Aujourd'hui l'Inde

L'Inde adopte dans la douleur le quota de femmes au parlement

En partenariat avec Aujourd'hui l'Inde(De Delhi) Empoignades, documents déchirés, agression du vice-président de l'assemblée. Une atmosphère anti-démocratique a envahi lundi le Parlement indien, où devait être votée la « Women Reservation Bill ». Une loi accordant un tiers des sièges de députés aux femmes dans l'hémicycle, tant au niveau fédéral que régional.

Des députés de trois partis régionaux minoritaires ont en effet empêché le vote de se dérouler comme prévu le jour symbolique de la journée internationale de la femme, le 8 mars, obligeant la chambre haute du Parlement à le repousser à ce mardi. La loi a finalement été adoptée à une large majorité et sept députés ont été suspendus pour avoir perturbé l'assemblée. (Voir la vidéo)


Rien ne laissait toutefois présager une amélioration de la situation. Les leaders des trois partis, Rashtriya Janata Dal (RJD) Samajwadi Party (SP) et Janata Dal United (JDU), ont réaffirmé leur ferme opposition à la loi.

Le « trio Yadav », du nom du leader du RDJ, s'est entretenu avec le Premier ministre Manmohan Singh à sa résidence dans la matinée, réitérant sa position : « Nous avons demandé au Premier ministre de repousser le vote. Nous avons fait une demande pour réunir tous les partis sur la question », a déclaré à la chaîne CNN-IBN Lalu Prasad Yadav.

L'ex-ministre des chemins de fer et ses deux soutiens du moment contestent la résolution, affirmant qu » il serait mieux qu'elle profite aux « femmes dans le besoin », c'est à dire les plus défavorisées de la société indienne. Sharad Yadav déclare pour sa part :

« Nous avons exprimé notre opinion, ce que nous ressentons pour les femmes musulmanes et celles appartenant aux basses castes ».

Mais cet argument est perçu avant tout comme une simple excuse pour enrayer le vote, d'autant que ces éventuels quotas accordés aux « minorités » sont inexistants pour les députés masculins.

Pour l'instant, les femmes occupent 10% des sièges

Le Parlement indien est pour l'heure dominé par les hommes. Les femmes n'occupent que 10% des sièges. Une nouvelle résolution pour leur assurer une meilleure représentation avait été proposée dès 1996 mais n'avait pas passé le test du vote. Trois ans plus tôt, une représentation de 33% de femmes au niveau local (Local bodies- conseils de villages ou Panchayats) avait été votée.

Les circonscriptions étant accordées aux candidates femmes de manière rotative, les députés régionaux et fédéraux qui s'opposent à la » Women's Reservation Bill » craignent désormais aussi que la nouvelle loi les oblige à renoncer -du moins momentanément - à leur mandat.

Le projet d'augmenter le nombre de sièges pour les femmes de 59 -actuellement elles sont 181 sur 545 députés- bénéficie désormais du soutien de la coalition gouvernementale menée par les partis du Congrès, du Bharatiya Janata Party (BJP), le principal parti d'opposition, et ses alliés, ainsi que des partis de gauche.

Le BJP et le parti communiste (CPI-M) affirment cependant maintenant que le vote doit être précédé par un débat. L'amendement doit être approuvé par les deux tiers des députés pour être validé.

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23 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De franc parleur

anarchieevangelique.wordpress.com | 12H26 | 10/03/2010 | Permalien

L'iNDE a une magnifique culture libératrice des femmes !
On connait tous Gandhi, mais qui connait Abdul Ghaffar Khan ?

Ghaffar Khan, musulman pieux pensait que c'était sa mission de sauver son peuple de sa propre violence. Il ouvrit la première école non britannique en 1910, acquit sa notoriété comme réformateur social. Agissant lui-même directement, il allait de village en village, conseillant les adultes, construisant des écoles pour éduquer les enfants, des équipements sanitaires pour améliorer les conditions d'hygiène.
Il travaillait en même temps à la libération de son peuple du colonialisme de l'empire britannique, essayant de monter des groupes politiques d'opposition. Pour ces agissements politiques il fut emprisonné à maintes reprises et torturé par les britanniques.

Les serviteurs de Dieu (encore appelés les chemises rouges parce qu'ils portaient des chemises couleur brique) continuèrent à pratiquer la résistance non-violente face aux britanniques, et obtinrent finalement gain de cause : leur liberté.
Mais l'effet le plus profond de ce revirement non-violent fut certainement sur le quotidien de la vie pashtoun. Tout fut modifié en positif dans leur vie, leur façon de se traiter avec respect et dignité dans leurs relations interpersonnelles, la façon de traiter ceux parmi les pashtouns qui s'étaient livrés des combats sanglants pendant longtemps. Leurs ennemis, les soldats britanniques, leurs familles furent également traités avec compassion.

Ghaffar Khan vit dans cette solidarité la réussite de cette réforme sociale qu'il avait lui-même amorcée.

Il fut attentif à ce que l'égalité homme-femme soit respectée, à ce que celles-ci soient intégrées au combat non-violent qu'il menait avec les serviteurs de Dieu.

Cette égalité est le fondement de toute culture non-violente, Ghaffar Khan le savait et il a oeuvré dans ce sens tout comme Gandhi d'ailleurs avec qui il va développer des liens très étroits.

______________
Deux documents :
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- La "grande âme" (Mahatma) et les femmes.
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- ABDUL GHAFFAR KHAN LE GHANDI DES FRONTIERES

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à franc parleur Portrait de franc parleur De amonhumbleavis

dubitative devant ses certitudes | 12H32 | 10/03/2010 | Permalien

Merci pour ces infos.

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anarchieevangelique.wordpress.com | 15H11 | 10/03/2010 | Permalien

A vrai dire, je les ai découvertes moi-même ce jour !

Ce passage est vraiment à méditer pour nous tous (je ne suis pas musulman) :

"Il leur enseigna que le prophète Mohammed a originellement prescrit de résoudre les conflits par des moyens pacifiques (sabr), et leur dit que l'islam fonctionnait sur un principe simple : ne jamais faire de mal à quelqu'un ni par la langue, ni avec une arme, ni avec la main. Ne pas mentir, ne pas voler, ne pas faire de mal c'est là le véritable islam. "

Cette histoire prouve que les montagnes et se renversent, et se gravissent.

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dubitative devant ses certitudes | 15H50 | 10/03/2010 | Permalien

Ceux qui connaissent l'Islam savent que c'est avant tout une religion de bon sens humain, une religion pragmatique.

Je ne suis pas musulmane, mes parents le sont.

Ce dont je vous remerciais c'est surtout de m'avoir fait connaître un autre révolutionnaire pacifique .

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anarchieevangelique.wordpress.com | 16H03 | 10/03/2010 | Permalien

"Ceux qui connaissent l'Islam savent que c'est avant tout une religion de bon sens humain, une religion pragmatique."

... oui, mais ceux qui connaissent l'Islam se font rares, sous les hauts-parleurs de la division nationale...

bien cordialement

Portrait de Courageux anonyme

à franc parleur Portrait de franc parleur De Kassandr

23H09 | 10/03/2010 | Permalien

Il est bien le seul ou presque... !
L'inde est l'un des pays les plus arriérés concernant les droits des femmes, l'égalité des sexes ! Des millions d'ivg pratiquées pour éliminer les foetus de sexe F aux dizaines de milliers femmes vendues, volées, exploitées par des mâles en recherche d'esclaves soumises, analphabètes de préférence pour mieux les dominer, un ventre à pondre une descendance pour perpétuer les traditions archaïques ! Et que dire de ces dizaines de milliers femmes qui choisissent de suicider pour en finir avec une vie d'enfer pour être née de sexe féminin ?
Ce qui vient de se passer dans ce parlement, se passe de commentaire !
en France, la situation n'est pas très glorieuse ! 80% des smicardes sont des femmes ! Tous les 3 jours une femme meurt des coups d'un homme...
Il est temps que les femmes et hommes de bonne volonté exigent sur tous les continents l'égalité et respect des droits, et imposent le changement des mentalités en sanctionnant les déviants et hors la loi !
Il n'y a que comme cela qu'on évoluera enfin !

Portrait de 14240

De 14240

retraité | 12H31 | 10/03/2010 | Permalien

l'Inde...le Pakistan...ont l'arme nucléaire?
Ces pays...donnent le pouvoir à certaines castes!
Les autres...ne comptent pas!...des sous hommes et femmes!
Sans compter l'Afghanistan?

Portrait de madtibo

De madtibo

informaticien syndicaliste | 13H09 | 10/03/2010 | Permalien

J'aimerais que la France soit aussi ouverte que l'Inde sur ce sujet :
- 10% de femmes députés
- 10% de femmes sénatrices

Et avec le probable projet de loi pour les régional et la mise en place de scrutin uninominal, on risque de se retrouver à 10% aussi parmi les conseillers régionaux...

Portrait de titou31

à madtibo Portrait de madtibo De titou31

13H19 | 10/03/2010 | Permalien

En France, au parlement, c'est 20% (en 2007). Pour le sénat je ne sais pas.

Portrait de madtibo

à titou31 Portrait de titou31 De madtibo

informaticien syndicaliste | 13H24 | 10/03/2010 | Permalien

J'avais pris des chiffres un peu vieux...

On est en effet à 18,5% de femme à l'Assemblée Nationale et 22% au Sénat. C'est mieux que je ne pensais... mais on est encore loin d'atteindre les 33% comme le projet de loi Indien le prévoit !

Portrait de titou31

à madtibo Portrait de madtibo De titou31

13H26 | 10/03/2010 | Permalien

22% au sénat... le sénat en avance sur l'assemblée. Tous fout le camp !

Portrait de titou31

De titou31

13H17 | 10/03/2010 | Permalien

La situation actuelle de la représentation des femmes aux parlement indien (10%) ne semble pas si éloignée de la situation du parlement français. Et avec cette loi, elle sera largement meilleure.

Ceci dit, en Inde, le problème n'est pas temps de savoir à quelle sexe vous appartenez, mais à quelle caste vous appartenez...

Portrait de yami

à titou31 Portrait de titou31 De yami

En partance pour Melmac | 13H42 | 10/03/2010 | Permalien

Situation meilleure ?

J'espère tout de même que les députés n'ont pas oublié de voter la loi corollaire a celle la :
"33% d'hommes minimum doivent etre élus députés"

"Ne votez pas pour lui ou elle qui est compétents. Votez pour ce/cette candidat(e) : ben oui, son sexe fait que c'est à son tour d'être élu. Quoi ? Vous n'aimez pas son programme ? C'est parce que vous êtes misogyne !"

Portrait de Iv

à titou31 Portrait de titou31 De Iv

Roboticien utopiste | 13H44 | 10/03/2010 | Permalien

Les lois d'un pays ont l'age de leurs députés.

Portrait de alexandre libr

à titou31 Portrait de titou31 De alexandre libr

sarkopetainistoDSKanist | 19H11 | 10/03/2010 | Permalien

et tu fais parti de qu'elle caste en France?
je sais, il n'y en à pas officiellement, pas "officiellement"

Portrait de titou31

à alexandre libr Portrait de alexandre libr De titou31

13H32 | 11/03/2010 | Permalien

En France, on parle plutôt de classe. C'est aussi un problème, mais sans commune mesure avec les castes indiennes. Quand vous êtes un intouchable, vous n'avez absolument aucun moyen d'en sortir quelque soit votre talent, pas plus que vos enfant, vos petits enfants, etc. Si vous êtes issue d'une classe populaire en France, vous nettement moins de chance de vous en sortir que si vous êtes né à neuilly, mais vous avez une chance quand même.

Portrait de 14240

De 14240

retraité | 15H04 | 10/03/2010 | Permalien

Triste réalité....
Les castes...en INDE...
Un problème persistant....

Peut-on cependant affirmer que le système a totalement disparu ? Sûrement pas. À l’inverse de l’optimisme de Marx ou de Neel, se trouve Ambedkar, lui-même "intouchable", qui pensait que « l’édifice de la démocratie restera comme un palais reposant sur un tas de fumier » et que « rien ne pourra émanciper les hors-castes, si ce n’est par la destruction du système ». En effet s’il existe tout de même des changements notables, la situation n’a guère évolué surtout envers les défavorisés, c’est-à-dire les "parias" mais aussi les "sudras". Soyons tout de même réalistes, la société ne peut pas changer en une moitié de siècle ce qui a été construit et intégré en trois millénaires. La réalité est là, aussi bien dans le milieu rural qu’urbain, c’est encore la loi des castes qui prédomine sur le civil, c’est l’appartenance à une caste qui est déterminante (un citoyen indien quel qu'il soit ne peut pas cacher son appartenance à une caste). Les "intouchables" sont encore relégués aux emplois considérés comme les plus dégradant (ouvrier, éboueur, égoutier...), travaillant dans les pires conditions, alors que les hautes castes s’occupent de la direction économique, financière et politique du pays. Les "intouchables" ont abandonné la dénomination surréaliste et paternaliste d’"harijan" pour désormais se nommer eux-mêmes "dalits" (les "opprimés" en hindi). Un président "intouchable" a certes été élu en 1997, mais son pouvoir n'est qu'honorifique et protocolaire, et la chance de voir un premier ministre issu du rang des "parias" est encore plus hypothétique. Même chez les gens cultivés et éduqués, la caste joue encore un rôle prépondérant, comme le rappelle le parlementaire S.Yadav, à la tribune, en 1990 : « Y a-t-il quelqu’un dans cette assemblée, en dehors de Rajiv Gandhi [qui a épousé une italienne], qui se soit marié en dehors de sa caste ? » La culture de caste, d’endogamie, de répulsion... se fait dès l’enfance, les parias sont encore privés de temple. Les actes de violences physiques (coups, meurtre, jets d’acides...) et verbales (insultes, humiliation...) se produisant en toute impunité sont à déplorer.
Le quota des femmes au parlement...n'est pour l'instant que de l'enfumage!

Portrait de Rivendell

De Rivendell

Suppot de satan | 16H44 | 10/03/2010 | Permalien

Et imaginons que, après les élections, les hommes possèdent plus de 66% des sièges... on fait quoi alors on baffoue l'élection pour mettre des femmes à la place des hommes?

Même s'elle a de bons arguments, des motivations compréhensibles (une meilleure représentativité du peuple), la politique de discrimination positive est définitivement à proscrire...

La seule solution valable pour bien représenter un peuple est que son gouvernement soit mixte au niveau des classes sociales. Cherchez pas, aucun pays ne correspond à cette description, et c'est pas demain la veille qu'il y en aura un. ça demanderait une démocratie totale, chose à laquelle nous ne sommes pas prêts car trop stupides (si demain on faisait voter les lois par tout le monde, on rétablirait la peine de mort et on expulserait toute personne un temps soit peu basannée...). Bref l'être humain est moche et con en moyenne et a une propension pour l'autodestruction.

Portrait de lelignois

De lelignois

retraité de l'E.N. | 17H52 | 10/03/2010 | Permalien

Le nom donné à cette proposition de loi m'intrigue: "reservation" a voulu dire, dans l'histoire, les réserves où l'on a confiné les tribus indiennes vaincues, dans l'Amérique du 19ème siècle! L'anglais, en Inde, est chargé de mystères!

Portrait de San De-

De San De-

18H29 | 10/03/2010 | Permalien

Bonne nouvelle pour le neo-libéralisme, les femmes sont les meilleurs pour ce qui est de libéraliser l'économie et d'ouvrir leurs pays aux firmes multinationales!

Portrait de naelch

De naelch

Sarrazzin zinzin | 03H21 | 11/03/2010 | Permalien

Je trouve que la methode des quotas est anti-democratique par essence, car elle part de l'idee de l'inegalite (privilege d'une categories sur toutes les autres), de la segregation (les femmes, une forme de vie a part?), et de la non-meritocratie. En realite, si l'idee est de donner une meilleure representativite aux femmes, le quota devra etre 50%, n'est ce-pas? et si l'idee est de faire representer les categories sociales (ce qui en meme temps instituerait le systeme, malade d'injustice, en place: classes, castes, ethnies, racies, genres), bem il fuat reserver un quota a tout ce qui bouge, ce qui serait ou bien infaisable, ou bien injuste envers des "oublies".

Bref, un show, Democracy Cacademy, qui cherche a cacher les causes du mal au lieu des les *nommer*. Un echec pour le progres des femmes, des minorites visislbes ou pas, et in fine des hommes, les moustachus et les barbus, qui montrent leur capacite "virile" a se cacher derriere ce genre de lois.

Portrait de wroclaw

à naelch Portrait de naelch De wroclaw

nd | 11H00 | 11/03/2010 | Permalien

On retombe dans l'éternelle problème idéologie/pragmatisme, sachant que toute mise en oeuvre d'une idée qui paraissait bonne est juste engendre presque toujours une déception, et forme de trahison et des effets non prévus, parfois négatifs.
La méritocratie n'est pas plus égalitaire que le système de quotas, mais elle est bien comme les quotas, un moyen de rééquilibrer les inégalités existantes, simplement le moyen est différent et reposent sur des interprétations différentes d'un même constat. La méritocratie établit qu'au-delà des inégalités de tout ordre (social, financière, géographique, etc), chacun sera placé dans la société selon son mérite. C'est une forme de darwinisme social, qui dans les faits n'est pas réellement statisfaisant : quels sont réellement les critères de sélection dans la méritocratie ? Peut-être ce système a-t-il été efficace un temps, dans la mise en place du régime démocratique afin de faire émerger une élite et d'établir une nouvelle hiérarchie sociale. Aujourd'hui cependant, je ne pense pas que la majorité des personnes amenée aux plus hautes fonctions dans notre pays soient des personnes plus méritantes que les autres. L'effet pervers de la méritocratie est bien à présent d'empêcher toute remise en cause de l'ordre social : tous ceux qui n'ont pas dépasser cette épreuve ne peuvent s'en prendre qu'à eux mêmes puisqu'après tout, chacun a ce qu'il mérite. Cette compétition est faussée : certains ne savent pas qu'elle existe et les inégalités de départ empêchent d'autres d'y participer. Les quotas font un autre pari dont vous décrivez très bien les limites : tout peut être sujet à quotas, qui deviennent le règne du particularisme, particularisme qui est le nouveau modèle du règime démocratique et de son évolution actuelle. Le quota part du simple constat que la société possède une force d'inertie qui l'empêche d'évoluer aussi vite que les aspirations des individus qui la composent, et sert d'accélérateur. Ceci dit, les aspirations individuelles et les besoins d'une société peuvent être contradictoires, toute la difficulté du quota réside donc bien dans le fait de savoir où l'intérêt individuel et l'intérêt social ou sociétal se rejoignent. A ce titre, les quotas ont un effet proches de celui de la méritocratie : on s'en sert plus comme d'un outil politique, qui permet d'assurer que notre régime vise à plus d'égalité, tout en le contournant allègrement grâce aux amendes. Le détournement de quota le plus flagrant est sans doute celui du taux de logements sociaux au sein d'un territoire, sachant que la problématique territoriale est sans doute la source première de bon nombre de problèmes de ce pays.
Pour conclure, plus que la méritocratie ou les quotas, c'est la démocratie même qui n'est pas un régime égalitaire. Sa force est de s'être construit autour du mythe de l'égalité, c'est-à-dire d'une simple idée abstraite et irréalisable. C'est le marronier de chaque élection, et le plus inquiétant, c'est qu'on se croit arriver avec ce régime. Au regard de l'histoire, non seulement la démocratie est une idée vieille comme le monde, qui a déjà échoué, mais en plus la durée d'un régime, quel qu'il soit, est relativement courte, quelques siècles pour les plus résistants. Sans doute a-t-on déjà changé de mode de gouvernance sans même s'en rendre compte, puisque nos représentants font carrière dans la représentation, ce qui dans ma définition de la démocratie, est parfaitement anti-démocratique, et que dans leurs actes, il suivent les préconisations des pouvoirs financiers ! Je suis nul en grec, mais ça s'appelerait argyrocratie ou quelque chose comme ça.

Portrait de naelch

à wroclaw Portrait de wroclaw De naelch

Sarrazzin zinzin | 14H55 | 11/03/2010 | Permalien

"On retombe dans l'éternelle problème idéologie/pragmatisme, sachant que toute mise en oeuvre d'une idée qui paraissait bonne est juste engendre presque toujours une déception, et forme de trahison et des effets non prévus, parfois négatifs."

Absolument.

"La méritocratie n'est pas plus égalitaire que le système de quotas, mais elle est bien comme les quotas, un moyen de rééquilibrer les inégalités existantes, simplement le moyen est différent et reposent sur des interprétations différentes d'un même constat. La méritocratie établit qu'au-delà des inégalités de tout ordre (social, financière, géographique, etc), chacun sera placé dans la société selon son mérite."

D'accord, sauf qu'elle est moins arbitraire que les quotas. A mon sens, etablir des quotas pour femmes n'a pas de sens sauf si c'est a 50%, ce que personne ne semble faire puisque personne ne semble y croire, aux femmes,...les quotas, un cadeau empoisonne comme la meritocratie dans ses formes perverties?

" C'est une forme de darwinisme social, qui dans les faits n'est pas réellement statisfaisant : quels sont réellement les critères de sélection dans la méritocratie ?Peut-être ce système a-t-il été efficace un temps, dans la mise en place du régime démocratique afin de faire émerger une élite et d'établir une nouvelle hiérarchie sociale. Aujourd'hui cependant, je ne pense pas que la majorité des personnes amenée aux plus hautes fonctions dans notre pays soient des personnes plus méritantes que les autres. L'effet pervers de la méritocratie est bien à présent d'empêcher toute remise en cause de l'ordre social : tous ceux qui n'ont pas dépasser cette épreuve ne peuvent s'en prendre qu'à eux mêmes puisqu'après tout, chacun a ce qu'il mérite. Cette compétition est faussée : certains ne savent pas qu'elle existe et les inégalités de départ empêchent d'autres d'y participer."

Les criteres de la meritocratie importent peu, des le moment ou, comme vous le signalez, ils sont transparents et acceptes. Dans le cas contraire, CAD regles opaques et mouvantes ou rejetes, ce ne serait plus de la meritocratie. Em realite, je pense que l'ideal de la meritocatie est plus difficile mais plus "sportif" et permet a la societe, en cas d'echec, de reflechir aux causes profondes de ses problemes, chose que les quotas, qui sont simplistes et camouflent les problemes, ne permetrraient pas de faire. Par exmple, si les regles du merite changent arbitrairement, il y'a un probelemt de leadership dans l'Etat de droit, une faillite profonde de l'honnetete/transparence qu'il faudra corriger aux risque de menacer la democracie. Si les regles de merite ne sont pas acceptes par une categorie de la societe, c'est un probleme de perception, donc pedagogie et de communication. Tout ceci est impossible de pointer du doit avec les quotas qui seront toujours au vert...

" Les quotas font un autre pari dont vous décrivez très bien les limites : tout peut être sujet à quotas, qui deviennent le règne du particularisme, particularisme qui est le nouveau modèle du règime démocratique et de son évolution actuelle."

Oui, ou du communautarisme. et de la on a un arbitraire pire qu'avec le merite: non plus l'arbitraire de crerer des regles de jeu ( et d'hors-jeu) mais un arbitraire pour (se) classifier. Dans ces conditions, les meilleures (plus efficaces ou evidentes pour les politiques) classifications seront bassees sur les prejuges : femmes "feminines", hommes "moustabarbus", religeux lambda fondamentalistes (car - se faisant- considere comme le noyeau), race "pure" (et les batards/meties?)...

"Le quota part du simple constat que la société possède une force d'inertie qui l'empêche d'évoluer aussi vite que les aspirations des individus qui la composent, et sert d'accélérateur. "

D'accord avec cet ideal. Mais que fait donc l'ecole? les quotas seont-ils donc l'aveau d'echec de l'education dans les democratie, tordue par le productivisme et "l'administrativisme"? dans ce cas il s'agit d'un echec grave car si les quotas peuvent catapulter dans la politique quleques individus, le reste des domaines (affaires, education, medias, recherche...). restera l'apanage des categories sociale dominante, car les quotas echoeront dans la plupart des autres domaines.

"Ceci dit, les aspirations individuelles et les besoins d'une société peuvent être contradictoires, toute la difficulté du quota réside donc bien dans le fait de savoir où l'intérêt individuel et l'intérêt social ou sociétal se rejoignent. A ce titre, les quotas ont un effet proches de celui de la méritocratie : on s'en sert plus comme d'un outil politique, qui permet d'assurer que notre régime vise à plus d'égalité, tout en le contournant allègrement grâce aux amendes.
Le détournement de quota le plus flagrant est sans doute celui du taux de logements sociaux au sein d'un territoire, sachant que la problématique territoriale est sans doute la source première de bon nombre de problèmes de ce pays."

Oui, le meme type d'abus par differnetes categories sociales montre que lorsqu'il y'a un probleme, il faut remonter a la source et sont pas changer la question.

"Pour conclure, plus que la méritocratie ou les quotas, c'est la démocratie même qui n'est pas un régime égalitaire. Sa force est de s'être construit autour du mythe de l'égalité, c'est-à-dire d'une simple idée abstraite et irréalisable."

Aucun humain a l'instant t= 0 ne nait libre ou egal aux autres neanmoins chaque humain a l'instant t>0 a droit a cet ideal... :)

" C'est le marronier de chaque élection, et le plus inquiétant, c'est qu'on se croit arriver avec ce régime. Au regard de l'histoire, non seulement la démocratie est une idée vieille comme le monde, qui a déjà échoué, mais en plus la durée d'un régime, quel qu'il soit, est relativement courte, quelques siècles pour les plus résistants. Sans doute a-t-on déjà changé de mode de gouvernance sans même s'en rendre compte, puisque nos représentants font carrière dans la représentation, ce qui dans ma définition de la démocratie, est parfaitement anti-démocratique, et que dans leurs actes, il suivent les préconisations des pouvoirs financiers ! Je suis nul en grec, mais ça s'appelerait argyrocratie ou quelque chose comme ça."

Absolument d'accord. le probleme de fond ici c'est la confusion entre democratie comme ideologie (donc illusoire) ou comme instrument de travail, donc dans un cardre defini, mais lequel? liberalisme ? humanisme? autres?...chaque societe devra y penser, selons ses gouts et ses interets...

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