Polémique 12/01/2011 à 10h47

Noirs, Arabes et délinquance : réponse à Zemmour



Réunion au commissariat de police du Xe arrondissement de Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

Oui, comme l'affirment Eric Zemmour et Jean-Pierre Chevènement, les personnes noires et maghrébines sont sur- représentées dans les statistiques de le la délinquance. Ce qu'ils omettent de dire, c'est que ce phénomène est essentiellement dû à des facteurs sociaux et de discrimination.

(De nos archives)La Licra a décidé de porter plainte contre Eric Zemmour. Objet de la procédure : les propos du polémiste sur le plateau de Thierry Ardisson, sur Canal+, début mars. Il avait en effet déclaré :

« Les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... C'est un fait. »

Les propos d'Eric Zemmour peuvent être considérés comme racistes dans la mesure où ils seraient essentialistes (Mamadou serait trafiquant parce que Mamadou s'appelle Mamadou). (Voir la vidéo)

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Dans les zones concernées, il y a plus de Noirs et d'Arabes

C'est un biais statistique classique dont Zemmour n'est pas dupe.

En parlant de « délinquants » et de « trafiquants », le chroniqueur cible avant tout les zones de trafic. En l'occurrence, cités et banlieues, des zones urbaines à forte immigration. Où il y a, de fait, davantage de Noirs et d'Arabes parmi les habitants.

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Les Noirs et les Arabes sont plus souvent contrôlés

Dans sa diatribe, Eric Zemmour ne parle pas de condamnations effectives, après enquête, mais de « trafiquants ». Un terme qui se réfère largement aux statistiques policières. Lorsqu'ils sont placés en garde à vue, Noirs et Arabes se retrouvent, comme tout citoyen ayant affaire avec la police, inscrits dans le fichier « Canonge ». Ce fichier a la particularité de classer les interpellés par origine ethnique.

Même si les statistiques du Canonge restent à prendre avec des pincettes, il indique qu'Arabes et Noirs sont « surreprésentés » (comprendre : plus nombreux en proportion que dans la population totale). A la lecture de ce fichier, L'Express montrait ainsi en 2006 qu'à Paris :

  • 37% des 103 000 référencés étaient blancs
  • 29% étaient nord-africains
  • 19% étaient noirs

Attention : les statistiques policières peuvent être numériquement exactes, mais biaisées. En effet, Noirs et Arabes sont aussi davantage contrôlés et interpellés. Et souvent davantage placés en garde à vue, à une époque où le recours à cette dernière explose.

C'est ce que nous rappellent des études comme celles que mènent la fondation Soros ou encore les sociologues Fabien Jobard et René Lévy. En juin 2009, ils publiaient la première enquête quantitative sur le contrôle au faciès. Montrant que :

  • un Arabe a 7,8 fois plus de probabilité d'être contrôlé qu'un Blanc
  • un Noir a 6 fois plus de probabilité d'être contrôlé qu'un Blanc
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L'origine sociale reste prépondérante

Les sociologues de la délinquance retiennent davantage le critère du niveau de vie que le critère ethnique pour expliquer les différences de comportement transgressif : les classes sociales défavorisées sont davantage délinquantes. Et il se trouve qu'en France, en 2010, les jeunes issus de l'immigration vivent dans des foyers plus touchés par la précarité.

C'est d'ailleurs ce que confirme Laurent Muchielli, sociologue habitué de Rue89, après l'intervention d'Eric Zemmour. Même son de cloche auprès des acteurs de terrain, et notamment éducateurs ou spécialistes de la violence en milieu scolaire.

Pour ces derniers, qu'il y ait davantage de Noirs et d'Arabes parmi les jeunes délinquants n'est pas vraiment un scoop. Mais avant tout le corollaire d'un phénomène socio-économique.

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Un sociologue à contre-courant sur le critère ethnique

Toutefois, un sociologue brasse à contre-courant : Sebastian Roché. Contrairement à la plupart de ses pairs, il a décidé de réinvestir une lecture qu'il juge « taboue » en France, celle de l'origine ethnique.

Durant vingt ans, il a épluché les condamnations prononcées en Isère contre des mineurs. En consignant notamment l'origine des parents des condamnés. Or il affirme que ceux dont au moins un des deux parents est né dans un pays étranger sont davantage délinquants. Vu l'âge des condamnés (des mineurs), la plupart de ces parents sont en réalité issus d'Afrique ou du Maghreb, conséquence des flux migratoires récents.

Le sociologue, qui affirme aujourd'hui avoir été « lynché » par ses pairs et ne plus publier pratiquement qu'en anglais sur le sujet, ne nie pas totalement le critère de l'origine sociale. Mais il attire notre attention sur un point intéressant : même chez les enfants de cadres supérieurs sans enjeu de précarité, il y a davantage de comportements délictueux chez ceux dont un parent serait né sur le continent africain par exemple.

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Des pistes d'explication

Sur le terrain, certains trouvent « dangereux » de faire de telles statistiques à même de donner du grain à moudre aux xénophobes.

Le malaise est perceptible quand on détaille les chiffres mis en lumière par Sebastian Roché. Or ni l'institution scolaire, ni la protection judiciaire de la jeunesse ni même dans la police n'en donnent d'explications.

C'est peut-être du côté de la psychologie qu'il faut chercher des clés pour expliquer cette « surdélinquance ».

Les contrôles au faciès sont loin d'être en effet les seuls pressions discriminantes dans la France de 2010. On sait ainsi qu'il est plus difficile de trouver un logement, un emploi, et même un stage, selon que l'on porte (ou pas) un nom à consonance étrangère et post-coloniale. Ou selon la couleur de sa peau.

« Face à ce rabâchage de la différence, certains craquent »

A force d'être renvoyés à une origine prétendument délinquante (et donc insultés), certains passent-ils davantage à l'acte ? La défiance vis-à-vis de l'autorité s'explique-t-elle par le sentiment d'exclusion ?

Pas impossible, selon Taoufik Adohane. Psychologue en Seine-Saint-Denis depuis de nombreuses années. Ce dernier n'évacue pas le biais socio-économique mais reste ouvert à d'autres « hypothèses raisonnables ». En toute prudence :

« Un immigré nord-africain, on lui demandera toujours d'où il vient, contrairement à un Italien. L'assimilation sur la base de la similitude de la couleur de la peau, des prénoms, de la religion, ne peut pas fonctionner.

Intérieurement, certains craquent de ce fait : les gamins ne savent pas quoi répondre à cela, c'est un phénomène inconscient. Face à un tel rabâchage de la différence, la seule manière de survivre psychiquement, c'est de refouler. Le passage à l'acte, c'est le retour du refoulé. »

« Ils n'ont pas intériorisé la notion de limites »

Pour lui, ces comportements délinquants n'ont pas toujours un lien avec la transgression explicite de la loi. Mais plutôt avec l'inconscient. Et, de nouveau, la pauvreté :

« Je surprends quotidiennement des gamins de 10 ans en train de piquer un sac ou autre. Quand je parle avec eux, c'est de l'ordre de l'incompréhensible. Il ne faut pas chercher de causes immédiates. Eux mêmes ne savent pas.

C'est plutôt un acte manqué. En grandissant dans une plus grande précarité, ils n'ont pas intériorisé la notion de limites. »

Interrogé juste avant la plainte de la Licra par Rue89, Eric Zemmour a malheureusement refusé de livrer ses pistes d'explication. N'ayant apparamement « pas de temps à perdre pour polémiquer » et « beaucoup de travail sérieux » à abattre, il a très vite raccroché, assurant qu'il avait déjà « tout dit, tout écrit ». Reste à voir ce qu'il dira au tribunal si la plainte de la Licra va jusqu'à son terme.

Article initialement publié le 19/03/10.

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  • Olympe36
    • Posté à 21h39 le 19/03/2010

    Euh, j'ai un père marocain, issu d'un milieu très bourgeois. J'ai fait une grande école, mon frère aussi. Mes cousins sont tous diplômés, parfois même de Harvard. Désolée, mais je ne compte aucun voleur ni criminel dans ma famille. Idem parmi les amis de mes parents. Franchement, je ne pense pas que la délinquance maghrébine soit d'origine génétique ou culturelle. Elle n'est que le fruit de contingences socio-économiques. Toute autre analyse me parait, comment dire... légèrement « connotée »...

  • La mouche du coche-
    • Posté à 21h48 le 19/03/2010

    z
    z
    Incidemment je félicite Chloé pour nous avoir fait un véritable article sur Eric Zemmour. Pour la première fois en effet il y a une réponse argumentée, discutée, fouillée, et non le ricanement méprisant habituel aux bien-pensants censeurs. Cet article est unique, bravo.
    z
    z

  • Marcus25
    • Posté à 21h56 le 19/03/2010

    Pour moi, il y a une réalité qu'on occulte dans ce débat, les grands délinquants, les grands trafiquants, les hackers, les traders véreux, ce sont souvent des blancs bien propres sur eux, avec de bons avocats et par conséquent intouchables.

    Ce sont eux qui coûtent le plus cher à la société. Cette déliquance institutionnalisée en col blanc, issue de gens qui ne veulent pas se salir les mains, c'est la pire !

    Qui contrôle le trafic de drogue en Colombie ? Des noirs et des arabes ? Non ce sont des italiens ...

    Et les filles de l'Est, les experts en blanchiment d'argent sale ? Des russes ...

    L'immobilier est un secteur d'activité pas toujours très transparent. Vu les montants en jeu, un agent immobilier malhonnête est selon moi plus nuisible qu'un dealer. Mais qui le dit ?

    Et les plus grands marchands d'armes ? Des blancs ...

    Alors arrêtons de pêcher du petit gibier facile et attaquons-nous au gros gibier !

  • Désinscrit le 15-7
    • Posté à 22h03 le 19/03/2010

    99.9% des commanditaires de traffic de stup en tout genre sont blancs « europeen col bleu », tres influent avec pignon sur rue et grosses tentaculles dans les hautes spheres du pouvoir au niveau local, regional, national et mondial...(certain controle des nations dites « independantes »)

    Sauf qu'ils ont besoins d'executants « petites racailles » pour le sale labeur, et aussi pour couvrir leurs arrieres et interets...

    Exemple : elle vient d'ou la dope que sirote les fils/filles a papa de la jet-set et les autres nantis des quartiers en vogues ?

    Autre chose ; fait un test prend 10 pers 5 « type caucase », 2 magreb, 2 asiatiques, 1 afro et donne leur a chacun 1 kilo de bicarbonnate pour passer la frontiere...

    je te donne dans le mille celui qui passera pas...

  • kk
    kk
    au vert
    • Posté à 22h11 le 19/03/2010
    • Internaute
      au vert

    Merde, ils ont serré Kirikou !

  • zxcvbnm
    • Posté à 22h21 le 19/03/2010

    Le problème avec les statistiques, c'est qu'elles permettent de prouver ce que l'on veux, pourvu que l'assertion soit bien posée.
    Exemple, faisons une enquête sur les origines ethniques des tueurs en série en France :
    Marcel Barbeault
    Marie Besnard
    Pierre Bodein
    Pierre Chanal
    Michel Fourniret
    Monique Olivier
    Jacques Fruminet
    Francis Heaulme
    Denis Waxin
    Nadir Sedrati
    On constate seulement 10% d'origine étrangère. Zemmour dirait donc « La plupart des meurtriers sont des Blancs d'origine française, c'est un fait »

  • Saheyus
    • Posté à 22h22 le 19/03/2010

    Sous-titre mal foutu, et même mensonger en l'état. C'est dommage dans la mesure où l'article est assez bien fait, quoique ne poussant pas les choses assez loin à mon goût.

    Mensonger parce que, comme l'article le dit tout en se contre-disant lui-même, les « Noirs et les Arabes » ne sont pas plus « délinquants » que les « Blancs ».
    Ce sont les pauvres qui, selon les statistiques de la police, sont plus délinquants. C'est la seule chose démontrée par leurs chiffres.

    On pourra ensuite discuter de l'opportunité de ces statistiques. On pourra se demander si, plus on monte dans les échelons de la société, plus la délinquance est importante (pour la simple raison qu'on a plus de moyens) et mieux elle est cachée (pour la même raison, et parce que la société n'admet pas si facilement qu'on soupçonne des gens biens nés).
    Mais c'est un autre sujet.

    « Mais il attire notre attention sur un point intéressant : même chez les enfants de cadres supérieurs sans enjeu de précarité, il y a davantage de comportements délictueux chez ceux dont un parent serait né sur le continent africain par exemple. »

    L'explication est très simple, et est la même que pour les fils d'immigrés d'origine plus modeste : Un jeune d'origine « visiblement » immigré, qu'il soit fils de bourge ou de prolo, sera plus souvent contrôlé. L'origine sociale ne se lit pas toujours sur la figure ; pas à cet âge, du moins.
    Et chez certains, cela n'a d'ailleurs pas d'importance. Un étranger, riche ou pas, reste un étranger, et donc un suspect.

    Alors, certes, les riches, parce que vivant dans des beaux quartiers, sont généralement moins contrôlés, et cela vaut sans doute aussi pour ceux qui ont des origines extra-européennes.
    Mais si l'on considère classe par classe, je mets ma main à couper que les différences de contrôle sont constantes.

    Je doute malheureusement qu'on puisse trouver ce genre de chiffres ou d'études. Les xénophobes ont toujours une longueur d'avance, sans quoi on n'entendrait même pas parler d'eux.

  • l irlandais
    • Posté à 23h18 le 19/03/2010

    bonjour a tous, jai une petite experience personnelle qui pourrai peut etre vous aider : je vis depuis 6ans en irlande, je vis surtout au centre ville de dublin depuis que je suis arriver.
    et depuis que je suis ici jai decouvert que les irlandais ont egalements un probleme de delinquance juvenile. des quartiers dangereux ou la police refuse de ce deplacer, des ados qui mettent le feu aux voitures , aux poubelles ect... afin de regarder les pompiers au travail pour finalement les caillasser .quartiers qui sont des plaques tournantes de toutes les drogues. jeunes qui ne vont plus a l'ecole parcequ'ils gagnent plus d'argent en revendant leurs drogues ou bien parcequ'ils attaquent des magazins en bandes organisees. les plus malins construisent vite des gangs qui controlent ces meme quartiers. bien evidement reglement de compte entre bandes pour le controle d'une rue (vue de mes yeux un homme se faire poignarder sur temple bar en plein coeur du quartier touristique) . vols a l'arrache ( telephones portables , sacs a main , ect...), cambriolage de residences , refus d'obeissance aux lois, ect..... . comme vous pouvez le constater, les irlandais n'ont rien a envier aux francais en ce qui concerne les delinquants, a la seule difference qu'ici je parle de delinquants irlandais, blancs, catholiques.
    je pense tres sincerement que la misere et la disparition de l'espoir d'une vie meilleure ajouter au regroupement dans des quartiers type clapier a lapin sont les fertilizants de la delinquance.
    les origines des parents , religion, couleur de peau. ect.. ne le sont pas.

    p.s : desole pour les fautes d'ortographe, cela faisait longtemps que je n'avais pas ecris en francais..lol

  • minuipile
    minuipile
    testeur info
    • Posté à 23h45 le 19/03/2010
    • Internaute
      testeur info

    L'identité de la première génération qui naît sur le sol Français a ses racines entre deux patries. La construction de nos identités passent par la question tu viens d'où ? Notre naissance ne permet d'y attacher un lieu géographique mais notre ethnie rattache un autre lieu.

    Ainsi, vous pouvez naître en France mais si vous n'êtes pas blanc, on vous reposera la question. Et si vous ne pouvez pas encore répondre à cette question en une phrase, malheureusement, c'est un doute dans lequel vous vous installez. Donc, votre lieu de naissance ne suffit pas. Les gens ont besoin de remonter à l'histoire de vos parents. Et vous êtes rattachés à l'histoire de vos parents avec qui vous ne pouvez pas vous identifier tout simplement parce qu'ils n'ont pas vécu la même chose que vous. Les histoires qu'ils racontent non seulement font partie d'une autre époque mais d'un autre lieu. Dans le collectif dans lequel vous vivez, vous apprenez l'histoire dans laquelle vous grandissez, vous faites semblant de partager l'histoire d'une nation. Vos grands-parents n'ont peut être jamais été déportés, interrogés par la Gestapo ; vos parents n'ont peut être jamais vécu mai 68, ou encore ils n'ont pas connu les Trente Glorieuses, certains mouvements politiques comme celui de la libération de la femme ou d'autres moins glorieux que sais je encore ? A la place vous avez les traces de l'histoire peut être même du ressentiment envers une famille qui vous a regardé s'éloigner sur un continent lointain qui n'est pas le leur. Je ne parle même pas des pays comme l'Algérie ou les cicatrices sont encore vives et le ressentiment encore plus grands face à l'Histoire.

    C'est déjà ce que doit digérer la plupart des enfants d'immigrés. Et là je ne parle que de ceux qui sont cultivés qui ont accès à une éducation digne de ce nom. Et qui peuvent poursuivre leur érudition. C'est loin d'être le cas de tout le monde.

    La colonisation si l'on dit qu'elle est terminée n'a en réalité que changé de forme. A la place on a désormais des contrats mais surtout des poids économiques qui dictent qui sont désormais les maîtres, qui sont les esclaves. Certains pays africains qui dépendent totalement de l'aide des pays riches, sont restés sous cette domination économique jusqu'à aujourd'hui. (Il est vrai que depuis que la Chine est venue mettre son grain de sel, la donne a quelque peu évoluée). Voici ce qui est renvoyé au collectif ici sur le continent. Nous luttons non seulement contre la schizophrénie de ne pas appartenir à la patrie dans laquelle l'on vit. Mais on lutte aussi contre les fantasmes collectifs. Les clichés pour être plus exacts. Malheureusement comme tout fantasmes et comme dans tout amour (ici pour la patrie). Soit nous les réalisons pour faire plaisir, soit nous refusons mais nous savons qu'en faisant cela nous décevons notre bien aimée patrie ^^

  • Balthazar75
    Balthazar75
    Informaticien
    • Posté à 03h06 le 20/03/2010
    • Internaute
      Informaticien

    Déjà bravo à Rue89 de parler du fichier « Canonge », et de citer les statistiques (de 2006) qu'il renferme. C'est faire preuve d'honnêteté journalistique, ce qui n'est pas toujours le cas chez les medias marqués (à gauche ou à droite).

    Par contre, concernant le point 5 « pistes d'explication », l'article est nettement moins satisfaisant :

    - pas un mot sur le défaut d'éducation abyssal des parents (ils font X gosses sans moyens financiers pour les élever),

    - pas un mot sur la responsabilité des médias (au sens général), responsables en grande partie de l'abrutissement de la jeunesse,

    - pas un mot sur les responsabilités des politiques. Car on peut blâmer Zemmour et le FN, mais à gauche, être dans le déni systématique depuis 30 ans, c'est tout aussi grave et nocif.

    - et surtout, surtout, pas un mot sur la responsabilité individuelle des délinquants... Car pour moi, quand on fait une connerie, on est D'ABORD le responsable NUMERO 1. Où alors, cela relève de la psychiatrie lourde (abolition du discernement).

    En somme, c'est encore la culture de l'excuse qui prévaut...

    La belle affaire !

    Il est évident que les causes sont complexes à déchiffrer (pauvreté, péjugés, etc.). Mais il faut prendre le problème à la base, ce que l'article ne fait pas :

    Responsabilité n°1 : le délinquant
    Responsabilité n°2 (surtout s'il est mineur) : ses parents

    Il aurait fallut commencer par là...

  • Foggia
    Foggia
    Salaryman
    • Posté à 05h40 le 20/03/2010
    • Internaute
      Salaryman

    A tous les blondinets qui ne comprennent pas la situation dans laquelle sont les noirs et les arabes en France, je propose une expérience sociale intéressante : vivre au Japon.

    Ici, tous les étrangers (lire, non-asiatique) viennent forcément d'ailleurs, même s'ils sont nés au Japon. Ils sont contrôlés plus souvent par la police, les crimes commis par des « étrangers » (tous dans le même sac) sont bien plus médiatisés, les politiciens rajoutent une couche sur la délinquance d'origine étrangère, etc...

    Je ne pense pas que le taux de crime « étranger » soit plus élevé que celui de la population « locale », mais tous les Zemmours locaux sont à fond dessus.

    Bon, les flics ici ne sont pas violents ni agressifs lors des contrôles (quoique, on entend des histoires...) et la plupart des gens ne pensent pas à mal en vous demandant d'où vous venez. Je ne peux pas vraiment comparer ma situation d'expat à un français « d'origine étrangère », mais étant blanc personnellement et n'ayant jamais connu ça avant, ça donne un bon avant goût de ce que ça doit être en France.

    Et c'est très, très désagréable voir humiliant par moment, tout ce jugement au faciès.

  • Holocrate
    Holocrate
    Douteur plus que douteux
    • Posté à 09h27 le 20/03/2010
    • Internaute
      Douteur plus que douteux

    Nul besoin d'être Black ou Beur pour se rendre compte que (même inconsciemment) les flics bossent « au faciès » : même si vous êtes blanc pur jus, sapez-vous comme un milord et roulez dans une voiture haut de gamme, puis déambulez (à pied) attifé comme un loozer : vous verrez immédiatement la différence !
    Quant aux petites frappes, elles ont existé de toute éternité : rappelons-nous, par exemple, les apaches de la Belle Epoque ! Or, que l'on sache, ils étaient tous on ne peut... plus blancs !
    Il est donc évident que sur le fond, Zemmour se trompe.

    Cela dit, cette polémique pose encore une fois le problème du délit d'opinion :
    Ainsi donc, dans cette affaire, Zemmour est réputé avoir franchi la ligne rouge de ce qu'il est politiquement correct de dire... ou pas ! Et d'aucuns de s'en offusquer avec force effets de manches, de le lui faire comprendre vertement, voire de le poursuivre en justice pour propos racistes...

    Perso, je pense que notre société se trompe lourdement en ayant institué le délit d'opinion (Lien)... mais aussi et surtout en l'ayant associé à des comportements racistes ou xénophobes, ce qui n'est pas la même chose !
    Je pense qu'elle se trompe lourdement parce que ces contraintes ne diminuent en rien les réflexes racistes ou xénophobes, au contraire !

    En fait, dans notre désir effréné de « laver plus blanc », nous avons complètement zappé cette évidence :
    Les réflexes racistes ou xénophobes appartiennent à nos mécanismes grégaires les plus profonds et à ce titre, sont donc on ne peut plus naturels !

    Bref, la tolérance et l'acceptation de ce qui est différent NE sont PAS des caractères innés ! Cela s'apprend par un long - parfois très long - processus d'apprentissage à la tolérance et à l'acceptation de l'autre dans ses différences !

    Et pas - mais alors pas du tout ! - par ces diktats coercitifs qui ne font que cristalliser les « racistes » dans leur réflexe identitaire.

  • domifa
    • Posté à 10h27 le 20/03/2010

    Merci pour cette réflexion intéressante. J'ajouterais que le fait de se trouver à la jonction de deux cultures (celle du pays d'origine et celle du pays d'accueil), souvent très différentes voire contradictoires présente d'innombrables difficultés qui s'ajoutent au sentiment de n'être pas les bienvenus dans le pays où ils sont nés et aux difficultés matérielles dues à l'intégration.
    Il ne faut jamais oublier que la situation dans laquelle nous sommes a une influence déterminante sur notre comportement et qu'à leur place, vivant les mêmes difficultés, nous réagirions sûrement comme eux.
    On voit en effet la même situation produire les mêmes effets en Israel par exemple avec l'immigration de juifs ethiopiens et dans bien d'autres cas.
    Une société saine et juste se doit d'aider ses membres en difficulté quelle qu'en soit la raison, mais hélas la majorité des dirigeants et des élites de la nôtre trouvent plus utiles à leur carrière d'offrir à la vindicte populaire les minorités sans pouvoir et sans représentation pour faire oublier les privilèges inouïs dont ils bénéficient.

  • Eliott
    • Posté à 11h53 le 20/03/2010
    • Internaute

    Zemmour ne cite que des faits. Il n'a jamais dit que les noirs et les arabes sont tous des trafiquants.

    Il est évident qu'on peut toujours trouver une explications à tout, mais cela ne règle en rien les problèmes.

    Venez dans les cités, et discutez avec les familles (noir/arabes) qui font tout pour que leurs gosses réussissent et qui sont obliger de lutter quotidiennement avec les rabatteurs. La vie est devenue impossible dans ces cités pour toutes les populations qui veulent respecter la république.

    Mais que fait la Police ? rien, que fait l'Etat ? Rien

    Cet article, reprend des idées vieilles de 30 ans, mais n'apporte aucune solution.

    Pourquoi dans des quartiers populaires, le FN fait un bon score ? car les noirs et les arabes voient en Lepen un espoir de rétablir la paix de vivre.

    Nous avons un véritable problème d'intégration en France de certaines populations qui refusent de s'intégrer et qui importent leur façon de vivre. Et comme elles refusent la France elles se mettent par conséquent dans un circuit parallèle.

    Dire cela n'est pas du racisme ou de la xénophobie, mais simplement le réalité du quotidien de famille voulant vivre en France comme les français. Maintenant les cités tout le monde s'en fout du moment qu'elles ne viennent pas déteindre dans les autres quartiers plus bourgeois.

  • Orphee
    • Posté à 15h26 le 20/03/2010
    • Internaute

    Je crois qu'il ne faut pas céder à la tentation du lynchage médiatique de Zemmour (qui, par ailleurs, m'agace profondément) pas plus qu'à celle de Frèche (que je tiens en piètre estime) sur la proportion de noirs en équipe de France.

    « C'est un fait » dit-il, et on ne peut le dénier en faisant valoir le biais statistique. C'est sur ce que ce fait révèle qu'on peut et qu'on doit s'interroger mais on ne peut l'écarter sous couvert de bonnes intentions. Ceux qui le font, et qui pour la plupart ne sont pas confrontés à la réalité de la « France d'en bas » comme disait M. Raffarin, ne font que donner des voix au FN.

    Surreprésentation des immigrés « visibles » qui sont aussi des immigrés récents dans la délinquance, cela ne traduit-il pas simplement une panne de la machine à intégrer ? Il s'agit d'y remédier, non de mettre la tête sous le sable.

    Surreprésentation des joueurs de couleur en équipe en France : la remarque n'est-elle pas le pendant de celle qui constate que les minorités visibles ne sont pas représentées à leur juste mesure dans la sphère médiatique et qui n'a jamais suscité de commentaires indignés ? Pourtant, les deux posent la même question d'intégration, les noirs semblant condamnés au rap et au football. Et si on s'interrogeait aussi ?

    Quand Zemmour dit qu'Abd-al-Malik ne vaut rien, je me dis qu'au mieux il ne l'a pas écouté et qu'au pire, il se permet de nous dicter ses appréciations. Pas d'accord.

    Quand il fait la déclaration dont nous discutons, je n'y vois rien à redire, sauf à travestir la vérité.

  • F. Jobard
    • Posté à 17h32 le 20/03/2010

    Je me permets de réagir au point 4 sur « le sociologue à contre-courant ».

    A-t-il vraiment été, comme il est explicitement dit dans l'article, et entre guillemets, « lynché » par ses collègues en raison de l'étude évoquée ? Voilà une accusation assez grave portée contre les sociologues en France : cette profession organiserait des cabales visant à détruire la réputation, le crédit, la carrière d'un des leurs parce que le sujet sur lequel il travaille ne leur convient pas.
    J'aimerais beaucoup avoir un éclairage là-dessus.

    Pour ma part, je travaille sur ces questions, ai sorti un papier dans la Revue française de sociologie qui montre qu'il n'y a pas de discrimination au stade du jugement - je suis encore vivant. J'ai mené avec René Lévy et John Lamberth l'étude mentionnée sur les contrôles d'identité, qui montre qu'il n'est pas possible à ce jour de déterminer si les gens qui sont contrôlés le sont en raison de leur couleur de peau et/ou de leur apparence vestimentaire - je suis encore vivant. En revanche, en effet, je n'ai pas lu de publication de la recherche de S. Roché, sauf un rapport élaboré avec M. Dagnaud il y a quelques années, très éclairant - j'espère ne pas être « lynché » pour écrire cela. J'indique à toutes fins utiles que je fais partie de comités de rédaction d'au moins deux revues de sciences sociales francophones qui aimeraient beaucoup recevoir une proposition d'article de l'auteur sur ce thème. L'une a sorti en 2009 un article sur les « affrontements entre bandes », un autre sur « l'expérience du ghetto », un autre sur « les détenus étrangers en Europe » ; l'autre une « ethnographie d'un lycée de banlieue » qui évoque frontalement les questions raciales. Notons pour illustrer encore mon étonnement que la Revue française de sociologie, pour ne prendre qu'elle, a sorti en 2009 un article sur « les prostituées chinoises à Paris », un sur la « ségrégation ethno-raciale à Paris », un sur « ségrégation ethnique et ségrégation sociale dans les quartiers sensibles », un autre sur « évolution de la ségrégation des immigrés depuis 1968 », un autre sur « ghettos et marginalité urbaine », un autre sur les « multipartenariats sexuels antillais »...

    Tout indique qu'on ne lynche pas si souvent à propos des questions raciales ou de discrimination chez les sociologues en France, ni même d'ailleurs que la question ethnique est le moins du monde « taboue ».
    Les lecteurs de Rue89 pourraient-ils donc être éclairés sur cette étrange mention, qui apparaît en parfaite contradiction avec le développement actuel de la sociologie en France ? Merci beaucoup.

  • gringo4c
    gringo4c
    Nuance de gris
    • Posté à 18h04 le 20/03/2010
    • Internaute
      Nuance de gris

    La provoc » de Zemmour fonctionne JUSTEMENT parce que la gauche et les différentes associations de lutte contre le racisme ont passé des années à chercher des excuses pour les criminels de couleur marron et noir. Et cet article est dans la même vaine.

    C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui avec les climats sceptiques, à force d'auto-flagellation et culpabilité forcée, les gens finissent par en avoir marre et se retrouvent décomplexés, dans ce cas face à la xénophobie.

    OUI, la xénophobie existe, que ce soit en France, en Suisse, en Italie ou en Allemagne. OUI, c'est scandaleux et il faut essayer de l'éradiquer. Mais la vision des associations qui ont tendance à accuser « l'homme blanc » de tout leurs maux, c'est aussi scandaleux. L'anti-racisme est devenu au fil du temps un dogme puissant. Et que fait un dogme lorsqu'on essaie de le critiquer ? Il vous brûle sur la place publique.

    Le monde n'est pas noir et blanc, le monde ce n'est pas seulement les pauvres victimes issues de l'immigration qui se retrouvent à faire des braquages et à brûler les voitures parce qu'ils sont éternellement victimes des méchants français de souche racistes, qu'ils soient patrons, politiques ou policiers.

    Privilégier une cette vision, c'est avoir la certitude qu'un jour ou l'autre les gens seront plus attirés par la vision opposée. C'est à dire « les jeunes issus sont tous des criminels et de toute façon le racisme n'existe pas ».

    Je crois bien qu'il est trop tard pour revenir à des discours plus mesurés.