A la une 22/07/2011 à 09h06

Lucian Freud, peintre des corps débordants, est mort

Marlene Belilos | Journaliste


Travaillant la nuit (Lucian Freud, 2005).

Le peintre britannique Lucian Freud est mort mercredi soir à Londres à l’âge de 88 ans. Petit-fils de Sigmund Freud, cet artiste figuratif était le peintre vivant dont les tableaux étaient les plus chers au monde. Il avait fait l’objet d’une exposition l’an dernier au centre Pompidou à Paris.

(De nos archives) Beaubourg accueille en majesté Lucian Freud avec 50 toiles, dessins et photos. Sa dernière exposition y remontait à 1987, mais on avait tout de même pu le voir sous les auspices de la Fondation Maeght et de son directeur de l’époque, Jean-Louis Prat, en 1995.

Lucian Freud a pour particularité :

  • de se cacher, refusant photos et interviews ;
  • de se peindre nu – avec une préférence appuyée pour la mise en valeur des organes sexuels ;
  • de ne pas souhaiter évoquer sa filiation avec le grand Sigmund Freud, dont il est le petit-fils, mais dont il n’aime pas trop évoquer la figure.

Et nous voilà avec deux grands Freud : Sigmund, dont l’œuvre entre cette année dans le domaine public, et ce petit-fils au trajet singulier qui détient un record avec une toile vendue en mai 2008 au milliardaire russe Abramovici, à 30 millions de dollars.

Chez les Freud, on ne bouche pas

L’un de ses modèles et assistant depuis 1989, venu à Paris répondre aux journalistes, David Dawson, répète tout de même une anecdote que Lucian Freud lui a rapportée. Il avait, à l’instigation d’un ami, demandé à son grand-père de signer une pétition ; celui-ci avait refusé de « laisser cette marque-là ». Depuis, le petit-fils Lucian, refuse de signer ses toiles. Lacan nous dit que « le nom sert toujours à boucher quelque chose » ; chez les Freud, on ne bouche pas.


Autoportrait avec deux enfants (Lucian Freud 1965).

De la sexualité réaliste mais pas très violente

Toutes les toiles sont réalisées comme dans la bonne tradition classique : dans son atelier, d’après modèle. Même la reine d’Angleterre, dont il fit le portrait en 2001, fut contrainte de s’y soumettre. Les séances de pose durent pourtant des heures, des journées de travail pleines et entières.

« L’Atelier » est le titre qu’a choisi Cécile Debray, commissaire de l’exposition : c’est de cet espace que tout est observé. Comment alors renoncer à trouver des parallèles avec ce grand-père qui, lui aussi dans l’espace de son cabinet, recevait toute la journée des patients ? Des patients dont il ne supportait pas le regard ; c’est l’une des raisons, dit-on, de les avoir fait s’allonger.

Lucian Freud préfère lui se regarder, y compris en ses modèles, dont certains ont des corps débordants. « Cette chair de mon corps est participée par le monde, il la reflète », disait Merleau-Ponty. Lucian Freud le paraphrase à peine : « La peinture est chair », dit-il.


Leigh sous la lumière du ciel (Lucian Freud, 1994).

Bacon, un ami qui lui apprit à vivre

C’est ce qui se raconte : Francis Bacon, autre grand peintre anglo-irlandais, son ami, lui apprit à vivre. On ne comprend pas bien comment. Bacon et son homosexualité tourmentée, Lucian Freud, père de famille, avec sa peinture d’un réalisme sexuel effréné mais sans violence, un peu sage même.

Des corps nus – dénudés préfèrent-ils dire –, abandonnés, qui ne provoquent aucun désir sexuel. Celui que l’on qualifia à ses débuts de « pompier de la couperose » cherche à « intensifier le réel ».

Un compagnonnage artistique

Ils formaient alors ce que l’on a appelé l’Ecole de Londres. Lucian Freud doit beaucoup de sa renommée à son modèle, ami de Bacon, Leigh Bowery – performeur culte de la scène gay à Londres.

Il est content de venir à Paris car son peintre favori est Ingres ; en 1960, il avait été à Montauban visiter le Musée Ingres ; en 1967, il avait accompagné Bacon visiter l’exposition Ingres aux Galeries nationales du Grand Palais.

Adolescent, il avait réalisé des sculptures, dont une en albâtre d’un poisson sur un rocher qu’il avait offerte à son grand-père. Celui-ci en avait fait présent à Marie Bonaparte. Alors que son petit-fils s’en étonnait, Freud lui aurait répondu : « C’est pour qu’elle t’achète des œuvres plus tard » ; ce qu’elle fit.

Détail intéressant : dans cette exposition, nous apprenons que dans sa cuisine trône le portrait de Balzac. Encore un curieux de la Comédie humaine, comme son grand-père.

► Lucian Freud, « L’Atelier » - Du 10 mars au 19 juillet au centre Pompidou. A ne pas manquer : un catalogue avec des articles de qualité, une chronologie bien faite, des photos de David Dawson.

► Article initialement publié le 09/03/2010 sous le titre « Un Freud peut en cacher un autre »

  • 27707 visites
  • 68 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 17h24 le 09/03/2010
    • Internaute 84604
      fumiste

    Bacon c’est très surfait, d’ailleurs même Quick le raye de sa carte.

    Par ailleurs il est Irlandais et non anglais.

    • Marlene Belilos
      Marlene Belilos répond à alberich
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 19h10 le 09/03/2010
      • Journaliste 16943
        Journaliste

      Vous avez raison Bacon est irlandais, c’est leur appartenance au groupe de Londres qui m’a probablement trompée.Trop quick probably..

      • alberich
        alberich répond à Marlene Belilos
        fumiste
        • Posté à 19h17 le 09/03/2010
        • Internaute 84604
          fumiste

        Irlandais de parents anglais et quelque part de culture anglaise. Sachant que l’irlandais a longtemps été le bougnoule des anglais qui se gavaient de viande irlandaise lorsque ceux-ci manquaient de patates.

        Je m’égare là ..

        J’adore Bacon de fait.

         
        • Marlene Belilos
          Marlene Belilos répond à alberich
          Auteur(e) de l'article Journaliste
          • Posté à 01h09 le 10/03/2010
          • Journaliste 16943
            Journaliste

          Moi aussi, j’adore Bacon, je vous recommande le document exceptionnel qu’a tourné Pierre Koralnik sur Bacon. Vous pouvez le voir à partir de mon blog Lien

          • ras-la-patience
            • Posté à 10h52 le 22/07/2011
            • Internaute 10027

            merci pour le lien, 21 minutes c’est trop pour l’instant mais je compte bien y revenir...

        2 autres commentaires
  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 17h50 le 09/03/2010
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Les tableaux de Freud semblent destinés aux galeries de l’ avenue Matignon (tout comme Bernard Buffet et consorts) : quand on regarde sa peinture, on se dit que Freud n’ a rien inventé, pas même son nom.

    • Marlene Belilos
      Marlene Belilos répond à Albufera
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 19h14 le 09/03/2010
      • Journaliste 16943
        Journaliste

      Avenue Matignon, dites-vous ? A qui pensez-vous ? C’est une peinture avec une démarche particulière et continue. Je ne pense pas que l’on puisse reprocher à Lucian Freud un souci de la mode. En revanche on peut ne pas être touché c’est une peinture avec un tel souci de l’observation qu’elle se « désincarne“un peu.

      • alberich
        alberich répond à Marlene Belilos
        fumiste
        • Posté à 19h26 le 09/03/2010
        • Internaute 84604
          fumiste

        Pas trop d’accord, le rapprochement avec Buffet est assez pertinent dans le sens où il semble bien que l’on a affaire à une peinture institutionnelle dans l’air du temps, la qualité de l’exécution ne fait pas tout, ces oeuvres ne nous interpellent pas tellement elles sont attendues.

        En deux mots il était inévitable que « quelqu’un » peigne ces toiles.

         
        • Marlene Belilos
          Marlene Belilos répond à alberich
          Auteur(e) de l'article Journaliste
          • Posté à 19h02 le 10/03/2010
          • Journaliste 16943
            Journaliste

          J’aime votre formule, il était inévitable que quelqu’un peigne ces toiles. Un Freud peut-être trop près du réel ?
          Je vous salue et merci de votre intérêt.

        1 autres commentaires
      • A déménagé le 8-10-2011
        • Posté à 20h20 le 09/03/2010
        • Internaute 13512
          nc

        Oui et elle devient autre chose que le modèle, elle sublime tellement la matière qu’on peut se préoccuper d’autre chose.
        C’est humble et grandiose.
        La représentation de l’humain dans cette peinture n’appelle aucun jugement puisque son apparence est totale et vraie.
        C’est beau et essentiel.
        Et vous m’apprenez qu’il apprécie Ingres et j’en suis ravie car j’aime leur peinture à tous deux.

         
        • Marlene Belilos
          Marlene Belilos répond à A déménagé le 8-10-2011
          Auteur(e) de l'article Journaliste
          • Posté à 01h12 le 10/03/2010
          • Journaliste 16943
            Journaliste

          Vraiment je vous recommande la lecture du catalogue, vous apprendrez encore d’autres choses sur Freud, mais surtout une chronologie tout à fait remarquable et des articles de critiques anglais exceptionnels.

        1 autres commentaires
      • Anonyme répond à Marlene Belilos

        « on peut ne pas être touché »

        Je ne le suis pas trop, mais faut reconnaître que c’est d’un peintre.
        A l’inverse de son compatriote Stanley Spencer, amateur aussi de « chair triste » mais qui verse davantage dans l’illustration que dans la peinture.

        Lien
        Lucian Freud.

        Lien
        Stanley Spencer. Portrait aux deux nus, 1936.

         
        • A déménagé le 8-10-2011
          • Posté à 20h50 le 09/03/2010
          • Internaute 13512
            nc

          Question de lumière et de jubilation à peindre, Freud n’invente pas la lumière, lui !
          Je ne connaissais pas Stanley Spencer et cela ne m’a jamais manqué ; -)
          Mais, je suis réellement touchée par la peinture de Freud.

          • Anonyme répond à A déménagé le 8-10-2011

            C’est peut-être encore plus flagrant si on compare leur deux auto-portraits.

            Lien

            Lien
            L.F.
            Très puissant. Magnifique. Bref, c’est d’un peintre.

            Cela dit Spencer aussi a fait de belles choses mais plutôt en dessin, comme celui-ci que j’aime beaucoup, c’est sa femme, Hilda, en 31 :

            Lien

            Il devait beaucoup aimer Ingres, lui-aussi.

            • A déménagé le 8-10-2011
              • Posté à 22h01 le 09/03/2010
              • Internaute 13512
                nc

              Même dans le dessin, je trouve la lumière de Spencer plutôt moche et artificielle et du coup, je m’aperçois que le point commun de Freud et Ingres pourrait être LA lumière.
              Et, à propos de lumière, cadeau :

              Courbet autoportrait

              • Anonyme répond à A déménagé le 8-10-2011

                Quand j’ai dit plus haut que je n’étais pas très touché par la peinture de Freud, je me suis mal exprimé, je voulais dire : pas très touché « à priori », en fait.
                Comme vous le dites très bien dans votre commentaire de 20 H20, les à priori s’effacent très vite face, si possible physiquement, à de tels peintres.
                J’ai eu le même problème, il y a longtemps, avec Francis Bacon que je ne connaissais qu’à travers les livres et - à priori - ça ne m’intéressait pas plus que ça.
                J’ai fait l’effort de la rencontre et n’ai pas été déçu.

                Lien
                Francis Bacon. Two Figures, 1953.

                • Marlene Belilos
                  Marlene Belilos
                  Auteur(e) de l'article Journaliste
                  • Posté à 19h00 le 10/03/2010
                  • Journaliste 16943
                    Journaliste

                  Ah ! Bacon, magique ! Pourquoi c’est différent ? Le voile sur les personnages , probablement.
                  Merci pour cette image !

            • enfumage
              enfumage
              parti de rien pour arriver (...)
              • Posté à 10h58 le 22/07/2011
              • Internaute 97031
                parti de rien pour arriver (...)

              Ingres était un très mauvais peintre , il appliquait la couleur « comme de la nonpareille sur un gateau bien cuit “ dixit Delacroix . Lui meme mérpisait la peinture et la qualifiait d ‘ agrément négligeable par contre c’est un maitre du dessin . Lucian Freud lui est un excellent peintre ! en France nous avons pierre Molinier peintre et photographe complètement oublié qui a su utiliser son corps et son sperme comme pigment pictural ... !

        • Marlene Belilos
          Marlene Belilos
          Auteur(e) de l'article Journaliste
          • Posté à 19h09 le 10/03/2010
          • Journaliste 16943
            Journaliste

          Assez d’accord avec vous, mais je ne connaissais pas Stanley Spencer, intéressant à découvrir.
          Merci à vous.

          • bloozmarch
            bloozmarch répond à Marlene Belilos
            indocile heureux
            • Posté à 01h20 le 11/03/2010
            • Internaute 15731
              indocile heureux

            N’ aurait-il pas une petite dette à l’ égard d’ Egon Schiele, un peintre qui fait plus que me toucher, qui me fouille me paraîtrait plus juste ?

            • Marlene Belilos
              Marlene Belilos répond à bloozmarch
              Auteur(e) de l'article Journaliste
              • Posté à 06h46 le 11/03/2010
              • Journaliste 16943
                Journaliste

              Je n’y avais pas pensé. Dans ses références il parle plus de Giacometti comme ayant été son premier choc, mais peut-être du point de vue de l’attitude de l’artiste.
              Egon Schiele, oui...

            • Anonyme répond à bloozmarch

              « N’ aurait-il pas une petite dette à l’ égard d’ Egon Schiele »

              Si vous parlez de S.Spencer, plus haut dans le fil, c’est plutôt bien vu, je trouve...

              Lien
              S. Spencer

              Lien
              E. Schiele

              Lien
              E.Schiele

              Revenu de la guerre 14-18 où il servit dans le « Royal Army Médical Corps, Spencer a écrit ceci (en 1935) :

              “Pendant la guerre, alors que je considérais l’horreur de la vie et de ceux qui étaient avec moi, je sentis que l’unique façon d’en finir avec cette effroyable expérience seraient que tous décident soudainement de s’abandonner à tous les excès, à tous les délires charnels, sexuels, quelque soit le nom qu’on voudra leur donner.
              C’est là qu’est le patrimoine des joies humaines”.

          • Anonyme répond à Marlene Belilos

            ça faisait longtemps qu’on ne vous avait pas vu sur la Rue, Marlène, si vous pouviez repasser un peu plus souvent, ça serait pas de refus, merci.

            • Marlene Belilos
              Marlene Belilos
              Auteur(e) de l'article Journaliste
              • Posté à 08h45 le 12/03/2010
              • Journaliste 16943
                Journaliste

              Tertulien, merci de votre encouragement, je retiens ce que vous me dites. Je vous signale mon blogLien, j’y ai mis des leins avec des émissions que j’avais faites à laTélévision suisse, mes deux domaines de prédilection art et psychanalyse.
              Amitiés

              • Anonyme répond à Marlene Belilos

                Je suis allé sur votre blog hier soir, ça m’a plu, la vue est belle mais pas seulement, j’y retournerai certainement.

                Dites, Marlène, question à 1000 CHF, vous seriez plutôt foyer au gaz Valor à la Spencer (voir + haut dans le fil) ou bien feu de tourbe, de bois, de charbon à la « Thrushcross Grange » avec, en prime, « Balthazar » Heathcliff au tison ?

                Dites-nous tout : -)....

                Lien

                • Marlene Belilos
                  Marlene Belilos
                  Auteur(e) de l'article Journaliste
                  • Posté à 14h31 le 12/03/2010
                  • Journaliste 16943
                    Journaliste

                  Si j’ai bien compris plutôt le 2, mais longue discussion. On reprendra.

        15 autres commentaires
  • hagalma
    • Posté à 22h45 le 09/03/2010
    • Internaute 8451

    Le vrai corps dépeint par Freud, tandis que le grand-père était à l’écoute de ce qu’il y a de corps dans le vrai. Enfin c’est ce qu’il me vient d’écrire en lisant l’article et les commentaires d’internautes éclairés nous faisant bénéficier de leur amour de la peinture. Merci à eux.

    • Marlene Belilos
      Marlene Belilos répond à hagalma
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 01h13 le 10/03/2010
      • Journaliste 16943
        Journaliste

      Merci pour votre commentaire.

  • aimable
    aimable
    plasticien
    • Posté à 08h04 le 11/03/2010
    • Internaute 70198
      plasticien

    Freud, Bacon, Hockney trois magistraux représentant d’une terre traditionnellement un peu rigide pour ne pas dire coincée sur les choses du corps, sur les choses du sexe ( la visite des grands musées Anglais est à ce sujet révélatrice, peu ,voir pas de nus sauf qq tristes académies d’ateliers )
    Pour les nus en Angleterre, circulez il n’y à rien à voir !
    Enfin avec le XXe siècle arrivent Bacon, Hockney et Freud qui chacun à leur façon nous donnent à voir des corps sans complaisances, des corps paysages, des corps d’humains dans leurs abstactions déchirantes, dans leurs sexualitées aveuglantes
    OUI LES ANGLAIS ONT UN CORPS, et de plus ce ne sont pas des anges !
    Sans oubliez aussi la talentueuse chirurgienne du pinceau qu’est Jenny Saville, grande bonne femme elle aussi.

    • Marlene Belilos
      Marlene Belilos répond à aimable
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 08h58 le 11/03/2010
      • Journaliste 16943
        Journaliste

      Je ne connais pas Jenny Saville, je vais me documenter de ce pas.Thank you very much.Les anglais ont un corps, je retiens cet énoncé.

    • Anonyme répond à aimable

      Pour aller dans le sens de ce que vous dites, précisons,par exemple, que Stanley Spencer était encore vierge à l’âge de trente-quatre ans.

      • Tundanonga
        Tundanonga
        Consultant
        • Posté à 12h00 le 23/07/2011
        • Internaute 132338
          Consultant

        Vous voulez dire, chaste à 34 ans ? Pas vrai ( ? ! ! ?), pour un mec. Pour une nymphe, c’est possible, parce qu’un gynéco peut l’attester. Mais pour un mec ? Même dans un monastère, dans un séminaire (croyez-moi, les prêtres catholiques en savent quelque chose), la chasteté est reservée pour les cours de catéchisme.

    • Chele
      Chele répond à aimable
      • Posté à 16h27 le 22/07/2011
      • Internaute 15104

      _____Jenny Saville

      Oh, punaise, elle est bien plus puissante que L.Freud.

  • sfio
    sfio
    Peintre
    • Posté à 10h42 le 22/07/2011
    • Internaute 97152
      Peintre

    Lucian Freud oui bon pourquoi pas mais ça reste tout de même une peinture assez convenue, bourgeoise, portée par son nom et ses relations bien placées… dommage que Towmbly n’ait pas eu l’honneur d’avoir lui aussi eu un vrai article comme Freud sur ce site, sa peinture est autrement plus moderne ! peut-être pas assez bobo…

    • DISASTROUS
      DISASTROUS répond à sfio
      artiste assez maladroit
      • Posté à 10h50 le 22/07/2011
      • Internaute 89589
        artiste assez maladroit

      Bonne remarque. Soyez-en remercié !

  • DISASTROUS
    DISASTROUS
    artiste assez maladroit
    • Posté à 10h48 le 22/07/2011
    • Internaute 89589
      artiste assez maladroit

    Tiens, on parle art contemporain et pas de commentaires poujado-ploucs ? Bienfaisant miracle, continuez, lecteurs et merci de me faire découvrir Stanley Spencer ; on a beau se croire très cultivés et on se rend compte que non, en fait !
    Sinon la filiation Schiele demeure évidente, mais, depuis Lascaux , tout peintre s’est forcément basé sur ses prédécesseurs. En musique pareil : Mozart, Beethoven, Wagner, Mahler. Il n’y a aucun mal, Newton affirmait bien qu’il fallait monter sur les épaules des géants, pour voir plus loin.

    • sfio
      sfio répond à DISASTROUS
      Peintre
      • Posté à 10h57 le 22/07/2011
      • Internaute 97152
        Peintre

      Merci à vous également, votre commentaire est lui aussi très à propos…

    • brogilo
      brogilo répond à DISASTROUS
      • Posté à 19h19 le 22/07/2011
      • Internaute 164675

      Tiens, on parle art contemporain et pas de commentaires poujado-ploucs ? Bienfaisant miracle, continuez, lecteurs et merci de me faire découvrir Stanley Spencer

      C’est pas moi qui vous donnerait tort, viva Tertulien ! ; -)

      Sinon la filiation Schiele demeure évidente, mais, depuis Lascaux , tout peintre s’est forcément basé sur ses prédécesseurs. En musique pareil : Mozart, Beethoven, Wagner, Mahler. Il n’y a aucun mal, Newton affirmait bien qu’il fallait monter sur les épaules des géants, pour voir plus loin.

      Vous avez raison, c’est une incessante conversation entre les vivants et les morts, c’est d’ailleurs, je crois, tout l’intérêt de la chose.

      • Adéménagéle1erseptembre2011
        • Posté à 12h33 le 25/07/2011
        • Internaute 132112

        Et en littérature, c’est pareil : même si on s’oppose aux précédents, on crée à partir d’eux. Toujours. Il n’est que de lire Rimbaud.

         
        • brogilo
          • Posté à 23h13 le 25/07/2011
          • Internaute 164675

          Les carreaux de faïence de l’un m’en rappellent d’autres...

          Lien

          Lien
          Nu au bain de Pierre Bonnard.

          Jambes égyptiennes contre jambes de sumo...

          Pas sûr Que Lucian Freud arrive au peintres de l’an 3000 avec des ailes de papillon *...

          Ou alors le genre bombardier, assez vrombissant.

          • Adéménagéle1erseptembre2011
            • Posté à 23h28 le 25/07/2011
            • Internaute 132112

            Brogilo ? Tu sais toujours montrer ce qu’il faut montrer. En peinture (et happenings et choses de ce nouveau genre) tu sais tout, et c’est un vrai bonheur de voir tes reproductions, choisies avec tant de soin, quoi que tu en penses, et de lire tes commentaires, personne n’en sait plus que toi dans ce domaine. Tu vas dire non, parce que tu es modeste, et pourtant c’est vrai.

            • brogilo
              • Posté à 23h48 le 25/07/2011
              • Internaute 164675

              N’en jette plus, j’ai trop ma dose, là ; -)...

              Pour les jambes égyptiennes de la femme à Pierre, je pensais à cette cuillière à fard qu’on peut voir au musée du Louvre, en fait...

              Lien

              Bises et accolade, le neutre : -), et belle nuit !

              • Adéménagéle1erseptembre2011
                • Posté à 08h47 le 26/07/2011
                • Internaute 132112

                Toujours le dialogue des vivants et des morts, en quelque sorte ?

                • brogilo
                  • Posté à 11h07 le 26/07/2011
                  • Internaute 164675

                  En quelque sorte : -)
                  Sous les ailes du canard, le cuilleron a la forme d’un bassin que la nageuse égyptienne pousse au-devant d’elle, tandis que Bonnard, lui, intègre la sienne au dit bassin.
                  Comme tous les grands artistes, il fonctionnait par intuitions successives...

                  A propos d’intuition et de Rimbaud que tu cites, on devrait davantage insister sur les visées programmatiques à l’oeuvre derrière le « dérèglement de tous les sens » prôné par l’auteur des Illuminations, voir ses lettres à Izambard et Demeny, la lettre au Voyant par exemple.

                  Visées programmatiques, théorisation, la raison a pris malheureusement de plus en plus de place dans l’art du XXème en général, au détriment du « faire » et de l’intuition...
                  nous faisant passer en moins de cent ans de la chaise de Vincent Van Gogh à celle de Joseph Kosuth.
                  Certains s’obstineront à y voir un progrès, perso j’y vois plutôt une régression.
                  Ils auront beau faire, la chaise de Vincent les contient toutes ;).

                  Lien

                  Lien

                  Pour autant, je pense que le travail de Francis Bacon, autre peintre figuratif de la fin du siècle pas mal cité dans ce fil, est de beaucoup supérieur à celui de Lucian Freud, ne serait-ce que parce que le premier a su tirer les leçons de l’abstraction (voir ses fonds).

                  • Adéménagéle1erseptembre2011
                    • Posté à 11h46 le 26/07/2011
                    • Internaute 132112

                    A propos d’intuition et de Rimbaud que tu cites, on devrait davantage insister sur les visées programmatiques à l’œuvre derrière le « dérèglement de tous les sens » prôné par l’auteur des Illuminations, voir ses lettres à Izambard et Demeny, la lettre au Voyant par exemple.

                    Je crois que Rimbaud a beaucoup programmé sans s’en rendre forcément compte, effectivement...Et c’est bien dommage, il était bien parti.

                    Mais sa lettre était « du Voyant » (lui-même, donc), pas « au Voyant ». En plus, ce n’est pas lui mais je ne sais qui (peut-être Verlaine, il y a des doutes) l’a intitulée comme ça. Accolades.

                    • brogilo
                      • Posté à 13h51 le 26/07/2011
                      • Internaute 164675

                      Je crois que Rimbaud a beaucoup programmé sans s’en rendre forcément compte, effectivement...

                      Je ne suis pas sûr qu’on se comprenne bien, sur ce coup-là : -)

                      Dans ses lettres à I. et D.,, que je n’ai pas sous la main, même si cela reste très succinct, Rimbaud énonce clairement un projet cohérent, y exposant notamment sa conception de l’illumination poétique, montrant par-là, par exemple, que le « Voleur de feu » ne sort pas de rien.

                      Rimbaud, je ne connais pas bien, mais ce que je voulais dire, c’est que l’art qui a suivi, l’art du vingtième siècle, a donné de plus en plus d’importance à la réflexion préalable à l’oeuvre, à sa préconception, plutôt qu’à l’oeuvre elle-même, avec les dégâts que l’on sait, voir les chaises.

                      Renoir, qui était tout sauf un con, disait : , je cite de mémoire : -) : « Pour être un bon peintre, faut être con ».

                      En bref, la théorisation d’emblée, c’est la mort du petit cheval.

                      Accolades itou.

                      Ps : Pour ma lettre « au » voyant, ma langue avait fourché, merci de m’avoir repris, c’est important : -).

        7 autres commentaires
  • MegaLOL
    MegaLOL
    Courtier
    • Posté à 10h57 le 22/07/2011
    • Internaute 147085
      Courtier

    Bonjour,

    mon nom est Lucien Sartre. Je fais de la sculpture sur excréments divers. J’aimerais exprimer l’existentialisme sur ces supports et être le sculpteur vivant dont les sculptures seront les plus chères au monde.

    Évidemment, ne me parlez jamais de ma filiation, elle nuirait considérablement à ma réputation d’artiste novateur.

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
Verbes thématiques