A la une 12/03/2010 à 12h56

Euro : le nombre de faux billets a explosé en deux ans

Nacim Chikh | Rue89


Des billets de Monopoly (P e e p e r /Flickr)

L’euro était censé être infalsifiable. Pourtant, de plus en plus de faux billets, en particulier de vingt euros, circulent. Ils sont écoulés dans les petits commerces qui n’ont souvent ni le temps ni le matériel pour s’en protéger.

« Non falsifiable » ne signifie pas inimitable. Si le secret de la duplication des billets n’a pas encore été percé par les faussaires, celui de l’imitation est beaucoup plus accessible. Avec un ordinateur, un scanner de bonne qualité, une imprimante et des connaissances solides en informatique, on peut obtenir des copies trompeuses.

« Plus une monnaie circule, plus elle est contrefaite »

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Ces deux dernières années, le nombre de faux billets a explosé. Selon un communiqué de la Banque centrale européenne, datant de janvier 2010, il a augmenté de 51% en Europe. Officiellement ce sont donc 447 000 billets contrefaits qui ont été saisis durant le second semestre 2009.

Le boom s’explique par l’arrivée à maturité de l’euro : huit ans après sa mise en circulation, la monnaie européenne s’est relativement imposée sur la scène internationale.

La parité euro/dollar ayant explosé et les techniques propres à la contrefaçon de l’euro étant devenues de notoriété mafieuse, ce trafic est devenu beaucoup plus intéressant, comme l’explique Nicolas Jean Bréhon, spécialiste des finances communautaires et professeur à la Sorbonne :

« L’adage veut que plus une monnaie circule, plus elle est contrefaite. Avant, le dollar était la seule monnaie de référence. Maintenant, l’euro a pris de l’ampleur et du coup, les faussaires, en Europe mais aussi en Asie ou en Colombie, s’y intéressent plus. »

La France, championne d’Europe du faux billet

La France est le pays européen où l’on trouve le plus grand nombre de faux-monnayeurs. Une vieille tradition hexagonale datant d’une époque où le Franc était utilisé partout.

Ce sont principalement des petites ou moyennes coupures (86% des faux billets sont de 20 ou 50€). Et compte tenu du prix de revente au marché noir (entre 10 et 30% de la valeur faciale billet), elles sont le plus souvent écoulées dans les commerces de proximité, qui n’ont pas toujours les moyens de se protéger.

M. Kim tient un bar-tabac rue de la Réunion, dans le 20e arrondissement de Paris. Des faux billets, il en croise presque toutes les semaines. Il a ses petits trucs pour les repérer :

« On essaie de faire toujours attention. Au toucher, on en repère certains directement. Sinon, j’ai une mini lampe UV achetée dans un bazar qui permet de vérifier.

Après, ça arrive d’en laisser passer un. Rien que ce matin, en déposant de l’argent à la banque, on m’a refusé deux billets de cinq euros. Et dans ce cas, c’est pour ma pomme ».

Des moyens de fortune qui permettent de limiter la casse. De son coté, la Banque de France se contente de récupérer puis de détruire les faux billets, sans compensation.

Reste que reconnaître un faux billet de bonne facture n’est pas à la portée des commerçants.

On recense plus de 1000 méthodes différentes de contrefaçon. Et sur les 64 points de contrôle des billets, seuls treize sont accessibles au grand public.

Pour Chérif, traiteur libanais à Paris, c’est d’ailleurs un combat perdu d’avance :

« J’ai arrêté de faire attention. Parfois, j’ai un billet refusé à la banque, mais ça reste très rare. Et puis j’ai une clientèle d’habitués : ils prendraient mal que je vérifie leurs billets tous les midis. »

L’argent, ce lien social

Si, économiquement, la fausse monnaie n’a un impact concret que très réduit, elle n’en pose pas moins d’autres problèmes. L’argent est un lien social et la valeur symbolique du billet doit être garantie à tout prix. Sa décrédibilisation empêche la moindre transaction de s’effectuer sereinement.

Du coup, les organisations gouvernementales préfèrent rester discrètes. L’office central pour la répression du faux monnayage a préféré ne pas répondre à nos questions. La Banque centrale européenne n’annonce, elle, que 860 000 billets retirés de la circulation en 2009.

Le décompte est partial et omet les faux interceptés par les polices européennes avant mise sur le marché. Pour Nicolas Jean Bréhon, on en compterait donc plutôt deux millions. Sur près de treize milliards de billets en circulation dans toute l’Europe, le phénomène reste marginal.

La vraie inquiétude, c’est la facilité avec laquelle on peut maintenant produire de faux billets suffisamment crédibles pour échapper aux moins vigilants : 90% des billets de vingt euros sont produits par des petites mains, de manière artisanale.

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  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 14h26 le 12/03/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► Le fait que la Banque de France refuse de rembourser un faux billet présenté par un commerçant est élément à favoriser la diffusion des faux :

    En effet, un commerçant qui sait que les faux billets ne lui sont pas remboursés, lorsqu’il fait sa caisse de fin de journée, s’il détecte un faux billet, il se le garde afin de le refiler à un client le lendemain, ou pour faire des courses avec...

    Alors que si le faux était remboursé, il serait immédiatement détecté par la banque, au lieu que tout le monde se passe le mistigri.
    Celà permettrait aux policiers d’avoir une trace rapide et fiable du parcours des faussaires, voire même un témoignage de commerçants se souvenant de...

    Il faut savoir que la Banque de France possède une arme imparable pour détecter la présence de faux, même s’ils sont plus vrais que les vrais,
    c’est les numéros des billets,
    sachant que tous les numéros ne sont pas attribués (des numéros qui sautent de manière alléatoire, mais numéros que seule la Banque de France connait).
    Ainsi si un billet est présenté, et qu’un billet ayant le même numéro a déja été détruit,
    ou si un billet possède un numéro non attribué...

    C’est pour ça que moi, j’ai abandonné le billet,
    je ne frappe que des pièces.
    Je reconnais que c’est moins pratique, ça fait des poches lourdes, et ça oblige de diviser ses courses en 4 passages en caisse.

    Par contre, c’est génial pour les parcmètres et les pourboires.

  • yoms
    • Posté à 14h56 le 12/03/2010
    • Internaute 67829

    « La vraie inquiétude, c’est la facilité avec laquelle on peut maintenant produire de faux billets suffisamment crédibles pour échapper aux moins vigilants : 90% des billets de vingt euros sont produits par des petites mains, de manière artisanale. »

    Hé hé ! Ca rapelle l’action de lucio urtubia anarchiste espagnol qui décidé d’imprimer des milliers de travellers chèques dans les années 70/80 pour déstabiliser l’économie américaine...

  • Nacim Chikh
    Nacim Chikh répond à Pierrrrre
    Auteur(e) de l'article Rue89
    • Posté à 15h06 le 12/03/2010
    • Internaute 107118
      Rue89

    Rembourser les faux billets poserait d’autres problèmes :

    1) ce billet n’a aucune valeur
    2) la monnaie serait dévalué
    3) les faussaires feraient la queue devant les banques avec des sacs de faux billets produits une heure plus tôt. De facto, l’état paierait les criminels pour produire des billets.

    Frapper ses pièces, c’est sympa, surtout pour jouer à pile ou face... :)

  • Pierrrrre
    Pierrrrre répond à Nacim Chikh
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 16h00 le 12/03/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Rembourser les faux billets poserait d’autres problèmes : »

    ► Exact, sachant que ce remboursement pourrait se faire sur un budget spécifique à la lutte contre la fraude, et obligerait le déposant à expliquer le contexte dans lequel il s’est procuré le billet.
    Il est évident qu’un trop grand laxisme du commerçant pourrait ne pas être accepté,
    Quant aux faussaires faisant la queue devant les banques, ce serait tout béni pour la police.

    Le commerçant s’étant fait fourguer un faux billet n’a d’autre moyen aujourd’hui que de l’écouler lui même discrètement s’il ne veut pas y être de sa poche, empèchant ainsi de remonter à la source du faussaire
    L’assurance d’un remboursement permettrait même au commerçant d’appeler immédiatement les flics, signalement du contrevenant à l’appui.

    Effectivement que la collectivité y perdrait quelques billes (ets), mais elle gagnerait en réactivité et en renseignements pour l’arrestation des faussaires.

    Et puis, les commerçants doivent -ils rester les seuls grugés d’un problème touchant à toute la collectivité ?

    ––-

    ► Pour les pieces, je les frappe Pile au recto et aussi au verso.. comme ça, sa double leur valeur faciale. ☺

  • mauser
    mauser répond à Xa_chan
    • Posté à 22h06 le 12/03/2010
    • Internaute 4683

    Ce n’est pas neuf à une époque j’ai travaillè comme étudiant dans l’une des plus grandes auberges de jeunesse de france
    le nombre de pièces de ? pesetas que l’on retrouvais dans les monayeurs inimaginables
    Cette pièce je crois 1 pesetas avait exactement les même qualitès que celle de 1 franc de l’époque
    Comme les banques ne reprennent pas les pièces autant dire que je suis parti en Espagne avec une valise lourdes mais lourde
    Il existait aussi une autre pièce qui passait mais d’origine exotique comme votre Bath
    Vous avez euu aussi une époque où il était impossibles de trouver de la monaie enItalie les pièce d’une Lire valaient plus cher une fois fondue que leur valeure faciale autant dire que les ferrailleurs se battaient pour les avoir

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 01h11 le 13/03/2010
    • Internaute 47198
      en invalidité

    Sans déconner...

    je suis collectionneur, si vous avez de faux billets ou des pièces...contactez moi…

    même des billets, pièces, timbres du monde entier...je suis preneur.

    petite anecdote, des amis du centre de l’Allemagne étaient venues passer quelques jours,
    la première chose que je fais toujours...je leur vide les poches et le portefeuille...puis je contrôle pièces et billets...surtout ceux sortant des distributeurs…

    ce jour là deux billets de 20 attirent mon attention...il y avait une « tache » à la loupe je constate que la tache est une « fleur » avec le mot « echt » (vrai, authentique) après renseignement.
    les billets contrôlés et mis de côté par la machine sont sorti du circuit et remplacés par un neuf, puis ils sont contrôlé manuellement les bons reçoivent le tampon ECHT mais ne sont plus remis dans le circuit.

    Dans le cas des miens il y a eu fausse manœuvre quelque par et les deux billets tamponnés sont retourné dans le circuit…ce qui fait qu’il y deux billets de trop en circulation

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 06h35 le 13/03/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    La part des billets et pièces en circulation est de plus en plus anecdotique par rapport à le masse monétaire globale.

    Lien

    La vraie fausse monnaie est indétectable.