futura sciences 09/03/2010 à 15h50

Il y a 3,5 milliards d'années, des aurores polaires à New York

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Aurore boréale vue depuis une base de l'armée américaine en Alaska (Joshua Strang/Wikimedia Commons)

Ce sont des roches vieilles d'environ 3,45 milliards d'années qui nous le disent : le champ magnétique de la Terre était, à l'époque de leur formation, deux fois plus faible qu'aujourd'hui.

Comme le vent solaire était cent fois plus violent, cette faiblesse devait provoquer de gigantesques aurores polaires et surtout conduire à une érosion de l'atmosphère de la planète.

Barberton, en Afrique du Sud, est une région mondialement célèbre dans le monde de la géologie. On y trouve des roches formées au début de l'archéen, entre 3,5 et 3,2 milliards d'années, au sein de ce que l'on appelle une « ceinture de roches vertes ».

Il s'agit de restes métamorphisés d'une zone volcanique associés à des roches sédimentaires. Cette région, qui offre une fenêtre sur le passé de la Terre, est intensément étudiée depuis longtemps.

De minuscules cristaux de quartz ont livré leurs secrets

Un groupe de chercheurs, parmi lesquels figure John Tarduno, vient de faire parle des cristaux de quartz de taille millimétrique contenus dans des roches volcaniques. Ils contiennent eux-mêmes des inclusions magnétiques de taille nanométrique. C'est grâce à elles qu'on a pu remonter à l'intensité du champ magnétique de la Terre il y a environ 3,45 milliards d'années.

Cette performance a été accomplie par une science particulière, le paléomagnétisme, qui étudie le champ magnétique passé de la planète à l'aide de ses traces fossiles dans les roches.

Elle a notamment conduit à la mise en évidence des inversions du champ magnétique de la planète, découverte fondamentale en géologie. En effet, ces inversions ont permis de démontrer la théorie de l'expansion des fonds océaniques et son corollaire, la dérive des continents.

C'est en appliquant les méthodes modernes de cette science que les paléomagnéticiens ont découvert que le champ magnétique de la Terre était deux fois plus faible il y a environ 3,45 milliards d'années.

Un flux de particules solaires plus important

Une telle valeur a plusieurs conséquences. Pour les comprendre, il faut savoir que les observations astrophysiques portant sur des étoiles comparables au Soleil et d'âges variés, ainsi que la théorie de l'évolution stellaire, impliquent que, bien que la luminosité du Soleil était plus faible d'environ 23% à cette époque, le souffle du vent solaire devait être probablement cent fois plus important.

Les calculs indiquent que la taille de la magnétosphère de la planète devait être elle aussi deux fois plus faible, s'étendant à probablement à moins de 5 rayons terrestres (elle s'étend aujourd'hui à 10,7 fois le rayon de la Terre).

Le flux de particules solaires frappant notre planète devait donc être bien plus important. Il devait égaler en permanence celui que l'on mesure aujourd'hui à l'occasion des tempêtes solaires majeures accompagnées d'électrons tueurs.

Des aurores boréales visibles à la latitude de New York

Les aurores polaires devaient être bien plus fréquentes et s'étendre sur des zones au moins trois fois plus vastes qu'aujourd'hui. On devait donc pouvoir les admirer à des latitudes aussi basses que celle de New York.

Ce n'est pas tout : la magnétosphère, en déviant en partie les particules du vent solaire, protège aussi l'atmosphère de l'action érosive de son souffle.

Sur Mars par exemple, le refroidissement plus rapide de la planète a dû supprimer les mouvements internes à l'origine de son champ magnétique et la perte de sa magnétosphère a accéléré celle de son atmosphère.

Au début de l'archéen, la Terre devait perdre elle aussi des quantités importantes de molécules d'eau ainsi que d'autres molécules volatiles.

Laurent Sacco

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Futura-Sciences
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  • TienTien
    TienTien répond à ljos
    très très sceptique...
    • Posté à 16h53 le 09/03/2010
    • Internaute
      très très sceptique...

    Merci pour vos liens, aussi superbes qu'intéressants.
    Près de 40 ans passés sur toutes les mers du globe, j'avais conclu (sans doute erronément) que les aurores boréales étaient d'une extrême rareté ! En effet, en tant d'années et plusieurs passages en Mer de Béring, ce n'est qu'au nord de Terre Neuve que j'ai pu admirer ce stupéfiant spectacle, probablement le plus merveilleux qui existe... !

  • ljos
    ljos répond à TienTien
    photographe / géologue
    • Posté à 17h02 le 09/03/2010
    • Internaute
      photographe / géologue

    les aurores ont lieu toute l'année et c'est très facile de les voir en gros à partir de l'Ecosse pour l'Europe ... ou du nord du Québec pour l'Amérique (pour simplifier à partir 55-60° nord).

    En Islande, Alaska, Groënland, Norvège, etc ... c'est chose tout à fait courante. Ailleurs, ça dépend de l'activité du soleil mais les aurores à Québec, Chicago, dans le Wyoming sont courantes et quasi- chaque année.

    De même chaque année, il n'est pas improbable d'en voir dans le nord de la France.

    Et lors des pics solaires (tous les 11 ans donc) on peut les voir bien plus au sud. Et parfois donc TRES au sud.

    2001 fut une année exceptionnelle. Mais je pense sincèrement que lors de cette période très lointaine, les aurores étaient visiblement sur la quasi-totalité du globe (vu qu'en temps exceptionnel de maintenant, la moitié de la Terre peut déjà en profiter).

    Pour nous, le plus simple pour en voir est d'aller en Islande, entre septembre en avril en gros (en été, trop de jour ... du coup on ne les distingue pas -même si elles sont présentes-).