Tribune 04/04/2010 à 19h57

Pédophilie : l'Eglise n'est pas une communauté de « parfaits »

Patrick Kéchichian | Ecrivain et critique littéraire


Benoît XVI délivre sa bénédiction « urbi et orbi » (« à la ville et au monde ») ce lundi, place Saint-Pierre (A. Bianchi/Reuters)

Les révélations en cascades sur les affaires de pédophilie un peu partout dans le monde, et cette semaine encore en France, donnent lieu à un certain traitement par la presse -ou une partie de la presse.

De multiples affaires, en des lieux différents, à des dates diverses, à divers degrés de gravité, deviennent, sur le mode journalistique du feuilleton, UNE affaire : celle de la pédophilie dans l'Eglise catholique.

Ce traitement est-il mesuré ? Prend-il en compte l'ensemble des données ? Fait-il justice à une réalité multiple ? Ecoute-t-on de la même oreille tous les protagonistes ? Assurément non.

A partir de ces affaires, beaucoup de commentateurs, relayés par des caricaturistes, ont-ils émis des jugements outrageants et péremptoires ? En ont-ils tiré des conclusions définitivement négatives sur l'Eglise catholique et sur son chef, le pape ? Assurément oui.

Il ne s'agit pas de pointer les manquements ou les fautes de la presse en général : ce serait faire, en miroir, la même chose qu'elle : UNE affaire.

Il s'agit simplement, par la parole, une parole claire et mesurée, forte au milieu des invectives et des amalgames, d'en appeler à la vérité. C'est le sens de ce texte volontairement bref [l'« Appel à la vérité », ndlr] qui ne glose pas, qui dit en peu de mots, non pas l'appartenance à un parti, à une corporation, mais une confiance dans la foi et l'amour.

Ce ne sont pas les victimes qui crient le plus fort

Ce n'est pas à une institution que nous adhérons. De celle-là et de ses prêtres, nous savons bien la faillibilité, le péché. C'est à la foi et à l'amour dont l'Eglise, à nos yeux, est et demeure, par le Christ, la dépositaire.

Dire cette foi et cet amour à l'instant même ou s'affirme le scandale de la pédophilie -du non-amour absolu- et l'indignité de certains ecclésiastiques, est le défi que nous devons, dans la douleur, dans la compassion, mais pas dans le doute, relever.

Remarquons-le : ce ne sont pas les victimes qui crient le plus fort. Elles, elles demandent légitimement justice et réparation. Les cris et les invectives viennent d'ailleurs, de ceux qui s'improvisent accusateurs publics et rêvent de faire eux-mêmes justice.

Qualifier le procès d'expéditif est un euphémisme : on décrète une culpabilité forcément collective, conséquence directe de l'organisation hiérarchique de l'institution ecclésiale.

Mais dénoncer ces amalgames et cette négativité ne suffit pas.

Il faut encore donner de la voix, ne pas la laisser recouvrir par la rumeur, la malveillance systématique, la brutale moquerie, l'appel au lynchage. Et en même temps, il faut refuser de se retrancher, loin de la plainte et de la souffrance des victimes, derrière les hauts murs d'une forteresse assiégée…

Car quoi qu'on dise, quoi qu'on répète à l'envi, l'Eglise est ouverte sur le monde, elle est à son écoute, plus qu'aucune autre institution humaine. Ses règles et ses lois, sa tradition, ne visent pas au maintien de quelque hégémonie ou pouvoir qui s'exercerait en sa propre faveur.

Conformément à l'enseignement de saint Paul, c'est sa faiblesse même qui est sa force. De même, elle ne prétend pas, sur le plan humain, à un savoir absolu, mais en revanche, elle sait que sa vocation est entièrement tournée vers le Bien, pas le sien mais celui de l'homme.

La comparaison avec l'antisémitisme n'est pas la position de
l'Eglise

Elle sait sur quelle pierre elle est bâtie, selon quelle Révélation et selon quelle parole de vérité elle vit et agit.

Cette vie et cette action ne sont pas à l'abri du Mal, sous toutes ses formes.

Pas non plus à l'abri des paroles hâtives, comme celle de ce prédicateur de la Maison pontificale, établissant un désolant parallèle entre les attaques contre l'Eglise dans les affaires de pédophilie et l'antisémitisme, dans son homélie lors de la messe de la Passion.

Depuis, le Vatican a précisé que ces paroles ne pouvaient en aucun cas définir la position de l'Eglise et l'auteur de ces paroles, le père Catalamessa, s'est excusé. Mais les lois de l'emballement médiatique sont rudes, intangibles : on retiendra à charge le faux-pas et on oubliera les mises au point…

Ce qu'on nomme la « sainteté » de l'Eglise se manifeste, comme le soulignait le père Varillon, en ceci qu'elle ne redoute pas d'être souillée par le contact des pécheurs.

« Si elle les fuyait, si elle tendait à se constituer, loin d'eux, en communauté des prédestinés, elle ressemblerait plus aux Pharisiens qu'à Celui qui, pour cela même, les fustigea. »

L'Eglise n'est ni aveugle, ni naïve

Appartenir à l'Eglise du Christ, c'est savoir (apprendre) que cette Eglise n'est pas une communauté de « parfaits ». Et que d'ailleurs, elle ne s'est jamais prétendue telle.

L'Eglise est donc cet espace où le mal, en tous ses visages, en tous ses masques, est repéré, connu, reconnu, condamné. Le silence qui a pu prévaloir, en certains lieux, à certains moments, ce silence qui est si violemment et si clairement récusé par le pape (et par les évêques de France), contredit cette connaissance.

De grâce, que l'on fasse crédit à l'Eglise de n'être ni sotte ni naïve, ni aveugle !

Patrick Kéchichian a signé cet « appel à la vérité », un texte « d'intellectuels, journalistes, artistes et personnalités de la société civile, chrétiens ou non chrétiens » invitant les médias à un traitement plus déontologique des affaires de pédophilie au sein de l'Eglise catholique.

La carte Pearltrees des articles sur l'Eglise et la pédophilie :

pédophilie

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  • lally
    • Posté à 21h10 le 04/04/2010

    En tant que catholique pratiquante, je trouve le traitement médiatique actuel particulièrement bienvenu et nécessaire pour obliger l'institution ecclésiale à affronter de face le problème qu'elle a avec la sexualité et le corps.
    Car le noeud gordien du problème se trouve là.
    Le mépris du corps et de la sexualité fait que l'institution attire à elle des personnes qui ont de gros problèmes identitaires et sexuels, et que cela provoque depuis des siècles des crimes que rien ne pourra jamais réparer.

    On ne peut pas prêcher l'amour du prochain d'un côté et de l'autre, attenter et détruire l'intégrité physique et l'intimité d'un enfant, d'un ado, d'un homme ou d'une femme.
    Sinon quelle crédibilité a-t-on ?

    Bien sûr que l'Eglise n'est pas parfaite. Ce n'est pas cela qu'on lui demande. Juste de n'être plus dans le déni et l'hypocrisie vis à vis de la sexualité et du corps.

    Faut-il vous rappeler que depuis l'avènement de B16, ses orientations visant le rassemblement avec les plus conservateurs et intégristes, la restauration d'une vision sectaire et radicale, de plus en plus de catholiques rejettent l'institution et une pratique communautaire ?
    Les affaires pédophiles ne sont pas les seules déceptions des catholiques pratiquants vis à vis de l'institution.

    C'est l'attitude fermée de l'Eglise institutionnelle et réactionnaire qui cause son isolement. Parce qu'elle a remplacé Dieu par un pouvoir qu'elle voudrait absolu et en cela ne vaut pas mieux que les intégristes des autres religions du Livre.

    Nous catholiques progressistes, nous ne retrouvons plus le visage de l'Eglise depuis des années. L'Eglise est devenu un repaire tradi de pharisiens, un état qui ne représente plus qu'un gouvernement monarchique qui tente vainement de sauver ses privilèges et qui pour cela soutient tous les gouvernements réacs et les dictatures les plus odieuses possibles, qui campe sur des positions sexistes, qui nie les droits des femmes et des enfants. C'est une institution qui a gommé Dieu au profit du pouvoir. Jésus, Dieu, l'Esprit Saint n'ont rien à voir avec cette dérive institutionnel. Rien du tout. Sauf qu'ils sont les premiers crucifiés de voir une telle abomination. Et nous catholiques pratiquants sommes scandalisés et profondément meurtris.

    Jusqu'à quand le successeur de Pierre continuera-t-il d'avoir la nuque raide et l'ouverture au monde bloquée dans la peur et le mépris ?

  • Tokani
    Tokani répond à pablico
    • Posté à 22h59 le 04/04/2010

    Ce qui est clair c'est qu'il y a comme une volonté de bien casser du Curé et de la Papaulatrie dans ce déballage médiatique continuel....
    En tant qu'agnostique , issu d'une famille en partie Israëlite je ne vois pas a qui ça profite de tirer sur l'ambulance qui transporte Bénoïte 16 ? Ou plutôt je ne le vois que trop !
    Je pense que les prêtres ne sont pas pédophiles en majorité mais que des pédophiles deviennent prêtres pour avoir accès à leurs proies ! ! !
    Un Monseigneur rappelait avec une certaine justesse qu'il y a 20.000 curés en France et en gros 32 cas « avérés » de criminalité sexuelle....
    On a lynché Mgr Di Falco il y a deux ans
    alors qu'il était innocent ...
    Et puis bon ! Combien d'Imams , de Rabbins de Pasteurs de profs , d'éducateurs , de soignants etc ont tripatouillé dans la culotte des petits sans que l'on remettent en cause
    leur institution ? ? ?
    Le prédicateur du Pape n'a pas été du meilleur gout dans son argumentation , mais il est clair que la vaticination en boucle sur l'Eglise Catho est un peu glauque....
    Et par pitié merci de ne pas nous ressortir l'histoire du célibat des curés alors que pour la majorité les pédophiles ont avec le mariage un très bon alibi...Chez moi en Polynésie un infirmier anesthésiste marié et père de famille a violé les gamins dont il avait la charge pendant dix ans sur l'atoll de Hao avant de se faire coincer....

  • Monsieur Choc
    Monsieur Choc
    assise
    • Posté à 23h06 le 04/04/2010
    • Internaute
      assise

    Pédophilie : Appel à la tolérance, communiqué paru dans Le Monde du 26 janvier 1977

    « Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d'assises des Yvelines vont comparaître pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans, Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt, qui arrêtés l'automne 1973 sont déjà restés plus de trois ans en détention provisoire. Seul Bernard Dejager a récemment bénéficie du principe de liberté des inculpés.

    Une si longue détention préventive pour instruire une simple affaire de “ mœurs ” où les enfants n'ont pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, ont précisé aux juges d'instruction qu'ils étaient consentants (quoique la justice leur dénie actuellement tout droit au consentement), une si longue détention préventive nous parait déjà scandaleuse.

    Aujourd'hui, ils risquent d'être condamnes à une grave peine de réclusion criminelle soit pour avoir eu des relations sexuelles avec ces mineurs, garçons et filles, soit pour avoir favoris et photographié leurs jeux sexuels.

    Nous considérons qu'il y a une disproportion manifeste d'une part, entre la qualification de “ crime ” qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés ; d'autre part, entre la caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d'une société qui tend reconnaître chez les enfants et les adolescents l'existence d'une vie sexuelle (si une fille de treize ans a droit à la pilule, c'est pour quoi faire ? ) La loi française se contredit lorsqu'elle reconnaît une capacité de discernement d'un mineur de treize ou quatorze ans qu'elle peut juger et condamner, alors qu'elle lui refuse cette capacité quand il s'agit de sa Vie affective et sexuelle.

    Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier Dejager, Gallien et Burckhart ne retrouvent pas la liberté. »

    Signataires du communiqué : André Glucksmann, Louis Aragon, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Judith Belladona, docteur Michel Bon, Jean-Louis Bory, Bertrand Boulin, Franois Chatelet, Patrice Chéreau, Jean-Pierre Colin, Copi, Michel Cressole, Alain Cuny, Gilles Deleuze, Fanny Deleuze, Bernard Dort, Franoise d'Eaubonne, Maurice Erne, Jean-Pierre Faye, Pierrette Garrou, Philippe Gavi, Pierre-Edmond Gay, Claire Gellman, Robert Gellman, Félix Guattari, Daniel Gurin, Pierre Guyotat, Pierre Hahn, Jean-Luc Henning, Christian Hennion, Jacques Henric, Guy Hocquenghem, Françoise Laborie, Madeleine Lak, Jack Lang, Georges Lapassade, Raymond Lepoutre, Bernard Kouchner, Michel Leiris, Jean-François Lyotard, Dionys Mascolo, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Vincent Montail, Bernard Muldworf, Négrepont, Francis Ponge, Marc Pierret, Anne Querrien, Grisldis Ral, Franois Régnault, Claude Revault d'Allonnes, Olivier Revault d'Allonnes, Christiane Rochefort, Danielle Sallenave, Pierre Samuel, Gilles Sandier, Jean-Paul Sartre, René Schérer, Philippe Sollers, Gérard Soulier, Victoria Therame, Marie Thonon, Catherine Valabrgue, Gérard Valls, Hélène Védrines, Jean-Marie Vincent, Jean-Michel Wilheim.

    la morale : Benoît XVI fait le ménage dans son Eglise, et il est jeté aux chiens. Nous devrions peut-être, dans ce grand élan de « pureté », faire le ménage chez nous ?

  • gringo4c
    gringo4c
    Nuance de gris
    • Posté à 23h45 le 04/04/2010
    • Internaute
      Nuance de gris

    Bien que la comparaison avec l'antisémitisme soit ridicule, on ne pas nier que l'église catholique est victime d'une chasse aux sorcières depuis un petit moment et cela ne date pas de cette histoire de pédophiles...

    Comme de coutume des médias on à l'habituel marronnier des préservatifs, l'éternel marronnier des femmes prêtres, les histoires d'argent sale et maintenant, le nouveau marronnier de la béatification de Pie XII.

    J'ai beau essayer de me rappeler, mais je ne vois pas là dernière fois ou le Vatican, le Pape ou l'église catholique en général ont eu des articles positifs.

    Alors je peux comprendre que cela puisse commencer à porter sur les nerfs du Clergé de se voir régulièrement dépeint comme de la vermine humaine. Sans compter que quand on parle de chrétienté, on est friant d'amalgames, comme celui qui consiste à dire, même sous le ton de l'humour, que tout les prêtres sont pédophiles. Alors que dans les autres religions monothéistes, ce genre de réflexions seraient tout de suite condamnés et rapidement associés à une certaine islamophobie ou judéophobie...

    Faut aussi avoir un peu de recul, la dimension que prend cette histoire est aussi en grande partie dû au médias et leur constant lobby anti-clérical. Loin de moi l'envie de cautionner ou de prétendre que les coupables de pédophilies doivent être relaxés, mais ne succombons pas aussi facilement à la hargne populaire...

  • OsK
    OsK
    • Posté à 03h28 le 05/04/2010

    Bon, dans l'idée, soyons clairs et concis : on ne demande pas à l'église d'être constituée d « parfaits » on lui demande « simplement » de montrer l'exemple. Et quand ses membres font des erreurs, l'église devrait les condamner la première, les rejeter.

    En les protégeant, en les gardant en son sein, c'est elle qui attire les critiques en se fermant et en conservant des pédophiles dans ses rangs, elle s'expose à cette accusation, à ce traitement là… Comme une grande…

  • blitounet
    blitounet
    étudiant
    • Posté à 03h51 le 05/04/2010
    • Internaute
      étudiant

    Votre discours est très joli, mais c'est un discours basé sur des émotions et une foi dans un débat reposant sur des faits.

    Ne croyez pas qu'est attaquée dans cette « affaire » votre foi. Cette affaire ne porte même pas vraiment sur les actes de pédophilie de certains prêtres. Cette affaire ne concerne que le manque de transparence de l'Eglise au sujet de ces actes. Cela fait longtemps malheureusement que des scandales de prêtres pédophiles éclatent un peu partout et il n'y a jamais eu autant de boucan médiatique autour. Les preuves s'accumulent pour dire que non seulement l'institution ecclésiastique a fermé les yeux sur ces actes alors que nombre de haut dignitaires savaient, mais plus grave encore ont tenté de cacher aux yeux du public ce genre de pratique, empêchant ainsi la justice de faire son travail.

    L'histoire nous montre que quand l'Eglise accepte de reconnaître ses torts (avouez que ce n'est pas toujours le cas), cela ne se produit que généralement des décennies après qu'ils se soient déroulés, et les évènements actuels tendent à le prouver.

    A mon sens, le Pape pourrait d'une seule phrase arrêter tout ce raffut en reconnaissant ses torts et ceux de l'institution sur ce sujet, et en demandant le pardon pour ses erreurs. Mais bien qu'un tel mouvement serait le meilleur que puisse faire un catholique vis-à-vis de lui-même et de Dieu (bien que je me considère comme iconoclaste j'ai reçu une éducation catholique tout au long de ma scolarité), l'histoire nous montre encore que cela n'arrivera pas car l'Eglise se comporte, ou plutôt s'est toujours comportée, non pas en organisation chrétienne à son plus haut niveau, mais en organisation politique réfléchissant en termes de sphères d'influence.

    Pour finir, ne vous inquiétez pas pour le Pape, de une son statut de chef d'Etat lui confère l'immunité diplomatique, et de deux les médias se lasseront bien assez tôt comme toujours.

  • Corbeyran de Saint-Fiacre
    • Posté à 08h41 le 05/04/2010

    Je suis homo, en couple depuis 22 ans, mon mec et moi n'avons pas pu assister aux baptêmes de nos neveux parce que nous sommes homosexuels, on nous a répondu que nous n'étions pas les élus de Dieu. C'était il y a vingt ans, j'ai décidé de ne plus jamais assister à un office religieux et doucement la foi s'en est allée, mais sans lien avec ce « boycott » forcé. L'Eglise pense que nous ne sommes pas dignes d'être reçus en son sein mais nous, nous avons enfin compris qu'elle n'était pas digne d'accueillir les homosexuels.
    l'Eglise réclame de l'indulgence mais sait-elle en faire preuve, sait-elle aimer, combien de messages de haine absolue envoie-t-elle aux homosexuels ? Combien de suicides d'homosexuels a-t-elle sur la conscience ? Quid des déclarations de l'évêque de Strasbourg qui comparait les homos à des animaux dans les années 80, de ce prélat très en cours à Rome qui affirmait encore il y a quelques mois que les homos ne pouvaient aller en Paradis, et de ces assimilations systématiques de l'amélioration de notre condition dans le monde à la décadence ou la perte des valeurs ?
    Les croyants valent souvent mieux que les ensoutanés, je sais que beaucoup sont blessés dans leur foi mais c'est aussi pour eux une nouvelle occasion de comprendre qu'ils avaient confié leurs âmes à des créatures nuisibles, bouffies de haine, aussi éloignées de Dieu que Steevie Boulay de l'intelligence.
    On ne peut pas se voiler la face, quand on est catholique pratiquant on est, qu'on le veuille ou non, solidairement responsable de ce que l'Eglise fait de pire. Ou alors on se lève pour demander un changement de cap.
    Je n'aime pas tirer sur une religion en particulier, je pense toujours que l'espace libéré par l'une est automatiquement récupéré par une autre, je nourris donc une même détestation pour toutes les Eglises.
    En me relisant je réalise que j'écris que j'ai perdu la foi pour m'en convaincre, mais ce n'est pas totalement vrai, je souhaite encore qu'un Dieu de justice existe et je prie parfois pour que ce ne soit pas ceux qu'on croit qui se retrouvent en grillades dans les cuisines de Satan.