Un film de Dany Boon sur les douaniers ? Ça ne les fait pas rire
La perspective du prochain film de Dany Boon et Benoît Poelvoorde inquiète les syndicats de douaniers, soucieux de leur image.
L’UNSA-Douanes « espère que Dany Boon et son complice, Benoît Poelvoorde, ne feront pas rire aux dépends des douaniers ».
En cause : le prochain film du réalisateur de « Bienvenue chez les Ch’tis ». Avec une sortie en salles calée pour février 2011, « Rien à déclarer » a pour personnages principaux deux douaniers, l’un français et l’autre belge, en poste à la frontière dans les années 1990.
Le risque de voir la profession « à nouveau tournée en dérision »
Et alors ? Alors, le risque est de voir leur profession « à nouveau tournée en dérision », a indiqué l’UNSA-Douanes dans un communiqué.
Vincent Thomazo, secrétaire général du syndicat, précise :
« L’été dernier, la série “Actions spéciales douanes” [diffusée à partir de mars 2009 sur France 2, ndlr] a été très mal reçue par les douaniers. L’image qu’ils ont donnée de notre métier n’était absolument pas fidèle. »
Cette série, qui donnait plus dans l’action que dans l’humour, n’a pas été du goût des vrais douaniers. Elle « déformait bien des aspects de ce métier aujourd’hui modernisé », selon Vincent Thomazo. La fiction était infidèle mais pas moqueuse : on l’interroge donc sur la « dérision ».
Des princesses effarouchées ? Aussi des fonctionnaires menacés
Le président du syndicat rappelle alors « l’image ridicule qu’on donne généralement des douaniers ». Après recherches, nous avons trouvé en tout et pour tout (dites-nous ce qu’on a raté) : un sympathique sketch du comique Fernand Raynaud, un clip de Sinsemilia et un sketch de Dieudonné - pas des plus venimeux.
Mais c’est aussi l’après « Bienvenue chez les Ch’tis » et son lot de clichés sur une certaine population, qui rendent le syndicat craintif. Vincent Thomazo en vient à rappeler les soucis existants de son corps de métier et sa crainte qu’une image bonhomme du douanier cache les difficultés actuellement vécues par la profession :
« On aimerait ne pas avoir l’air d’idiots finis à l’heure où la douane souffre de restructurations en cascades. Un emploi de douanier est supprimé tous les jours [plan de suppression de 360 postes par an entre 2009 et 2011, ndlr]. »
Vers un droit à ne pas être « tourné en dérision » ?
En 2008, « Bienvenue chez les Cht’is » avait fait débat. Accusé de misérabilisme, de régionalisme et encore de passéisme, le film avait fait craindre un « effet boomerang » de ses caricatures. Mais à l’époque, cette critique avait été formulée par des intellectuels dans des tribunes et des essais. Pas par un syndicat professionnel !
Côté facteurs : « cela n’avait pas plus que cela secoué la profession, qui avait d’autres préoccupations alors », rapporte le secrétaire fédéral de la Fédération SUD PTT Hugo Reis.
Là, ce syndicat monte au créneau pour « mettre en garde » le réalisateur, tout en « n’empêchant pas le film d’être tourné - nous sommes dans un pays libre ! », dit Vincent Thomazo, qui précise :
« Nous voulons simplement demander à Dany Boon de ne pas en rajouter. »
La production du film, contactée, n’a pas répondu à nos questions. Le bureau de la communication de la Douane nous dit s’être limité à donner des renseignements factuels sur « le métier de douanier au début des années 1990 » à l’équipe.
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employé du mois
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Dites-voir un peu, les leveurs de bouclier, on peut pas dire qu’un communiqué de syndicat soit une atteinte intolérable à la liberté d’expression ; d’ailleurs ça relève aussi de la liberté d’expression dudit syndicat.
Ils ne demandent pas l’interdiction du film que je sache, ils s’inquiètent du traitement que leur réserve la nouvelle coqueluche (comme la maladie) du cinéma français, inquiétude dont on peut se demander si elle n’est pas légitime vu la façon de dépeindre les habitants du nord comme des gentils crétins un peu arriérés (mais gentils, hein) dans le dernier chef-d’œuvre de l’intéressé.
C’est peut-être un rien excessif, mais en l’état c’est un peu une tempête dans un verre d’eau (et on peut aussi s’interroger sur l’opportunité d’en faire un article).
J’ajouterais qu’on est bien placés en France pour savoir que, de toute façon, faire des films de merde bourrés de stigmatisations de diverses populations est un droit imprescriptible. On a vu suffisamment de productions Besson/Europa Corp pour ne plus avoir de doutes à ce sujet.




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