A debattre 16/03/2010 à 11h38

Pourquoi les femmes dans le métro ne sont pas dans les féminins ?

David Servenay | Ex-Rue89

C’est un rituel du samedi : je plonge dans les magazines féminins, pour comprendre ce qui motive l’autre moitié de l’humanité. Que lisent les femmes ? Comment mes consoeurs écrivent-elles ? De quoi se préoccupent-elles ?


Samedi, je suis donc tombé sur le dernier Marie-Claire (numéro de mars 2010).

Le temps d’arriver au sommaire, j’avais déjà feuilleté une bonne douzaine de pages de publicité : parfums, fringue, bijoux, le triptyque habituel. Mais peu à peu, j’ai le sentiment que quelque chose cloche.

Sylphides, plutôt blondes que brunes, à la limite de l’anorexie comme c’est désormais la règle dans la mode : ces mannequins me font une drôle d’impression.

Au fil des pages, le même reflet social

A force de tourner les pages, l’impression se précise. Elles sont là, différentes et en même temps identiques.

D’une pub à l’autre, je me dis tiens, celle-ci, je l’ai pas déjà vue trois pages avant ?

Et soudain, je comprends. Toutes ces jeunes femmes, qui incarnent une forme d’idéal féminin, sont du même reflet social : elles se ressemblent.


Double page de publicité pour le Comptoir des cotonniers (DR)

En fait, je crois que la publicité ci-contre, qui joue sur la similitude d’apparence mère / fille, a été le déclencheur.

Une seule métisse sur 326 pages

Je vérifie page après page (les 326), si la sylphide silhouette blonde ou brune peut parfois avoir la peau bronzée, cuivrée, métisse ou carrément noire. Comme toutes ces jeunes femmes que je croise matin et soir dans le métro. (Voir la vidéo)


Publicité pour Nivea dans Marie-Claire (DR)

Et bien non, rien. Rien de rien. Ah, si peut-être cette fille (page 180) vantant une célèbre crème de beauté. Vous croyez qu’elle est métisse ? Un peu sûrement.

Et la diversité, alors ?

A ce moment-là, j’ai repensé au discours d’Elisabeth Badinter sur la place et le combat des femmes dans la société de 2010. Sur le poids de la publicité, vu par l’une des premières actionnaires du groupe Publicis. A sa défense un peu maladroite, minorant le rôle de la représentation des femmes dans ce maëlstrom publicitaire.

Surtout, je me suis demandé comment une jeune femme active et pas blanche pouvait bien lire les féminins d’aujourd’hui sans se sentir un peu exclue du jeu. Mais ce combat, je crois que ni Marie-Claire, ni Elle, ni les autres n’ont vraiment envie de le mener. Sinon, ça se verrait, non ?

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  • Edouard Chastagnier
    Edouard Chastagnier
    Bogue la galère
    • Posté à 12h26 le 16/03/2010
    • Internaute 101113
      Bogue la galère

    Il n’y a plus de Katia D. Kaupp pour relever un tantinet le niveau, dans Elle et compagnie... c’est ça, toute l’histoire.

    Sinon tu es tombé sur un mauvais numéro ; d’ordinaire il y a plein de portemanteaux féminins hâves et de toutes les couleurs, dans les pubs foisonnantes de ces hebdos.

    Mais il est tout à fait possible de lire un mensuel féminin sans devoir supporter la vision pénible de mannequins maigrichons et de s’user le bout des doigts à tourner les pages de pub en quatrième pour cause de publiphobie : dans ’Causette’ il n’y a rien de tout ça, et c’est plein de noires, de basanées et de gens normaux... et même de syndicalistes mal rasés.

    Zéro pub, c’est l’avenir.

    Lien

  • bibimbap
    bibimbap
    en travaux
    • Posté à 13h11 le 16/03/2010
    • Internaute 86441
      en travaux

    Détrompez-vous. La presse féminine fonctionne beaucoup par un phénomène d’identification « par le haut », c’est à dire que pour séduire sa lectrice, elle doit la flatter en faisant mine de s’adresser à un public un peu plus (riche, branché, âgé, jeune, complétez comme vous voulez).
    C’est toute l’ambivalence de ce genre de presse : soit on est flattée d’être virtuellement mise sur le même plan que les fantastiques gonzesses qui portent des fringues hors de prix, soit on est déprimée de ne pas être à leur hauteur.
    Mais je parie qu’un féminin qui mettrait des photos des filles du métro (dans la moyenne des filles du métro, par les pages « looks de la rue » faussement spontanés dans lesquelles les filles sont belles comme des mannequins mêmes si elles ne sont pas mannequins) ne se vendrait pas bien du tout. Si l’aliénation pouvait marcher sans un minimum de complicité de l’opprimé, ça se saurait.

  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 13h42 le 16/03/2010
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Les femmes représentées dans les journaux dits féminins ne représentent absolument pas la réalité. Ces journaux veulent présenter ce que certaines femmes (en général, celles qui achètent ces journaux) se rêvent d’être ! ! Ainsi que certains homme rêvent qu’elles soient ... Peu d’intérêt, sauf peut-être artistique - et encore, là je parle d’une certaine partie de la population. Ce genre de journaux négligemment feuilletés chez le médecin ou le coiffeur, souvent vieux d’une année si ce n’est plus, ne sont pas le reflet de la réalité. La pub, les fringues, les photos même ne sont qu’un espoir inabordable pour la majorité. Les images glacées de ces mannequins sont la partie exposée de l’inaccessible.

  • vdolot
    vdolot
    en sursis au pied des usines
    • Posté à 13h54 le 16/03/2010
    • Internaute 29592
      en sursis au pied des usines

    La presse féminine : en lisant marie-claire j’esaye de voir ce qu’écrivent mes consoeurs et ce que lisent l’autre moitié de l’humanité...
    Dans le genre sexiste on fait difficilementmieux ! ! Ben oui les journaux sérieux genre le monde, c’est fait par les hommes pour les hommes... et dedans y’a pas de pub matérialistes : rien que du lourd, du cérébral pour nos zhommes qui eux pensent ! !
    Nous à part le maquillage et les fringues, les lectures sérieuses ne nous intéressent aps... D’ailleurs pas une seule gonzesse qui écrive ailleurs que dans ce torchon de Elle (qui alterne les couverture entre carla, laetitia ou fadela.... ) ! Ben non ! ! les sigantures féminisés dans les grands quotidiens nationaux sont des pseudos.... D’ailleurs si Mme FIGARO ne m’avait pas parler du Monde, du Parisien, de Libé (comme étant de bonnes lectures masculines) ben je saurais même pas que ça existe...
    désolée faut que je file, je viens de recevoir un Biba bouillant avec un dossier de fond sur la couleur des tongs cet été....

  • Désinscrit le 15-6
    • Posté à 15h22 le 16/03/2010
    • Internaute 83404
      nc

    Sujet intéressant mais a peine effleuré à mon avis :

    pour comprendre ce qui motive l’autre moitié de l’humanité : que lisent les femmes ?
    C’est que toutes les femmes ne lisent pas ces magasines, de même que tous les hommes ne lisent pas les magasines de voiture et moto.

    Je n’ai pas encore lu les autres commentaires, mais j’imagine que cela à été dit.

    Il faudrait savoir combien de nanas lisent ces magasines et le crédit qu’elles y accordent.

    Ce qui m’intéresserait de savoir aussi, c’est pourquoi la plupart de ces magasines traitent de sexualité :
    Les secrets de l’orgasme
    Votre sexualité dans le couple
    etc

    et pourquoi les magasines masculin en parle si peu, voir pas du tout.
    Les femmes qui lisent cela ont elles autant de mal a comprendre leur sexualité ?

    Ces magasines sont à mon avis une caricature de la féminité, libres à certaines femmes de croire que cela les représentent. Quand aux autres, elles lisent cela dans les salles d’attentes, des dentistes, des médecins.

    Je préfère mille fois lire Electronique pratique, ciel et espace, l’art contemporain, Burda couture, la recherche, au moins, personne n’est pris pour un cliché de son sexe, ce ne sont pas des magasines caricaturo-sexués.
    Et puis je n’aime pas qu’on m’explique que je peux me masturber sans complexer ni quelle robe ou quel bijou est porté à Paris.
    Bref, je résiste quand on m’enferme dans une catégorie.

    Mais il est possible encore une fois que je sois parmi les rares asociales de ma catégorie : C’est a dire mon avis compte peu car je suis non-représentative.

  • Désinscrit le 15-6
    • Posté à 16h01 le 16/03/2010
    • Internaute 83404
      nc

    Non, en faite je ne lis pas Electronique mon amour, mais l’ Electronique des femmes.