Tribune 25/03/2010 à 21h54

Biberons au BPA : à quand des expertises indépendantes ?

Gérard Bapt | Député et membre de la commission d'enquête sur la grippe A


Un bébé et son biberon (Northpolemama/Flickr)

La suspension de la commercialisation des biberons contenant du bisphénol A, adoptée mardi 24 mars en première lecture par le Sénat, constitue une avancée indéniable pour le principe de précaution, qui a valeur constitutionnelle.
Par ce vote à l’unanimité, le Sénat confirme la justesse des initiatives prises par des communes :

  • certaines comme Paris ont retiré ces mêmes biberons de leurs crèches municipales.

Ce vote oblige le gouvernement à sortir de l’attentisme dans lequel il s’est toujours muré jusqu’à aujourd’hui. Mais on peut regretter que cette suspension ne soit que temporaire (elle est suspendue à la publication de prochains avis par les agences d’expertise sanitaire) et qu’elle ne concerne que les biberons, et pas l’ensemble des contenants alimentaires.

Des risques accrus de cancer

Par ailleurs, en tant que député, je veillerai à ce que le texte voté au Sénat soit rapidement inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Car nous n’avons plus le temps d’attendre.

L’examen de la littérature scientifique internationale montre en effet que des dizaines d’études font état d’effets du bisphénol A à des doses très inférieures à la dose journalière admissible (DJA), arbitrairement fixée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et l’European Food Safety Agency (Efsa) à 50 microgrammes/kg/jour.

Même à des doses inférieures à ce seuil, l’exposition au bisphénol A serait impliquée dans la multiplication de pathologies telles que le diabète, l’obésité, les troubles de la fertilité, du comportement, ou encore les cancers du sein et de la prostate.

Ces données existent et sont largement disponibles. Il est donc choquant et incompréhensible que l’Afssa continue à les ignorer, y compris dans ses deux derniers avis (celui du 2 mars et celui du 23 mars).

Absence de risques selon le lobby du plastique

Dans ce dernier, opportunément publié la veille du vote du Sénat, l’agence précise qu’elle « travaille en collaboration avec les équipes de recherche en France, avec les fédérations agroalimentaires et de l’emballage » et affirme :

« Les études de toxicité du bisphénol A [...] n’ont jusqu’à ce jour pas objectivé de risque pour la santé aux doses auxquelles le consommateur est exposé. »

Les avis de l’Afssa sur le Bisphénol A, ne prenant en compte qu’une partie de la littérature scientifique, sont par nature biaisés.

Il est d’ailleurs significatif de remarquer que Plastics Europe, le puissant lobby de l’industrie européenne du plastique, s’appuie sur ces avis pour critiquer la décision du Sénat français : les évaluations des agences ont conclu « à l’absence de risque pour le consommateur dans les conditions d’emploi », dit le communiqué de Plastics Europe, reprenant mot pour mot les termes de l’Afssa.

Crainte pour l’indépendance des experts

L’appui constant de l’industrie aux avis de l’Afssa ne se démentant pas depuis des années, la question de la crédibilité de son expertise est clairement posée. Particulièrement dans le contexte de sa fusion avec l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), qui suscite des craintes pour l’indépendance de l’expertise parmi les syndicats, les associations environnementales et les associations de consommateurs.

L’application du principe de précaution par la future agence sanitaire dans les domaines de l’alimentation, de l’environnement et du travail, sera-t-elle basée sur les préoccupations de l’industrie ou sur la rigueur scientifique ?

Telle est la question que suscite la récupération des avis de l’Afssa sur le bisphénol A par les industriels du plastique.

  • 5487 visites
  • 22 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • taner
    taner
    Etudiant
    • Posté à 11h13 le 26/03/2010
    • Internaute 49686
      Etudiant

    Lien

    Le BPA entre surtout dans la composition du polycarbonate (65% des usages) et du polyepoxy (35%).

    Lien

    Donc c’est une substance présente dans de nombreux plastiques alimentaires, bien au delà des biberons. D’où les pressions de l’industrie sur les agences d’expertise, car ça représente quand même une sacrée manne financière

    • ysengrimus
      ysengrimus répond à taner
      • Posté à 11h42 le 27/03/2010
      • Internaute 12674

      Et, encore une fois, sur une écolo-question : dangereux, oui, non ? Boycottons oui, non ? L’expertise : valide ? bidon ? Symptôme purulent de ce libéralisme concurrentiel vert, le phénomène fort irritant de la promotion cyclique...Les consignes écolo-environnementales se mordent la queue sans fin

      Lien

      C’est pestant et hautement révélateur.
      Paul Laurendeau

  • Tom_Verlaine
    Tom_Verlaine
    Dubitatiste
    • Posté à 11h26 le 26/03/2010
    • Internaute 95906
      Dubitatiste

    Il est clair qu’on ne peut que douter de l’indépendance de cette agence devant la puissance (maléfique) des lobbys industriels. Cela fait froid dans le dos car on se demande qui peut désormais protéger les consommateurs. Le même raisonnement peut s’appliquer dans beaucoup de cas (cf. acides gras trans) où l’afssa n’a rien fait ou alors simplement émis quelques recommandations (sans aucun effet évidemment).

    La santé des consommateurs est négligeable par rapport par rapport aux intérêts financiers de nos chers industriels.
    Il ne reste plus qu’à essayer de s’informer un maximum et à adapter notre consommation en fonction quand on peut le faire.

  • naturopath
    • Posté à 11h55 le 26/03/2010
    • Internaute 104898

    Marre des études « scientifiques » menés par les lobbys sur des cellules en laboratoire qui ne prennent pas compte de la réalité complexe du corps humain et qui préconisent des seuils « non-dangereux » sans recouper avec d’autres substances toutes aussi « non dangereuses » mais qui, couplées ensemble, font des supermarchés des succursales des pompes funèbres ! ! !

    Marre des empoisonneurs ! ! !

  • Corti
    Corti
    Onaniste Otaku
    • Posté à 12h34 le 26/03/2010
    • Internaute 46986
      Onaniste Otaku

    >L’appui constant de l’industrie aux avis de l’Afssa ne se démentant pas depuis des années, la question de la crédibilité de son expertise est clairement posée.

    C’est quoi ce raccourci facile ? O_o
    ’tendez, je la retourne, vous allez comprendre.

    >L’appui constant des associations environnementales et des associations de consommateurs aux avis de l’Afssa ne se démentant pas depuis des années, la question de la crédibilité de son expertise est clairement posée.

    C’est évident que les personnes à qui l’Afssa donne raison vont soutenir l’avis de cette dernière et les autres le contester.

    • taner
      taner répond à Corti
      Etudiant
      • Posté à 14h06 le 26/03/2010
      • Internaute 49686
        Etudiant

      Sauf que les associations environnementales et les associations de consommateurs ne cessent de remettre en cause les avis de l’Afssa, justement parce que ceux ci donnent le plus souvent raison aux industriels (en tout cas pour le dossier du bisphénol).

      CQFD.

      • damienl
        damienl répond à taner
        Chercheur
        • Posté à 20h29 le 26/03/2010
        • Expert 101560
          Chercheur

        Enfin, lorsque l’on n’est pas d’accord avec la défaite de son équipe, on traite aussi l’arbitre de vendu. Pourquoi estimer que les associations de défense de l’environnement (dont la raison d’être est de trouver des combats et des dangers) seraient plus objectives et crédibles que les industriels ? Les deux camps ont intérêt à ce que l’Afssa prenne une décision en leur faveur.

        La véritable question est de savoir si le processus utilisé est adéquat ou non. Il va de soi que l’Afssa va rejeter certaines études et en accepter d’autres. Toutes les études n’ont pas la même validité scientifique et c’est souvent le propre des défenseurs des pseudo-sciences d’accuser ceux qui suivent une méthodologie rigoureuse t scientifique de rejeter indument des études dont la qualité était sujette à caution. Je suppose que c’est à cela que l’auteur fait référence lorsqu’il parle d’un supposé biais dans la procédure d’évaluation.

        Le principe vaut dans toutes les disciplines. Si je fait une revue de la littérature, je ne suis pas tenu de donner un poids égal à toutes les études. Si l’on doit mentionner les critères ayant permis de trouver les publications (ex : tel mots clefs dans PubMed), il est permis et nécessaire de faire un tri lorsqu’il s’agit de synthétiser les résultats. Si des études ne sont pas de bonne qualité et contiennent des erreurs méthodologiques importantes, il convient de les utiliser avec précaution (voire de rejetter leurs résultats sujets à caution).

         
        • spartak
          spartak répond à damienl
          (comité libertaire lyophilisé)
          • Posté à 22h23 le 26/03/2010
          • Internaute 84113
            (comité libertaire lyophilisé)

          « Si je fait une revue de la littérature », je commence par conjuguer correctement le verbe faire à la 1ère personne du singulier.
          Pour le reste je suis assez d’accord : si on a décidé du résultat d’une étude ou d’une recherche avant de commencer, on finit toujours par le trouver, science dure ou science molle, peu importe.

          (je ne fais pas partie des pinailleurs grammaticaux, mais là c’était trop beau, il ne faut pas m’en vouloir...)
          (...en plus ma réponse vous empêche de corriger... hi, hi, hi)

        • MoonShadow
          MoonShadow répond à damienl
          tétanisé
          • Posté à 23h27 le 26/03/2010
          • Internaute 103778
            tétanisé

          Je ne suis pas sur de vous comprendre...

          En quoi les associations de défense de l’environnement auraient intérêt à ce que la décision de l’Afssa tourne en leur faveur ? Elles ne sont pas un « camp » contre les industriels, elles sont justes là pour pointer du doigt certains dangers : « Attention il y a un risque ici ! “

          Que les expertises tournent en leur faveur ou pas , ce n’est pas l’important, ce qui l’est c’est que les études soient faites, et que les décisions adéquates soient prises par la suite.

          Les associations écologiques n’ont pas d’intérêt à ‘trouver des dangers’, mais à faire en sorte qu’il y en ai le moins possible. Je ne suis pas certains qu’elles profitent de cette opportunité pour lancer une attaque sur les industries du plastique ( bien que ça pourrait aisément les démanger), mais plutôt qu’elles font simplement leur travail en pointant du doigt un danger.

        • taner
          taner répond à damienl
          Etudiant
          • Posté à 13h22 le 28/03/2010
          • Internaute 49686
            Etudiant

          Je plussoie Moonshadow, ton raisonnement ne tient pas debout.

          « Pourquoi estimer que les associations de défense de l’environnement (dont la raison d’être est de trouver des combats et des dangers) seraient plus objectives et crédibles que les industriels ? Les deux camps ont intérêt à ce que l’Afssa prenne une décision en leur faveur. »

          => Peut-être parce que les associations environnementales n’ont aucun gain financier à attendre d’une décision favorable de l’Afssa, tandis que les industriels peuvent craindre de perdre des marchés juteux, de ternir leur image, bref, de perdre de l’ARGENT. Donc on peut estimer que cette pression fait qu’ils sont mois « objectifs » et « crédibles » que les associatifs.

          « Il va de soi que l’Afssa va rejeter certaines études et en accepter d’autres. Toutes les études n’ont pas la même validité scientifique et c’est souvent le propre des défenseurs des pseudo-sciences d’accuser ceux qui suivent une méthodologie rigoureuse t scientifique de rejeter indument des études dont la qualité était sujette à caution. »

          => Donc il va de soi que l’Afssa rejette les études indépendantes (menées par des chercheurs n’entretenant pas de liens avec l’industrie) qui dénoncent l’effet du BPA, même à des doses inférieures à la DJA, et son implication dans des cancers, etc, et qu’elle accorde du crédit aux données fournies par les industriels ou par les chercheurs qui leur mangent dans la main ? Quant à la méthodologie « rigoureuse et scientifique », renseigne toi un peu sur les pratiques des industriels (aussi bien dans la chimie plastique que dans l’agroalimentaire, le médicament, le tabac ou l’alcool) et tu verras qu’ils ne sont pas les derniers pour bafouer la « rigueur scientifique » quand elle s’oppose à leur intérêts.
          Bref, pour l’Afssa qui se veut « un arbitre », ça fait quand même beaucoup de partis pris.

          « Si des études ne sont pas de bonne qualité et contiennent des erreurs méthodologiques importantes, il convient de les utiliser avec précaution (voire de rejetter leurs résultats sujets à caution). »

          => Je suis d’accord avec toi, mais quand le rejet ne va que dans un sens, et depuis des années, on peut légitimement se poser des questions. Pour le BPA, il suffit de se renseigner sur les dernières publications internationales pour constater que les seules études qui retiennent l’attention de l’Afssa sont celles, minoritaires dans la littérature scientifique, qui minimisent les effets du BPA, tandis que la majorité d’entre elles, critiques envers le BPA, sont écartées. Et ces études ne sortent pas du cerveau fumeux d’intégristes de l’écologie, mais de chercheurs qui publient dans des revues scientifiques universitaires, très sérieuses et très crédibles.

          Salutations riveraines.

        3 autres commentaires
      • Corti
        Corti répond à taner
        Onaniste Otaku
        • Posté à 23h33 le 26/03/2010
        • Internaute 46986
          Onaniste Otaku

        Oui, mais le maire le dit de lui-même :
        « ’l’exposition au bisphénol A serait impliquée “

        Du conditionnel, ce qui se traduit par : c’est possible, mais c’est pas sûr. Ce qui est malheureusement le cas pour à peu près 90% des produits que doit étudier l’Afssa. Donc, elle fait comme d’habitude, elle étudie les données et en tire ses conclusions. Ces dernières ne sont pas forcément bonnes, mais de là à l’accuser de collusion avec les industriels, cela me paraît un raccourci un peu limite et c’est clairement sous-entendu.

        Car si c’est le cas, cela signifie qu’il faudrait revoir toutes les procédures, y compris celles qui sont favorables aux associations environnementales et de consommateurs. Ca ne me dérangerait pas, mais je ne suis pas non plus certain que le perdant sera celui que l’on croit.

  • ZhongArt
    ZhongArt
    art de Chine sur ZhongArt.com
    • Posté à 13h10 le 26/03/2010
    • Internaute 93124
      art de Chine sur ZhongArt.com

    C’est non seulement le BPA qu’il faut supprimer mais également les phtalates dans tous les contenants et ustensiles alimentaires. Mais il faudrait également supprimer les paraben des produits de soin des enfants, et aussi des adultes (notamment les produits cosmétiques appliqués quotidiennement).

    • flo13006
      flo13006 répond à ZhongArt
      marin
      • Posté à 15h06 le 26/03/2010
      • Internaute 83015
        marin

      pourquoi ne pas simplement chercher à supprimer le plastique de notre vie quotidienne ?
      On parles des phtalates, des BPA mais on oublie la pollution (macro et micro déchets) qui découle de l’utilisation des plastiques.
      Ces micro-déchets finissent un jour ou l’autre dans notre assiette... Mais peut-être que ça n’est pas dangereux pour la santé ? ? ?

      • ZhongArt
        ZhongArt répond à flo13006
        art de Chine sur ZhongArt.com
        • Posté à 17h15 le 26/03/2010
        • Internaute 93124
          art de Chine sur ZhongArt.com

        Certes on peut supprimer le plastique... Mais c’est un vœux pieux tellement il est présent dans nos vies. D’autant qu’il nécessite très peu de matière et d’énergie pour être fabriqué contrairement aux métaux, par exemple. Les problèmes qu’il nous pose sont son usage immodéré, ses adjuvants polluants, mutagènes, cancérigènes, son indissolubilité, son recyclage (possible mais demandant discipline).

  • numeroSeptduvillage
    numeroSeptduvillage
    media-citoyenne et ecologeek
    • Posté à 15h26 le 26/03/2010
    • Internaute 83942
      media-citoyenne et ecologeek

    Il était temps !
    Ca fait des décennies que des milliers de gens sur des associations se battent ; les gouvernements réagissent criminalement tard alors que les études sont publiques.
    A quand des actions plus rapides !

    Exemple aussi avec la publication récente des études sur les cabines de bronzage qui sont cancérigènes. Ca y est l’étude est là, publié ! Mais que font les polichinelles qui occupent le gouvernement ? rien ! Donc comme d’habitude, rendez-vous dans 20 ans quand ces personnes porteront plaintes contre Bachelot pour n’avoir pas appliqué des mesures maintenant.

    moi je dis c’est trop facile de balancer des saloperies sur le marché et de se faire du fric. Par contre, côté responsabilité, là y a pas grand monde.

    • Lurker
      Lurker répond à numeroSeptduvillage
      Neant
      • Posté à 15h42 le 26/03/2010
      • Internaute 43564
        Neant

      moi je dis c’est trop facile de balancer des saloperies sur le marché et de se faire du fric. Par contre, côté responsabilité, là y a pas grand monde.

      C’est facile, et c’est le marché qui veut ça. Pour ce qui est des responsabilité, c’est le travail du législateur. Où l’on démontre que la corruption prend bien d’autres formes que celles dont Transparency International se faire la grande pourfendrice. Pourquoi le legislateur ne fait il rien ? Voila la question, a laquelle vous n’aurez comme réponse que « c’est compliqué » (pourquoi ?) ou « et l’emploi ? » (une considération bassement électorale). Recours pour le peuple ? Rien, le législateur EST le peuple. Joli système, non ?
      Pourquoi l’auteur de cet article parle-t-il du lobby du plastique, sans dire en quoi ce lobby à le moindre poids dans la législation ? Pourquoi l’Afssa écoute elle ce lobby ? Derrière cette « affaire », il y’en a des centaines d’autres. Les lobbyistes devraient être purement et simplement interdit. Pourquoi ce député n’en parle-t-il pas ? Tout cela n’est en rien une fatalité, il y’a juste des interets, et les politiques laissent faire.

      • Tom_Verlaine
        Tom_Verlaine répond à Lurker
        Dubitatiste
        • Posté à 16h10 le 26/03/2010
        • Internaute 95906
          Dubitatiste

        parce que les lobbyistes se confondent avec le pouvoir pour ne faire qu’un ; il n’y a qu’à entendre les paroles du ministre de l’agriculture lors du dernier salon de l’agriculture qualifiant le « mouvement anti-viande » d’inacceptable. Ce mouvement est tout à fait légitime et appelle juste à une consommation modérée et plus réfléchie.

      • taner
        taner répond à Lurker
        Etudiant
        • Posté à 17h07 le 26/03/2010
        • Internaute 49686
          Etudiant

        Il me semble que l’article dénonce justement la collusion entre lobbys industriels et agences d’expertise sanitaire que vous dénoncez aussi.

        Après pour ce qui est du lobbying en général, l’interdiction ne résout rien, ça revient à se mettre la tête dans le sable et à refuser de traiter le problème. Même en étant interdit, le lobbying existerait toujours parce que c’est plus subtil que de la corruption bête et méchante, ça frôle toujours la ligne jaune sans jamais vraiment la dépasser (ou alors il y a des sanctions pénales, comme pour les cigarettiers aux US à une époque). Les pratiques de lobbying sont multiples et variées, et même la définition du lobbying est floue et équivoque. Il vaudrait peut-être mieux de prendre le problème en sens inverse et obliger les lobbyistes à être totalement transparents, à ne pas se cacher derrière des postures neutres ou objectives, et à clairement déclarer pour qui ils travaillent, auprès de qui et par quels moyens. Là on y verrait clair, et l’opinion publique trancherait.

        Mais vraiment, décréter du jour au lendemain : « le lobbying est interdit » reviendrait surtout à donner un grand coup d’épée dans l’eau.

    • damienl
      damienl répond à numeroSeptduvillage
      Chercheur
      • Posté à 20h39 le 26/03/2010
      • Expert 101560
        Chercheur

      Et où se situe la responsabilité individuelle ? Il me semble logique de se dire que ce n’est peut-être pas très bon de faire du banc solaire, comme de trop s’exposer au soleil « naturel ». Même avant ces études, l’OMS indiquait déjà qu’il y avait un risque de cancer (le risque est simplement avéré maintenant).

      Si l’on pense que les gens ne sont pas assez informés, que l’on mette en grand à l’entrée des cabines que cela peut entrainer une augmentation de 75% du risque relatif de développer un mélanome. Après, c’est aussi aux gens de prendre leur responsabilité.

      Sinon, je trouve que les médias ont été de nouveau irresponsables avec cette histoire de cabines de bronzage. On trouvait des titres dans la presse (chez AP notamment) indiquant que les cabines étaient « aussi dangereuse que l’arsenic et le gas moutarde ». Lorsqu’on lit une ineptie pareille (elles sont dans la même catégorie – les cancérigènes – que le tabac, l’arsenic, le gas moutarde, etc., cela ne veut pas dire que c’est « aussi dangereux »), on s’étonne guère que la presse a mauvaise réputation lorsque l’on parle de science.

  • nedi
    nedi
    éducatrice
    • Posté à 16h14 le 26/03/2010
    • Internaute 103247
      éducatrice

    maman d’une petit fille de 6 mois lors du reportage sur les bib Bpa sur France 2 (2008 je crois) j’avais été dès le lendemain à la pharmacie pour avoir un avis. La personne n’avait pas l’air inquiète disant que l’oms n’avait émis aucune contre-indication et que le Canada et les USA étaient trop stricts. En ce qui ce qui me concerne, le reportage m’a tellement traumatisé (de mémoire il y avait des scientifiques très alarmistes) que j’ai jeté tous mes bib et boîtes alimentaires en pb et je me suis tourné vers d’autres marques vendues en pharmacie !
    Le danger serait présent dès lors que l’on met de la nourriture chaude ou que l’on chauffe dans un récipient en pb. Regardez par curiosité dans les marques bon marché des grandes surfaces, il n’y a que ça ! ! !

  • spartak
    spartak
    (comité libertaire lyophilisé)
    • Posté à 22h18 le 26/03/2010
    • Internaute 84113
      (comité libertaire lyophilisé)

    Ah, « BPA », j’avais lu trop vite et compris « NPA », du coup je croyais que c’était le tribunicien Serraf qui avait pondu une charge contre les assistantes maternelles d’extrême-gauche qui procèdent à des lavages totalitaires des cerveaux d’enfants.

  • Poppy00
    Poppy00
    fraternaliste éclairante
    • Posté à 13h28 le 27/03/2010
    • Internaute 109915
      fraternaliste éclairante

    Nous sommes dans une société capitaliste qui choisit délibérément de donner l’avantage aux entreprises avant le bien être de la population. L’Afssa est souvent biaisée parce que les études sur lesquelles elle se bases ont été faites par les industriels qui produisent le produit en question. Il n’y a cas voir le cas Monsento et les OGM... L’afssa n’avait comme étude que des document fournis pas Monsento...
    Pour être allée dans le quartier du parlement européen à Bruxelles, je sais que les bâtiment tout autour sont pleins de conseillé de tel ou tel lobby. Le tabac, les industrie pétrolières, chimiques, d’armement et j’en passe... Elles sont toutes là, à pouvoir contacter les parlementaires librement. Attention je ne parle pas d’acte hors la loi, simplement les lobby ont les moyens d’atteindre ces gens là, plus facilement que les organisations de défenses des consommateurs...

    Alors face à ce système biaisé de l’intérieur, la meilleure arme c’est l’éducation. Savoir que les plastiques dur ne doivent pas être chauffer par exemple. Préférer les biberons en verre pour nos tout petis qui sont plus fragiles que nous devant ce genre de particules. Et faire des choix pour soi, comme n’acheter que des cosmétiques sans paraben, phénoxyéthanol, au mieux avec des colorants et des conservateurs naturels. La preuve que le consommateur peut faire évoluer les choses, c’est que sur les paraben, les grandes marques font aujourd’hui des produits sans...

    Cette éducation elle en devrait pas venir de nous, mais de l’état. car c’est lui qui doit prendre soin de la population au lieu de faire le jeu des entreprise. C’est là pour moi, que le bas blesse. L’état n’est malheureusement pas du bon côté... Sans compter qu’il détruit un système fait pour nous protéger...

    Sur ces constats je vous souhaite tout de même un bon weekend.
    XOXO

    PS : ne réchauffer pas le reste de pâtes dans le Tup....... au micro-onde !