A la une 22/03/2010 à 19h53

Remaniement : Darcos et Hirsch sortent, Baroin et Tron entrent


Après la déroute aux élections régionales, le gouvernement a été remanié. Avec une ouverture aux chiraquo-villepinistes.


François Fillon est allé ce lundi à deux reprises à l'Elysée pour s'entretenir avec Nicolas Sarkozy. Au menu : l'analyse de la déroute de la majorité aux régionales, qui n'a recueilli que 35,37% des voix, loin derrière la gauche à 53,79%, et surtout le remaniement prévu, qui ressemble une nouvelle fois à un simple ajustement.

Un remaniement annoncé à 19h31 dans un « communiqué de la présidence de la République » :

« M. Eric Woerth est nommé ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique ;

M. François Baroin est nommé ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat ;

M. Marc-Philippe Daubresse est nommé ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives ;

M. Georges Tron est nommé secrétaire d'Etat auprès du ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, chargé de la Fonction publique ;

M. Xavier Darcos sera prochainement appelé à d'autres responsabilités ;

M. Martin Hirsch quitte les fonctions de haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, haut commissaire à la Jeunesse. Il sera nommé président de l'Agence du service civique. »

Nulle surprise : le Président avait prévenu deux jours avant le premier tour, le 12 mars dans Le Figaro Magazine, qu'il n'y aurait que « quelques adaptations gouvernementales ». Et Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, de confirmer samedi dans La Croix, à la veille du second tour, que ce serait « un remaniement modeste, technique ».

Pour éviter l'implosion de sa propre majorité et taire la colère des parlementaires, Nicolas Sarkozy a imposé une ligne : le resserrement des rangs à droite, au sein de toute la droite, y compris les chiraquo-villepinistes et les ex-UDF. Tour d'horizon des principaux enseignements.

Statu quo à Matignon

Le secrétaire général de l'Elysée avait affirmé dès dimanche soir que François Fillon, qui a reconnu « sa part de responsabilité » dans cet échec électoral, ne présenterait pas sa démission. Le Premier ministre est apprécié de la majorité, ce n'est pas le moment d'en changer.

Le gouvernement de combat pour 2012 -si combat il y a pour Nicolas Sarkozy- ce sera pour la fin 2010 au plus tôt, quand viendra l'heure de la « pause » dans les réformes. Matignon ne changera donc pas de locataire avant cette date et l'adoption de la réforme des retraites.

La fermeture à gauche

L'hypothèse d'un départ de Bernard Kouchner était une nouvelle fois revenue avec insistance, mais le symbole aurait été trop fort pour le Président. Pour calmer les ardeurs de la droite, après les nominations de Michel Charasse au Conseil constitutionnel et de Didier Migaud à la Cour des comptes, a plutôt été décidée l'éviction de Martin Hirsch, à sa demande d'après l'intéressé.

Le haut commissaire aux Solidarités actives, qui a mis en place un RSA loin de faire l'unanimité au sein de la majorité, est remplacé par le député et secrétaire général adjoint de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse, ancien secrétaire d'Etat UDF à la Ville sous le gouvernement Raffarin, qui reprend les mêmes attributions, mais avec un rang de ministre.

La fermeture à gauche n'est toutefois pas aussi forte que pressentie. Les départs de Fadela Amara ou encore Jean-Marie Bockel avaient également été évoqués. Il s'agit davantage d'un arrêt dans l'ouverture à gauche que de sa fin.

L'ouverture à droite

Elle était réclamée par tous les opposants umpistes à Nicolas Sarkozy, l'ouverture s'est en fait déroulée à droite. Sa figure de proue n'aura pas été Jean-François Copé. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale a déclaré, ce lundi matin sur Europe 1, que sa place « est au milieu de [ses] amis députés », et qu'il se sentait « plus utile en restant à [son] poste ». Pour celui qui rêve l'Elysée, c'est aujourd'hui Matignon ou rien.

Il fallait plutôt regarder du côté des villepinistes et du député de l'Essonne Georges Tron, qui avait déjà été sondé par le Palais à l'automne dernier, et qui atterrit au secrétariat d'Etat à la Fonction publique. Le chiraquien et député-maire de Troyes François Baroin est aussi nommé au ministère du Budget, alors même que ce poste-clé et très sensible est généralement dévolu à un proche du Président.

Darcos le fusible

Certains membres du gouvernement également candidats aux régionales pouvaient payer leur défaite dans les urnes. Cela aurait pu être le cas de Valérie Létard, la secrétaire d'Etat aux Technologies vertes, qui n'a pas été loin de se faire dépasser par la candidate FN Marine Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais.

Mais c'est Xavier Darcos qui est sanctionné, lui qui a été distancé de près de vingt points par la gauche en Aquitaine. Son crédit a été jugé désormais insuffisant pour mener à bien la délicate réforme des retraites.

Il sera remplacé par Eric Woerth. Une promotion pour le ministre du Budget, barré à Bercy par Christine Largarde, qui donne aux Finances pleine satisfaction.

► Mis à jour le le 22/03/2010 à 19h53, après le communiqué de l'Elysée.

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  • steed1
    • Posté à 12h48 le 22/03/2010

    Question à deux balles : quel avenir politique pour les ex socialistes passés dans le gouvernement s'ils s'en faisaient virer ?

    - Retour à la maison, rue de solférino ?
    - fin de carrière définitive et démarrage d'une activité de consultant dans les pays émmergeants ?

    (Je pensais en particulier à Kouchner et besson)

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Que sont mes voisins devenus ?
    • Posté à 13h00 le 22/03/2010
    • Internaute
      Que sont mes voisins devenus ?

    Le, toujours espiègle, JFK tente sur son blog de voler au secours de Mister Président en lui conseillant une dissolution vraisemblablement gagnée par la gauche :
    « en décidant de dissoudre l'Assemblée nationale. La révolte attendue, dès mardi, des caciques UMP peut lui en donner le prétexte. Il peut même pousser l'astuce jusqu'à proclamer qu'il refuse la droitisation de sa politique que la plupart des élus UMP exigent. Dissolution, donc élections anticipées. La gauche les gagnerait. Largement. Elle formerait le gouvernement. Comme en Grèce, elle devrait alors assumer toutes les mesures anti-populaires imposées par la gravité de la situation. Les Verts, de leur côté, imposeraient des décisions, peut-être justes, mais qui provoqueraient la colère d'une majorité de couches sociales, et, dans deux ans, Sarkozy devenant leader de l'opposition gagnerait éventuellement l'élection présidentielle. Comme Mitterrand a gagné, en 1988, après une cohabitation, comme Chirac a gagné, en 2002, après une cohabitation. Sans quoi, le chef de l'Etat risque désormais de vivre un cauchemar. “
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  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h34 le 22/03/2010
    • Internaute
      non connue

    Ce n'est jamais le gouvernement qu'on cherche à remanier. C'est l'opinion.

    Mais l'opinion commence à se méfier.

    Nous, manants démunis sans manne,
    Emmenant nos mornes minois amères
    Ramener monnaie de la mine,
    Nommons remaniement minable menu.

    Remaniement ça mène où ? aux mêmes.

  • Eliott
    • Posté à 13h57 le 22/03/2010
    • Internaute

    Il faut vraiment faire du nombrilisme pour croire que le problème du gouvernement et de l'UMP vient de l'ouverture à gauche, et qu'on va le résoudre en se recentrant sur la droite.

    La réalité est bien plus simple, c'est l'échec de toute une politique depuis 2002, que Sarko avait réussi à faire oublié en 2007 en se positionnant comme opposant à Chirac et que les médias avait fait croire que Royal était la meilleure présidentiable de gauche.

    Depuis 2002, la droite détruit tout le tissu social de la France, et pour maintenir son électorat joue sur la peur. De plus l'UMP a tout intéret de laisser l'insécurité, et l'immigration augmenter, car la droite sait bien qu'avec la peur elle récupèrera les voix....

    Bref Sarko nous joue la même partition que Bush qui pour masquer son échec jouait sur la corde du terrorisme.

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 16h55 le 22/03/2010
    • Internaute
      Dessinateur de presse