Tribune 22/02/2010 à 10h17

Le coup d'Etat au Niger, défi aux tripatouilleurs du continent

L'Observateur paalga"


Des soldats de la junte gardent un bâtiment à Niamey (Emmanuel Braun/Reuters)

(De Ouagadougou) Depuis le 18 février, le Niger vit son quatrième coup d'Etat, mené par Salou Djibo, l'homme fort du conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), l'organe qui exerce désormais le pouvoir d'Etat.

Ce putsch intervient après des mois de tensions consécutives au refus d'un homme de se plier aux lois de son pays : Mamadou Tandja. Celui-là même que ses compatriotes appelaient le « militaire civilisé » a été élu en novembre 1999, puis réélu en décembre 2004, refusait de quitter le pouvoir.

Il avait pourtant promis à Nicolas Sarkozy, le 22 mars 2009, de ne pas rempiler au terme de son mandat (décembre 2009). Ce qui rappelle une autre promesse, celle faite par le Togolais Eyadema à Chirac en 2003.

A Niamey, le pouvoir déchu était hors-jeu au regard de la légalité

Le colonel Tandja se parjurera par un référendum le 4 août 2009 et commettra d'autres forfaitures pour s'accrocher au trône. En mettant fin à cette ambition de présidence à vie, le commandant Salou Djibo et ses compagnons d'armes ont fait œuvre de salubrité politique.

Au lendemain de ce pronunciamiento, le CSRD jouit d'un préjugé favorable et bénéficie d'un délai de grâce de la part des Nigériens excédés par les foucades politiques de l'enfant terrible de Difa. En témoignent les marches de soutien des populations dès le lendemain de l'avènement de la junte.

Certes l'Union africaine, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et la communauté internationale ont condamné ce contre-coup d'Etat, mais c'est plus par principe. Le pouvoir déchu était hors-jeu au regard de la légalité.

D'ailleurs, diplomates et analystes politiques estiment que cette transition militaire pourrait ouvrir rapidement la voie à des élections, reportées par l'impopulaire réforme constitutionnelle de Tandja. En tout cas, les putschistes l'ont promis deux jours après leur arrivée au pouvoir.

« Nos Etats sont jeunes et nos démocraties encore fragiles... »

Donnons-leur un peu de temps, tout en égrenant une petite liste, non exhaustive, des pays qui ont reprofilé leur constitution au gré de la volonté de leur dirigeant :

  • Gabon, Togo, Tchad. Les défunts Bongo, Eyadéma et le président Idriss Déby ont promis plusieurs fois de s'effacer. Seule la grande faucheuse a arrêté les deux premiers et le troisième est toujours aux commandes du Tchad
  • Côte d'Ivoire. Robert Guei, « sauveur de Noël » en 1999, a fini de balayer la maison ivoirienne et a voulu s'y installer définitivement
  • Guinée. Dadis Camara, après moult promesses de ne pas s'éterniser au camp Alpha-Yaya, a finalement été frappé d'amnésie, et n'eût été la balle de son aide de camp, il se serait incrusté au pouvoir ad vitam aeternam
  • Burkina Fasos. Blaise Compaoré aurait dû quitter son fauteuil en 2005, au terme d'un double septennat. Mais voilà qu'en 1997, la limitation à deux mandats a été effacée de l'article 37...

    Trois ans après, le même article a été de nouveau remodelé, et désormais le président du Faso a été élu pour cinq ans et rééligible une fois. L'enfant terrible de Ziniaré peut donc prolonger son bail à Kosyam jusqu'en 2015.

    Et après ? Normalement, il ne le peut plus après cette date. A moins que... On entend déjà de nombreux zélateurs prêts à charcuter à la hache ou au scalpel notre loi fondamentale sous le prétexte que nos « Etats sont jeunes et nos démocraties encore fragiles... »

Celui qui est considéré historiquement comme l'ancêtre des constitutionnalistes, à savoir le philosophe de l'antiquité grecque Solon, à qui des citoyens demandèrent un jour : « Dites-nous quelle est la meilleure constitution ? », répondit : « Dites-moi pour quel peuple et à quelle époque. »

Plus tard, Aristote disait :

« Les gouvernants doivent se donner une Loi pour ne pas tyranniser les gouvernés, car ils sont appelés, eux aussi, à... obéir un jour. »

Une population « ras-le-bolisée » peut passer de l'urne au fusil

Notre contemporain Maurice Glélé, professeur de droit à Paris I Panthéon Sorbonne et président de la commission constitutionnelle du Bénin, lors d'une conférence à Cotonou sur le thème « Une constitution pourquoi faire ? », a souligné le peu de respect qu'ont les dirigeants africains pour ces textes, et les conséquences qui en découlaient.

Cet énième coup d'Etat sonne donc comme un avis de grosse tempête sur les tripatouilleurs professionnels.

Lorsqu'une population est « ras-le-bolisée » par l'impéritie et les pirouettes politiques des dirigeants, lorsque les opposants et les syndicats battent le macadam jusqu'à user les semelles et même jusqu'à avoir des cors aux pieds sans être entendus, seuls les bruits de bottes peuvent sortir ces dirigeants de leur surdité.

Hélas, le fusil étant plus bruyant et dissuasif que l'urne en Afrique.

Une Constitution qui circonscrit toute destinée présidentielle à deux ou trois mandats doit être absolument respectée quand bien même on aurait mille chantiers à terminer, car on sait que, passé un certain temps au pouvoir, la sclérose s'installe. Mais comme l'histoire n'a jamais servi de leçon aux hommes...

En partenariat avec L'Observateur Paalga


Photo : des soldats de la junte gardent un bâtiment à Niamey (Emmanuel Braun/Reuters)

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L'Observateur paalga
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  • kirikou33
    • Posté à 10h40 le 22/02/2010

    Le continent africain est un continent de lions en cages.

    L'Afrique telle qu'elle est aujourd'hui, est piégée par les monarchies rentières qui ne croient pas en son développement (contrairement aux dirigeants indiens ou aux chinois). C'est une Afrique dont les meilleures élites sont insérées dans le monde globalisé, qui produit du capital humain (footballeurs, artistes, médecins et ingénieurs) qu'elle exporte vers les centres de l‟économie mondiale. La moitié de la population vit dans la pauvreté et doit affronter une urbanisation sauvage. C'est l‟Afrique des conflits larvés. Voici d‟ailleurs ce qu'en disait le journaliste BabacarTouré :

    « La pratique du suffrage universel se révèle désastreuse dans la plupart des pays africains, et trahit une préférence pour les monarchies républicaines, dans le but de créer des oligarchies rentières familiales ou ethniques incapables de développer les forces productives et qui organisent des trappes systématiques de pauvreté pour l'écrasante majorité des populations. Cela aussi contribue à accentuer la conscience ethnique ».

    René Dumont avait raison. Nous sommes vraiment mal partis...

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    • mat_fr
      mat_fr répond à kirikou33
      Doctorant
      • Posté à 11h26 le 22/02/2010
      • Internaute
        Doctorant

      « piégée par les monarchies rentières qui ne croient pas en son développement (contrairement aux dirigeants indiens ou aux chinois) »
      C'est assez drôle : comme si les décideurs chinois, ces grands humanistes (au contraire de nous, occidentaux sans scrupules), croyaient au développement de l'Afrique..
      Ils croient surtout aux matières premières du sous sol africain, comme les autres, et les autoroutes qu'ils construisent à travers le pays servent surtout au transport de ces matières premières vers les ports.
      ça s'appelle de l'impérialisme et du colonialisme, et ils ne font pas autre chose que ce que nous faisons.

      • edgar delyon
        edgar delyon répond à mat_fr
        • Posté à 12h43 le 22/02/2010

        Ce qu'il voulait dire c'est que les dirigeants indiens ou chinois croyaient ( et continuent de croire, bien sur ) au developpement de leur pays respectifs ; Et travaillent dans ce sens.

        Ce qui n'est pas le cas des dirigeants africains avec (ou envers) leur propre pays

        bien evidement le developpement du continent africain importe peu à l'Inde ou à la Chine, sauf dans le cadre de leurs propres interets.

         
        • mat_fr
          mat_fr répond à edgar delyon
          Doctorant
          • Posté à 18h25 le 22/02/2010
          • Internaute
            Doctorant

          mes excuses pour ce malentendu.

        1 autres commentaires
  • mauser
    • Posté à 10h47 le 22/02/2010
    • Internaute

    Rassurez vous pour les trappes à pauvretè et les oligarques l'Occident est en passe de vous rattraper allemand sur 6 vit en dessous du salaire médian du pays en France 1 français sur 6 est mal logè et je ne sais plus combien vivent sous le seuil de pauvretè .
    Oui l'Afrique est mal parti d'autant plus que le changement de maitre pour passer aux chinois ou aux indiens ne changera srtictement rien .

  • mr_megot
    • Posté à 10h47 le 22/02/2010
    • Internaute
      .

    Et Salou Djibo, « l'homme fort du conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) », c'est un vrai gentil alors ? Il va vraiment faire en sorte que tout rentre dans l'ordre et organiser des supers élections démocratiques ou tout le monde pourra participer dans la transparence la plus totale d'ici un an ou deux ? Il va pas nous faire le coup du « houla, c'est un peu le bordel en fait par ici, ca va me prendre plus de temps que prévu... » et rester jusqu'à sa mort ou au prochain coup d'état ?

    Moi je veux bien être d'un naturel optimiste, hein, mais si l'histoire doit « servir de lecon aux hommes », on devrait ptete pas s'avancer de trop...

    • Cataphractaire
      Cataphractaire répond à mr_megot
      Keodedour ar bed
      • Posté à 11h09 le 22/02/2010
      • Internaute
        Keodedour ar bed

      Apparemment, le Niger est une exeption. chaque coup d'État a permis la restauration de la démocratie.

      • titou31
        titou31 répond à Cataphractaire
        titou31
        • Posté à 12h02 le 22/02/2010
        • Internaute
          titou31

        Tout le mal qu'on leur souhaite, c'est que ça reste l'exception...

  • Comme un lundi
    Comme un lundi
    hebdomadaire
    • Posté à 10h52 le 22/02/2010
    • Internaute
      hebdomadaire

    On verra bien comment ça va tourner après, mais pour le moment ça ressemble à un coup d'état un peu genre révolution des oeillets, c'est à dire qui est fait pour dégommer un régime qui tournait à la dictature. Ce que je veux dire, c'est que c'est sûr que c'est moyen de faire des coups d'état mais que garder Tandja c'était moyen aussi. C'est sûr aussi que Djibo va peut-être tourner bizarre aussi mais je suis d'accord avec l'article quand il dit que c'est sans doute aussi du au fait que jusqu'à maintenant on ne peut pas dire que les Africains aient beaucoup profité de la démocratie.

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 11h31 le 22/02/2010
    • Internaute
      1ère version

    Areva garde sa concession ou le nouveau président va décider de nationaliser les mines d'uranium ? Ou va t-il décider de supprimer les accords pour favoriser une meilleure rente, américaine, par exemple ? Les USA recherchent désespérément des mines d'uranium pour leur projet de construction de nouvelles centrales nucléaires. Le niger est le 2ème producteur mondial.

    Pour savoir qui soutient les putschistes, il faudra attendre les décisions du nouveau gouvernement. Si c'est le pouvoir français (ancien colon), Areva n'a aucun souci, si c'est la CIA, il faudra s'attendre à une guerre civile (le coup de la guerre inter-ethnie marche bien en afrique).

    A moins que je fais encore ma mauvaise langue et que les intentions de Djibo soient véritablement d'apporter la démocratie dans son pays ? Je suis quand même sceptique....

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à nanabel
      V2M
      • Posté à 13h20 le 22/02/2010
      • Internaute
        V2M

      Je souscris, et l'absence de réaction de koukouche n'est pas de bonne augure, apparemment toute l'info est dans le wait and see...

      Lien

    • hormheb
      hormheb répond à nanabel
      • Posté à 14h34 le 22/02/2010

      @nanabel

      je ne sais pas ce que vous insuniez ici.
      En cote d'ivoire, c'est bien la France qui etait dans le coup (et pas la CIA) et il y a pourtant eu guerre civile ! Idem au Cameroon dans les annees 60.

      Le nouveau regime au Niger a interet a intie la revision des accords signes avec Areva s'il s veulent etre credible aupres de leur opinion publique.
      Tandja a tout essaye pour metrre les officiers dans la poche. neni ! Le coup d'etat au Niger c'est aussi la pression de l'opinion publique. En Guinee aussi d'ailleurs. Qui a dit que ca ne compte pas en Afrique ? le probleme reste a trouver des elites (civiles ou miliatires) qui aiment vraiment leur pays et defendent les interets du pays au point d'etrre pret a mourrir pour installer des institutions democratiques.
      Le Ghana rayonne aujourd'hui sur tous les plans. Il ne faut surtout aps oublier que c'est le travail de nettoyage de Rawlings (militaire) qui a prepare un cadre pour une restauration d'institutions democratiques dans le pays et qui defendent les interets du peuple. le nouveau regime au Ghan par example est entrain de revoir les contrats dans les telecoms et le petrole car juges non favorables au pays.

      • nanabel
        nanabel répond à hormheb
        1ère version
        • Posté à 08h06 le 23/02/2010
        • Internaute
          1ère version

        Avec tout mon respect, je crois que vous êtes un peu naïf.

        L'afrique est la cible de toutes les convoitises et le continent est à vendre au plus offrant. Je pense que les africains sous-estiment leur importance dans le monde économique. Pour les super puissances américaines, chinoises ou européennes, il est très facile d'armer un groupe ethnique et de fomenter une révolte.

        Les multinationales n'aiment pas s'installer sur un territoire politiquement non sécurisé. Il leur faut s'assurer la pérennité de leur exploitation. Le rôle des services de renseignements, aidés par les mercenaires et de créer des tensions sociales ou ethniques afin de déstabiliser les gouvernements peu coopératifs. Et quand il existe des dissensions historiques, il est relativement facile d'alimenter des haines entre les différentes ethnies. Voire de les armer.

        Regardez ce qui se passe en Iraq ou en Afghanistan par exemple. Le président iraquien a quitté l'Iraq à l'age de 5 ans et a passé toute sa vie aux USA. Mais en Iraq, personne ne remet en cause son élection parce qu'il est chiïte. En Afghanistan, le président a été mis en place par la CIA (d'ailleurs officiellement la guerre est terminée).

        Le gouvernement américain annonce qu'il a l'intention de relancer le projet de construction de centrales nucléaires. Or le niger dispose de la plus grande mine d'uranium en afrique. On apprend en même temps que la france vient de signer un contrat exclusif d'exploitation de la mine. Connaissant les méthodes sournoises des multinationales, on peut se poser des questions sur le putsch nigérien.

  • colanga
    colanga
    Cadre en bois
    • Posté à 12h54 le 22/02/2010
    • Internaute
      Cadre en bois

    Hélas, le fusil étant plus bruyant et dissuasif que l'urne en Afrique.

  • Orwelle
    Orwelle
    sarko-verdose.bbactif.com
    • Posté à 14h31 le 22/02/2010
    • Internaute
      sarko-verdose.bbactif.com

    C'est sans doute l'exemple à suivre en France et en Europe, au vu de l'absence de respect pour les urnes et les citoyens qui y règne. Absence de démocratie à laquelle il faut ajouter le pouvoir des multinationales et la corruption des élus.

  • cassino
    • Posté à 14h56 le 22/02/2010

    « Mamadou m'a dit
    Mamadou m'a dit
    Quand on pressé le citron
    on peut jeter la peau »

    Pendant combien de temps encore Areva presse le citron-uranium au Niger ? L'uranium pourrait être vendu au moins dix fois plus cher que son prix actuel. Ils ne sont pas tant que ça à produire de l'uranium, alors pourquoi ne s'entendent-ils pas ?

  • Enki
    • Posté à 17h44 le 22/02/2010

    Merci infiniment à l'Observateur Paalga de sa contribution à nous apporter une information de qualité sur le continent africain !

    Une phrase de l'article me fait tiquer, sans pouvoir vous reprocher de rapporter des faits :

     » [Mamadou Tandja] avait pourtant promis à Nicolas Sarkozy, le 22 mars 2009, de ne pas rempiler au terme de son mandat (décembre 2009). Ce qui rappelle une autre promesse, celle faite par le Togolais Eyadema à Chirac en 2003. »

    Je crains qu'il soit grand temps de cesser cette insupportable condescendance occidentale vis à vis des peuples sur le chemin de la démocratie. Il est, en effet, difficile de considérer le sarcopte comme une référence en matière de démocratie, de respect des principes constitutionnels et de droits de l'homme... Et de toutes façons, est-ce à la France que le Niger doit rendre des comptes sur sa démocratie, ou à son propre peuple ?

    A chaque peuple sa démocratie et les démocraties seront bien gardées.

    @ l'Observateur Paalga : On a besoin de vos yeux pour voir la suite !

  • Lou ségali
    • Posté à 18h42 le 22/02/2010
    • Internaute

    « Plus tard, Aristote disait :

    “ Les gouvernants doivent se donner une Loi pour ne pas tyranniser les gouvernés, car ils sont appelés, eux aussi, à… obéir un jour. ”

    Une population “ ras-le-bolisée ” peut passer de l'urne au fusil

    Notre contemporain Maurice Glélé, professeur de droit à Paris I Panthéon Sorbonne et président de la commission constitutionnelle du Bénin, lors d'une conférence à Cotonou sur le thème “ Une constitution pourquoi faire ? ”, a souligné le peu de respect qu'ont les dirigeants africains pour ces textes, et les conséquences qui en découlaient.

    Cet énième coup d'Etat sonne donc comme un avis de grosse tempête sur les tripatouilleurs professionnels.

    Lorsqu'une population est “ ras-le-bolisée ” par l'impéritie et les pirouettes politiques des dirigeants, lorsque les opposants et les syndicats battent le macadam jusqu'à user les semelles et même jusqu'à avoir des cors aux pieds sans être entendus, seuls les bruits de bottes peuvent sortir ces dirigeants de leur surdité.

    Hélas, le fusil étant plus bruyant et dissuasif que l'urne en Afrique.

    Une Constitution qui circonscrit toute destinée présidentielle à deux ou trois mandats doit être absolument respectée quand bien même on aurait mille chantiers à terminer, car on sait que, passé un certain temps au pouvoir, la sclérose s'installe. Mais comme l'histoire n'a jamais servi de leçon aux hommes… »

    **********************************************************************************

    Quelques petites modifications géographiques et cette partie de l'article pourrait très bien s'adapter à la patrie des droits de l'homme et ....du citoyen (c'est quoi ça ? )
    Ne nous posons donc pas en donneur de leçons et en « je sais tout de la démocratie.

  • Thierno Seck
    • Posté à 23h24 le 22/02/2010

    Bonjour a tous.

    Bon, un énième coup d'Etat, franchement. Bon courage a nos amis nigériens. Entre un coup d'Etat législatif et un militaire, difficile d'y voir clair.

    Je voulais d'abord réagir a la citation rapportée de Babacr Touré. Si le suffrage universel est destructeur sur le continent, c'est bien de le constater, encore faudrait il rentrer dans le fond.

    Un maquillage électoral ridicule :
    Ayant vécu de trés prés des elections au Sénégal, je sais que le suffrage universel est un luxe.

    Non, pas que cela coute financièrempent, c'est un peu vrai. Mais il y a des bases sans quoi, il n'y a pas de suffrage universel qui tienne !

    Au Sénégal, il suffisait au PS au pouvoir jusqu'en 2000 de distribuer l'argent public, de deplacer des militants qui votent à l'aveugle pour le « président » ou le « parti du président ».

    le tapage médiatique des médias d'Etat, l'usage de l'appareil d'Etat contribuent a la corruption des masses et a un vote sans interet biaisé et dispendieux !

    Traces de démocratie populaire ?
    Le programme des partis tout le monde s'en fout, et moi de même. je reviendrai sur cela.

    Comment dans un pays ou l'on ne se sent lié par rien, l'on ne respecte rien d'écrit et d'étabi par des textes, peut on nous parler de suffrage universel ?

    Si le suffrage est universel, avons tous les moyens discriminants de comparer les choix proposés ?

    A l'évidence non. Hors des villes ou les jeunes majoritaires vivent leur desesperance plus que de necessaire, les sénégalais (dans le cas du Sénégal) n'ont pas les moyens objectifs de faire un choix politique !

    peu de gens savent ce que sont les poubvoirs du chef de l'Etat qu'on confond facilement avec un cousin de dieu ou comme un quasi roi, surtout s'il se met les marabouts dan sla poche a coup de milliards !

    Peu de gens, même dans les villes, savent ce qu'est notre Nation, jeune, connaissent nos institutions. De l'avis de la plupart, l'Assemblée nationale ne sert a rien, le Sénat pareil, la justice aux ordres et les services de sécurités, presque une milice.
    je me suis frotté a quelques policiers et suis sur qu'ils ne connaissent pas la loi, j'ai un projet de caméra caché dessus a dakar.

    Donc dans un pays ou ceux qui votent ne savent pas pourquoi ils le font pour beaucoup, ou les politiciens sont officiellement « irresponsables » car ne respectant aucune promesse, que voulons nous ?

    Ces elections, en l'Etat, sont une mascarade grossière orchestrée par des des politiques et intellectuels voulant se donner une légitimité qu'ils ne méritent pas et trompent impunément un peuplke naif, qui court a la desespérance et au suicide assisté !

    je disais que les programmes on s'en fout car c'est un papier se basant sur des paris plus qu'osés sur un avenir plus qu'incertain. Pourquoi ne pas parier sur la croissance, le chomage, chacun est libre, mais utiliser un langage sophistiqué pour mentir a la masse est désespérant.
    Un leader ne doit pas débarquer avec un programme technocratique. Il doit avoir une vision de son pays, son peuple, d'un avenir et avec son charisme, sa vision et entouré de technocrates compétents, travailler a améliorer le sort du peuple. Il faut nous rendre l'espoir, la foi en nous et notre avenir. Pas venir nous balancer des cours d'éco de niveau licence !

    Quelles solutions ?

    Pour moi, il faut retourner aux fondamentaux. Donner aux gen sles moyen sde comprendre la collectivité. Simplifier les structures étatiques. La personne doit pouvoir se dire qu'en s'activant dan ssa commune elle met en branle un mouvement vers les sommets de ll'Etat. Nos etats sont considérés comme un mystère et les politiciens des marchands de tapis.
    Investir dans la récupération de tout le monde et la participation de chacun a son niveau loocal peut aider. Des députés inconnus, sénateurs inconnus et autres politicards ca sert pas trop dans nos pays.

    Sinon, il y a une solution radicale. Créer un permis citoyen qui permet a ses détenteurs de voter et donc terminée la comédie du suffrage universelle.
    Toute personne devra suivre une formation basique, même les analphabetes, pour connaitre rapidement les structures du pays et avoir un kit droits devoirs, audio, video, multimédia, texte, pour etre moins trompé par des politiciens véreux.
    un etat impartial doit avoir des citoyens rebelles mais dans les limites. des gens qui s'attachent aux regles.
    ce suffrage selectif au moins réduira la capacité de nuisance des pantins qui nous ont arrachés 50 ans d'indépendance et nous ont laissés dans la désespérance et le doute !

    Sur les coups d'Etats :
    Pour ma partn je vais me repeter. Il faudra qu ela Cedeao se dote d'une force de réaction rapide pour neutraliser les putcchistes, quelqu'en soit le prix. A long terme personne ne tentera un putch.
    Cela suppose aussi l'existence de moyens de sanctions reelles contre des pouvoirs comme tanja. C'est a dire une cour de justice supra nationale qui ordonnerai de demettre les tanjas et autres tripatouilleurs des textes.

    Cette mascarade coute cher et détruit notre avenir.

    Bon, je laisse la place aux autres.

    Wa salam

  • sicolas_narcozi
    • Posté à 19h11 le 23/02/2010

    Prends exemple nico, tu y es presque.
    Si tu n'arrives pas à recaser le fiston, ou même pour toi en 2012, tu sais où aller.... ! !