « sortie pour soutenir »

          Lien

          Et les collégiennes avec des porte-feuilles LV alors que papa-maman ont bien du mal à boucler les fins de mois, ça n’est pas non plus une légende urbaine.

          • Numerosix
            Numerosix répond à Xa_chan
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 12h16 le 07/04/2010
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            Ils sont en avance sur nous au Japon décidément..

          • Arouge
            Arouge répond à Xa_chan
            sans emploi
            • Posté à 13h12 le 07/04/2010
            • Internaute 111302
              sans emploi

            Sauf que j’y vis aussi, moi, au Japon, et que même si c’est un problème dont on parle à demi-mot, il est loin d’être majoritaire comme pourrait le faire penser le message de Xa_chan.
            Toutes les collégiennes ne se baladent pas en Louis Vuitton ou passent leurs journées à baver devant des vitrines de luxe.

            Si j’en vois souvent (des gamines accrochées au bras de vieux pervers), très ciblées dans certains quartiers de Tokyo et d’autres grandes villes, je n’en déduit pas pour autant que c’est « courant »... même si le penchant de certains vieux pour les jeunes filles n’est pas caché.

            Va t’il oser nous ressortir le coup des « collégiennes » qui vendent leurs culottes usagées et des salarymen qui se suicident parce qu’ils perdent la face ou leur travail pour appuyer ses propos ? « Sauf que j’y habite, moi, blablabla... ».
            De plus, enjo kôsai ne signifie pas « sortie pour soutenir »... Quand on prend ses sources sur wikipedia, on fait une recherche pour vérifier si c’est vrai avant de le citer.

            Pour en revenir au sujet. Les études au Japon sont extrêmement chères et on « banque » des le jardin d’enfant. Une réforme en profondeur du système éducatif japonais du jardin d’enfant au cursus post-master ne serait pas un mal.
            Techniquement, on peut faire entrer son enfant dans un conglomérat qui gère de la maternelle à la fac pour s’assurer toutes les chances que son enfant aille jusqu’au bout sans trop forcer, quand on en a les moyens.

            • Xa_chan
              Xa_chan répond à Arouge
              (nippon ni mauvais)
              • Posté à 16h08 le 07/04/2010
              • Internaute 23695
                (nippon ni mauvais)

              Sauf que j’ai dit que ça existe et que ce n’est pas une légende urbaine. Je n’ai jamais prétendu que c’était majoritaire, ce qui serait ridicule. Je vous serais donc gré de ne pas déformer mes propos.

              Surtout sur le « va-t-il oser... ? » qui suit, totalement déplacé. Mais bon, visiblement, vous êtes encore un de « ceux qui savent », je vous laisse donc à votre courageux triomphe sur un crétin d’internaute...

              • Arouge
                Arouge répond à Xa_chan
                sans emploi
                • Posté à 17h08 le 07/04/2010
                • Internaute 111302
                  sans emploi

                Justement, ce qui me semble déplacé, c’est le ton que vous avez pris en disant peu ou prou « Moi j’y habite, donc je le sais mieux que vous » pour contrecarrer les propos de la personne à qui s’adressait la remarque.

                J’avoue m’être emporté avec ma remarque, inutile il est vrai, sur les suicides et les culottes de collégiennes. Je m’en excuse.

                • Xa_chan
                  Xa_chan répond à Arouge
                  (nippon ni mauvais)
                  • Posté à 18h09 le 07/04/2010
                  • Internaute 23695
                    (nippon ni mauvais)

                  hé bien tout simplement parce que le message auquel je répondais véhiculait encore un de ces nombreux clichés de « légende urbaine » et que pour appuyer mes dires, la mention du fait que je résidais dans le susdit pays me semblait nécessaire...

        6 autres commentaires
    • kinan
      kinan répond à Numerosix
      mwaha
      • Posté à 11h49 le 07/04/2010
      • Internaute 75013
        mwaha

      HAHAHA #6 trop marrant ton com

    • I.P
      I.P répond à Numerosix
      Flat4
      • Posté à 11h58 le 07/04/2010
      • Internaute 25391
        Flat4

      En plus ça incitera les gros(ses) moches à ne plus faire d’études et à rester caché(e)s derrière les caisses de MacDo qui sont faites pour eux/elles.
      Chacun à sa place !

    • ruffryders
      ruffryders répond à Numerosix
      Jusqu'a la mort - La vie ne (...)
      • Posté à 12h58 le 07/04/2010
      • Internaute 99399
        Jusqu'a la mort - La vie ne (...)

      j’adore

    • pikepeak
      pikepeak répond à Numerosix
      • Posté à 16h46 le 07/04/2010
      • Internaute 86721

      A mon avis, vous n’avez pas du vous endettez de beaucoup pour faire pareille remarque...

      • Numerosix
        Numerosix répond à pikepeak
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 16h52 le 07/04/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Précisez ..

    • Hulk
      Hulk répond à Numerosix
      Gros con de droite
      • Posté à 17h11 le 07/04/2010
      • Internaute 108405
        Gros con de droite

      Tu veux dire qu’au boulot on l’a dans le cul ?

      • Numerosix
        Numerosix répond à Hulk
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 17h14 le 07/04/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        inutile de préciser ..

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 10h49 le 07/04/2010
    • Internaute 25388
      sur le fil

    C’est vrai que ca nous parait très très loin de nous ce genre de situations, mais on en prend doucement le chemin, « l’indépendance des universités » chère à Pécresse en est une première étape négociée tout en douceur. Dans quelques années, il y a fort à parier que les frais d’inscription dans nos universités devront etre augmentés pour faire face a cette necessité « d’autofinancement », contraignant les étudiants les moins fortunés à recourir à l’emprunt pour payer les frais de scolarités ou les obligeant à se rabattre sur des filières pas chères...c’est ca le libéralisme...faudrait qu’on y pense sérieusement avant de re-glisser un bulletin dans l’urne pour l’autre enragé.

    • Rivendell
      Rivendell répond à ecor1
      Suppot de satan
      • Posté à 13h18 le 07/04/2010
      • Internaute 102483
        Suppot de satan

      Pourquoi ce « dans quelques années » ? ça a déjà (malheureusement) lieu...

      • ecor1
        ecor1 répond à Rivendell
        sur le fil
        • Posté à 14h32 le 07/04/2010
        • Internaute 25388
          sur le fil

        parce que pour le moment les frais de scolarités ne sont pas encore prohibitifs, pas besoin de débourser 3000 euros pour s’inscrire. Après ce dont on a besoin pour vivre, se loger, manger etc...c’est une autre histoire. Ce que je dis, c’est que bientot on ne pourra peut etre plus se payer l’inscription.

         
        • Monokuku
          Monokuku répond à ecor1
          kessapeutfoutr
          • Posté à 15h47 le 07/04/2010
          • Internaute 101214
            kessapeutfoutr

          « parce que pour le moment les frais de scolarités ne sont pas encore prohibitifs, pas besoin de débourser 3000 euros pour s’inscrire. »

          Ça dépend dans quel filière on souhaite aller et le niveau de spécialisation que l’on recherche. Dans les écoles d’art notamment il faut débourser entre 3000 et 6000 par an. Même s’il existe souvent une alternative publique (les universités), elle est rarement d’une qualité équivalente à celle que l’on trouve dans les écoles payantes.
          Par ailleurs, dans certaines filières (médecine, bio...), le cour se monnaie à l’unité entre professeurs et étudiants ou entre étudiants seulement (transfert de savoir sur polycopié à 5 euros le cours). Cependant sur ce point, je ne sais pas si ce genre de pratiques est généralisé sur tous les campus où si le cas que j’ai pu voir était isolé.
          Cela dit, il est clair que pécresse ne nous a pas arrangé les choses, et qu’effectivement, dans quelques années, le savoir ne sera accessible qu’à ceux qui en auront les moyens ou qui seront certain de trouver du taff à la fin de leur cursus pour rembourser leur prêt. Pas tout le monde quoi...

          • kio
            kio répond à Monokuku
            urbain
            • Posté à 18h58 le 07/04/2010
            • Internaute 63657
              urbain

            « Dans les écoles d’art notamment il faut débourser entre 3000 et 6000 par an. »
            gné ? ?
            faut préciser : « privées » les écoles d’art…

        • Rivendell
          Rivendell répond à ecor1
          Suppot de satan
          • Posté à 15h48 le 07/04/2010
          • Internaute 102483
            Suppot de satan

          Hahem.

          Lien

          • ecor1
            ecor1 répond à Rivendell
            sur le fil
            • Posté à 17h02 le 07/04/2010
            • Internaute 25388
              sur le fil

            Ben voilà on y vient déjà, c’est désolant pour une université publique. Ils devrait faire le tri au dossier pas au pognon.

            4000 euros c’est hallucinant ! ! ! a ce prix je n’aurais pas pu faire mes études, c’est aussi simple que ca.

        4 autres commentaires
    • Artemisia.G
      Artemisia.G répond à ecor1
      Lulucarabine
      • Posté à 17h39 le 08/04/2010
      • Internaute 39119
        Lulucarabine

      Je trouve votre commentaire assez juste mais je trouve aussi particulièrement irritant qu’à chaque fois que l’on parle d’un problème prégnant dans tel ou tel pays les commentaires dévient sur notre petit nombril de français. C’est dommage.

  • l_autre
    l_autre
    Ingénieur
    • Posté à 10h58 le 07/04/2010
    • Internaute 91807
      Ingénieur

    Mais comment le Japon garde t’il un niveau de compététivité aussi élevé avec ce système là ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h12 le 07/04/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)
    • I.P
      I.P répond à Numerosix
      Flat4
      • Posté à 11h59 le 07/04/2010
      • Internaute 25391
        Flat4

      Antisémite !

      • Numerosix
        Numerosix répond à I.P
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 12h05 le 07/04/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        pardon ! pardon ! : -)

         
        • I.P
          I.P répond à Numerosix
          Flat4
          • Posté à 12h42 le 07/04/2010
          • Internaute 25391
            Flat4

          Et puis au lieu d’étudier à crédit les japonais feraient mieux de voyager en Europe, ça forme la jeunesse :

        1 autres commentaires
  • eXistenZ
    eXistenZ
    Arracheur de dents
    • Posté à 11h18 le 07/04/2010
    • Internaute 67914
      Arracheur de dents

    L’origine de cette dérive c’est l’AGCS et on peut transposer cet article dans tous les secteurs. Le Japon est l’un des promoteurs de cet accord mortifère. La France a simplement un léger décalage de timing mais il ne fait aucun doute que nous vivrons exactement la même situation et très rapidement.

    Proposition du Japon en mars 2002 dans le cadre de la libéralisation du secteur de l’éducation :

    I.PROPOSITION DE BASE

    2.Il est récemment devenu extrêmement important pour chaque pays d’améliorer la qualité de l’éducation et de la recherche, afin de répondre avec souplesse à l’évolution rapide des besoins de la société. Le Japon reconnaît qu’afin de chercher à atteindre ces objectifs, il est utile de promouvoir un certain niveau de libéralisation, tout en prenant diverses mesures gouvernementales.

    3.De ce point de vue, le Japon encourage chaque Membre, dans le cadre des prochaines négociations fondées sur la procédure de demandes et d’offres, à promouvoir la libéralisation dans le secteur des services d’éducation grâce à un meilleur accès aux marchés, une meilleure assurance du traitement national et la déréglementation intérieure y (sic) relative.

    Tout est là (chercher « éducation ») :

    Lien

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 11h27 le 07/04/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Merci pour cet article.

    La petite note optimiste, c’est les liens qui se créent au delà des frontières entre les mouvements étudiants.

    La note pessimiste est que la peur de ne pas rembourser sa dette entraine ce monde dans la religion de la croissance. Rien de neuf, au fond, si ce n’est cette extension du domaine de la financiarisation.
    A quand des edge-funds misant sur l’échec d’un étudiant ou d’une filière universitaire ?

    • Numerosix
      Numerosix répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h37 le 07/04/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Excellente idée , les edge-funds misant sur l’échec d’un étudiant . Je suis pour , il faut aller jusqu’au bout de la logique du système ..

    • Rivendell
      Rivendell répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Suppot de satan
      • Posté à 13h29 le 07/04/2010
      • Internaute 102483
        Suppot de satan

      Heu... l’internationalisation des mouvements étudiants, j’ai vu ce que c’était et en gros c’est du soutien verbal, un mec qui lâche en AG « faut qu’on fasse une lettre de soutien pour nos camarades grecs ! », lettre qui ne sera jamais faite et dont tout le monde se branle, expéditeur comme receveur...

      La seule façon d’internationaliser un mouvement est par la forme qu’on lui donne, qui doit être unique et doit être pour le public immédiatement associées aux idées défendues... sortir du schéma « AG/manif/blocage » pour des actions originales, fortes et donc médiatiques.

      Je ne sais pas moi, brûler ses papiers d’identité devenus inutiles puisque pour l’Etat on existe plus, qu’il ne prend plus soin de nous... ce n’est qu’une idée, il y en a forcément des meilleures...

  • poulpi_fzh
    poulpi_fzh
    ingénieur en herbe ?
    • Posté à 11h32 le 07/04/2010
    • Internaute 84754
      ingénieur en herbe ?

    Sans vouloir jouer les gendarmes du vocabulaire, il me semble que sur les trois « revendications » citées, seule la dernière en est effectivement une, les deux autres étant plus de l’ordre du « constat » :).

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 11h42 le 07/04/2010
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    « Yasushi Kurihara, 31 ans, prépare un doctorat en sciences politiques à Waseda »
    Encore à l’école à 31 ans pour faire des études qui vont le conduire à un poste de responsabilité gouvernementale ou pire, à une carrière de journaliste.
    Voilà le défaut de nos sociétés démocratiques, permettre à nos enfants de passer leur jeunesse sur les bancs de l’université alors que l’agriculture, le bâtiment et le ramassage des poubelles manquent de bras.

    • Xa_chan
      Xa_chan répond à padiran
      (nippon ni mauvais)
      • Posté à 11h50 le 07/04/2010
      • Internaute 23695
        (nippon ni mauvais)

      bien sûr

      alors, comme il « faut » quand même des administratifs, des gouvernementaux, des journalistes et autres professions à études très longues, vous proposez quels critères pour savoir qui a le « droit » de faire ces études longues et qui devrait se « contenter » d’un poste de technicien de surface ou autre métier peu qualifié et donc peu rémunéré ?

      Ha, mais je sais ! ! comme d’hab, les riches feront les études, et deviendront encore plus riches et les pauvres fermeront leur gueule et deviendront encore plus pauvres.

      Pas nouveau, comme théorie, ça.

      • padiran
        padiran répond à Xa_chan
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 12h12 le 07/04/2010
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        La solution existe, c’est le tirage au sort de ceux qui ont droit de continuer leurs études. Vous me direz que le risque de voir des incompétents prendre des postes à responsabilité est important et que les cas de G. w. Bush et N. Sarkozy sont là pour en témoigner, mais cela aurait au moins l’avantage d’être neutre démocratiquement.

         
        • k-i
          k-i répond à padiran
          endimanché
          • Posté à 15h46 le 07/04/2010
          • Internaute 55073
            endimanché

          En tant que fervent défenseur de l’Euromillion comme outil de gouvernance financière, je ne peux pas vous laisser souiller l’honneur d’Athènes de la sorte !

          Si le tirage au sort vaut pour l’exercice collectif des responsabilités publiques (en assemblée), il n’apporte rien à l’excellence universitaire qui elle, comme le souligne si judicieusement l’article, se construit nécessairement collectivement.

          • padiran
            padiran répond à k-i
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 17h00 le 07/04/2010
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            Athènes prônait « du pain et des jeux », seul l’ordre d’apparition des combattants était tiré au sort . La consanguinité des élites doit faire réfléchir a leur renouvellement et il apparait comme nécessaire d’inventer un système permettant à n’importe quel individu de s’épanouir .
            Je retiens votre idée de l’Euromillion comme outil financier, et je propose donc la Loterie Nationale pour l’attribution des logements sociaux à Paris.

        • Xa_chan
          Xa_chan répond à padiran
          (nippon ni mauvais)
          • Posté à 16h08 le 07/04/2010
          • Internaute 23695
            (nippon ni mauvais)

          waouh, là j’en reste sans voix...

          • padiran
            padiran répond à Xa_chan
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 16h51 le 07/04/2010
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            Je suis navré d’avoir éteint la voix de l’Orient. Je pense que vous avez compris que mes propos ne sont là que pour amuser la Rue. Comme un certain nombre de riverains je suis nippon ni mauvais, juste un chroniqueur.

            • Xa_chan
              Xa_chan répond à padiran
              (nippon ni mauvais)
              • Posté à 18h11 le 07/04/2010
              • Internaute 23695
                (nippon ni mauvais)

              hé bien c’est justement pour cela que j’en restais sans voix, j’admirais votre talent dans la dérision !

              Car je lis vos remarques depuis longtemps sur Rue89 et je sais fort bien que ces dernières étaient justement ironiques ^_^

              D’où ma réponse faussement « indignée » pour vous encourager à aller un peu plus loin encore

              Et vous ne m’avez pas déçu, bien au contraire ! ^_^

              (désolé, les émoticônes, c’est laid, mais sur internet c’est souvent nécessaire)

        5 autres commentaires
      • LienRag
        LienRag répond à Xa_chan
        • Posté à 15h26 le 08/04/2010
        • Internaute 34767

        Il y a aussi « la formation tout au long de la vie », même si c’est un peu passé de mode...

         
        • Xa_chan
          Xa_chan répond à LienRag
          (nippon ni mauvais)
          • Posté à 15h50 le 08/04/2010
          • Internaute 23695
            (nippon ni mauvais)

          Elle est loin d’être au même tarif que la fac, la « formation tout au long de la vie », j’en sais quelque chose... même si c’est toujours mieux que rien, je suis bien d’accord !

          • LienRag
            LienRag répond à Xa_chan
            • Posté à 16h58 le 08/04/2010
            • Internaute 34767

            J’en ai également fait l’expérience, mais la question que vous posiez étant théorique, j’ai répondu sur un plan théorique sur ce qui permettrait aux jeunes d’aller ramasser les poubelles sans oblitérer leurs chances d’être ensuite premier ministre ou chercheur...
            Rien n’indique, dans les propositions des différents mouvements d’éducation populaire qui ont défendu la formation tout au long de la vie et la fin du cloisonnement entre études et vie active, que cette formation doive être payante et encore moins hors de prix.

        2 autres commentaires
  • vol19
    • Posté à 11h58 le 07/04/2010
    • Internaute 13492

    Voilà un article très intéressant.
    Comment la libération de l’éducation, la faible dépense publique sur l’éducation conjuguée à l’injonction (capitalisme cognitif et traditionnelle confucéenne) d’un niveau d’instruction élevé mène une population dans l’impasse par le sur-endettement et par des dispositifs acceptés d’exclusion des surendettés ? Le Japon n’a jamais été compatissant avec les burakumins, les « journaliers », les vieux, les handicapés, les marginaux... et il semblerait que ce mécanisme se répande dans d’autres sphères.
    Il serait intéressant de savoir dans quel mesure cette situation profite aux rejetons des classes sociales élevées qui n’ont pas à passer par l’endettement ? Voire si celà altère la composante élitiste du système japonais : sélection d’écolier, collégiers, lycéens pour indirectement accéder dans des universités prestigieuses... mais que se passe t-il si leur patrimoine familial ne leur permet pas de payer les frais de scolarité... ?
    Quelquepart, ce système renforce les déterminismes sociaux et tendrait à montrer que de plus en plus la sélection par le mérite scolaire est prédéterminé par le social et le patrimoine, ce qui semble être un constat qui se généralise sur le plan mondial... le replis des classes moyennes intellectuelles, l’hégémonie du patrimoine... ?

    • daniel
      daniel répond à vol19
      daniel
      • Posté à 09h17 le 08/04/2010
      • Internaute 5273
        daniel

      Exactement, c’est ce qui nous guette si le gouvernement poursuit dans son objectif de détruire l’école publique.

      Aujourdh’ui, malgré le manque flagrant de profs ( les heures non enseignées atteignent des sommets), ils continuent de vouloir supprimer des postes et donc de faire des écoles publiques au rabais.

      Tout cela dans un but unique de faire de l’éducation un business comme les autres, comme au Japon justement, où les établissmements publique ont tellement mauvaise réputation que les parents y sont obligés de se saigner pour mettre leur enfants dans les « juku », sorte d’écoles de bachotage très très chers (les parents qui n’y onr pas recours, prennent le risque de se voir repprocher l’éventuel echec de leurs enfants).

      Mais où est l’opposition ?

  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 12h23 le 07/04/2010
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    Ne nous voilons pas la face... !

    Devenir des étudiants SOFINCO est ce qui attend nos étudiants ! !

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