Etudes débiles 09/03/2010 à 11h16

En Ecosse, le temps est mauvais donc il y a beaucoup de roux



Des cheveux roux (Lidal-K./Flickr)

Victimes de moqueries, de violences, muses des groupes les plus absurdes sur Facebook, les roux gardent tout de même la cote en Ecosse. La raison ? Une histoire de gènes et de mauvais temps.

C'est le TimesOnLine qui reprend l'information. Selon Emily Pritchards, étudiante de 26 ans au sein du service de génétique humaine du Western General Hospital d'Edinburgh, on pourrait expliquer le nombre étonnant de roux en Écosse par l'équation suivante :

Prédisposition génétique + temps de chien = roux en pagaille.

C'est un fait. Alors que près de 8% des Ecossais et des Irlandais sont roux, cette proportion chute à 1 ou 2% dans le reste des populations européennes. Et si cette équation est plus de l'ordre de la spéculation que de la véritable recherche, elle n'en reste pas moins établie la théorie scientifique généralement admise pour expliquer ce phénomène.

Longs hivers pour survivre

Communément, on estime que l'apparition de l'homme sur terre remonte à deux ou trois millions d'années avant notre ère. Celle des roux est beaucoup plus récente : les premiers poils de carotte seraient apparus il y a 20 000 ans à peine.

Niveau survie, les rouquins sont quand même désavantagés : de par leur peau fragile, ils sont plus sujets aux coups de soleil et aux cancers de la peau que le reste de la population. C'est pourquoi, sous des latitudes ensoleillées, la souche rousse aurait tendance à disparaître.

Au cours du temps, certaines populations se sont détachées des grands groupes humains et ont migré vers l'Europe du Nord-Ouest. Ces hommes et ces femmes sont alors arrivés dans des endroits où les étés étaient plus courts et les hivers plus longs : un environnement climatique bien plus propice pour nos chères têtes rousses selon Emily Pritchards.

Une affaire de gènes

La génétique de la couleur des cheveux est une chose complexe comme l'écrit le TimesOnLine :

« Par exemple, l'un des principaux gènes pour la couleur de cheveux a 40 variantes. Mais seules six d'entre elles peuvent provoquer la rousseur. La personne doit hériter de deux de ces six gènes - un de chaque parent - pour avoir les cheveux roux. »

Il s'avèrerait que la caractéristique rousse était très présente chez les Celtes. Si bien que, le nombre de gènes étant limités dans ces populations, il est tout à fait possible qu'une prédominance de personnes rousses soit apparue.

Et si, comme le précise la jeune femme, ces caractéristiques sont toujours présentes aujourd'hui :

« Cela est dû au fait que, dans ces régions, on a essentiellement des communautés rurales stables. Les gens y ont des racines communes, sont porteurs des gènes intéressés et sont susceptibles de se rencontrer et de procréer. »

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  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    2012, toujours pas de voisins, (...)
    • Posté à 12h00 le 09/03/2010
    • Internaute
      2012, toujours pas de voisins, (...)

    Il n'y a pas qu'en Ecosse qu'il y en a beaucoup.

    En Kabylie (région d'Algérie) ils sont également nombreux ... d'ailleurs dans ma propre famille.

    Pourtant on ne peut pas y parler de mauvais temps, alors ?

  • Pi.K
    Pi.K répond à GayMars
    Vilain Parisien
    • Posté à 12h10 le 09/03/2010
    • Internaute
      Vilain Parisien

    Dans un sens, quasiment tous les gènes (humains comme animaux) sont le fruit d'« erreurs » sur la durée. C'est, entre autres, le fait des mutations génétiques aléatoires qui ont lieu au moment de la formation des gamètes : lorsqu'une de ces mutations modifie un gène, elle peut le coder de façon très différente. De telles mutations sont extrêmement rares au niveau individuel — moins d'une mutation par million de bases azotées, si mes souvenirs sont bons ; et beaucoup de mutations qui n'affectent aucun gène et n'ont alors aucun effet sur le phénotype —, mais à l'échelle des milliards d'individus qui ont vécu, vivent et vivront sur la planète, cela crée une multitude de variantes pour une même série de gènes.

    À partir de là, on peut dire, en quelque sorte, que les roux sont une « erreur génétique », mais de la même façon que nous sommes tous bardés d'« erreurs génétiques ». Que certaines « erreurs » soient plus répandues dans certaines régions que dans d'autres s'explique en partie par la théorie darwinienne de la sélection naturelle — la survie des individus les plus aptes à survivre dans leur milieu, qui ont, de fait, une plus grande probabilité de se reproduire et de transmettre leur patrimoine génétique à leur descendance.

    C'est d'ailleurs le fondement de la thèse présentée ici : les roux seraient plus aptes à survivre dans un environnement peu ensoleillé, du fait de l'extrême sensibilité de leur peau au soleil (les vrais roux sont dépourvus de mélanine noire, qui protège la peau des rayonnements nocifs du soleil). Erreur génétique, sans doute, comme une bonne partie de notre génotype, mais du moment que cette « erreur » ne limite pas les chances de survie de l'individu, ça ne pose guère de problème.

  • SuperResistant
    • Posté à 12h19 le 09/03/2010

    Les mutations génétiques sont le fruit du hasard mais elle permettent a certains individus de prendre l'avantage (d'être plus adaptés) que d'autres.

    Cependant ce n'est pas parce que la couleur d'un individu n'est pas adapté au milieu qu'il ne va pas vivre : dans votre cas, la couleur de peau et des cheveux des Kabyles n'est pas un handicap au point de mourir au soleil ni même d'empêcher de sortir !

    Ce fût peut être le cas de certains blanc apparus au centre de l'Afrique, qui sait ?

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis répond à Cataphractaire
    2012, toujours pas de voisins, (...)
    • Posté à 13h16 le 09/03/2010
    • Internaute
      2012, toujours pas de voisins, (...)

    Je suis bien au courant des différentes vagues d'invasion qui ont contribué au peuplement de la Kabylie, des numides en passant par les esclaves Celtes de Carthage, les normands, les vandales et finalement les arabes et les français.

    C'était juste pour modérer l'influence du temps sur le caractère « roux ».