Tribune 25/03/2010 à 12h25

Attention invasion : les délocalisateurs de services arrivent

Mademoiselle Dusk | Cadre du CAC40

Les images d’ouvriers brûlant des pneus devant leur usine ont fait le tour des JT français. Pourtant il est désormais de notoriété publique que tous les produits manufacturés le sont en Chine, l’opinion s’est parfaitement habituée à cet état de fait. Ce qui est moins connu, c’est que la production de nombreux services dits « à valeur ajoutée » peut aussi désormais être sous-traitée « offshore », c’est-à-dire dans des pays à bas coûts, le plus souvent en Inde. Il s’agit souvent de services informatiques, mais pas seulement.

Les entreprises qui évoluent dans des secteurs très concurrentiels ont vite vu l’avantage qu’il y avait à sous-traiter un certain nombre d’opérations à des sociétés spécialisées dans ce que l’on appelle l’ « outsourcing offshore », et cette pratique se répand désormais de plus en plus largement.

Ces sous-traitants, qui ont pour nom Accenture, IBM, Fujitsu, Capgemini, Wipro, ou plus exotique, Tata, ne sont pas encore très connus du grand public.

Pour le moment.


- Ha ben ces pôv zouvriers qui brûlent des pneus devant leur usine, quelle misère quand même ! Tout est fait en Chine de nos jours. Déjà je trouve ça étonnant qu’il y ait encore des usines de pneus en France. Tu savais qu’il y avait encore des usines de pneus en France, toi, Jean-Paul ? Pfiouu. Quelle idée de rester à fabriquer des pneus ! C’est fini toutes ces activités industrielles de toutes façons, le futur c’est les services, la matière grise. L’informatique, tiens, ça c’est le futur, pas les pneus. D’ailleurs mon fils Kevin il fait des études d’informatique, ça c’est du sérieux.

- Unilever sous-traite sa hot-line informatique à IBM pour 50 millions.

- Ah bon ? Humm... Oui, mais ces Américains c’est des fous, faire faire la hot-line informatique par des Indiens, c’est ridicule ! T’imagines l’accent des gars ? Y a pas ça en Europe, en Europe l’informatique c’est un travail sûr.

- Wipro sous-traitera à la banque Barclays la maintenance de ses applications informatiques sur les 10 années à venir.

- Ah bon ? Humm... Ah ben ce qu’il y a c’est que la maintenance, dans l’informatique, c’est pas du haut-de-gamme, comme métier. Non, ce qui est noble, c’est le développement, la programmation. Ça c’est du solide, du travail d’ingénieur informaticien. La maintenance c’est du boulot d’Arabe.... Ou d’Indien hihi ! Ça d’accord.

- Telefonica Espagne annonce la sous-traitance à Fujitsu du développement de ses applications informatiques.

- Ah bon ? Humm... Les Anglais, les Espagnols, d’accord, mais pas en France ! En France on parle français d’abord. Regarde mon copain Jean-Claude qu’est à la BNP, c’est pas comme ces fous d’Anglais de la Barclays. En France on fait les choses en France.

- La plateforme de traitement du crédit immobilier de BNP-Paribas sera à terme reprise par la filiale marocaine de Capgemini Outsourcing Services.

- Ah bon ? Humm... Ah oui c’est vrai qu’au Maroc ils parlent français, et puis faire un dossier pour un crédit immobilier ça doit pas être très compliqué, y’a juste quelques papiers à remplir. Mais y’a aussi des fonctions plus sérieuses, comme la compta par exemple, comme ton cousin Jean-Yves.

- Le laboratoire Baxter annonce l’externalisation du traitement de sa comptabilité fournisseur chez BT Global Services.

- Ah bon ? Humm... C’est vrai que la compta c’est un peu dépassé comme métier. Et pis c’est chiant faut dire ce qui est, d’ailleurs ton cousin Jean-Yves il est chiant. Mais... les achats ? Tiens, les achats, ça c’est un métier important pour les boîtes, hein Jean-Paul ? Ma fille, Océane, je lui ai dit ça, que les achats c’était un bon métier, bien solide.

- Posten Norge (La Poste Norvégienne) contracte avec Capgemini pour la sous-traitance de la gestion de ses achats.

- Ah bon ? Humm... Les achats aussi ? Bon, ce qu’il y a, c’est que tout ça, ça concerne des entreprises de secteurs ou y’a beaucoup de concurrence. C’est pas vrai dans des secteurs plus traditionnels, je sais pas moi, l’énergie, l’eau des trucs comme ça ! T’es d’accord avec moi Jean-Paul, non ? La flotte c’est du solide, non ?

- Hydro One Québec annonce un accord avec BT Global Services pour la gestion de son parc d’applications informatiques.

- Ah bon ? Humm... La flotte aussi ? Ben dis dons, mon Jean-Paul, heureusement qu’on travaille dans le public, dis-donc !

- Capgemini reprend la gestion de la totalité des données du Trésor Public britannique pour 10 ans.

- Ah bon ? Le Trésor public, carrément ? Humm... Ha mais ça c’est à cause de Thatcher, les anglais ils sont comme ça, à fond dans la privatisation, c’est pas pareil chez nous, chez nous le public c’est bien protégé.

- Aux Pays-Bas, les ministères des Affaires sociales et des Finances annoncent un accord avec la société indienne Infosys.

- Ah bon ? Humm... Dis donc Jean-Paul, heureusement qu’on travaille tous les deux en France, et au ministère de la Défense, en plus, hein ! On est bien à l’abri ! Là ces indiens ils vont pas venir nous chercher, on est bien au chaud.

- Accenture en compétition avec Capgemini et Atos sur un appel d’offre lancé par le ministère de la Défense français, pour la reprise de la gestion de son infrastructure informatique.

- Ah bon ? Ils viennent aussi chez nous, au ministère ? Humm ...c’est embêtant, ça. Enfin, au ministère, on a quand même un bon CE, ils font 30% de réduction sur les tickets pour Disneyland et ça, c’est chouette, hein Jean-Paul ?

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  • naofan
    naofan
    j'aimerais bien le savoir
    • Posté à 13h04 le 25/03/2010
    • Internaute 77535
      j'aimerais bien le savoir

    « Ah bon ? Humm… Oui, mais ces Américains c’est des fous, faire faire la hot-line informatique par des Indiens, c’est ridicule ! “

    L’inde (entre autre) dispose de cité immersive (non virtuelle) pour la formation des intervenants des call center HQ (rarement pour ceux de premier niveau quoi que cela ait été signalé au niveau de demande par des banques et assurances).

    Les personnes qui en sortent n’ont pas d’accent, sauf peut être celui de votre région d’origine a 50 Km de chez vous et sauraient quoi vous répondre si vous leur parliez du club de sport de votre région entre deux questions sur votre demande pro.

    Ce concept est directement issue de la guerre froide.

    Il est à noter qu’après avoir parfaitement réussis dans le domaine informatique, l’assistance et suivit distant par téléphonie, et j’en passe, elle a lancé il y a quelques temps un nouveau programme. Le but sera de devenir le futur ‘hopital’ du monde notamment dans les problèmes de transplantation ansi que le ‘rajeunissement à tout prix’.

    Comme quoi cela ne touche pas que le ‘service’.

    Maintenant il existe aussi des répliques et faire coder ou du support en inde, en Ukraine ou en Roumanie n’est pas toujours le plus intéressant. Apres tout il y a aussi de la main d’oevure corveable sur place :)

    Dans la production de code, les solutions comme rentacoder et autres plateformes du nouveau marché aux esclaves fournissent une bonne ressource. Même si ce genre de plateforme est plus utilisée de manière ponctuel par les entreprises qui ont pris les marchés d’externalisation.

    En support et assistance, l’utilisation d’immersion virtuelle est plus récente mais commence à bien fonctionner bien qu’étant encore un peu exploratoire. Elle pourrait même servir de base à une relocalisation si elle est couplée avec du télétravail mais la culture
    d’entreprise française y semble fortement réfractaire.

  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 13h14 le 25/03/2010
    • Internaute 84604
      fumiste

    L’externalisation (pour parler français) des services généraux n’est pas une nouveauté, qu’elle se fasse vers des pays d’autres continents pas plus. Elle se développe et s’étend à des fonctions de l’entreprise qui n’en faisaient pas l’objet et n’étaient pas considérées comme externalisables jusque là.

    Parenthèse, offshore ne veut pas dire bas coût, mais éloigné du lieu principal d’activité par analogie avec des activités plus « physiques ».

    Concernant la valeur ajoutée, juste un rappel : très très grossièrement la valeur ajoutée est la différence entre votre chiffre d’affaires et vos achats de toute nature

    Après tout est histoire d’arbitrage de coûts, à priori externaliser diminue mécaniquement la valeur ajoutée, mais en fait la valeur ajoutée n’a d’importance qu’économique, une entreprise sans VA n’a aucune raison d’exister.

    L’erreur d’analyse que font les néophyte est de considérer la gestion d’une entreprise sur ces bases comptables. Or rien de plus faux, une entreprise se gère sur le même critère que l’épicerie du coin, si le soir la caisse est pleine alors la journée a été bonne.

    Toute la différence et la difficulté tient uniquement à la maîtrise des mécanismes pour remplir la caisse. Mais au final ce qui compte est la différence entre ce que vous encaissez et vous décaissez, en clair ce qui reste dans votre poche (le cash-flow)

  • spin590
    • Posté à 13h16 le 25/03/2010
    • Internaute 12856

    Comme dit madame MEDEF, cela sera comme ça tant qu’en France nous ne traiterons pas nos salariés comme dans ces pays.
    C’est un choix de société.
    Il faut transférer nos services publiques, vers le privé
    Il faut minimiser les retraites par répartirion pour transférer vers des retraites par capitalisation gérées par des financement privés
    Il faut minimiser les remboursements de santé pour laisser la place à des assurances privées
    Il faut rentabiliser les hopitaux publiques de façon à en réduire le nombre et laisser la place aux hopitaux privés
    Voilà ce qui nous attend si nous continuons à « hurler » parceque les fonctionnaires font grève et nous « prennent en otages », alors qu’ils tentent par ces mouvements d’enrayer ces processus.
    Il y a bien là une différence fondamentale entre une politique de « droite » et une politique de « gauche ».
    Ce n’est pas « bonnet blanc et blanc bonnet ». Ce n’est pas non plus « tous pourris ».
    Ce sont des orientations économico-sociales et ceci quelles que soient les personnes qui les ont en charge. Villepin, Sarkosy, Cope, Royale, Hollande, DSK ou Aubry.

    • Keldan
      Keldan répond à spin590
      Now future & karpe diem
      • Posté à 16h01 le 25/03/2010
      • Internaute 5164
        Now future & karpe diem

      Traite donc un programmeur à coups de pied au cul, et tu risques vite de te retrouver avec un service R&D composé uniquement de type ultra mauvais vu qu’ils sont pas capables de trouver du boulot en moins d’une semaine.

  • Merak
    Merak
    pré retraité
    • Posté à 13h34 le 25/03/2010
    • Internaute 59409
      pré retraité

    vu l’efficacité des plateformes « off shore » il me vient une idée immédiate d’externalisation : La politique. Votez Pradesh !

  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 14h04 le 25/03/2010
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    Pour bosser justement dans la maintenance et développement informatique en tant que consultant, cet article me fait beaucoup rire.

    Certes l’externalisation des services informatiques est une des lubies qui a le vent en poupe, mais c’est aussi une des plus débiles qui soient.

    Et quand on voit les résultats sur le terrain, et les vastes cratères fumants que laissent quelques-unes des sociétés vantées dans cet article en lieu et place de la machine brilante et sophistiquée qu’elles avaient vendu, il est clair que le retour de balancier va être violent, très violent.

    Déjà philosophiquement, externaliser des services informatiques internes c’est complètement con.
    Mais alors en plus quand on voit la qualité du code et le résultat, qui s’apparente plus à une énorme arnaque nigérienne sophistiquée qu’à autre chose, là on peut doucement rigoler, parce que 98% de ces projets développés en externe c’est le terminal 2E de Roissy.

    Et votre article n’aborde même pas le fait que justement en off shore informatique commence d’or et déjà le mouvement inverse, et que beaucoup de sociétés de presta informatique relocalisent depuis l’Inde....

    Bref la seule crainte à avoir c’est quand les clients vont massivement se rendre compte de l’ampleur de l’arnaque :
    - payer un expert à CV bidonné 10 ans d’expérience alors qu’il était architecte il y a deux mois pour produire du code de haut niveau ben mieux vallait employer un BTS informatique qui aurait cent fois mieux pour dix fois moins cher
    - perdre toutes les connaissances de l’application et du fonctionnel concerné en interne, remplacé par un espèce de nuages de têtes anonymes arrivées depuis deux mois essayant tant bien que mal de comprendre ce que leurs prédécesseurs ont fait en lisant le code ou en cherchant la documentation associée souvent inexistante. quand en plus l’application concernait le corps de métier de la société alors là...
    - au final jeter à la poubelle trois ans de développement qui n’ont abouti à rien, qui ne ressemblent tellement à rien que même le code n’est pas utilisable

    • Ryuu
      Ryuu répond à Tyb
      Informaticien parisien
      • Posté à 15h40 le 25/03/2010
      • Internaute 28569
        Informaticien parisien

      Je bosse aussi dedans, et je ne peux qu’approuver ce commentaire.
      J’ai bossé avec un centre de service off-shore (indien), et malgré toutes les certifications, CMMI de dernier degré et autres, la qualité du produit fini était au mieux médiocre. Je ne sais pas s’il était représentatif des centres de service offshore mais, honnêtement, je ne tiens pas à renouveller l’expérience...

    • Keldan
      Keldan répond à Tyb
      Now future & karpe diem
      • Posté à 15h56 le 25/03/2010
      • Internaute 5164
        Now future & karpe diem

      Idem, mon patron a tenté l’expérience, il a perdu un joli paquet de pognon, et aujourd’hui on se retrouve à devoir nettoyer les saloperies écrites par des gens qu’on peut même pas insulter vu qu’on les verra jamais : D

      • pablico
        pablico répond à Keldan
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 18h59 le 25/03/2010
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        l’appât du gain facile... est souvent un piège..sinon toujours une arnaque à long terme.

    • smurf
      smurf répond à Tyb
      Toulousain
      • Posté à 21h19 le 25/03/2010
      • Internaute 51105
        Toulousain

      Tout à fait. J’ai vu cela aussi.
      L’économie apparente réalisée sur les salaires ets ensuite perdue 3 ou 4 fois par les retards, les non qualités et le travail qu’il faut refaire (en France) ensuite.
      Il n’y a en plus aucune conservation des compétences.

      Le problème, c’est que souvent un chef est arrivé un jour. Il a fait un calcul rapide. Je fais faire en France, ça me coûte 2 millions d’euros. Je fais faire en Inde, ça me coûte 1 million d’euro.
      Il se fait mousser en présentant ce projet de sous-traitance en Inde qui est accepté.
      Pour le récompenser de cette brillante idée, il monte en grade dans le groupe. Et ce n’est plus lui qui est là pour traiter la mauvaise qualité de l’informatique sous-traitée, les délais, les surcoûts... qui vont finalement dépasser largement les 2 millions d’euros...

      Et, à ceux qui pensent que seuls les activités à très faible valeur ajoutée sont sous-traitées en Inde, ne croyez pas ça. Quand vous prenez l’avion (Airbus ou Boeing), vous croyez peut-être que tout est fait en Europe ou aux Etats-Unis ? Il y a des systèmes fondamentax qui sont (en partie au moins) sous-traités en inde.

  • vdolot
    vdolot
    en sursis au pied des usines
    • Posté à 14h06 le 25/03/2010
    • Internaute 29592
      en sursis au pied des usines

    Aux Armeeessss ! ! ! !

    • Patty
      Patty répond à vdolot
      • Posté à 14h30 le 25/03/2010
      • Internaute 3413

      j’arrête pas de le dire mais je ne vais quand mem pas y aller toute seule ! t’as koi ? moi j’ai juste une 9mm que mon père m’avait acheté pour tirer les lapins de garenne ! mais je sais faire les molotov ! ! et je tire bien au lance-pierre ! faut pas rire, c ce qu’on avait à plogoff et ça a marché ! ! !

      • vdolot
        vdolot répond à Patty
        en sursis au pied des usines
        • Posté à 15h18 le 25/03/2010
        • Internaute 29592
          en sursis au pied des usines

        Heu... moi j’ai aussi un lance pierre (double élastique attention ! !) c’est d’habitude pour virer les pies qui viennent attaquer les p’tis zozios de ma haie mais je suis carrément d’accord pour changer de cible ! ! ! Un bon manche de pioche des fois aussi ça peut être adapté... écoute on prend tout ce qu’on a et on voit après.... qui c’est qui nous r’joint ? ? ?

      • Enki
        Enki répond à Patty
        alchimiste
        • Posté à 18h22 le 25/03/2010
        • Internaute 9562
          alchimiste

        Le cocktail Frédéric Joliot-Curie est une évolution « french-touch » du molotov que l’on doit au physicien du même nom, engagé dans la résistance pendant la seconde guerre mondiale... (attention, la publication de fiches techniques de ce genre de petits bricolages tombe sous le coup de la loi)

        Le souci, c’est que le jour où nous sortons les lance-pierres, et autres bricolages, le ministère de l’intérieur externalisera certains de ses services à des boites comme Clearwater, qui les avait déja proposés lors des émeutes de 2005...

  • k-i
    k-i
    endimanché
    • Posté à 14h28 le 25/03/2010
    • Internaute 55073
      endimanché

    Le dernier « service client » que j’ai appelé avait un bel accent africain.

    J’ai une vieille amie philosophe qui, partant vivre en Côte d’Ivoire il y a 9 ans, voulait faire une thèse de philosophie politique autour de la violence des états délocalisés envers leurs propres citoyens. Et puis il y a eu la guerre civile et les rapports entre noirs et blancs qui sont sortis de toute raison, les conflits économiques et ethniques qui là-bas comme ici nous condamnent à la survie à crédit et prohibent toute forme de solidarité populaire. Elle est restée et malgré l’art de vivre africain qui doit la conforter souvent, je devine la déchirure qu’il y a à être assimilé au tyran qui a mis cette terre riche à feu et à sang.

    Je vais lui envoyer cet article pour lui redonner le goût des armes (celles qui ne tuent pas) et puis quelques trucs sur « l’inconscient collectif durable » que constitue internet. Si avec tout ça elle ne parvient pas à nous trouver des pistes universelles de résistance...

    • deserteur
      deserteur répond à k-i
      Service Athée
      • Posté à 11h19 le 26/03/2010
      • Internaute 62084
        Service Athée

      Léo Ferré
      IL N’Y A PLUS RIEN

      Écoute, écoute... Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le coeur à l’heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.

      Immobile... L’immobilité, ça dérange le siècle.
      C’est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps.
      Les amants de la mer s’en vont en Bretagne ou à Tahiti...
      C’est vraiment con, les amants.

      IL n’y a plus rien

      Camarade maudit, camarade misère...
      Misère, c’était le nom de ma chienne qui n’avait que trois pattes.
      L’autre, le destin la lui avait mise de côté pour les olympiades de la bouffe et des culs semestriels qu’elle accrochait dans les buissons pour y aller de sa progéniture.
      Elle est partie, Misère, dans des cahots, quelque part dans la nuit des chiens.
      Camarade tranquille, camarade prospère,
      Quand tu rentreras chez toi
      Pourquoi chez toi ?
      Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d’Alésia ou du Faubourg
      Si tu trouves quelqu’un qui dort dans ton lit,
      Si tu y trouves quelqu’un qui dort
      Alors va-t-en, dans le matin clairet
      Seul
      Te marie pas
      Si c’est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée

      Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs...
      Tu pourras lui dire : « T’as pas honte de t’assumer comme ça dans ta liquide sénescence.
      Dis, t’as pas honte ? Alors qu’il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs ?
      Espèce de conne !
      Et barre-toi !
      Divorce-la
      Te marie pas !
      Tu peux tout faire :
      T’empaqueter dans le désordre, pour l’honneur, pour la conservation du titre...

      Le désordre, c’est l’ordre moins le pouvoir !

      Il n’y a plus rien

      Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
      Parce qu’il se fait chier à être blanc, ce nègre,
      Il en a marre qu’on lui dise : “ Sale blanc !”

      A Marseille, la sardine qui bouche le Port
      Était bourrée d’héroïne
      Et les hommes-grenouilles n’en sont pas revenus...
      Libérez les sardines
      Et y’aura plus de mareyeurs !

      Si tu savais ce que je sais
      On te montrerait du doigt dans la rue
      Alors il vaut mieux que tu ne saches rien
      Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, Citoyen !

      Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
      A la publicité des enzymes et du charme
      Au trafic des dollars et aux traficants d’armes
      Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
      Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
      Et si tu veux la prendre elle te fera du charme
      Avec le vent au cul et des sextants d’alarme
      Et la mer reviendra sans toi si tu es méchant

      Les mots... toujours les mots, bien sûr !
      Citoyens ! AUX ARMES
      Aux pépées, Citoyens ! A l’Amour, Citoyens !
      Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés !
      Les préfectures sont des monuments en airain... un coup d’aile d’oiseau ne les entame même pas... C’est vous dire !

      Nous ne sommes même plus des juifs allemands
      Nous ne sommes plus rien

      Il n’y a plus rien

      Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes !
      Des poitrines occupées
      Des ventres vacants
      Arrange-toi avec ça !

      Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle sur les plages reconverties et démoustiquées
      C’est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d’être reconnu par ses admirateurs
      Dieu est une idole, aussi !
      Sous les pavés il n’y a plus la plage
      Il y a l’enfer et la Sécurité
      Notre vraie vie n’est pas ailleurs, elle est ici
      Nous sommes au monde, on nous l’a assez dit
      N’en déplaise à la littérature

      Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
      A l’encyclopédie, les mots !
      Et nous partons avec nos cris !
      Et voilà !

      Il n’y a plus rien... plus, plus rien

      Je suis un chien ?
      Perhaps !
      Je suis un rat
      Rien

      Avec le coeur battant jusqu’à la dernière battue

      Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens :
      “Apprends donc à te coucher tout nu !
      ‘Fous en l’air tes pantoufles !
      Renverse tes chaises !
      Mange debout !
      Assois-toi sur des tonnes d’inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe

      Si jamais tu t’aperçois que ta révolte s’encroûte et devient une habituelle révolte, alors,
      Sors
      Marche
      Crève
      Baise
      Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l’inconforme
      Lâche ces notions, si ce sont des notions
      Rien ne vaut la peine de rien

      Il n’y a plus rien... plus, plus rien

      Invente des formules de nuit : CLN... C’est la nuit !
      Même au soleil, surtout au soleil, c’est la nuit
      Tu peux crever... Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.
      Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d’études et le catéchisme ombilical.
      C’est vraiment dégueulasse
      Ils te tairont, les gens.
      Les gens taisent l’autre, toujours.
      Regarde, à table, quand ils mangent...
      Ils s’engouffrent dans l’innommé
      Ils se dépassent eux-mêmes et s’en vont vers l’ordure et le rot ponctuel !

      La ponctuation de l’absurde, c’est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l’atterrissage : on rote et on arrête le massacre.
      Sur les pistes de l’inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l’organe, du repu.

      Mes plus beaux souvenirs sont d’une autre planète
      Où les bouchers vendaient de l’homme à la criée

      Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches
      Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes
      Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes...
      Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter
      Alors, becquetons !
      Côte à l’os pour deux personnes, tu connais ?

      Heureusement il y a le lit : un parking !
      Tu viens, mon amour ?
      Et puis, c’est comme à la roulette : on mise, on mise...
      Si la roulette n’avait qu’un trou, on nous ferait miser quand même
      D’ailleurs, c’est ce qu’on fait !
      Je comprends les joueurs : ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre...
      Et ils mettent, ils mettent...
      Le drame, dans le couple, c’est qu’on est deux
      Et qu’il n’y a qu’un trou dans la roulette...

      Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir

      Te marie pas
      Ne vote pas
      Sinon t’es coincé

      Elle était belle comme la révolte
      Nous l’avions dans les yeux,
      Dans les bras dans nos futals
      Elle s’appelait l’imagination

      Elle dormait comme une morte, elle était comme morte
      Elle sommeillait
      On l’enterra de mémoire

      DANS LE COCKTAIL MOLOTOV IL FAUT METTRE DU MARTINI, mon petit !

      TRANSBAHUTEZ VOS IDEES COMME DE LA DROGUE... Tu risques rien à la frontière
      Rien dans les mains
      Rien dans les poches

      TOUT DANS LA TRONCHE !
      - Vous n’avez rien à déclarer ?
      - Non.
      - Comment vous nommez-vous ?
      - Karl Marx.
      - Allez, passez !

      Nous partîmes... Nous étions une poignée...
      Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets d’imagination dans le passé
      Écoutez-les... Écoutez-les...
      Ça rape comme le vin nouveau
      Nous partîmes... Nous étions une poignée
      Bientôt ça débordera sur les trottoirs
      La parlote ça n’est pas un détonateur suffisant
      Le silence armé, c’est bien, mais il faut bien fermer sa gueule...
      Toutes des concierges !
      Écoutez-les...

      Il n’y a plus rien

      Si les morts se levaient ?
      Hein ?

      Nous étions combien ?
      Ça ira !

      La tristesse, toujours la tristesse...

      Ils chantaient, ils chantaient...
      Dans les rues...

      Te marie pas Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan
      Et ceux de Mexico
      Bras dessus bras dessous
      Bien accrochés au rêve

      Ne vote pas

      0 DC8 des Pélicans
      Cigognes qui partent à l’heure
      Labrador Lèvres des bisons
      J’invente en bas des rennes bleus
      En habit rouge du couchant
      Je vais à l’Ouest de ma mémoire
      Vers la Clarté vers la Clarté

      Je m’éclaire la Nuit dans le noir de mes nerfs
      Dans l’or de mes cheveux j’ai mis cent mille watts
      Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande
      J’imagine le téléphone dans une lande
      Celle où nous nous voyons moi et moi
      Dans cette brume obscène au crépuscule teint
      Je ne suis qu’un voyant embarrassé de signes
      Mes circuits déconnectent
      Je ne suis qu’un binaire

      Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
      Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
      Dégaine-toi du rêve anxieux des biens assis
      Roule Roule mon fils vers l’étoile idéale
      Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
      Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
      La mue ça ses fait à l’envers dans ce monde inventif
      Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
      Retourne tes yeux au-dedans de toi
      Quand tu auras passé le mur du mur
      Quand tu auras autrepassé ta vision
      Alors tu verras rien

      Il n’y a plus rien

      Que les pères et les mères
      Que ceux qui t’ont fait
      Que ceux qui ont fait tous les autres
      Que les monsieur’
      Que les ‘madame’
      Que les ‘assis’ dans les velours glacés, soumis, mollasses
      Que ces horribles magasins bipèdes et roulants
      Qui portent tout en devanture
      Tous ceux-là à qui tu pourras dire :

      Monsieur !
      Madame !

      Laissez donc ces gens-là tranquilles
      Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
      Ces désespoirs soumis
      Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
      Avec les poumons resserrés
      Les mains grandies par l’outrage et les bonnes moeurs
      Les yeux défaits par les veilles soucieuses...
      Et vous comptez vos sous ?
      Pardon.... LEURS sous !

      Ce qui vous déshonore
      C’est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil
      Dans vos salles de bains climatisées
      Dans vos bidets déserts
      En vos miroirs menteurs...

      Vous faites mentir les miroirs
      Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
      Cravatés
      Envisonnés
      Empapaoutés de morgue et d’ennui dans l’eau verte qui descend
      des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
      A un point donné
      A heure fixe
      Pour vos narcissiques partouzes.
      Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître
      Tellement vous êtes beaux
      Et vous comptez vos sous
      En long
      En large
      En marge
      De ces salaires que vous lâchez avec précision
      Avec parcimonie
      J’allais dire ‘en douce’ comme ces aquilons avant-coureurs et qui racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur et nivellateur qui empêche toute identification...
      Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les champions de l’anonymat.

      Les révolutions ? Parlons-en !
      Je veux parler des révolutions qu’on peut encore montrer
      Parce qu’elles vous servent,
      Parce qu’elles vous ont toujours servis,
      Ces révolutions de ‘l’histoire’,
      Parce que les ‘histoires’ ça vous amuse, avant de vous intéresser,
      Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu’il s’en prépare une autre.
      Lorsque quelque chose d’inédit vous choque et vous gêne,
      Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
      Dans un palace d’exilés, entouré du prestige des déracinés.
      Les racines profondes de ce pays, c’est Vous, paraît-il,
      Et quand on vous transbahute d’un ‘désordre de la rue’, comme vous dites, à un ‘ordre nouveau’ comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

      Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
      Vous seriez même tentés d’y apporter votre petit panier,
      Pour n’en pas perdre une miette, n’est-ce-pas ?
      Et les ‘vauriens’ qui vous amusent, ces ‘vauriens’ qui vous dérangent aussi, on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les ‘vôtres’ dans un drapeau.

      Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !
      La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
      Vous avez le style du pouvoir
      Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
      Comme si vous parliez à vos subordonnés,
      De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu’on vous montre du doigt, dans les corridors de l’ennui, et qu’on se dise : ‘Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper’
      Soyez tranquilles ! Pour la reptation, vous êtes imbattables ; seulement, vous ne vous la concédez que dans la métaphore...
      Vous voulez bien vous allonger mais avec de l’allure,
      Cette ‘allure’ que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière,
      Et quand on sait ce qu’a pu vous coûter de silences aigres,
      De renvois mal aiguillés
      De demi-sourires séchés comme des larmes,
      Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage,
      Je me demande comment et pourquoi la Nature met
      Tant d’entêtement,
      Tant d’adresse
      Et tant d’indifférence biologique
      A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
      Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
      Jusqu’aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,
      Dans votre grand monde,
      A la coupe des bien-pensants.

      Moi, je suis un bâtard.
      Nous sommes tous des bâtards.
      Ce qui nous sépare, aujourd’hui, c’est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil
      Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé.
      Soyez tranquilles, Vous ne risquez Rien

      Il n’y a plus rien

      Et ce rien, on vous le laisse !
      Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,
      Nous, on peut pas.
      Un jour, dans dix mille ans,
      Quand vous ne serez plus là,
      Nous aurons TOUT
      Rien de vous
      Tout de nous
      Nous aurons eu le temps d’inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
      Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles,
      Le sourire des bêtes enfin détraquées,
      La priorité à Gauche, permettez !

      Nous ne mourrons plus de rien
      Nous vivrons de tout

      Et les microbes de la connerie que nous n’aurez pas manqué de nous léguer, montant
      De vos fumures
      De vos livres engrangés dans vos silothèques
      De vos documents publics
      De vos règlements d’administration pénitentiaire
      De vos décrets
      De vos prières, même,
      Tous ces microbes...
      Soyez tranquilles,
      Nous aurons déjà des machines pour les révoquer

      NOUS AURONS TOUT

      Dans dix mille ans.

  • Le Provençal
    • Posté à 15h46 le 25/03/2010
    • Internaute 61202
      Cadre

    J’en ai une autre, le SAV france de hexlett-Packart :

    ’’ oui, Monsieur, c’est clair, je suis d’accord avec toi......’’

    Depuis la Tunisie, la conjugaison sous un angle différent.......

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h54 le 25/03/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Laisser moi rire, ce qui est délocalisé c’est l’informatique à deux balles, les machins qui demande autant d’innovation que produire des canettes en métal pour soda.

    Bon je suis un peu méchant en disant ça, les Indiens ou les Chinois sont pas plus cons et pas plus mauvais que les autres, mais pour l’instant ce qu’on délocalise c’est les trucs sans valeur ajoutée.
    Désolé mais la hotline de robot qui répond à une liste de question pour filer un bilan à moitié utilisable à un vrai ingénieur qui va réellement débugger le bordel, c’est pas de la haute technologie.

    Ça n’est un soucis que pour ceux assez inconscient pour aller risquer leur vie dans l’industrie informatique, dans le mercenariat des SS2I, dans ces énormes groupes qui possèdent suffisamment de ressources pour encadrer un groupe à 1000km de distance, qu’ils soient indien ou européen.

    La liste donnée dans l’article de ce qui est délocalisé, c’est vraiment les projets bateaux, le genre de trucs où l’on expédie tout le tas d’étudiants par défaut et de reconvertis de la dernière heure, bref les pisseurs de codes avec tout l’encadrement et l’analyse/conception nécessaires fait par d’autres types.

    Mais les vrais programmeurs, ceux capables de bosser sans devoir attendre les ordres de leurs chefs et qui se démerdent eux mêmes pour savoir quoi faire, n’ont pas grand chose à craindre de cette main d’oeuvre, qui ne peut bosser en autonome, du moins pour ceux qui vont soit disant voler notre boulot.

    Ce qui est à craindre, c’est au niveau des éditeurs de logiciels qui vont se trouver face à une nouvelle concurrence, puisque de cette armée de pousse-mulots émergera forcément de la main d’oeuvre qualifiée.
    Mais ça c’est la saine libre-entreprise, et à chaque producteur de software de savoir se distinguer et de se battre pour vendre ses produits.

    • psych0Dad
      psych0Dad répond à Keldan
      sociopathe
      • Posté à 20h54 le 25/03/2010
      • Internaute 81504
        sociopathe

      Evidemment le type competent trouve toujours du boulotmais le probleme c’est que nos pousseurs de mulot se retrouvent au chomage (et ils sont la majorite).

      Ceci dit je plussoie pour dire que les devs valables ne courent pas les rues. Je bosse daux Etats-Unis et le recrutement en ce moment c’est la galere. On pensait qu’avec la crise on aurait l’embarras du choix mais non. Sur dix entretiens telephoniques neufs sont des echecs (et parfois le (la) candidat(e) est tellement nul(le) que les bras m’en tombent. Sur les 10% qu’on fait venir en personne pour une journee d’entretiens, entre la moitie et les deux tiers ne passent pas la barre. La quantite de boulot pour embaucher une seule personne est phenomenale.

      Le probleme AMHA c’est que les « vieux » jettent l’eponge et que les jeunes maitrisent de moins en moins bien les fondamentaux (essor des formations type « Information Systems » qui remplacent le vieux « Computer Science » sans donner aux etudiants les bases theoriques necessaires. Ils savent ecrire du Java, mais ils ne savent pas ce qu’est un registre ou une pile)

      • Keldan
        Keldan répond à psych0Dad
        Now future & karpe diem
        • Posté à 11h07 le 26/03/2010
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        C’est la même chose de ce côté de l’Atlantique. On a passé un an à chercher un type, on a du en voir une quinzaine en entretien, on a même eu le droit à deux périodes d’essai non concluantes.

        Ce n’est même pas qu’on cherchait l’impossible, on était prêt à embaucher un newbie et le former, ce que j’ai tenté, mais c’était lamentable. Ce n’est même pas le manque de connaissances techniques qui m’a poser problème, j’étais là pour ça, mais leur incapacité à se démerder par eux mêmes, ces mecs sont formés purement et simplement pour intégrer des grosses équipes et travailler comme des robots : sur ordre et sans initiative.

        Enfin on s’est résolu à revenir aux méthodes qui ont fait leur preuve : débaucher chez les concurrents : D

      • touko_2
        touko_2 répond à psych0Dad
        fonctionnaire http://minettelol (...)
        • Posté à 09h32 le 27/03/2010
        • Internaute 70143
          fonctionnaire http://minettelol (...)

        Franchement à part pour frimer, quel est l’intérêt de savoir ce qu’est une pile ou un registre en prog de haut niveau ? ? ?

        Si pour vous, une personne est nulle car elle ne connait pas ces termes, c’est à vous de changer de boulot ..

        a part dans des domaines bien précis, on à plus réellement l’utilité d’optimiser au poil de cul prés les applications vu la puissance des machines, et encore moins en développant en java/html.

        Donc ce type de connaissance c’est bien pour ça culture perso, mais loin d’être indispensable ..

        ex : putin tu es trop nul tu fais a=b+c alors que tu devrais faire :
        lda _b
        ldx _c
        add x

         
        • psych0Dad
          psych0Dad répond à touko_2
          sociopathe
          • Posté à 19h05 le 27/03/2010
          • Internaute 81504
            sociopathe

          Concernant les registres ou la pile, j’ai bosse chez des editeurs ou on doit encore imperativement connaitre ce genre de choses.

          Ceci dit, ce sont juste des exemples. J’aurais aussi bien pu dire que beaucoup de candidats ne savent meme pas estimer la complexite d’un algorithme.

          Je n’exige de personne de savoir programmer en assembleur si le job ne l’exige pas, mais je refuse d’embaucher des gens qui ne comprennent pas ce qu’ils font.

          A 10 ans je programmais en BASIC. J’avais une representation mentale abstraite de l’ordinateur mais fondamentalement je ne comprenais pas ce qui se passait. Je vois beaucoup de gens qui ne connaissent que Java et qui sont dans le meme etat d’esprit. Ils programment un ordinateur fantasme qui n’existe pas. Dans leur tete il n’y a pas de difference entre le langage et l’ordinateur. Pour eux tout ce qui se passe a l’execution releve de la magie. C’est comprehensible a 10 ans, pas a 25 ou 30.

        1 autres commentaires
    • expat
      expat répond à Keldan
      • Posté à 21h16 le 25/03/2010
      • Internaute 25627

      Je ne vais pas vous accuser de racisme, mais je vous engage certainement a reflechir, des indiens et les chinois bien formes (y compris dans les grandes universites et ecoles d’ingenieurs), il y en a beaucoup et si vous lisiez un peu, vous sauriez que si au debut c’etait peut-etre juste les petits trucs qui etait crees ailleurs les nouvelles creations viennent de plus en plus d’Asie, en delocalisant les grosses multinationales peuvent garder leur marche elles se foutent completement d’ou viennent les idees et d’ou viennent les clients. Du moment que le chiffre d’affaire et le benefices suivent.

      • k-i
        k-i répond à expat
        endimanché
        • Posté à 22h37 le 25/03/2010
        • Internaute 55073
          endimanché

        Le problème c’est que l’autonomie dans le travail, l’auto-critique, l’initiative, ça n’a rien à voir avec l’informatique. ça s’apprend dans la vie de tous les jours, or la vie de tous les jours dans une dictature vous imprègne inévitablement d’une certaine passivité, vous rend frontal et mouton.

        Dans une oligarchie comme la nôtre, la polytoxicomanie à temps partiel permet un grand écart salutaire entre liberté individuelle vitale et libertés collectives morbides qui, outre les quelques effets secondaires regrettables, permet une excellente productivité.

        Vivement qu’on puisse bosser avec les informaticiens chinois sur ce problème de libertés collectives, on gagnerait peut-être en productivité.

      • Keldan
        Keldan répond à expat
        Now future & karpe diem
        • Posté à 11h21 le 26/03/2010
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Hey, tu le fais exprès ou bien ?
        J’ai bien pris soin de préciser : « Bon je suis un peu méchant en disant ça, les Indiens ou les Chinois sont pas plus cons et pas plus mauvais que les autres »
        La prochaine fois, quitte à subir des reproches, je me défoulerais gratuitement et méchamment : D

        Mais justement les écoles, grandes ou petites, ne font que fournir des robots, de ceux qui en sortent il n’y en a pas la moitié qui valent réellement quelque chose. Indiens, chinois, américains ou européens, ça ne change rien.

        Leur destin est simple : mercenaire, enfin prestataire. Parce que leurs patrons en auront rien à foutre de leurs talents, tout ce qui compte c’est de les vendre et de ramasser le pognon.
        Alors les mecs feront ceux pour quoi ils auront été formés : pisser du code minable et impossible à maintenir, créer un programme merdique conçu d’une façon lamentable qui plantera au bout de six mois, mais qui en apparence sera très bien. La mentalité McDo appliquée au logiciel.

        Alors c’est pas leurs deux milliards de faux programmeurs qui me fait peur, bien au contraire car de ce tas ressortira forcément des bons devs avec qui je serais bien heureux de bosser plutôt que des glandus avec des jolis diplômes.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 17h45 le 25/03/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    ha bon, ben ça tombe bien j’vais pouvoir avoir une masseuse thailandaise

    une kiné koi, du moins j’crois

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 18h53 le 25/03/2010
    • Internaute 66286
       : -\

    Ah bon ? Humm…Ah bon ? Humm…Ah bon ? Humm…Ah bon ? Humm…

    Tres enervant et stupide ces commentaires.

  • cthulhu22
    cthulhu22
    Consultant
    • Posté à 19h08 le 25/03/2010
    • Internaute 107322
      Consultant

    Petite remarque :

    Ce n’est pas parce qu’on outsource vers une SSI type Capgemini/Accenture que le travail est forcément délocalisé en Inde.

    Ces deux entreprises travaillent aussi en France (entre autres), certains développements sont fait ici.

    Mais je rejoints complètement Tyb :
    Entre le résultat qui n’est pas toujours à la hauteur et les indiens qui changent tous les 6 mois d’entreprises (très pratique pour garder des interlocuteurs qui savent de quoi ils parlent....), ce n’est pas forcément intéressant.

  • expat
    • Posté à 21h08 le 25/03/2010
    • Internaute 25627

    Delocaliser les services financiers en Inde n’est pas nouveau, « Swissair » une des premieres compangie aerienne a boire la tasse la fait il y a bien 20 ans de ca, ca n’a pas sufffit.

    Les assurances europeennes faisant appel a des boites indiennes pour l’infomratique non plus ce n’est pas nouveau.
    En 1997 une boite de biotech americaine rassemblait tous ses services d’assistance techniques europeens en Ecosse, depuis je ne sais pas si les americains ont ferme (en Europe on parle toutes les langues). LE directeur pour l’Europe n’avait pas peur, de dire ouvertement (sa langue a fourche je le reconnait), que l’Ecosse etant low cost pour la main d’oeuvre le futur etait brillant (sauf pour les employes incapable de survivre sans l’aide sociale, le montant de leur salaire s’apparentant a de l’argent de poche).

    En veux-tu en voila, mais au bout du compte, une enterprise ne produisant pas des choses essentielles a de fortes chance de boire la tasse, delocalisation ou non.

  • Merak
    Merak
    pré retraité
    • Posté à 23h23 le 25/03/2010
    • Internaute 59409
      pré retraité

    Le monde de l’informatique est vaste, j’ai une expérience assez contraire aux commentaires déjà exprimés.

    J’ai bossé il y a 20 ans avec Tata sur de la refonte de code applicatif dont une parie n’avait plus de sources, puis sur des couches techniques de communication pointues avec les meilleurs spécialistes du moment qui étaient indiens. Dans le même ordre d’idée, quand IBM a enfin essayé de se mettre à Unix , après deux ans de travail le bouzin en question était bon à rien (le hardware en revanche ...) ce sont des ingénieurs indiens qui sont venus aux états-Unis pour reprendre les dev et fournir la base de l’AIX qu’on connaît aujourd’hui. Plus tard, le même IBM, incapable de produire une version SMP de son Unix a du faire appel à ... Bull. Comme quoi tout n’est pas si simple. De plus nombre de logiciels tout à fait stratégiques sont développés en Inde où aux Philippines puis « packagés » en Europe. Comme le foie gras.

    Je ne vois pas pourquoi les étudiants chinois et indiens qui trustent les meilleures places dans les universités américaines deviendraient subitement médiocres dans la vie professionnelle. Où alors on a pas les moyens de se payer les bons. Pay peanuts get monkeys.

  • Geekien
    • Posté à 00h32 le 26/03/2010
    • Internaute 24619

    - Thomson a sous traité la partie formation des services RH en Pologne,

    Oui mais bon Roger t’es gentil mais gérer des demandes de formation, dire oui ou non et signer des factures y a pas de valeur ajoutée au métier RH, nous notre métier il a plus de valeur que ça. Comment les gens ne comprennent pas le polonais quand on leur refuse une formation ? Qu’ils demandent une formation en polonais

    - Thomson Grass Valley France sous traite les nouveaux designs de cartes « high tech » au Maroc

    Rien qu’on ne sache déjà faire coco, c’est du vieux standard, on garde la valeur ajoutée chez nous, sur les vraies normes de l’avenir, t’inquiete pas.

    - Thomson Grass Valley France va fermer son usine de Rennes,

    Oui mais coco, comprend bien que l’avenir n’est pas au design local, coco, les cartes c’est pour les has been. L’avenir c’est le cloud com-prout-ing, le serveur. La valeur ajoutée (pour l’actionnaire) n’est plus dans le plomb ou le sans plomb coco, elle est dans le logiciel. Tu verras coco technicien jtag, après ton licenciement tu auras des ponts d’or pour faire du java, pointu comme tu es.

    Comment ça coco softeux, tu rales parce que ton boulot va être fait par tes camarades asiatiques ? Ne serais-tu pas raciste ? Tu as quelque chose contre les chinois ? Tu verrât (espèce de profiteur), grâce aux polonais de la RH, je suis sur que tu vas prendre un super tournant dans ta vie professionnelle. D’ailleurs, nos amis chinois de la R&D réclament des personnes pour changer les alimentations des produits : tu bois .... je veux dire tu vois, il y a de l’avenir

    Suivez l’actu, il va y avoir des surprises

  • yabon
    yabon
    Klingon
    • Posté à 10h52 le 26/03/2010
    • Internaute 98602
      Klingon

    Ce n’est pas très nouveau et les retours d’expérience sont « contrastés », à tel point qu’une entreprise faisant sa pub sur la relocalisation de ses services gagne des parts de marchés...

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 12h15 le 26/03/2010
    • Internaute 47359
      Retraité

    Ne vous en faites pas le chômage va diminuer.......NS l’a dit ex c’st IBM qui va commander les aiguillages automatiques de la SNCF

  • Pascale.K
    Pascale.K
    Pour une gauche à gauche !
    • Posté à 12h28 le 26/03/2010
    • Internaute 104099
      Pour une gauche à gauche !

    Bravo !

  • Serviant
    Serviant
    lost in Saigon
    • Posté à 12h58 le 26/03/2010
    • Internaute 84172
      lost in Saigon

    Je reviens juste d’une conference de la chambre de commerce nordique au Vietnam. Ils expliquaient qu’ici, les entreprises europeennes se sont mises a recruter PLUS pendant la crise qu’avant. Car avant, les entreprises hesitaient a delocaliser. Elles n’hesitent plus.

    Attention, c’est un mouvement de fond qui va sans doutes se prolonger et s’amplifier.

    Gameloft (grosse boite de jeux francaise, qui fait notamment pas mal de jeux pour Playstation & iPhone) a, a Saigon, plus d’une centaine de programmeurs, encadres par des francais (contrats « locaux » = sous-payes). Des equipes sont partout dans le monde, dans des pays a bas cout (type Inde).

    Un ami vient juste de creer sa boite pour vendre ses services informatiques en France.

    IBM (info glanee d’un stagiaire) installe ici son R&D (c’est un « secret » ... ils ont promis aux syndicats que JAMAIS la R&D ne serait delocalisee (...)

    « Bon » salaire ici (=ceux payes par les boites etrangeres, les salaires dans les entreprises Viet etant plus bas) :
    Employe : 150 $/ mois
    Employe qualifie : 500 $/mois
    Cadre (manager) : entre 1000 et 2000 $/mois

    Les charges sociales, je crois que c’est 7 % (...)

    Les boites envoient ici leurs cadres (belles maisons, chauffeur ... personne ne se plaint), les machines, les matieres premieres (la qualite disponible localement est mediocre) et forment leurs employes. C’est (assez) facile, et TRES rentable.

    Je connais un notable francais, qui a delocalise ici l’entreprise heritee de papa (tout va bien pour lui ... merci) ... et qui a recu la legion d’honneur pour ce haut fait !

    Ne vous meprenez pas, dans les milieux d’affaires, dans les chambres de commerce, la delocalisation est vue comme quelque chose de positif. Quelqu’un qui delocalise son entreprise et qui reussit est un « gagnant ».

    Et le mouvement ne cesse de s’accelerer ...

  • Serviant
    Serviant
    lost in Saigon
    • Posté à 12h54 le 26/03/2010
    • Internaute 84172
      lost in Saigon

    Je reviens juste d’une conference de la chambre de commerce nordique au Vietnam. Ils expliquaient qu’ici, les entreprises europeennes se sont mises a recruter PLUS pendant la crise qu’avant. Car avant, les entreprises hesitaient a delocaliser. Elles n’hesitent plus.

    Attention, c’est un mouvement de fond qui va sans doutes se prolonger et s’amplifier.

    Gameloft (grosse boite de jeux francaise, qui fait notamment pas mal de jeux pour Playstation & iPhone) a, a Saigon, plus d’une centaine de programmeurs, encadres par des francais (contrats « locaux » = sous-payes). Plein d’autres equipes sont partout dans le monde, dans des pays a bas cout (type Inde).

    Un ami vient juste de creer sa boite pour vendre ses services informatiques en France.

    IBM (info glanee d’un stagiaire) installe ici son R&D (c’est un « secret » ... ils ont promis aux syndicats que JAMAIS la R&D ne serait delocalisee (...)

    « Bon » salaire ici (=ceux payes par les boites etrangeres, les salaires dans les entreprises Viet etant plus bas) :
    Employe : 150 $/ mois
    Employe qualifie : 500 $/mois
    Cadre (manager) : entre 1000 et 2000 $/mois

    Les charges sociales, je crois que c’est 7 % (...)

    Les boites envoient ici leurs cadres (belles maisons, chauffeur ... personne ne se plaint), les machines, les matieres premieres (la qualite disposnible localement est mediocre) et forment leurs employes. C’est (assez) facile, et TRES rentable.

    Je connais un notable francais, qui a delocalise ici l’entreprise heritee de papa (tout va bien pour lui ... merci) ... et qui a recu la legion d’honneur pour ce haut fait !

    Ne vous meprenez pas, dans les milieux d’affaires, dans les chambres de commerce, la delocalisation est vue comme quelque chose de positif. Quelqu’un qui delocalise son entreprise et qui reussit est un « gagnant ».

    Et le mouvement ne cesse de s’accelerer ...

  • netking
    • Posté à 13h37 le 26/03/2010
    • Internaute 17312

    Mais qu’est ce que cet article veut dire ?

    On est dans la presse en ligne ou sur un blog ?

    Quel degré d’ignorance faut-il pour ramener IBM ou Accenture à des filous de l’offshore ?

    Depuis quand « sous-traitance » ou « externalisation » signifie « on va faire bosser des niakoués » ?

    Un article de fond sur le sujet, pourquoi pas, mais cette enfilade de raccourcis est indigne d’un mag comme Rue89.

    Au moins, il existe d’autres titres qui traitent sérieusement l’information, comme l’Expansion : Lien

  • Kans
    Kans
    Lion indomptable
    • Posté à 15h47 le 26/03/2010
    • Internaute 10750
      Lion indomptable

    Une illustration : Lien@N02/1219284970/in/set-72157601553578227/

    C’est un panneau à l’entrée d’un quartier de Bangalore, la Sillicon Valley d’Inde.
    Notez les noms des boites.

  • Virgule de Guillemet
    Virgule de Guillemet
    avec un s !
    • Posté à 20h52 le 26/03/2010
    • Internaute 83260
      avec un s !

    A force de délocaliser dans des pays à bas salaires, qui va pouvoir acheter les biens produits dans les pays à salaires normaux, puisqu’il n’y aura plus que des chômeurs ?

  • spartak
    spartak
    (comité libertaire lyophilisé)
    • Posté à 08h53 le 27/03/2010
    • Internaute 84113
      (comité libertaire lyophilisé)

    Mercredi matin, j’ai acheté une cafetière filtre, de marque Seb (délocalisée il y a quelques temps) made in China. Je l’ai payée 25 euros. Au prix qui n’aurait rien eu de rédhibitoire de mettons, 40 euros, les emplois restaient en France.

  • survivant
    • Posté à 13h11 le 28/03/2010
    • Internaute 25864

    Vite un mouchoir. Ils sont marrant ces boursicoteurs, ils prêchent la bonne parole auprès des actionnaires pour vanter le capitalisme sauvage et dès qu’ils ne sont plus dans le coup ils crient au scandale. Et la fin du pétrole, le réchauffement climatique, la crise ? Oui, pour exemple : Jusque maintenant le capitalisme sauvage ne se souciait guère que les crevettes étaient pêchées en Norvège puis partaient sur des cargos en direction de l’inde pour se faire décortiquer par des petites mains indiennes pas chères, et repartir en chemin inverse avec le même moyen de transport pour inonder les marchés européens. Il faut se mettre à la page mesdames, messieurs les fossoyeurs d’emplois. La fin du pétrole pour le capitalisme sauvage est un vrai caillou dans la chaussure ; car tout ce qu’il se faisait matériellement pour un maximum de marge grâce à la sous traitance se fera désormais virtuellement donc plus rapidement, ce qui va mettre une concurrence entre prestataires de services complètement incontrôlable. C’est drôle de voir un boursicoteur venir pleurnicher en faisant passer un message qui concernerait soit disant le peuple et le faire réagir ! Alors que ce message est une bouteille à la mer qui signe la fin d’une époque de l’esclavage manuel, pour devenir l’esclavage virtuel !

  • Pokora
    Pokora
    Etudiant en Management
    • Posté à 08h03 le 29/03/2010
    • Internaute 85412
      Etudiant en Management

    Si vous réfléchissez 2 minutes c’est l’avenir !

    D’ici 50 ans le prix du transport va exploser donc conséquence ;
    - l’industrie délocaliser qui était jusqu’ici rentable grâce au coût de transport négligeable commence déjà à être relocaliser en in-shore ou near-shore (Europe de L’Est pour nous).

    - le service qui une fois délocaliser et la période de lancement finit, comme un centre d’appel, informatique ou de création logiciel ne demande que peu de transport car tous est dématérialisé en dehors d’une visite mensuelle du donneur d’ordre Européen ! Et son coût ne fluctue pas en fonction du prix du pétrole !

    Bref dans les 50 ans à venir on devrais voir les industries qui produisent des biens de consommation courante revenir à cause du prix de transport pendant que nos chères services seront peti à petit délocalisés vers des pays à faible coût horaire.

  • Mademoiselle Dusk
    Mademoiselle Dusk
    Auteur(e) de l'article Cadre du CAC40
    • Posté à 14h05 le 29/03/2010
    • Internaute 98527
      Cadre du CAC40

    Je suis l’auteur de cet article. Je sais qu’il peut paraître simpliste, voire raciste, sur le thème « salauds d’indiens qui nous bouffent nos emplois ».

    Malheureusement, la logique d’une grande firme mondialisée ne va, sous des discours au jargon opaque, pas plus loin que cela : « Ou trouver des types qui feront grosso modo le même job pour moins cher ? ». Et les clients, eux-mêmes mondialisés, de cette grande firme mondialisée veulent aussi tirer les coûts vers le bas, et sont demandeurs d’une plus forte proportion d’offshore dans les prestations qu’on leur délivre.

    Si le type qu’on trouve pour faire le job est moins cher, sa localisation géographique et sa couleur de peau n’importent pas.

    D’ailleurs, comme les indiens commencent à être trop cher, toutes les sociétés citées dans l’article se tournent maintenant vers le Vietnam.

  • Mademoiselle Dusk
    Mademoiselle Dusk
    Auteur(e) de l'article Cadre du CAC40
    • Posté à 14h15 le 29/03/2010
    • Internaute 98527
      Cadre du CAC40

    Et j’ai oublié un dernier point dans mon commentaire : ce sont les mêmes firmes qui en général travaillent sur l’outsourcing et l’automatisation.

    Car en réalité, on n’a recours aux indiens (vietnamiens etc...) que dans les cas où on n’a pas encore réussi à automatiser, ou bien pour gérer le back office d’un automate.